Thierno Fodé Sow Jeudi, 02 Février 2012 15:00
Impunité et laisser-aller constituent les maîtres mots les mieux partagés dans l’administration guinéenne, ce au grand dam des citoyens qui ne demandent qu’à être bien gérés sur la base d’une justice équitable.
Des maisons entières ont pris feu à cause de la défectuosité des installations électriques d’EDG. Parfois avec des pertes en vies humaines. Les victimes davantage appauvries, tendent la main aux bonnes volontés pour survivre. L’élan de solidarité est vite enclenché. D’honnêtes citoyens sont attaqués chez eux souvent dans le voisinage des corps de défense et de sécurité. Le mot d’ordre reste invariable : des médecins après la mort. Parfois, les présumés coupables sont pris et emprisonnés sans jamais entendre parler de leur procès. On les rencontre la plupart du temps dans la circulation ou dans les quartiers, la peur dans le ventre.
A un certain niveau de l’administration, des présumés bandits à col blanc se pavanent dans de grosses cylindrées et habitent des villas cossues, tous les enfants dans de grandes écoles occidentales. Ils ne sont nullement inquiétés. De l’autre côté, des ministres se prennent au collet comme des collégiens devant leurs collègues. Personne ne pipe mot, même pas le premier magistrat de la nation. Comme si tout cela ne suffisait pas pour que triomphent l’impunité et le laisser-aller, on assiste pantois aux jeux de passes d’arme au plus haut sommet du ministère de l’Industrie où ministre et secrétaire général se livrent à des spectacles désolant. Café quotidien : agressions verbales d’Abraham Bourré contre Ramatoulaye la ministre.
Auparavant, Souleymane Cissé du Plan et Papa Koly Kourouma se sont rendus coupable de mauvaise gestion des intrants agricoles. Un comportement connu et fustigé par Alpha Condé. Depuis, plus rien. Pas de sanction ; comme pour encourager l’ignominie. Les présumés tueurs et violeurs devenu tristement célèbres au stade du 28 septembre ont été promus en grades. Qui a dit que le manque de sanction appelle à la récidive ! Aujourd’hui, après le jeune Zakariaou Diallo, militant d’un parti politique d’opposition, tué dans l'impunité, c'est au tour du jeune Soufiane Diallo de se faire tuer dans des conditions plutôt obscures. 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010 ont été émaillées de graves atteintes aux droits de l’homme accompagnées de dégâts matériels importants.
Où en est-on avec les populations victimes de chasse au faciès en Haute Guinée ? Et les présumés empoisonnés durant l’entre-deux-tours ? Le Dr Ibrahima Sow, pourra certainement nous édifier, car il avait promis d’expertiser au-delà des frontières. C’était du pipeau pour ne pas dire du gros mensonge. Cet homme-là est aujourd’hui ambassadeur de Guinée en République fédérale d’Allemagne. Juste récompense ou simple hasard d’Alpha Condé ? Il n’y a pas de polémique à faire puisque le mobile est connu. Les hauts responsables et autres batoula qui infestent la Présidence ont fait du Guinéen un véritable loup pour son semblable. Comme le dit un compatriote vivant loin de ses racines, « Ils ne sont plus à l'écoute de quiconque. Coupés de toute réalité, entourés de batoulas, devenus profondément sourds aveugles et drogués par ce pouvoir éphémère qu'ils croient éternel, ils ne reviennent à la réalité qu'après leur chute inéluctable. »
Thierno Fodé Sow
Pour GuineeActu.com