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Hommage au frère Chérif Cheik
Mamadi Dioubaté Mardi, 06 Octobre 2015 22:24
Eh oui je ne te verrai plus, je ne t’aurai plus au téléphone pour notre long dialogue au cours duquel j’apprenais énormément car tu étais, et d’ailleurs tu l’es encore, un homme non seulement doté d’une très grande culture mais plongé dans la tradition mandingue, surtout dans les valeurs profondes de nos traditions de Kankan. Actuellement j’essaie de faire tout pour ne pas pleurer, tu ne l’aurais pas aimé. C’est dur mais il ne le faut pas car c’est notre égoïsme qui pleure.
Dans un de nos dialogues nous parlions du travail que j’avais fait avec des amis sur la mort ; je te l’avais lu et ce travail t’avait plu tant il apaisait les personnes qui avaient perdu des êtres chers. La mort comme le dit si bien Walt Withman dans Départ pour Paumanok : « il ne peut rien nous arriver de plus beau que la mort ».
En effet mon frère, la mort, j’entends la mort naturelle, n’est pas une limite, une négation de la vie. Si nous ne devions pas mourir nous serions donc mutilés de cette dimension spécifiquement humaine: la transcendance. Il n’y aurait rien que nous puissions préférer à notre vie individuelle. Il n’y aurait pas de transcendance, il n’y aurait pas non plus d’amour.
D’amour tel que nous puissions préférer l’autre à notre propre vie. Il y a un don suprême que nous ne pourrions pas faire: celui de la vie. Ce don nous définit comme personne par opposition à l’individu.
L’individu c’est l’ensemble de nos propriétés au double sens du mot : nos possessions et nos particularités. Nos titres de banque ou de gloire, notre silhouette et notre visage, l’histoire anecdotique de ce que nous avons fait, ou cru faire ; enfin tout ce que qui constitue notre « avoir» et non pas notre « être ».
Dieu le Miséricordieux a fait que toi et moi portions le nom d’un grand chef musulman de notre belle ville de Kankan située au centre de notre beau pays, ce grand chef Cheik Fanta Mady, communément appelé « Karamö Sékouba », grand musulman doté d’une tolérance dépassant l’entendement. Nous étions contre les extrémistes religieux dénaturant notre belle religion.
Son enseignement nous a nourris ainsi que plusieurs personnes de notre belle cité, et jusqu’aujourd’hui à chaque occasion nous prononçons son nom. C’est qu’il est encore avec nous et en nous. Mon frère la mort c’est la mort de l’individu. Toute tentative de soustraire l’individu à la mort n’est qu’une consolation illusoire qu’on se donne : qu’il s’agisse de la croyance animiste à la survie d’un « double » ou de la prétendue immortalité de l’âme de Platon.
La mort n’est angoissante que pour qui se limite à son individu, s’accroche à ses propriétés, car tout ce qui est individu sera détruit par la mort. Quel est donc l’être au-delà de « l’avoir », cet « être fondamental » qui, en nous, n’est pas voué à la mort ? C’est le contraire de l’individu: la personne, capable de transcendance et d’amour. La personne se constitue par nos réponses aux interpellations de l’amour, c’est-à -dire des autres ; lorsque nous sommes capables de les préférer à notre propre vie individuelle, et que par ce don, nous dépassons les limites de notre individualisme, nous affirmons notre transcendance.
Ton ex belle-sœur Mme Fofana me disait que chez Chérif à Conakry, il y avait toujours du monde, aussi à Cergy le monde était toujours présent et tout le monde témoignerait de l’amour que tu éprouvais pour chacun. C’est cela le sens de la vie et ce qui fait que tu vis encore. Voilà pourquoi moi Sékouba je ne pleurerai pas, je prierai pour que notre créateur t’accepte dans son royaume et que éternellement ton esprit de paix, de tolérance, de rassemblement se perpétue en nous. Tu partiras mercredi 07 octobre pour Kankan et je te promets mon frère que j’irai m’incliner sur ta tombe dès mon prochain voyage à Kankan. Au Revoir cher frère, qu’Allah le tout puissant t’accorde sa clémence. Amen!
Repose en paix !
Dioubaté Mamadi
NB : Comme tu me le répétais souvent je ferai un effort pour être moins colérique et aussi sur tes conseils nous nous battrons pour que notre pays soit viable et pour préparer les générations futures pour que l’histoire ne nous condamne pas. On le fera avec ton aide dans l’au-delà et tous nos frères et sœurs qui ne sont pas physiquement avec nous.
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Commentaires
Cheikh Fantamady de Kankan s'appelait:Sékou Ahmadou Tijane Chérif.Alors doyen Dioubaté ou est le Mamadi dans ça?
Madame,
Mr DIOUBATE est un authentique homonyme de karamo Sékouba, Cheick Fantamady de Kankan. Grand ami d'une de mes sœurs aînées, dans le cercle familial on ne l'appelle pas autrement que Sékouba.
Fantamady n'est qu'une contraction entre les prénoms Fanta et Mamadi résultat d'une pratique courante en Haute Guinée qui consiste, en milieu familial, à accoler le prénom de la maman (plus rarement celui du père) à celui de l'enfant pour mieux le distinguer d'autres homonymes. Exemple: FantaMady, MariamaFanta, KadiataMory, DjénabouMoussa etc...
Attention !
TOURE SEKOU est DEVENU AHMED SEKOU TOURE pour des RAISONS DE PROGOCOLE a ADDIS ABABA .
C' est un " tour de passe-passe" de MONGO DIALLO. Chef du PROTOCLE a l' epoque .
Les raisons : SERVICE PAR OFDRE ALPHABETIQUE .Le S etant trop loin , MONGO a trouve l' astuce du A. de SHAIKOU AHMADOU et le tour etait joue . Il ( Mongo ) fanfaronnait avec cela .
Souvenez vous , on avait tjs chante SEKOU TOURE ani SAYFOULAYI DIALLO .
J' ai trouve Mr Cherif ( paix a son ame ) tres tres tres INSPIRE par son refus de se " LIVRER " a SATAN TOURE .
Que la Terre lui soit legere Amina !
Merci Mamadi pour cet homage!
Dans ma famille on m'appelle Sékouba et à l'école et surtout en Côte d'Ivoire Mamadi.
Depuis mon enfance c'est ainsi on m'a dit que c'est pareil.
Le grand erudit Karamo Sekouba Cherif de Kankan etait connu sous le nom de Karamo Cheick Fanta Mady Cherif ou Karamo Cheikh Mouhammad Cherif. Donc M. Dioubate a dit est correct.
Sékou Touré qui était son homonyme,s'appelait: Ahmed Sékou, il a omis le Tijane de son nom officiel mais il n'a pas transformé le Ahmed.








