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Mgr David Gomez : le temps de la détresse

Thierno Fodé Sow  Vendredi, 17 Février 2012 17:10

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SOW_Thierno_Fode_5_01"La politique de l’Église est de ne pas faire de politique
". Dixit le Pape Pie X. Mgr David Gomez, en acceptant l’offre - fût-elle pour harmoniser des positions tranchées d’un conglomérat de leaders politiques peu enclins à s’entendre autour d’une honteuse CENI - faite par Alpha Condé, s’était-il inspiré de cet enseignement du Pape Pie X ? Manifestement non.

L’homme d’église était certainement, du moins on l’estime, aveuglé par un souci constant de sauver les Guinéens d’un autre chaos provoqué par ces politiciens peu respectueux des valeurs humaines. Ou, dans le pire des cas et comme le soutiennent d’ailleurs déjà certains proches de l’opposition dite radicale, Mgr Gomez, en acceptant la main tendue de la Présidence, a pris goût aux billets de banque. Aussi insignifiants qu’ils soient. L’un ou l’autre cas, l’homme d’église est aujourd’hui très mal en point. Il est sujet à toutes sortes de critiques, des plus acerbes aux plus couvertes.

Depuis le début du fameux dialogue qui s’est soldé par le départ de l’opposition, puis son retour, les jours passent et se ressemblent. « C’est comme si on amuse la galerie », regrette Aboubacar Sylla de l’UFC. Car après tout, ajoutera un leader politique de l’opposition, « A ce jour, aux dernières nouvelles (…), aucune position n’a changé. Le gouvernement n’a pas changé de position d’un iota. Il tient mordicus à la CENI dans sa composition actuelle. Et nous, en ce qui nous concerne, nous ne sommes pas d’accord sur cette position. » Facilitateur ou médiateur, la sémantique ne se pose plus. Mgr est en proie à des tirs croisés. « Ce qui est étrange dans ce dialogue, les facilitateurs se cantonnent au rôle d’observateurs sans prendre de décision. On écrit : voilà ce que la mouvance a dit. Voilà ce que le centre a dit et voilà ce que l’opposition a dit. Et on s’arrête là », a dénoncé jeudi soir un membre du Collectif, lors d’une conférence de presse. Et Sidya Touré d’enfoncer le clou : « Mgr Gomez se promène entre nous, il prend les opinions des uns et des autres. Et il s’imagine que nous allons accepter des décisions qui vont être prises je ne sais où.» La détresse de l’homme d’église est donc palpable aujourd’hui. Et elle risque de lui être nuisible, car pour l’opposition, il faut une répartition à parts égales au niveau de la CENI, c'est-à-dire dix membres pour la mouvance et dix membres pour l’opposition, comme le stipule la loi 013 de la CENI. « Aujourd’hui c’est ça notre position et c’est ce que le gouvernement refuse en maintenant le statuquo. Alors que le statuquo viole la loi. »

A moins que le dialogue ne soit rompu, un mois après son amorce, la détresse de Mgr David va perdurer. Désormais, dès qu’on parlera de dialogue, de facilitation, de médiation, c’est selon, certainement qu’il préférera s’occuper de l’église que de mettre son nez dans des affaires politiques aux allures caricaturales. Alors que tous ou presque s’attendent à un boycott des législatives, le Collectif et l’ADP excluent toute hypothèse de boycottage. Ils réitèrent plutôt leur détermination d’empêcher la tenue des législatives lorsque le gouvernement envisagerait d’aller seul aux élections. Un gouvernement qui menace d’ailleurs d’aller avec ou sans opposition à ces consultations électorales signant de fait la fin de la très longue période transitoire.


Thierno Fodé Sow


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