Alpha Sidoux Barry Vendredi, 08 Mars 2013 10:39
Plus aucun doute. Le pouvoir de Condé Alfa mène la Guinée au chaos. Cette nuit encore (4 au 5 mars), il y a eu deux morts, qui s’ajoutent aux effroyables tueries qui se déroulent à Conakry depuis la marche pacifique de l’opposition, le 27 février 2013. Ces crimes, perpétrés par les sbires de Condé, ses loubards et les forces policières encadrées par les Bérets rouges de la Garde présidentielle, relèguent à l’arrière-plan le problème des élections législatives. On n’a que faire d’élections, quand le peuple est massacré sauvagement par une dictature sanguinaire.
Condé Alfa a déclaré, le 23 février 2013, qu’il était indifférent aux manifestations de l’opposition politique guinéenne. Mais, après l’impressionnante marche pacifique que celle-ci a organisée le 18 février dernier, il a vu que le rapport de forces tournait à l’avantage de l’opposition. Comme tout dictateur aux abois, acculé de surcroît par une crise politique, économique et sociale sans précédent, il n’a d’autre réponse à apporter que le recours à la violence.
Depuis la dernière marche pacifique du 27 février 2013, le dictateur a lancé les loubards de son parti, le RPG, encadrés par les Bérets rouges de sa garde personnelle contre la population des quartiers de Cosa, Hamdallaye, Koloma, Bambéto …, peuplés majoritairement de Fulbhé, qu’il considère comme ses ennemis. Cette fois, ils ont même attaqué le marché de Taouyah, brûlant et saccageant les commerces et les magasins fulbhé. La preuve que ces attaques sont ciblées, la boutique de la femme du responsable du marché, qui n’est pas fulbhé, a été épargnée. Sur les instructions du gouverneur de Conakry, le condoboy Sékou Resco Camara, le marché de Madina a été saccagé. Et ce sont toujours les commerçants fulbhé qui sont les victimes.
Ces nervis pénètrent dans les concessions, entrent dans les maisons, violent les femmes, arrêtent les jeunes gens qui sont conduits vers des destinations inconnues où ils sont liquidés physiquement. Avec des mises en scène macabres pour intimider l’opposition, comme ce jeune Sow Abdoulaye, jeté au sol à la morgue, les mains liées et les yeux bandés. A ce jour, on parle de neuf morts, après la marche du 27 février. En vérité, ce sont des dizaines de jeunes qui sont enlevés nuitamment, exécutés et jetés dans des fosses communes, comme au temps de Sékou Touré où l’on enfouissait à Nongo les prisonniers morts d’inanition (ce terrain, témoin de manœuvres sordides, est encore visible à Conakry). Comme il l’avait promis, Condé Alfa a bel et bien repris la Guinée « là où Sékou Touré l’a laissée ». C’est la seule promesse que le nouveau dictateur a tenue. Après les domiciles privés, ses tueurs vont jusque dans les mosquées pour les profaner et enlever les fidèles, présumés fulbhé.
Ce ne sont pas les premiers crimes commis par le régime de Condé Alfa. Faya Millimouno, le président du Bloc libéral, ce nouveau parti politique qui suscite une grande espérance au sein de l’opposition guinéenne, a fait un recensement exhaustif des crimes perpétrés par le pouvoir. Il a dénombré 30 cas de meurtres, d’assassinats et de violations graves des droits humains depuis l’arrivée au pouvoir de Condé Alfa, en novembre 2010 (voir le document ci-après, en annexe). Aujourd’hui, il devrait s’asseoir sur le banc des accusés, à la Cour pénale internationale (CPI), aux côtés de son disciple Laurent Gbagbo, dont il utilise les mêmes méthodes génocidaires de recours à des bandits armés, à des chasseurs-sorciers ou milice ethnique et aux voyous sans foi ni loi du RPG.
Condé Alfa est une malédiction. Il incarne la barbarie à l’état pur. Sectaire, haineux, cynique, machiavélique, il est le « Diable boiteux », à l’image de Talleyrand, ainsi surnommé par Napoléon, pour sa duplicité (boiteux, il l’était comme Condé, et diabolique aussi, comme celui-ci). De par sa formation, de type soviétique, il n’entend que le langage de la violence. Et pourtant, lorsque son père, le cuisinier et homme à tout faire d’un administrateur colonial est arrivé en Guinée, venant de Haute Volta (actuel Burkina), il a été accueilli à bras ouverts. Aujourd’hui, voilà comment le fils de l’immigré voltaïque remercie les Guinéens, ses bienfaiteurs. S’il avait été un Guinéen authentique, il ne se serait jamais livré à de telles turpitudes et exactions contre ses compatriotes. De basse extraction, il ne peut qu’abaisser la Guinée. Et sa haine des Fulbhé n’a d’égal que son mépris pour les Guinéens en général, qu’il ne considère que comme chair à pâté.
Il n’a jusqu’à présent pas daigné aller à l’intérieur du pays. L’ingrat, cloîtré dans son palais à Kaloum, s’y livrant à des mœurs et à des pratiques contre nature, comme l’ignoble Kadhafi, ne s’est même pas rendu à Baro, qu’il a décrété comme étant son village d’origine, alors qu’on n’y trouve aucune tombe de ses ancêtres, qui sont tous au Burkina. Aujourd’hui, à Siguiri, qu’il appelle « la capitale du RPG », il est vomi par les populations, très déçues et découragées. Lâché par sa base, il ne peut plus se maintenir que par la violence. Il s’abrite derrière les Maninkas comme d’un paravent, alors qu’il n’appartient pas à cette communauté dont il parle très mal la langue. Le jour où ceux-ci, lassés de ses mensonges, donneront la main aux Fulbhé, son pouvoir va tomber comme un fruit pourri.
Condé Alfa a repris à son compte la doctrine sékoutouréenne du « complot permanent ». Sous le fallacieux prétexte de « tentative d’attentat à la vie du chef de l’Etat », un attentat fomenté de toutes pièces en juillet 2011, il a fait d’une pierre deux coups : éliminer les officiers proches de Sékouba Konaté (président de la Transition en 2010), dont il a une peur bleue ; et attaquer l’UFDG, le principal parti d’opposition. La mascarade judiciaire que l’on voit aujourd’hui sur la RTG ridiculise la justice guinéenne et montre le visage hideux de la dictature.
Tel un bateau ivre, la Guinée est en perdition. Face à la force brutale des Bérets rouges et des bandes armées de Condé Alfa, les Guinéens, aux mains nues, ne peuvent s’en remettre qu’à la communauté internationale et lancent à celle-ci un SOS désespéré : « Sauvez-nous ! » Mais, ce cri d’alarme est sans illusion, sachant ce qu’est la communauté internationale. Un agrégat d’intérêts égoïstes, à la solde des multinationales dont le leitmotiv est la recherche du profit pur, c’est-à-dire le profit après la rémunération normale du capital (les fonds d’investissement réclament de 15% à 20% d’intérêt).
C’est à cette sordide mission que s’attèlent les ambassadeurs en Guinée de la France, patrie auto-proclamée des droits de l’homme et des peuples, tel son actuel représentant à Conakry, Bertrand Cochéry (un supplétif de Bernard Kouchner), ainsi que l’actuel ambassadeur des Etats-Unis, Alexander Laskaris, ce qui est particulièrement consternant, sachant que celui-ci parle au nom de la première puissance économique et militaire du monde. De même que le représentant de l’Union Européenne à Conakry, Philippe Van Damme, dont le parti-pris flagrant pour Condé Alfa fait honte à l’Europe tout entière. On en est encore aux préjugés racistes des Européens, qui considèrent, comme l’avait dit Jacques Chirac au président ivoirien Houphouët-Boigny, que « l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie ». Ne parlons même pas du misérable Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères au moment du second tour de l’élection présidentielle guinéenne, en novembre 2010, complice du hold-up électoral qui a permis à Condé Alfa d’accéder au pouvoir. Il faut savoir que ce Kouchner, mû par ses intérêts matériels et égoïstes, comme tous ses semblables, a extorqué au gouvernement du Gabon, pour un rapport farfelu de 18,5 pages sur la sécurité sociale de ce pays durant une expertise de 2 ans, la somme de 2,6 millions d’euros, soit 140 000 euros la page, pour arriver à la conclusion géniale selon laquelle la sécurité sociale gabonaise ne fonctionne pas. Faut-il en rire ou en pleurer ? Aujourd’hui, cet escroc prétend que son ami Condé Alfa lui a confié un projet de construction d’un hôpital à Conakry. Vous verrez ce que cela va nous coûter.
Par communauté internationale, il faut entendre l’Union africaine et, plus près de nous, la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (ECOWAS, en anglais). L’une des premières décisions de Condé Alfa, sitôt arrivé au pouvoir, a été de dissoudre le Groupe international de contact pour la Guinée (GIC-G), qui avait été mis sur pied par l’Union africaine en 2009 pour assurer la Transition, après le coup d’Etat du capitaine Dadis Camara, le 23 décembre 2008. Et ce, pour dissimuler à l’opinion publique internationale les turpitudes qu’il s’apprêtait à commettre. Cette institution comprend l’Union africaine, des pays voisins de la Guinée avec à leur tête le Nigeria, pays siège de la CEDEAO, l’Union européenne (UE), l’Organisation des Nations unies (ONU) et d’autres organisations internationales.
Les partis politiques de l’opposition, appuyés par les Guinéens de l’étranger, doivent lancer un appel de détresse à l’Union africaine, afin qu’elle ressuscite le Groupe international de contact pour la Guinée, le GIC-G.
Nous, Guinéens de l’étranger, en particulier résidant en France, levons-nous pour marcher sur l’Assemblée nationale française, devant le Palais Bourbon. Bien sûr, Paris et François Hollande ne nous entendront pas, mais le monde entier nous entendra.
Par le détournement des ressources minières guinéennes, Condé Alfa a amassé une immense fortune, qui se chiffre en centaines de millions de dollars. Mais, cet argent ne le sauvera pas. Il finira comme Kadhafi, lynché par la révolte populaire.
Alpha Sidoux Barry
Directeur de publication de GuineeActu
Annexe :
Situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales sous le régime du président Alpha Condé
Faya L. Millimouno, Opposition guinéenne
Depuis l’investiture du Président Alpha Condé le 21 décembre 2012, on note plusieurs violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Toutes ces violations impliquent plus ou moins la responsabilité du président de la République et de son gouvernement ou alors de leurs représentants locaux.
En effet, lors d’une rencontre au Palais du Peuple avec les jeunes de Conakry, le Président de la République n’a pas hésité à annoncer publiquement que dans six mois il en aurait fini avec l’opposition guinéenne. Joignant l’acte à la parole, son administration a multiplié des actions d’intimidation, de harcèlement, d’arrestation, de violences de toutes sortes contre les cadres et militants de l’opposition. Même les citoyens non associés à un parti politique quelconque ne sont pas épargnés.
La répression sanglante de toutes les manifestations pacifiques initiées par l’opposition ou les populations excédées par la violation de leurs droits et les entraves aux libertés fondamentales sont illustrées par les faits ci-après :
1) Depuis février 2011, des répressions brutales et répétitives ont été administrées, à Saoro (Préfecture de Yomou), à des populations rurales qui ont protesté contre l’expropriation de leurs terres au profit de la SOGUIPAH. Bilan, il en a résulté 2 morts, des humiliations publiques, 1 cas de viol et des destructions de cultures.
2) Le 3 avril 2011, le retour au pays du leader de l’UFDG, après un long séjour à l’étranger, s’est soldé par l’assassinat par les forces de l’ordre d’un de ses militants du nom de Zakariaou Diallo, puis de l’arrestation et le jugement de 72 citoyens, ensuite la condamnation et enfin la radiation arbitraire de gendarmes officiellement affectés à la protection du Président de l’UFDG ;
3) Le 10 mai 2011, la descente musclée au domicile du Président de l’UFDG, El Hadj Mamadou Cellou Dalein Diallo, d’un groupe de militaires en violation de l’article 13 de la Constitution.
4) Le 19 juillet 2011, tentative d’enlèvement de Monsieur Bah Oury, vice-président de l’UFDG à son domicile, au motif qu’il serait un des commanditaires de l’attaque du domicile privé de M. Alpha Condé.
5) Le 26 juillet, la présidente du Conseil national de la communication (CNC), Mme Martine Condé a, dans un communiqué officiel diffusé sur les médias d’Etat, demandé aux medias publics et privés de s’abstenir de tout commentaire sur la récente attaque du domicile du président Alpha Condé.
6) Les 27 et 28 septembre 2011, le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition organise des manifestations pacifiques à Conakry. Quatre de ses militants sont tués par balles par les forces de l’ordre, 600 autres mis aux arrêts, dont la plus part à domicile et 323 jugés, parmi lesquels, Etienne Soropogui, vice-président des Nouvelles forces démocratiques (NFD).
7) En octobre 2011, les populations paysannes sont victimes de limitations de libertés de mouvement de leurs biens. En région forestière par exemple, les paysans sont empêchés par les autorités locales de vendre leur riz en dehors de leur district et Sous-préfecture. La mise en œuvre de cette mesure est effectuée par les forces de défense et de sécurité qui ont d’ailleurs multiplié les barrages de fouille et de racket dans la région. Cette pratique, comme elle était du temps de la révolution de Sékou Touré, à des répercussions graves sur l’économie et la stabilité de la région.
8) En novembre 2011, des tracasseries insupportables ont été infligées aux militants de l’UFDG et à leur leader à l’occasion des visites de remerciements que ce dernier a effectuées à l’intérieur du pays. Les lieux publics leur ont été interdits, des passages leur ont été barrés et même les ventes de carburant leur ont été refusées. Il subira le même sort à Télimélé, Gaoual, Kamsar et Kolaboui en juillet 2012, alors qu’il était en tournée dans la région de la Basse Guinée.
9) En novembre 2011, Abdoulaye Sylla, secrétaire fédéral de l’UFR Boké a été révoqué de sa fonction de Directeur Préfectoral adjoint de l’éducation de Boké à cause de son appartenance politique.
10) Le corps du grand frère de Toumba Diakité, qui était porté disparu depuis la nuit du 23 novembre 2011, a été effectivement retrouvé et identifié par sa famille. Le jeune Alsény Diakité dit «Sény» ou «Grand Kampala», aurait trouvé la mort dans des conditions jugées mystérieuses. Selon sa famille, Sény dans la trentaine, chauffeur de métier et marié sans enfant, aurait succombé, suite à des traitements « inhumains et dégradants » qu’on lui aurait fait subir en détention.
11) En décembre 2011, Marie Wiki, membre du Bureau fédéral des femmes de l’UFR de Boké a été mise à la retraite sept ans avant à cause de son appartenance à l’UFR. Elle était également fonctionnaire à la Direction préfectorale de l’éducation (DPE) de Boké.
12) En janvier 2012, la visite en Haute Guinée du leader du PEDN où son cortège a été mainte fois bloqué par les forces de l’ordre et la Mamaya organisée à son honneur violemment dispersée avec utilisation de gaz lacrymogènes. Il en a résulté plusieurs dizaines de blessés, de saccages et d’extorsions de biens personnels.
13) Le 8 janvier 2012, la mort en prison et dans des conditions non élucidées de Thierno Sofiane Diallo, arrêté le 29 août 2011 et détenu arbitrairement. Selon son avocat et ses proches, il aurait subi des tortures durant son arrestation et sa détention.
14) En janvier 2012, la tournée du leader de l’UFR en Basse Guinée, où on a enregistré les mêmes violences et obstructions à la liberté de mouvements du leader et de ses militants.
15) Le 16 janvier 2012, répression aveugle à Kamsar de populations composées majoritairement de jeunes élèves sortis pour réclamer la desserte du courant électrique à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). Il en a résulté un mort et plusieurs dizaines de blessés.
16) Le 26 janvier 2012 Mme Bano Sow, et Saliou Sow, tous hauts cadres de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) ont été kidnappés et incarcérés, sans motif ;
17) Le jeudi 2 février 2012, Monsieur Abdoulaye Manet président de la section UFDG de Hamdallaye mosquée, a été arrêté dans un café, non loin de son domicile et privé de tout contact extérieur, y compris celui de sa famille et de ses avocats.
18) Le 18 février 2012, descente musclée des services de sécurité de Labé dans l'enceinte du lycée Hoggo M'Bouro fait plusieurs blessés dont 7 cas graves admis aux urgences de l'hôpital régional. Cette opération visait à réprimer la manifestation des lycéens qui protestaient vendredi matin contre l'agression de leur professeur de philosophie par un jeune du quartier Mairie lié à une dame en uniforme du nom de Diallo Assiatou en service militaire au Camp El hadj Oumar Tall.
19) Le 26 février 2012, le jeune lycéen Moussa Deen Diaré (élève en 11e année Sciences sociales au Lycée 28 Septembre) est décédé dans des conditions jugées floues à Kindia, alors qu’il était en détention dans une brigade locale de gendarmerie. Pour la famille éplorée, l’enfant a rendu l’âme suite à des actes de torture qu’on lui a infligée. Du côté des autorités locales, en revanche, on réfute en bloc ces accusations. Pour plus de détails, lire ce lien.
20) Kounkou Mara, journaliste du groupe de presse Le Lynx- La Lance, s'est vue refusée l'entrée à la Banque centrale de Guinée le 27 février dernier alors qu’elle était en exercice de sa profession, en plus invitée. Pire, elle a été agressée et blessée par des gendarmes.
21) Le 17 mars, un meeting de l’opposition au stade Olympicafrica de Bonfi a été dispersé à coup de gaz lacrymogènes. Une dizaine des agents de la garde rapprochée de Lansana Kouyaté interpellés par la police.
22) Le 10 mai, une géante manifestation de l’opposition est dispersée par les forces de l’ordre. De nombreux blessés, dont un entre la vie et la mort, a été finalement évacué au Maroc.
23) Dans son rapport annuel, rendu public ce jeudi 24 mai 2012, Amnesty International revient sur la situation des droits humains dans le monde. L’organisation souligne que les forces de sécurité ont tiré à balles réelles contre les manifestants s’opposant au régime en place, notamment dans des pays comme l’Angola, le Burkina Faso, la Guinée, le Liberia, le Malawi, la Mauritanie, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Soudan du Sud faisant parfois de nombreuses victimes. Lire le lien sur RFI.
24) 5 juin 2012 – Des violentes manifestations ont éclaté à Mamou, après que le caporal-chef, Saibou Traoré, eut tué à bout portant un chauffeur originaire de Labé du nom de Diallo Ibrahima, au niveau du barrage de Hooré Séré à la sortie de la ville. Dès le matin, la ville a été paralysée en raison des violentes émeutes entre les jeunes et chauffeurs et les forces de l’ordre.
25) L’acharnement des gouverneurs, préfets et sous-préfets contre les militants et responsables de l’opposition et leur implication directe dans l’implantation du RPG-Arc-en-ciel. Les exemples sont nombreux : 1) le mercredi 1er février 2012, Monsieur Ben Salla Traoré, secrétaire fédéral du PEDN de Beyla, est convoqué par le Préfet, Monsieur Amadou Kourouma, et ordonne de démissionner du PEDN pour rejoindre sans délai le RPG Arc-en- ciel ou à défaut subir des mesures radicales et conséquentes ; 2) le vendredi 3 février 2012, Monsieur Aboubacar Sidibé, secrétaire fédéral du PEDN de Sinko, a subi les mêmes menaces de la part du même préfet.
26) Le choix délibéré du pouvoir de violer systématiquement la constitution et les lois de la République. Ce qui fait que l’espoir suscité par la dernière élection présidentielle de voir naitre et s’implanter un véritable Etat de droit en Guinée s’amenuise de jour en jour et risqué de déboucher sur une dictature inacceptable. En l'espace de quelques mois d’exercice du pouvoir, on note plusieurs cas de violations de la Constitution et des lois. L’une de ces violations est la dissolution par décret d’une trentaine de conseils communaux au mépris du Code des Collectivités locales en ses articles 80 et 100.
27) Le noyautage et la déstabilisation des organisations de la Société civile. Au niveau des syndicats, le Gouvernement a tenté en vain de faire fusionner d’autorité les différents syndicats du pays en une seule organisation facilement manipulable. A la CNTG, première centrale syndicale, le Gouvernement a suscité et financé une dissidence et s’est acharné à imposer un Bureau exécutif à la place de celui qui a été régulièrement élu. Il a aussi tenté de faire créer de nouveaux syndicats à sa dévotion. Cette autre manœuvre n’a échoué que grâce à la menace vigoureuse des syndicalistes de déclencher un mouvement de grève généralisé. Au niveau de plusieurs autres organisations de la Société civile (diamantaires, orpailleurs, pêcheurs artisanaux, patronats, etc.), le Gouvernement a créé et financé de nouvelles organisations pour affaiblir et contrebalancer celles existantes et démocratiquement élues.
28) Dans la nuit du 3 au 4 août, 2012, des massacres des populations endormies, au moment des faits, ont été perpétrés par les forces de défense et de sécurité, aux ordres des autorités de la République, dans le village de Zoghota, Préfecture de N’Zérékoré. Le bilan fait état de cinq personnes tuées par balles, trois gravement blessés également par balles (l’un des trois blesses est mort quatre jours après les massacres), plusieurs portées disparues, probablement tuées, et une vingtaine de victimes arrêtées, torturées et gardées en lieu non identifiés.
29) Le 6 août, les forces de l’ordre ont abattu un jeune apprenti mécanicien âgé de douze ans à Siguiri lors des émeutes populaires. A l’origine, des assaillants armés ont attaqué la veille des magasins de détecteurs d’or. Le lendemain, les populations ont alors protesté dans les rues contre l’inertie des autorités civiles et militaires face à la montée grandissante de l’insécurité dans la cité aurifère. Les émeutes se sont soldées par un mort et des dégâts matériels, notamment la résidence du préfet mise à sac, ainsi que celle du commandant des Rangers.
30) Les 8, 9, 10, et 11 décembre 2012, des manifestations des populations de Guéckédou pour le départ du Préfet, Boukary Keita, qu’ils reprochent d’abus de pouvoir et d’insultes publiques à leur endroit, ont eu lieu. Le Préfet et son secrétaire général ont profité pour instrumentaliser les ethnies et provoquer des affrontements qui ont fait au moins deux morts, plus d’une centaine de blessés et beaucoup de frustrations. Le pouvoir en a aussi profité pour déployer de milliers de militaires, de gendarmes et de policiers qui se sont adonnés à des violations graves des droits humains, dont des viols (lien à suivre).
Devant toutes ces violations, le gouvernement refuse systématiquement d’ouvrir des enquêtes pour situer les responsabilités des assassinats. En plus les tribunaux guinéens refusent de recevoir et d’examiner les plaintes formulées par les parents des victimes
Conakry, le 05 janvier 2013
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