Selection de vidéos
Partenaires
La Côte d’Ivoire prend son envol, la Guinée s’embourbe
Thierno Fodé Sow Vendredi, 17 Février 2012 21:31
Y a plus match entre la Guinée et la Côte d’Ivoire : l’une, la présidentielle terminée ainsi que les législatives, prend inexorablement son envol, l’autre peine. Elle s’embourbe tous les jours dans des querelles mesquines et égoïstes liées à la gestion de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). La Guinée roule donc encore au rythme d’une transition qui ne finit plus. Les esprits s’échauffent entre parties prenantes. Les institutions républicaines brillent par leur complicité tacite. Ouattara et Condé ne sont vraiment pas de la même école.
La Côte d’Ivoire et la Guinée Conakry avaient manifestement les mêmes soucis pour finir avec une présidentielle sous haute tension ethnico politique. Les Guinéens, fort heureusement, s’en sont sortis presque indemnes, pourrait-on dire, à part la scandaleuse chasse au faciès orchestrée en Haute Guinée et une partie de la région forestière, suite à un prétendu empoisonnement – on attend toujours l’expertise 14 mois après – de militants d’Alpha Condé à Conakry. L’on a frôlé une guerre interethnique. Dieu a pour le moment sauvé les Guinéens d’un affrontement.
La Côte d’Ivoire, elle, à l’époque, s’est gravement enlisée dans une guerre postélectorale, soldée par des massacres inouïs. Près d’un semestre, les canons tonnaient entre partisans du président sortant Laurent Gbagbo, n’ayant pas reconnu les résultats, et celui entrant Alassane Ouattara, déclaré par l’ONU et les observateurs internationaux comme le vainqueur. La suite chacun la connaît : le sortant est cueilli et il est présentement à La Haye avec des charges terribles. Le nouvel entrant, conscient des défis gigantesques, a vite commencé à recoller les morceaux. Il réconcilie les Ivoiriens. Remet l’éléphant sur une bonne piste. Il prend de fait une réelle longueur d’avance sur les Guinéens. Des Guinéens qui s’embourbent depuis environ un mois dans un soi-disant dialogue, devant élaborer le chemin à suivre quant à la tenue des législatives – les Ivoiriens ont déjà fini et tourné cette page de l’installation du Parlement – signant définitivement la fin d’une longue et ennuyeuse transition.
La Côte d’Ivoire prend son envol, la Guinée s’enlise. S’embourbe. Pouvoir et opposition s’amusent. Les Guinéens dans la misère, la nasse, l’insécurité, etc., sont frappés par une précarité impitoyable. Ils ont faim. Ils ont soif. Ils broient le noir – malgré un léger mieux – partout sur le territoire national. Le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest est resté comme un slogan creux. Tant l’eau que l’électricité sont encore au stade de projet. En Guinée Conakry, le président Alpha Condé ne fait que voyager. Mais les retombées de ces multiples voyages pour la population restent encore à prouver. La Côte d’Ivoire, elle, aujourd’hui, frappe et étonne de par sa réelle volonté sans cesse affichée de reconquérir sa grandeur et faire parler d’elle dans les grandes instances nationales, sous régionales et internationales. Aujourd’hui, Alassane Ouattara est le nouveau président en exercice de la CEDEAO. « Un retour remarqué de la Côte d'Ivoire sur la scène ouest-africaine. Le président ivoirien n'a pas caché sa volonté de remettre son pays au cœur de la diplomatie africaine et mondiale. La CEDEAO avait soutenu Alassane Ouattara dans la crise postélectorale ivoirienne, et aujourd'hui, Yamoussoukro semble décidé à jouer un rôle actif dans la résolution des problèmes de l'Afrique de l'Ouest. Par ailleurs, Ouattara renforce encore un peu plus l'axe inauguré en juillet dernier avec le président nigérian Goodluck Jonhatan », commente la presse internationale.
Et d’ajouter comme pour fouetter la dignité du Guinéen, celui-là même qui se bombe encore le torse d’avoir osé dire ‘’Non’’ au Général de Gaulle : « Démonstration d'amitié avec Nicolas Sarkozy à Paris en janvier dernier, hommage appuyé d'Hillary Clinton venue à Abidjan, il y a quelques semaines : à n'en pas douter, Alassane Ouattara a su, en peu de temps, redorer l'image d'une Côte d'Ivoire quasiment infréquentable durant une décennie. L'Eléphant ivoirien est de retour sur la scène mondiale. Et ce retour est encore plus affirmé avec l'élection du numéro un ivoirien à la tête de la CEDEAO. » La Guinée n’était, elle, pas éligible, puisqu’incapable d’arrondir des positions tranchées et d’organiser des législatives. Les lobbies étaient inexistants pour ce poste ? La diplomatie guinéenne est-elle de seconde zone ? Que de questions sans réponse.
Il reste que, à chaque fois qu’il est question de toucher à la plaie, certains faiseurs de roi et autres architectes de despotes y voient la coloration ethnique ou l’appartenance politique. Et pourtant, et pourtant, qui n’aimerait pas voir enfin la Guinée sur les rails du développement, de l’intégration africaine, loin des vœux pieux et des déclarations caricaturales. La Côte d’Ivoire, elle, n’attend pas. S’inscrivant comme son homologue guinéen sur la rupture, et la vraie, Ouattara, avec cette implication dans l'espace régional, signe, lui, une parfaite rupture avec l'ère Gbagbo où l’isolationnisme avait droit de cité. Pendant que la Guinée indexe entre autres le Sénégal et la Gambie comme bases arrières à des ‘’ennemis de la Guinée’’, « Alassane Ouattara fait lui le pari d'un pays ouvert et globalisé dans sa diplomatie. Un choix dicté aussi par l'espoir d'attirer les investisseurs étrangers. Deuxième puissance économique de l'espace CEDEAO, première économie de la zone franc, la Côte d'Ivoire ambitionne d'ici dix ans de devenir un dragon africain, sur le modèle des pays asiatiques. »
L’élan est donc pris chez les Ivoiriens qui devraient d’ailleurs inspirer les Guinéens. Chez nous, on déclare encore que : « Sur toutes ces questions électorales, mon objectif est d'aboutir à un consensus national qui passe entre autres, par un dialogue politique avec l'opposition. Personne n'est plus pressé que moi d'aller aux élections législatives. » Où est aujourd’hui ce consensus ? Qui doit prendre de la hauteur par rapport aux mesquineries politiques ? On est vraiment fatigué de tout ce jeu politique et de ces manœuvres politiciennes. Des investisseurs redoutent encore des regains de tension et se cachent derrière cette phrase qui choque : « La Guinée ne rassure pas encore ». Puisse alors Ouattara – n’en déplaise – inspirer son homologue guinéen afin que cette mal fichue de CENI ne soit plus une pomme de discorde entre centristes, mouvance, ADP  et Collectif.
Thierno Fodé Sow
Commentaires
Gbagbo était tellement nationaliste qu'il avait confié tous les contrats d'État à Bouygues, Total, France Télécom et Bolloré. Allez comprendre !!!.
Ganghi c'est comme si tu etais dans ma tete, j'ai voulu dire la meme chose!
Quand Gbagbo jouait au petit nationaliste des tropics d'un cote pour entretenir ses partisants, de l'autre il envoyait des valises d'argent pour l'election de Chirac (Selon A. Bourgui) et signait les cotrats juteux avec Bouygues et Bollore pour etre dans les jupon de la France. Quel nationaliste!
Gbagbo n'a jamais ete un vrai nationaliste c'est du pipo.
"Onze mille cinq cents milliards de F CFA (plus de 17,5 milliards d'euros), c'est le montant du programme d'investissement 2011-2015 réévalué fin janvier".
Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Côte d'Ivoire : habitat, transports, énergie... les urgences au programme | Jeuneafrique.com -
Gbagbo était tellement nationaliste qu'il avait confié tous les contrats d'État à Bouygues, Total, France Télécom et Bolloré. Allez comprendre !!!
Si la CI est indépendante politiquement (depuis 60), pourquoi se lier pieds et poings à la Françafrique ? pour être indépendant économiquement ?
Lorsque vous aurez résolu ces contradictions, vous aurez une vision moins biaisée de la réalité.... et prendrez du recul par rapport à l'histoire officielle.
Fodé, quand est ce que tu te mettras en tête qu'il n'y a jamais eu match entre la cote d'ivoire et la guinée?
Ces deux pays n'ont jamais évolué dans la même catégorie.
Prends la Cote d'ivoire d'il y a 10 ou 20 ans, crois tu vraiment que l'on peut la comparé à la Guinée?
As-tu vécu en Cote d'ivoire?
Demande un peu à Doumba ou à MS bAH, ils te diront.
Thirno Fode si tu viens ici pour lire les commentaires sur tes papiers il faut bien lire ce post d'en haut parce que les deux entites cites ne sont pas comparables. Pout te donner une idee c'est comme comparer Barca a un petit Club de troisieme division de la France. Bon il ne faut pas oublier de demander aussi a AOT, Kourouma le Guineo Ivoirien ou Mamadi Diabate pour plus d'info.
Ces deux pays n'ont jamais évolué dans la même catégorie.
Prends la Cote d'ivoire d'il y a 10 ou 20 ans, crois tu vraiment que l'on peut la comparé à la Guinée?
As-tu vécu en Cote d'ivoire?
Demande un peu à Doumba ou à MS bAH, ils te diront.
En stigmatisant l'opposition, les vieilles recettes de tous les dinosaures depuis les années 60, il montre qu'il ne pense qu'à son pouvoir qu'il sait bancal, et que cette seule obsession constitue son cheval de bataille. Dès lors il prend le chemin le plus difficile, car personne ne s'arrêtera en si bon chemin, et son parcours ne sera pas un long fleuve tranquille.
Pourtant il a le choix, et c'est cela qui est difficile à comprendre, si ce n'est l'étroitesse d'esprit. J'ai beau chercher, regarder dans tous les sens, je ne comprends pas cette incohérence.
- politique : démantèlement de l'opposition en CI et poids réel de l'opposition en Guinée,
- économique : perspectives reluisantes en CI et perspectives en demi-teintes en Guinée à cause de la méfiance des Investisseurs malgré une campagne agricole acceptable et à améliorer; retour des bailleurs de fonds dans les 2 pays avec une oreille attentive pour la CI;
- diplomatique : récompense tous azimuts pour Ouattara alors que Condé a de moins en moins de soutiens. L'un est élu à la tête de la Cedeao tandis que l'autre avait rapidement retiré sa candidature pour l'UA.
En bref, Ouattara fait mieux que Alpha même si les environnements sont différents. Le Président Guinéen doit rebondir car il est permis de faire les erreurs mais ce qui serait grave, c'est de persister dans l'erreur.
Alpha a certes quelque chose à son actif mais plus il continue les calculs politiques plus il entachera son bilan.
Je pense de plus en plus que le PPAC a accumulé toutes ses frustrations et sa haine pas contre les régimes précédents mais contre le peuple de Guinée. S'il nous aimait il aurait mis fin a toute cette comédie politicienne totalement inutile car quelque soit ses combines il n'aura pas le temps nécessaire pour créer un nouveau pdg !
Il aurait tout fait pour que sa seule priorité soit le soulagement des souffrances et enfin le bonheur de ses pauvres citoyens.
Honte a vous, Mr le PPAC...
AC serine à l'envie que la Guinée is back, mais c'est la CI qui préside la CEDEAO maintenant, c'est en France que Ouattara est reçu avec tous les égards, c'est en CI que se déplace Hillary Clinton. Les diplomates savent parler eux aussi pour complimenter la Guinée (ils sont aussi payés pour cela), mais lorsqu'il s'agit d'agir...
Une remarque par rapport au commentaire de Fela. j'avais dit il y a peu qu'un vieillard ne pouvait pas incarner l'avenir. Limiter les ambitions de la jeunesse (plus de 60% de la population des moins de 25 ans) à la construction de terrains de football en dit long sur ce qu'il veut pour elle. Du pain (mais ça c'est plus dur) et des jeux...
https://fbcdn-sphotos-a.akamaihd.net/hphotos-ak-snc7/404225_366546090030065_100000240326030_1358470_406614954_n.jpg
Bien a vous.








