Thierno Brel Barry Dimanche, 04 Mars 2012 14:46
Le peuple est vraiment dans une impasse dont le monde ignore comment sortir. Cette situation dure depuis plus d’une année maintenant.
Il y a un vrai questionnement de savoir pourquoi le gouvernement de M. Alpha Condé veut aller à tout prix aux législatives avec cette CENI discréditée de M. Louncény Camara.
La restructuration de la CENI me paraît logique dans le sens où la quasi-totalité des membres sont acquis à la cause de la mouvance présidentielle, ou d’ailleurs l’actuel président de cet organe M. Louncény Camara a été condamné par la justice guinéenne.
Le gouvernement devrait impérativement prendre ses responsabilités afin de trouver une solution consensuelle à cette crise, qui ne fait que ralentir les acquis démocratiques.
La Guinée va très mal, après plus de cinquante années d’indépendance, le bilan laisse à désirer. Il est à la limite consternant. Il y a mieux à faire et nos dirigeants auraient pu faire mieux.
Après l’élection de M. Alpha Condé, les gens ont pensé que l’élément catalyseur pour se libérer des anciennes pratiques était là, et vont de suite cesser, mais on est loin de tout cela.
La Guinée stagne, voir même régresse dans quasi tous les domaines. Et pourquoi ?
Le président de la République doit tenir un discours fédérateur c’est extrêmement important. Il faut éradiquer l’inconscience professionnelle qui bat son plein dans le pays.
Les fonctionnaires de l’Etat travaillent à la « Je m’en fous, de toute façon, c’est pour l’Etat ». Vous vous rendez compte des conséquences qu’une telle attitude implique. Il faut impérativement changer de mentalité, c’est fondamental.
De même, la division ethnique est à bannir, elle ne fait que retarder le progrès et contribue d’ailleurs à la ruine du pays.
Arrêtons de développer une culture égocentrique, la haine ; et ne jamais faire passer l’intérêt général en second plan.
Il nous faut une Guinée où le mérite et la compétence soient les uniques critères pour accéder à des postes de responsabilités. Il faut arrêter les nominations à bases ethniques, car elles ne feront que freiner le développement dans notre pays.
La dictature constitutionnelle n’a pas sa place dans un pays qui aspire à un développement, un pays qui veut aller de l’avant, qui veut être un modèle de démocratie réussi, etc…
C’est pourquoi la date du 8 juillet fixée pour les élections législatives ne devrait pas être annoncée dans ce climat. Il faut associer l’opposition au choix de la date, et pour les associer, le gouvernement doit tenir compte des recommandations émises par l’opposition. Il n’y a aucun miracle pour trouver une solution à cette crise, c’est très simple, ne nous voilons pas la face. Il faut oser dire la vérité, M. Louceny Camara doit partir de la CENI.
Il faut aussi éviter de mêler les religieux à la résolution des crises que traverse le pays. Ils n’y arriveront jamais parce qu’ils ne diront jamais la vérité.
Il faut se doter d’une société civile saine, ce qui impliquerait la gestion impartiale et juste des conflits qui surgissent.
Le constat est assez alarmant en Guinée, les gens font de la politique pour pouvoir améliorer leur statut financier. Aussitôt qu’ils sont dans l’opposition, ils dénoncent haut et fort tout ce qui mine la société mais, tenez-vous bien, quand ils arrivent au pouvoir, ils font pire que leurs prédécesseurs.
Déblocage de la situation socio-politique en Guinée
Il faut que M. Alpha Condé accepte un contre-pouvoir fort émanant de l’opposition, c’est fondamental. Si toutefois il tient à ce que le pays change, comme il l’avait annoncé à son arrivée au pouvoir, il faut majoritairement des parlementaires issus des rangs de l’opposition pour contrebalancer l’exécutif. Et de même, il faudrait que ces parlementaires jouent un véritable rôle dans l’exercice de leurs fonctions.
D’ailleurs, de nos jours, si toutefois on organise des élections législatives transparentes, l’opposition pourrait obtenir la majorité des suffrages.
Nous constatons aujourd’hui, que toutes les personnes qui ont bénéficié des privilèges des anciens régimes sont de nouveau en train de travailler avec M. Alpha Condé ou sont en train de roder à la Présidence pour se positionner de nouveau et /ou cherchent à pistonner leurs enfants, parents ou gendres, etc… Alors est-ce une stratégie politique ou une erreur dont M. Alpha Condé ignore la portée ? C’est d’ailleurs le moment d’interpeller ces personnes insatiables d’arrêter ces pratiques, ils doivent partir à la retraite et privilégier l’intérêt général de la nation afin de permettre la jeunesse de prendre la relève. Aujourd’hui, nous avons une jeunesse bourrée de talents avec des compétences et de l’expertise dans tous les domaines, qui peinent à accéder à des postes de responsabilités, peut-être de par leur appartenance politique, ethnique ou rang social.
Pour moi, des opportunistes qui ont trahi le pays n’ont pas leur place au gouvernement. Ils n’ont rien pu faire pour le pays si ce n’est de l’enliser dans la situation où nous sommes.
Il faut que M. Alpha Condé prenne réellement conscience de l’Etat actuel des choses, de leurs situations certes catastrophiques mais pas désespérantes, il peut rectifier le tir bien entendu. En prenant la résolution de s’éloigner de tous ces gens qui assombrissent son image et celui de la nation. A moins qu’il ne soit comme eux ?
Enfin, il faut que M. Alpha Condé prenne en main le dossier des massacres du 28 septembre au sujet duquel Moussa Tiégboro et Claude Pivi ont déjà été entendus. Il faut aller jusqu’au bout de la procédure.
Il faut respecter la mémoire des gens qui ont été tués et soulager les personnes blessées et les femmes violées lors de ce carnage, cela contribuerait à atténuer les tensions dans le pays. Il faut que justice soit faite dans les plus brefs délais, le cas échéant il va falloir que la CPI se saisisse du dossier pour la suite des procédures.
Thierno Brel Barry
Genève-Suisse