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Retour sur une question essentielle : l’illégitimité du « professeur » Alpha Condé à la magistrature suprême d’un pays auquel il est totalement étranger

Mamadou Billo Sy Savané  Samedi, 21 Janvier 2012 19:25

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SY_SAVANE_Mamadou_B_3_01Réponse fraternelle à M. Bouba Nabé.

Monsieur Nabé, un compatriote que je ne connais pas personnellement, a fait une lecture sérieuse de ma réflexion sur la non-appartenance de M. Alpha Condé à notre pays.

Sans récuser ma réflexion, il la trouve « anachronique », parce que dit-il, elle n’aurait pas été faite au moment qu’il juge opportun, sans préciser lui-même quel est ce « moment ». Et il me suggère de m’attaquer à « l’action d’Alpha Condé », plutôt qu’à ce qu’il appelle lui, ses « pseudo-origines soudanaises ». Le tout est dit de manière courtoise, mesurée, prudente, et bien évidemment dans une langue claire. Fait rarissime sur les sites guinéens, pour être signalé. Mais quand on a une certaine épaisseur, on n’a pas besoin d’invective, ou de ton tonitruant. Et M. Bouba Nabé a l’air d’avoir cette épaisseur si rare parmi les Guinéens, me semble-t-il. D’où, de ma part, l’initiative de lui répondre fraternellement, je ne pas dis complaisamment.

Cela dit, certains se demanderont pourquoi, n’avoir remarqué que le commentaire, ou plus exactement les questions pourtant sommaires de M. Nabé, et ignoré tous les autres, supposés « nombreux » ?

Trois raisons au moins me paraissent suffisantes pour essayer d’apporter mes réponses à M. éabe :

1- Il ne répond pas à mes interrogations. Il se contente de me poser d’autres questions. Et sans l’écrire explicitement, il semble d’accord avec ma réflexion, tout en s’en défendant. Comme pour donner un gage de « désaccord » avec moi, à je ne sais qui, il se contraint à employer les termes comme « pseudo-origine soudanaise, anachronisme…). Mais étant d’une probité intellectuelle qu’on ne peut guère suspecter, il réalise bien que le fond de mes réflexions ne peut être ébranlé ni par des incantations même sentencieuses, ni par des formules éculées, et encore moins par des invectives puériles. D’où ses questions auxquelles je répondrai plus tard.

2- En raison d’un très grand nombre de félicitations et d’encouragements que je reçois sur mon mail personnel, je ne puis répondre individuellement à chacun, comme j’ai l’habitude de le faire. Je saisis donc cette occasion pour dire à tous, mes remerciements. Je vous suis reconnaissant d’avoir évité de vous livrer à des encouragements et félicitations tonitruantes. Votre discrétion témoigne de votre détermination. Vous pouvez compter sur moi, je le suis et le resterai autant que vous. Car vous me savez tenace.

Dans les semaines et mois à venir, je continuerai bien évidemment à expliquer aux patriotes guinéens, et non pas aux antipatriotes, en quoi il n’est pas tolérable qu’un étranger, fût-il M. Alpha Condé, soit imposé à la magistrature suprême de notre pays, alors qu’il en avait été écarté dans les urnes par les citoyens guinéens, dès le premier tour. Ce sera un de mes trois axes de campagne en Guinée à l’occasion des législatives. Je vous fixe donc rendez-vous au pays dans pas longtemps. Je ne m’adresse ici bien évidemment qu’à ceux qui comme moi, immense majorité, n’ont que la terre de leurs ancêtres comme seul et unique patrimoine.

Les antipatriotes, dont certains, souvent liés aux oligarques prédateurs, n’ont pas besoin de patrie, mais de comptes garnis, de placements immobiliers au Maroc, en Tunisie, au Sénégal, en France et ailleurs. Ce sont des rentiers futurs et actuels. Leurs ascendants, parfois eux-mêmes, ont très largement pillé la Guinée. Ils ont donc les moyens financiers d’être partout chez eux. Nous, non. La terre où leurs ancêtres sont nés, ont vécu et sont enterrés ne leur parle guère. Ils ont leur patrie de substitution, c’est-à-dire leurs cartes bancaires et les placements immobiliers dont ils ont déjà hérités, ou dont ils hériteront bientôt.

3- Je n’ai pas de mépris pour les antipatriotes. Mais il se trouve que pour donner l’impression d’un effet de grand nombre, 5 à 6 personnes, sous différents pseudos, multiplient les « commentaires » incompréhensibles, parce que dépourvus de sens. Nos « commentateurs », à part deux ou trois, sont toujours anonymes. Si je n’étais pas charitable, j’aurais dit encagoulés. Ici c’est le frère, là le cousin, ailleurs le neveu, plus loin les amis sont convoqués pour faire nombreux.

Visiblement, ce qui est supposé être un « commentaire », ne peut être clairement assumé, d’où les cagoules que sont les anonymats. Exercice basique de communication virtuelle, presque enfantin. On finit par faire état « d’unanimité » contre, comme si une question de cette nature était une question de vote majoritaire. Surprenant.

Voilà rapidement, les trois principales raisons qui m’ont amené à répondre à vous personnellement, Monsieur Bouba Nabé.

Sur le fond, Monsieur Nabé me pose une seule question, mâtinée d’un arrière-fond polémique.

« Monsieur Sy Savané, admettons que vous ayez raison, qu’Alpha Condé soit burkinabé, malien ou que sais-je encore : vous préconisez quoi ? Le destituer pour défaut de nationalité guinéenne ou de lien affectif avec la Guinée ? Le boycott de son pouvoir ? En toute hypothèse les conséquences juridiques qu’on peut tirer de votre texte sont tout simplement inapplicables, ce qui m’amène à dire que votre papier est anachronique, inopportun et de surcroit contre-productif. En effet, ce combat (si tant est qu’on puisse employer ce terme martial), il aurait fallu le mener bien plus tôt. Maintenant le débat est de toute autre nature : s’attaquer à l’action d’Alpha Condé et non point à ses pseudo-origines soudanaises qui ne font guère avancer la cause guinéenne. » Voilà la question intégrale.

OUI ! Il faut le destituer par tous les moyens, pour défaut de nationalité et dissimulations diverses. Par ailleurs, ce que vous reconnaissez comme défaut de lien affectif avec le pays, est déjà largement suffisant pour attester que M. Alpha Condé n’est pas guinéen, même s’il y est né.

Je préconise d’abord une désobéissance civile active. Car pour moi, la question de fond ici n’est pas juridique, mais politique, c’est-à-dire le droit inaliénable d’un pays à être dirigé par ses vrais enfants. Aucun vote, aucune « démocratie » ne peut instituer qu’un étranger doit diriger ma maison à ma place. Monsieur Alpha Condé n’a pas à être là où il est. Ce n’est ni normal, ni juste, ni équitable, et donc politiquement inacceptable. D’où selon moi, son illégitimité. Et c’est parce que je le reconnais illégitime, qu’il n’est pas guinéen, que je le récuse à la magistrature suprême de mon pays.

Je peux critiquer l’action politique, économique, financière, diplomatique d’un Sidya Touré, ou d’un Cellou Dalein, ou d’un Abé Sylla, ou d’un Bouba Nabé (si vous étiez à la tête de notre pays). Pour une raison simple : vous êtes tous fondés à y occuper toute fonction, puisque la Guinée est votre terre ancestrale. Ce n’est pas le cas de M. Alpha Condé. Je n’ai pas à critiquer son action, j’ai à lui demander de partir de « ma maison ». Et c’est ce que je fais. Lui, comme d’autres Africains, peut s’installer chez nous. Mais la magistrature suprême doit être occupée par les vrais enfants du pays. Voilà la ligne dont je ne bougerai pas.

Pensez-vous qu’un Malien, un Sénégalais, un Burkinabé ou un Mauritanien, etc… accepte à la tête de son pays un étranger au motif que celui-ci serait juste né dans son pays ?

Pouvez-vous me citer un seul pays en Afrique qui accepte à sa tête un président importé, dont personne ne sait rien comme c’est le cas de M. Alpha Condé ?

Je voudrais bien qu’on me donne une seule raison qui fait que la Guinée devrait accepter l’inacceptable.

Très tranquillement, je reviens aux questions de fond : Qui est M. Alpha Condé ? Qui sont ses parents ? De quel village de notre pays viennent-ils ? Encore une fois, dans nos sociétés millénaires, il suffit d’indiquer le village ou même la région d’origine de ses grands-parents, pour qu’on vous identifie avec certitude.

Dans le champ de discussion dans lequel nous sommes ici, et vu le point de départ, la formulation de votre question contient déjà un début de réponse. Se poser la question de savoir si M. Alpha Condé est légitime à la magistrature suprême d’un pays qui n’est pas le sien, est tout d’un coup devenu normal et acceptable. Même atténué par « … , qu’Alpha Condé soit burkinabé, malien ou que sais-je encore…. », le fait qu’il n’ait aucune espèce de lien avec notre pays, à part le fait d’y être né, vous paraît exact. Ni vous, ni personne d’autre ne me contredit sur ce point. J’en suis heureux. Pourtant, je dois avouer que j’aurais aimé être démenti.

Je considère donc qu’un grand pas a été franchi, car l’idée même de chercher à en savoir plus sur l’identité de M. Alpha Condé, était taboue pour les antipatriotes, prompts à vous désigner plus hitlérien Qu’Hitler lui-même. Je constate donc un mouvement de repli. Je ne m’en contente évidemment pas. Et autant le dire tout de suite, je suis déterminé à continuer d’expliquer à mes compatriotes que M. Alpha Condé a menti sur son identité, qu’il est né en Guinée, mais que cela ne fait pas de lui un Guinéen. Et que le laisser occuper à la tête d’un pays qui n’est pas le sien, une fonction qu’il n’a aucune légitimité à occuper, c’est conduire inexorablement le pays vers un éclatement. Ceux qui l’ont coopté, n’ont pas coopté la bonne personne. Je m’en expliquerai lors de ma campagne électorale aux législatives.

Personnellement, je considère que la magistrature suprême d’un pays, quel qu’il soit, ne peut être occupée que par les vrais enfants du pays. C’est ainsi, aussi bien en Afrique, qu’ailleurs dans le monde. La Guinée est le seul pays de la planète, où des réseaux de cooptation ont réussi à imposer avec une désinvolture intolérable, une sorte de Gouverneur presque colonial, M. Alpha Condé, exactement comme au temps des protectorats coloniaux. D’ailleurs à Conakry, c’est de notoriété publique que le « conseil des ministres » se limite à ce qui est préalablement fixé par M. Bernard Kouchner et les représentants de Bolloré. Rétrospectivement, on tient l’explication de l’attribution militarisée du terminal portuaire de Conakry à la maison Bolloré.

Si le « président » coopté, parce que soutenu par ses parrains locaux et extérieurs, considérait qu’il est en droit de vassaliser les vrais enfants de notre pays, alors pour récupérer la terre de nos ancêtres communs, Chaque patriote devra s’estimer fondé à recourir à tout moyen qu’il juge approprié.

Monsieur Alpha Condé n’a pas été élu. Avant la mascarade prétendue électorale, il était déjà pré-coopté. Eliminé dès le premier tour par les urnes, il a été militairement imposé pour le second tour. J’ai été le seul, à partir de Conakry, à dénoncer tous les arrangements que Sékouba Konaté, Jean-Marie Doré et leur parrain de l’O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie) faisaient au bénéfice de M. Alpha Condé.

J’avais même demandé à un journaliste dont je ne dirai pas le nom, de faire comprendre à Cellou Dalein et à son camp, qu’après avoir arbitrairement éliminé Sidya Touré parce qu’Alpha Condé devait être obligatoirement présenté pour le second tour, le « général » Sékouba Konaté ne s’arrêterait pas en si bon chemin ; et qu’il n’avait aucune raison de ne pas rééditer contre Cellou Dalein, ce qu’il avait fait impunément contre Sidya Touré. La suite m’a malheureusement donné raison.

J’ai souvent donné les suffrages obtenus par chacun des trois principaux candidats lors du premier tour. Depuis, tout le monde admet aujourd’hui que M. Alpha Condé était effectivement éliminé dès le premier tour. Je dois reconnaitre que personne ne m’a jamais démenti à la date d’aujourd’hui. Les diplomates de grands pays occidentaux que j’ai toujours publiquement cités comme disposant des mêmes chiffres que moi, continuent de se réfugier dans un silence tout diplomatique. Pour une raison simple : ni eux, ni Sékouba Konaté et encore moins M. Alpha Condé ne peuvent me contredire.

Monsieur Nabé ! Vous voyez, il n’y a pas d’anachronisme dans mon action. Il y a plutôt une continuité. Si j’avais vos coordonnées (adresse mail), je vous aurais fait parvenir les documents par lesquels, avec clairvoyance et discernement, j’ai toujours cherché à éclairer l’ensemble de la classe politique guinéenne, je dis bien éclairer.

Salutations fraternelles sincères.


Mamadou Billo Sy Savane
France
pour www.guineeActu.com


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