Institutions d’enseignements supérieurs : une nébuleuse ?

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SOW_Thierno_Fod_3_01Les Instituts et Universités guinéens ne sont désormais que des creusets d’enrichissement illicite en lieu et place d’un enseignement de qualité. Un enseignement dont devraient bénéficier des milliers d’étudiants guinéens voire étrangers. A Gamal Abdel Nasser, Lansana Conté de Sonfonia, à N’Zérékoré, Labé, Kindia, Dalaba, etc., les mêmes causes produisent les mêmes effets : vente de notes, délinquance sexuelle dont se rendent coupables profs et étudiants, intimidations et menaces.

L’enseignement de qualité a été relégué au second plan. Signe des temps, business à ciel ouvert, honteuse déviance et dépravation sans précédent des mœurs. Chacun voit et comprend le sérieux coup que prennent nos instituts et Universités guinéens mais personne ne lève le petit doigt. Comme pour dire que les pratiques qui y ont lieu sont admises comme devise. On a vu des étudiants qui ne viennent à l’école que pour prendre leurs pécules. Certains, juste pour passer une interro, d’autres fuient le stress de la maison ou encore se pavanent à travers les bureaux de l’administration, notamment en ville. Les plus soucieux, restent en classe ou s’acharnent sur des travaux soit pour achever un mémoire, soit pour préparer un TD, une évaluation, etc.

Reste que tout ou presque respire l’argent. Ce cas-ci est un secret de polichinelle. Ce qui est donc supposé être une nébuleuse ne l’est vraiment pas. Presque partout, retirer ou certifier un diplôme, un relevé de notes, avoir une date de soutenance, faire venir des membres de jury, corriger un mémoire, subir une évaluation de rattrapage, …, se paie rubis sur ongle ou autrement (?). C’est selon qu’on soit du même genre ou de genres différents. On l’a constaté à Tamakénè à Boké, en juin dernier. On l’a vécu récemment dans de nombreuses Facultés à Gamal à Conakry, on a été témoin à Sonfonia. Les exemples font légion. Ici et là, la morale s’en est allée à vau-l’eau sous les abysses de l’inconscience. Comment avec cette scandaleuse pratique pourra-t-on être compétitif, trouver un boulot high class, ou, même trouver un lieu de stage ? A plus forte raison aller ailleurs bousculer l’ordre établi et faire valoir l’enseignement reçu en Guinée ?

C’est dire aujourd’hui que la mission mixte composée d'inspecteurs du ministère guinéen de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et du ministère du Contrôle économique et des audits sillonnant en ce moment les universités publiques et privées ont fort à faire. Du moins s’ils ne se limitent qu’à déceler des étudiants fictifs. Car après tout, nos 16 universités publiques que compte la Guinée, ainsi que la trentaine d’universités privées sont malades et ont besoin d’être entièrement toilettées. Selon des sources, environ 90 milliards GNF seraient déboursés annuellement pour l'entretien des étudiants inscrits dans les universités guinéennes, publiques et privées. A quelle fin, pourrait-on se demander ? Allez-y le savoir. De toute évidence, vu la corruption rampante et le laisser-aller inflexible que certains observateurs doutent déjà aujourd’hui de l’efficience de ladite mission mixte. On croise tout de même les doigts.


Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu.com 

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Commentaires  

 
+1 #2 Cisko 08-02-2012 18:56

Le défi de la formation supérieur reste entier en Guinée. Après avoir réservé la part du lion à l'enseignement de base, il est temps que le gouvernement songe au Supérieur. Il faut construire des infrastructures dignes de ce nom au niveau du public et imposer aux universités privées le respect des cahiers de charge.
C'est dommage ce que révèle Gandhi mais c'est la triste réalité. Seulement, il doit élargir aux fondateurs de UNC et UNIC sa critique concernant les velléités de monopole de Ousmane Kaba. A noter que vu le résultat du bac cette année, on ne s'attendait pas à ce que plus de 3000 nouveaux étudiants soient orientés dans les privés. Mais hélas, les réseaux sont forts et l'UNC a eu le plus gros quota. L'age d'or n'est certainement pas pour demain pour paraphraser un grand écrivain Africain
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+5 #1 Gandhi 07-02-2012 13:54

Qui a envie que cela change ?
J'ai emmené une entreprise qui finançait gratuitement tout le matériel bureautique et informatique d'un centre de formation, les locaux existaient. Il n'y avait donc rien à faire pour la Guinée que de donner les autorisations nécessaires à la mise en place de cette initiative. Que croyez-vous qu'il arrivât ?
L'entreprise étrangère a été sollicitée pour distribuer des enveloppes en vue d'obtenir les fameuses autorisations. Personne ne s'est préoccupé de l'intérêt de la formation initiale des étudiants, et de la formation continue des fonctionnaires.
Certains vont dire que c'était sous la deuxième république et que les temps ont changé. Il n'y a que ceux qui n'ont jamais investi un kopeck qui peuvent parler ainsi. Les contraintes existent toujours : c'est la même administration, les besoins sont toujours les mêmes, et il y a une concurrence accrue, et notamment celle d'un Ousmane Kaba qui verrait d'un mauvais oeil une entreprise concurrente.
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