Kandia-Haïdara Baldé Jeudi, 08 Mars 2012 17:59
Les lecteurs des différents sites guinéens n’apprendront peut-être rien de nouveau dans cette réflexion qui vise simplement à rappeler les différentes manœuvres mises en œuvre par le Pr. non seulement pour conquérir le pouvoir politique, mais aussi pour s’y maintenir et construire une dictature digne d’une république bananière.
Nous savons que depuis les années ’80, après que Facinet Touré et le commandant Komoya eurent fini de liquider en cette fameuse nuit de juillet’85, près d’une centaine d’officiers originaires de Haute Guinée (ceux que les durs du CMRN appelaient les branches pourries), l’Union du Mandé a décidé de tout faire pour revenir au pouvoir avec deux objectifs majeurs : se protéger d’abord et se venger par la suite. C’est à cette époque que le président burkinabè du RPG a monté une cellule au sein de la sécurité guinéenne composée de professionnels de la police (commissaires principaux et divisionnaires), spécialisée dans la fabrication de rumeurs, dans l’intoxication et la manipulation. Ces agents ont décidé, tout en faisant semblant de servir Conté, de créer les conditions pour l’accession du RPG au pouvoir. Cette cellule a fonctionné au sein de la police guinéenne même au temps de Sylla, Directeur national qui avait pourtant une certaine autorité.
Cette cellule de professionnels est celle qui a le plus aidé le Grimpeur à se faire un nom en Guinée en l’aidant en tout premier lieu à prendre en otage l’ethnie mandingue, en se faisant passer pour le meilleur défenseur de ses intérêts vitaux. Burkinabé de son état, né en Guinée, mais ayant grandi et mûri en France, donc n’ayant aucune sensibilité guinéenne, il fallait par le radicalisme, tant dans le langage que dans le comportement, utilisant à bon escient la combativité de nos compatriotes de Haute Guinée, se forger une image de leader de cette importante communauté. Il l’a en fait prise en otage et l’a utilisée comme tremplin pour accéder au pouvoir, refusant toute collaboration avec Conté, ne cherchant que le pouvoir suprême. L’on se rappelle sa fameuse phrase Tout Malinké qui votera pour Conté est un bâtard. Cette première manipulation, très bien réussie, est la base de tout ce qui va suivre.
L’autre grande manipulation a pris place lors des élections présidentielles de 2010, notamment au deuxième tour de celles-ci. C’est à cette occasion seulement que tout d’un coup on a appris qu’Alpha Koné-Condé est le neveu des Soussous ; ce qui est d’ailleurs faux. Les historiens nous le prouveront plus tard. Dans cette affaire de parenté avec les Soussous, il y a en fait deux manipulations : la première celle de Facinet Touré qui se met au service d’Alpha pour se faire pardonner des crimes qu’il a commis en juillet 85 contre les Mandingues en lui « vendant » la Basse-Côte. La deuxième manipulation permet au Pr. de se faire « légitimer » comme guinéen puisqu’il serait lié à une importante ethnie de ce pays par le sang. Ces deux actes ont contribué à ce que les soi-disant sages de la Basse-Côte aient signé avec le RPG le premier accord de partage de pouvoir sur une base ethnique en Guinée ; ce qui a certainement conforté le Grimpeur dans ses dérives divisionnistes ultérieures.
A quelques jours du scrutin du deuxième tour de la présidentielle de novembre 2010, désemparé par le raz-de-marée que continuait à drainer l’Alliance Cellou-Sidya-Abé-Soumah, le Grimpeur lance son diabolique « empoisonnement de l’eau » qu’il met sur le dos des Peulhs, introduisant du même coup et publiquement la variante ethnique dans la campagne électorale. Cette manipulation a fait renaître les bas instincts latents chez tous les peuples, entraîné des pogroms contre les Peulhs en Haute Guinée et nui à l’image de l’UFDG en Basse-Guinée. J’ai déjà indiqué dans une réflexion précédente qu’un vrai Guinéen n’aurait pas agi ainsi à l’encontre de notre peuple qui avait déjà tant de plaies à panser. Bien que la vraie histoire de notre pays ne soit pas encore écrite, nos ainés nous apprennent que Sékou Touré avait lancé une rumeur à Conakry comme quoi M. Faraban Camara, avec la complicité des Français, avait empoisonné l’eau dans le château d’eau de Conakry. Sékou visait ainsi à détruire son concurrent politique en le coupant de son électorat. Quelle similitude de méthodes, Alpha nous ayant déjà dit clairement que Sékou est son maître à penser et qu’il va poursuivre son œuvre (destructrice pour notre pays en tout cas) !!
La manipulation que nous vivons actuellement dans le pays est celle qui a mené à l’échec de ce qu’on a pompeusement appelé « dialogue inclusif » pour arriver à un accord en vue d’élections législatives crédibles. C’était un scénario en deux parties : pour éviter de véritables discussions face à face avec l’opposition, comme celle-ci le demandait, l’Etat-Rpg suscite la création d’un troisième bloc dit centriste. En deuxième lieu, les discussions sont orientées vers des questions déjà réglées par les lois de la République. Ainsi, on fait semblant d’être d’accord sur certains points (donc d’avoir discuté utilement !) alors qu’aucune question de fond liée à la CENI et au corps électoral n’est réglée. Le résultat est une impasse totale. Cependant, le président du RPG en sort gagnant du moment que face à une opinion souvent mal informée, il apparaît comme un « démocrate » ouvert au dialogue face à une opposition qu’il est en train de montrer du doigt comme intransigeante.
Pour tenter de casser la journée Ville Morte que l’opposition a organisée le mois dernier, juste la veille, nous avons été étonnés de voir une « délégation » des jeunes de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa reçue par le président qui brusquement se rappelait qu’ils sont aussi des jeunes Guinéens, pas juste bons à violenter, à violer et à tuer. Tout le monde a compris que c’était un pur montage digne des vieilles habitudes du RPG-PDG. Les belles paroles de ce jour resteront lettre morte car c’était une manipulation. Si le Pr. connaissait un peu la Guinée, il aurait dû savoir que ces jeunes de l’axe sont les enfants et petits-enfants des Peulhs mêmes que Sékou Touré a chassés de Kaloum lors des pogroms qu’il a organisés à l’époque avec l’aide des mercenaires libériens et sierra-léonais, comme il l’a lui-même avoué en juillet 76. Ces jeunes ne seront donc jamais des alliés à un politicien qui leur a ouvertement déclaré la guerre, a licencié leurs frères et oncles de tous les emplois publics afin de faire d’eux des étrangers dans leur propre patrie.
Nous ne manquerons pas de rappeler en passant que le sabotage imposé aux syndicats participe de la même démarche. Les syndicalistes passeront le temps à exposer leurs différends au tribunal et n’auront pas le loisir de penser à organiser des grèves malgré la chute du niveau de vie réel des travailleurs. Dans la même connexité, la réconciliation nationale est devenue un slogan creux, un os lancé pour occuper la galerie pendant que le président burkinabé du RPG continue en toute tranquillité son œuvre de destruction du tissu social guinéen. Rappelons-nous aussi l’attaque perpétrée contre le cortège de Cellou et ses partisans à Coyah et faussement imputée à l’UFR.
Puisque nous connaissons maintenant les méthodes d’intoxication (physique et psychologique) de ce qui est devenu maintenant l’Etat-RPG, nous pouvons prévoir aisément la future manipulation qui, vous le devinez, concernera les prochaines élections législatives. Il s’agit de nous imposer une élection entièrement contrôlée par le RPG et forcément gagnée d’avance. La mouvance pourrait se contenter d’un taux de participation même de 30% pour que le Grimpeur se « légitimise » enfin. La vraie opposition démocratique doit tout faire pour empêcher une telle mascarade électorale à cause des graves dangers qu’elle recèle pour la démocratie en Guinée. Il vaut mieux que le dictateur continue à gouverner sans Assemblée nationale que de gouverner avec une Assemblée à sa solde. Si cette manipulation électorale fonctionne, il y a un risque élevé que le peuple de Guinée soit abandonné à son propre sort, c'est-à-dire que les démocraties occidentales pourraient se lasser du cas guinéen et se contenter d’une Assemblée mal élue comme elles ont déjà toléré plusieurs chefs d’Etat africains mal élus. C’est le grand souhait du président du RPG qui pourra alors tranquillement acheter un soutien en cédant aux sirènes du capitalisme financier international prêt à s’accaparer de nos ressources minières, hydriques et agricoles. C’est peut-être le lieu de rappeler au Grimpeur la fameuse phrase d’Abraham Lincoln que l’on peut tromper une partie du peuple tout le temps, tout le peuple une partie du temps, mais jamais tout le peuple tout le temps. Le peuple de Guinée se réveillera bientôt ; parce qu’il a compris la GRANDE MANIPULATION.
Baldé Kandia-Haïdara