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El Hadj Oumar (1796-1864) dans le Fouta Djallon

Thierno Mamadou Bah   Mercredi, 09 Novembre 2011 21:29

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BAH_Thierno_Mamadou_01Ce texte de Thierno Mamadou Bah est extrait de son livre : « Conakry : SociĂ©tĂ© africaine d'Ă©dition et de communication Â» 1999. 182 p. : ill.

Il relate le passage d'Elhadj OumarTall au Fouta Djallon au 19e siècle. Très bien rédigé, il fourmille de détails qui intéresseront sans nul doute les internautes. Nous l’avons fait précéder d’une brève biographie de l’auteur tirée sur le web.


Biographie

Fils de Tierno Aliou Bhoubha Ndiyan, grand Wali du Fouta Jalon, et de Neenan Ousmane Diari, El Hadj Thierno Mamadou Bah est nĂ© Ă  LabĂ© (RĂ©publique de GuinĂ©e) en 1900. Après des Ă©tudes coraniques et thĂ©ologiques faites auprès de son père, il entre Ă  l'Ă©cole française en 1915. Il obtient son certificat d'Ă©tudes primaires (CEPE) et le diplĂ´me de sortie du Cours Normal de Conakry.

En 1924, il est engagé comme fonctionnaire dans l'administration coloniale : commis expéditionnaire, il sert successivement à Dabola, Mali, Labé et Mamou.

En 1947, il est Ă©lu Conseiller gĂ©nĂ©ral de la GuinĂ©e française. Membre fondateur de l'Association Gilbert Vieillard (association regroupant les cadres et intellectuels peulhs), il milita dans le Parti du regroupement africain (PRA).

Il prit sa retraite après une carrière bien remplie. Mais en 1958 quand la Guinée accède à l'indépendance, il reprend service et dirige les circonscriptions de Kankan et Labé.

En 1970, le rĂ©gime du PDG le fait emprisonner. Il trouve la mort au camp militaire de Kankan en 1972.

Son Histoire du Fouta Djallon est une brillante synthèse qui tire partie aussi bien des sources orales que des sources écrites.

 

El Hadj Oumar dans le Fouta-Djallon

C'est sous le règne d'Almamy Oumarou que le grand conquĂ©rant El Hadj Oumar arriva dans le Fouta. Il avait dĂ©cidĂ© d'Ă©migrer de son pays natal dès son retour du pèlerinage aux lieux saints de l'Islam. Les autoritĂ©s du Fouta-Toro avaient manifestĂ© une grande hostilitĂ© Ă  son endroit Ă  cause de sa grande influence politique et religieuse acquis grâce Ă  son instruction et Ă  sa richesse.

De son voyage Ă  la Mecque, El Hadj Oumar avait ramenĂ© avec lui beaucoup de biens, de nombreux talibĂ©s et disciples formant presque une armĂ©e. D'illustres hommes de sciences Ă©taient devenus ses compagnons dĂ©vouĂ©s. Pendant son sĂ©jour dans le Fouta-Toro, la foule d'adhĂ©rents Ă  sa confrĂ©rie augmenta tous les jours. Cette situation n'Ă©tait pas pour donner confiance aux chefs politiques qui entrevoyaient le dĂ©clin de leur chefferie. Ils Ă©laborèrent toutes sortes d'intrigues pour gĂŞner El Hadj Oumar et empĂŞcher le dĂ©veloppement de sa puissance au Fouta-Toro. Ne pouvant vivre dans un milieu aussi dangereux, il dĂ©cida donc d'entreprendre la guerre sainte et rassembla Ă  cet effet un contingent très important de guerriers. Il quitta son village pour se diriger vers le sud.

Le chef du Fouta-Toro mit aussitôt en garde tous les chefs du sud, avisant notamment l'Almamy du Fouta-Djallon du danger qui le menace s'il hébergeait ce vénérable voyageur dans son royaume ; car il avait, disait-il, le dessein d'occuper le Fouta-Djallon.

Continuant son chemin, El Hadj Oumar atteignit le Fouta-Djallon en 1844. Il pĂ©nĂ©tra par le LabĂ© oĂą son sĂ©jour dura quatre ans.

Quand Oumarou apprit la nouvelle de cette arrivée, il essaya de contrer le projet qui lui a été signalé. Il convoqua à Timbo les éminents marabouts du pays pour consultation. Chacun d'eux ayant donné son avis, l'Almamy conclut que le séjour de ce vénérable voyageur dans son pays n'était pas un danger. Néanmoins il estima qu'il avait le devoir de prendre des dispositions pour que ce séjour ne soit pas prolongé.

Sur sa demande le chef du LabĂ© envoya au devant d'El Hadj Oumar, une importante dĂ©lĂ©gation pour lui souhaiter la bienvenue. Cette dĂ©lĂ©gation le joignit Ă  Diountou. Pour donner plus de solennitĂ© Ă  sa rĂ©ception, le grand marabout de Zawia, Thierno Alghasimou lui-mĂŞme en fit partie ; El Hadj Oumar fut très touchĂ© par cette rencontre qui prit une signification hautement religieuse.

L'Alfa mo LabĂ© hĂ©bergea le vĂ©nĂ©rable hĂ´te Ă  Satina, village situĂ© Ă  quelques kilomètres de la ville de LabĂ©. Ce village fut son centre de rayonnement. Sa grande rĂ©putation et l'influence politique dont il jouissait lui permirent de rassembler autour de lui un très grand nombre de talibĂ©s auxquels il distribua l'enseignement arabe. De Satina, il rendit souvent visite au chef du LabĂ© qui lui rĂ©serva, chaque fois un accueil digne de son rang de grand marabout et de pèlerin.

De nombreux marabouts vinrent également auprès de lui pour acquérir des bénédictions et compléter leur instruction arabe.

A Labé, il tint de nombreuses conférences sur la religion musulmane à l'intention de la grande foule des fidèles. Au cours de ces conférences il fit des révélations frappantes. Parfois, sur son chemin, il faisait des prédications qui se sont toujours réalisées ; nous en citerons notamment :

Au cours de l'une de ses confĂ©rences, un vassal du chef de LabĂ© dit Ă  un de ses voisins : 

‒ Ce marabout cherche à occuper notre pays ; il sortit son sabre de sa gaine et dit encore :

‒ C'est avec nos sabres que nous le chasserons de ce pays. 

Tout en continuant sa confĂ©rence El Hadj Oumar lui rĂ©pondit instantanĂ©ment : 

‒ C'est avec ce mĂŞme sabre que ta tĂŞte sera coupĂ©e. » 

Quelques annĂ©es après, ce vassal se rendit dans le Kinsi, au nord-ouest du LabĂ©, porteur de son sabre. Il y rencontra en pleine brousse le rebelle Iliassou NingĂ©landĂ© dont nous parlerons plus loin. Iliassou saisit le sabre et lui trancha la tĂŞte.

Un jour venant de Satina, El Hadj Oumar rencontra près de LabĂ©, un enfant appelĂ© Amadou. Il lui dit : « Depuis mon arrivĂ©e, je te cherche ; j'ai une missive Ă  te transmettre : au nom de Cheik Amadou Tidjani, je te fais son Klialife. Je suis heureux d'avoir rempli ainsi cette mission sacrĂ©. » Et il le quitta. L'enfant rentra dans son village DondĂ©-Koubia, raconta Ă  son père le fait. Celui-ci se mit en rapport avec El Hadj Oumar, qui lui remit le mandat Ă©crit par lequel il confĂ©rait au jeune homme le titre de Khalife Amadou s'instruisit rapidement et acquit le titre de Tierno. Il fuit appelĂ© Tierno Amadou DondĂ©. Il se livra alors Ă  l'exĂ©cution de la charge qui lui avait confiĂ©e. C'est grâce Ă  lui que la Tidjania connut un dĂ©veloppement florissant dans la contrĂ©e.

Une autre fois, sur le mĂŞme chemin, traversant la rivière Dongora, qui coule près de la ville de LabĂ©, El Hadj Oumar demande Ă  une fille qui puisait de l'eau, de lui porter Ă  boire. La jeune fille honora cette demande avec politesse. Après s'ĂŞtre dĂ©saltĂ©rĂ©, El Hadj Oumar remercia la jeune fille et dit Ă  ses compagnons : « Cette jeune fille porte le germe d'un waliyu. » La fille se maria quelques annĂ©es après Ă  Modi Mamadou mo Modi Bano, marabout rĂ©sidant Ă  LabĂ©. De cette union naquit le grand marabout Thierno Aliou Bouba Ndiyan, dont l'influence et la vĂ©nĂ©ration dĂ©passèrent les frontières du Fouta-Djallon.

Pendant les quatre ans qu'il passa dans le LabĂ©, El Hadj Oumar reçut la visite de tous les marabouts du pays. 

Parmi eux, nous citerons Thierno Sadou mo Dalen, grand poète et auteur de plusieurs ouvrages littĂ©raires et religieux. El Hadj Oumar apprĂ©cia beaucoup le talent de Thierno Sadou et lui porta un jugement Ă©logieux. Thierno Sadou est l'un de ceux qui donnèrent Ă  Almamy Oumarou le conseil de ne nullement inquiĂ©ter le marabout conquĂ©rant. Il Ă©viterait ainsi, disait-il, des ennuis au Fouta. Pour illustrer sa recommandation, Thierno Sadou compara El Hadj OumarĂ  un piton qui survolait le Fouta en se dirigeant vers l'est. C'est sur cette recommandation qu'Almamy Oumarou autorisa le visiteur Ă  Ă©tablir son royaume Ă  Dinguiraye.

Après un sĂ©jour de quatre ans dans le LabĂ©, El Hadj Oumar fit ses adieux au chef du LabĂ© pour se rendre Ă  Timbo. Il rencontra Ă  DaralabĂ© sur son chemin, l'Ă©minent marabout, Modi Saliou mo Dara qui s'allia Ă  lui. Il mit toute sa famille, ses serviteurs, ses biens et lui-mĂŞme Ă  la disposition d'El Hadj ; il Ă©migra avec lui jusqu'au Dinguiraye, oĂą il prit une part très active dans l'Ă©dification de cette ville, et ne quitta plus Alhadj Oumar jusqu'Ă  sa mort.

De DaralabĂ©, il rayonna dans le Timbi oĂą il laissa des souvenirs inoubliables. Il accorda ses bĂ©nĂ©dictions Ă  tous les villages visitĂ©s. 

A son retour Ă  DaralabĂ©, il rendit visite au grand marabout Thierno Samba MombĂ©ya, dans le Kolladhe. Dès son arrivĂ©e, une querelle Ă©clata entre eux, au sujet du livre Oogirde Malal, que ce dernier avait rĂ©digĂ© en pular, sur le droit musulman. El Hadj Oumar dit Ă  Thierno Samba : 

‒ « Cesse de traduire les écrits arabes en poular, autrement tu feras disparaître la langue arabe du Fouta. »

Vexé, Thierno Samba répondit :

‒ A Monbéya les trois bases de l'Islam sont bien connues :

‒ Ghâl'al'lâhu : Dieu a dit

‒ Ghâl'ar'rasûlu : Le Messager a dit

‒ Ghâl'as'shaykhu : Le maître a dit

Il voulait ainsi dire qu'il n'avait rien Ă  apprendre de personne. Mais El Hadj Oumar rĂ©pliqua d'un ton calme : 

‒ Cela s'arrĂŞte Ă  toi. 

Depuis, plus personne dans la descendance de Thierno Samba ne put hériter de sa science ni de sa force spirituelle. Thierno Samba est le marabout qui avait conseillé, quatre ans auparavant, Almamy Oumarou :

‒ « Afin d'Ă©viter qu'El Hadj Oumar ne s'empare du Fouta-Djallon, tu devras refuser de rĂ©pondre Ă  l'appel de Tokora homonyme), que celui-ci te lancera Ă  sa rentrĂ©e dans ta case Ă  Timbo ».

De MombĂ©ya, El Hadj Oumar gagna directement Tamba. Il choisit lui-mĂŞme son village d'hĂ©bergement ; et DiolakĂ©, village situĂ© Ă  quatre kilomètres Ă  l'ouest de Tirnbo, fut son lieu prĂ©fĂ©rĂ©, en raison de l'estime qu'il avait pour les marabouts qui l'habitaient.

Pour atteindre ce village, il fallut parcourir un chemin supposĂ© ĂŞtre hantĂ© du mauvais sort. A la tĂŞte de sa caravane, El Hadj Oumar marcha sans inquiĂ©tude et Ă©vita tous les points suspects jusqu'Ă  DiolakĂ©. Il montra ainsi sa grande science mystique grâce Ă  laquelle il put Ă©chapper aux malheurs auxquels tout autre que lui aurait succombĂ©.

A Diolaké, il reçut un accueil chaleureux de la part de la population, qui se sentit honorée par son arrivée, et lui fournit tout le confort nécessaire pour un séjour prolongé.

Dès son arrivĂ©e, une foule de fidèles se pressa autour de lui, les uns cherchant Ă  obtenir sa « Baraka », les autres Ă  se mettre Ă  son Ă©cole ou a recevoir l'initiation au Tidjanisine dont il Ă©tait le dispensateur.

Après un repos de quelques jours, il fut reçu par l'Almamy Oumarou, qui mit en application la recommandation de Thierno Samba MombĂ©ya. RentrĂ© dans la case du souverain, El Hadj Oumar lui lança : 

‒ Tokora ! 

L'Almamy refusa de rĂ©pondre. Il rĂ©itĂ©ra deux fois, et l'Almamy lui dit d'une voix grave : 

‒ Oo'oh ! Almami alaa tokora (Non, non ! l'Almamy n'a pas d'homonyme). El Hadj Ournar rĂ©pliqua alors : 

‒ Tidyo dhon Tidyia hen Dyon Dyouhe ! (Mise sur Tidja jusqu'Ă  ce que DiouhĂ© te surprenne !), faisant allusion Ă  Alfa Mamadou DiouhĂ© de Laminiya, qui envahit Timbo un peu plus tard et en chassa Almamy Oumarou (cf. Affaire Houbbou que nous Ă©tudierons plus loin) .

A la suite du message qu'il avait reçu du Fouta-Toro, Almamy Oumarou observa à l'égard de son hôte une attitude de méfiance. Par contre, son collègue alfaya, Almamy Boubakar mo Bademba lui réserva un accueil chaleureux. Plus sympathique et plus ouvert, il eut des relations très cordiales avec El Hadj Oumar durant le séjour de celui-ci dans le Timbo.

Quelque temps après, son tour au trône ayant expiré, Almamy Oumarou abandonna le poste à son collègue Alfaya.

Pendant que celui-ci Ă©tait en exercice, le parti soriya essaya de l'extirper du pouvoir ; une lutte très âpre s'engagea entre les deux Partis ; mais grâce Ă  la force de persuasion d'El Hadj Oumar, une rĂ©conciliation put ramener le calme. El Hadj Oumar demande Ă  son homonyme d'attendre six mois, celui-ci accepta ; et avant l'expiration des six mois, Almamy Boubacar mourut et Almamy Oumarou revint sur le trĂ´ne sans peine. A partir de cette date la succession au trĂ´ne fut scrupuleusement observĂ©e par les deux partis.

Le sĂ©jour d'El Hadj Oumar Ă  Timbo se prolongeant, Almamy Oumarou ne manqua d'exprimer l'ennui que cela lui causait. Un jour, il demanda un volontaire pour se rendre auprès de son hĂ´te, Ă  DiolakĂ©, pour lui faire comprendre ce qu'il ressentait. Un griot s'offrit pour cette mission. Almamy Oumarou le fit accompagner d'un tĂ©moin. Quand il arriva, on l'introduisit dans une salle en attendant que le grand marabout soit prĂŞt Ă  le recevoir. Dès que ce missionnaire insolite et son compagnon pĂ©nĂ©trèrent dans la salle, le premier mourut instantanĂ©ment. Surpris par le dĂ©cès inattendu, le tĂ©moin s'empressa de le signaler Ă  El Hadj Oumar, qui lui dit: « Va le signaler Ă  celui qui l'a chargĂ© de mission ; Oumar n'y est pour rien. » Voulant prendre congĂ© des autoritĂ©s du Fouta, El Hadj Oumar sollicita de l'Almamy un coin de terre, Ă  l'est de Timbo, pour fonder un village. Le souverain lui proposa AĂŻndĂ© Bouka, constituĂ©e par une grande plaine situĂ©e près de Dabola, arrosĂ©e par la grande rivière Bouka. El Hadj refusa cette offre prĂ©textant que Bouka faisait couler les larmes. L'Almamy lui proposa alors, la plaine de Bassan, situĂ©e non loin de lĂ . El Hadj repoussa encore ce nom qui rappelle la pauvretĂ© :

‒ La pauvretĂ© provoquant les larmes, je ne souscris pas Ă  ces deux propositions. 
C'est alors que le souverain indiqua la plaine de Dinguirawi (Dinguiraye), située plus loin, à l'est.

‒ Je préfère une grande étable à la pauvreté qui fait couler les larmes, répondit le vénérable hôte.

Dès que le jour du dĂ©part fut fixĂ©, l'Almamy convoqua tous les grands marabouts du Fouta afin de donner Ă  ce dĂ©part une grande solennitĂ©, car El Hadj Oumar jouissait dans le pays d'une considĂ©ration sans limite. Devant une assistance très importante, El Hadj Oumar prononça un discours très Ă©loquent. En terminant il conclut :

« Ka ‒ Ko ‒ Kol », et se tut.

L'Almamy demanda aux marabouts de lui répondre. Comme de coutume, dans pareilles circonstances, la parole revint au Labé, et ce fut Thierno Sadoul mo Dalen qui eut l'honneur de répondre au partant. Il ne fut pas moins éloquent et conclut aussi en termes voilés :

‒ Da ‒ Da ‒ Doun»

L'assistance fut Ă©merveillĂ©e. Les significations des deux discours restaient hermĂ©tiques pour elle. Pourtant, Thierno Sadou put en donner le sens clairement. El Hadj Oumar disait en conclusion, qu'il avait constatĂ©, pendant son sĂ©jour que le Fouta ne comptait que des pierres, de la famine et des sans vĂŞtements :

Ka = Kaayhe (pierres)

Ko = Kooyhe (famine) 

Kol = Kolndan (dĂ©nuement au sens de manque de vĂŞtement)

Thierno Sadou lui dit, au contraire, que le Fouta était un pays où abondent la foi, l'eau fraîche et les fruits :

Da = DĂ®na (religion) 

Da = Ndiyan (eau) 

Doun = Dimdhe (fruits) »

Avant d'atteindre Dinguirawi, cette grande plaine peuplĂ©e d'animaux sauvages El Hadj Oumar fut autorisĂ© Ă  rĂ©sider provisoirement Ă  DiĂ©gounko, sur le mont Dabel. Il s'y installa avec son monde, construisit une mosquĂ©e dont les ruines existent de nos jours .

De ce village, il envoya ses talibĂ©s repĂ©rer l'emplacement de sa future ville de Dinguiraye. Pendant qu'ils chassaient, ses talibĂ©s dĂ©couvrirent sous un arbre appelĂ© linguĂ©, une grande quantitĂ© de crotte d'un troupeau d'antilopes qui venaient certainement y prendre le frais. Pour eux, ce tas indiquait que le lieu Ă©tait propice. 

El Hadj Oumar quitta alors DiĂ©gounko pour Ă©tablir son domicile sur cette terre dĂ©sertique qu'il baptisa Dinguiraye. Près de l'arbre linguĂ©, il construisit sa grande mosquĂ©e. Cet arbre resta sacrĂ© pour les habitants et fut inclus dans la cour du temple. C'est sous son ombre que les fidèles rĂ©citèrent leur wazĂ®fa , en prĂ©sence d'El Hadj Oumar et continuent de le faire de nos jours.


Thierno Mamadou Bah (1900-1972)


SOURCE : Thierno Mamadou Bah , Conakry : SociĂ©tĂ© africaine d'Ă©dition et de communication. 1999. 182 p. : ill.


Transmis par Boubacar Doumba Diallo.


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