Amadu Diallo Mardi, 22 Décembre 2015 01:38
Pour éviter de recommencer les maladresses collectives du passé, il est parfois nécessaire de faire revisiter l’histoire récente de ce pays profondément blessé. Particulièrement la douloureuse époque de la « monarchie » de Sékou Touré. Je me le permets, puisque j’ai constaté que certains nostalgiques profitent de l’usure du temps pour tenter de falsifier et même d’effacer ce que tous les survivants maitrisent par cœur. Comme tout Guinéen conscient, j’invite ces nostalgiques à ne jamais oublier, à plus forte raison essayer de falsifier ce sanglant parcours. Car ce trajet a englouti plusieurs de nos valeureux fils. Les mauvais souvenirs de ladite époque restent encore vivaces dans toutes les têtes des Guinéens de moins de 70 ans. Donc pendant mon vivant je n’accepterai jamais que quelqu'un me la raconte autrement. Car je l’ai vécue physiquement.
Que les familles des nombreuses victimes trouvent ici toutes mes excuses pour avoir fait remonté en surface ces terribles souvenirs. Elles n’ont qu’à comprendre que le but principal est de tenter d’éveiller les consciences dormantes et rappeler à l’ordre les falsificateurs des têtus faits. Ceux qui veulent à tout prix s’engouffrer dans le futur gouvernement.
En observant de près la redistribution de cartes entre les détenteurs de l’actuel pouvoir et ceux qui s’agitent autour, on est tenté de dire que le pays est en voie de prendre le chemin du retour vers la douloureuse période révolutionnaire. Les pratiques ont une ressemblance indétectable. C’est comme si personne n’avait pu tirer, jusque-là, la moindre leçon des atrocités antécédentes. C’est pourquoi j’ai pris l’initiative de rafraichir ici un peu les mémoires a travers les tristes et inoubliables dates ci-dessous.
Dès l’aube de l’indépendance, à travers des soutiens aveugles, la Guinée s’est immédiatement plongée dans des violences insensées et incompréhensibles. Il faut rappeler que les violences communautaires récurrentes sont nées lors de la création des tout premiers partis politiques en Guinée. Et depuis, il ne se passe pas deux années entières sans que des violences graves ne soient enregistrées quelque part. De ladite période à maintenant, les motifs restent pratiquement identiques (politiques et intérêts égocentriques). Aussi, même si les acteurs et les époques diffèrent, les comportements restent toujours les mêmes.
Chronologie des dates
1956 - 1957 : bagarre entre militants du PDG section du RDA et les autres partis politiques de l’intérieur du pays.
1959-1960 : complot Ibrahima Diallo (sa faute : avoir créé légalement un parti politique).
1961 : complot dit des enseignants.
1964 : affaire des femmes.
1965 : complot Petit Touré.
1968 : complot de la classe ouvrière.
1969 : complot dit Kaman-Fodéba.
1969 : complots Tidiane.
1969 : Almamy David Sylla.
1970 : agression du 22 novembre (affaire « cash money » et échange prisonnier - fils unique qui tournera au fiasco).
1973 : complot dit affaire Wanda à Faranah.
1975 : complot ou Cheytane, complot dit Telly Diallo. Ce dit complot, il faut le préciser avant de passer, n’était conçu que pour l’élimination systématique de toutes les anciennes générations (nées entre 1915 à 1951) pour ne laisser que celle à la pensée unique de la révolution. Une jeune génération moulue au désir du grand maitre.
1977 : complot des femmes 27 aout.
1978 : un autre complot des femmes contre la révolution.
1979 : complot dit affaire d’un professeur mercenaire.
1980 : complot/attentat à la grenade.
1981 : complot affaire des tracts à l’aéroport.
1982 : complots dit « affaire des rêves », complot dit des jeunes Libyens, complot dit des élèves gendarmes.
Le régime sentant peut-être sa fin n’arrêtera plus d’accuser fréquemment des innocents.
1983 – 1984 : il ne faisait qu’accuser fortuitement jusqu'à sa mort subite.
ENFIN, l’attentat du 19 juillet contre la résidence de l’actuel président. Cet attentat commence aussi à dévoiler de surprenants secrets, ainsi que des rebondissements impensables il y a un an.
Comme on le constate donc, en Guinée, les complots sont plus fréquents que les épidémies et sont plus ravageurs même qu’Ebola. Car les victimes de ces nombreux complots se comptent toujours par centaines.
N’est-il pas alors venu le temps de mettre définitivement fin à cette nuisible pratique ? Espérons que les récents signes d’ouverture au sommet de l’Etat ne seront pas que de simples visées de séduction ou tout simplement pour faire oublier l’œuvre de Bakary.
Amadu Diallo
Connu sous le pseudo Amadudialamba
Commentateur & médiateur sur GuineeActu
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