Thierno Fodé Sow Samedi, 17 Janvier 2015 16:42
Certaines scènes sont manifestement surréalistes et révoltantes d’autant plus qu’elles concernent directement des religieux censés prôner la bonne morale. Mais, à Kountia, un imam viole 7 fillettes et reconnait les faits, il y a juste quelques mois. Il y a moins d’une semaine, un imam viole une fillette de 10 ans à Kagbelin et on tente à tout prix, l’arrangement. A Dubréka, en ce début de janvier, des religieux inaugurent une boîte de nuit.
On ne sait pas s’il faut parler de décadence morale ou, pour adoucir les mœurs, évoquer la pédophilie de certains imams et muezzins qui polluent les mosquées et dirigent les prières. Ce qui est évident, à Conakry et environs, les religieux sont très portés sur les jeunes filles de dix ans environ. Aucun quartier n’échappe à cette folie de la honte. Dans la haute banlieue de Conakry (Kagbelin), un imam a violé la semaine dernière une petite fille de 10 ans qui se trouve être l’enfant d’une voisine. Le tour est joué autour des oranges.
L’imam envoie son enfant pour prendre à crédit des oranges avec la fillette et de demander à celle-ci de revenir le soir chercher son argent. Comme conclu, la fillette est venue et l’imam lui a demandé de s’introduire dans la chambre. Ici, le barbu abuse de la fillette. Elle s’échappe en pleurs et sa maman est mise au courant. Elle accoure et fonce tout droit chez l’imam fautif. La suite ? L’homme est introuvable, alors que des spécialistes évoquent réellement qu’il y a eu viol. Certains sages de cette partie de Kagbelin veulent un arrangement. Aux dernières nouvelles, on cherche à étouffer le problème.
Quelques mois plus tôt, c’est Mory Konaté âgé de 50 ans, marié à deux femmes, imam et professeur d’une école coranique qui a été arrêté par la Brigade anti-criminalité (BAC) N°11. Il est accusé d’avoir violé sept gamines dont l’âge varie entre 2 et 10 ans. L’acte s’est produit au quartier Kountia, secteur Kalokhoya, dans la Commune de Dubréka. Selon le chef de quartier de Kountia, le présumé violeur aurait reconnu les faits. Le lieutenant-colonel Abdoulaye Camara officier supérieur au commissariat urbain de Kountia qui a ordonné l’arrestation de l’imam s’explique : « Quand on m’a informé, j’ai ordonné d’envoyer les agents qui étaient de service mais, arrivés sur les lieux, il y avait une foule compacte qui voulait en finir avec le vieux. Donc, les agents n’ont pas pu s’imposer pour conduire le bonhomme au service. C’est ainsi qu’on a fait appel à la BAC 11 pour venir dissuader les gens qui étaient là-bas, pour qu’on puisse prendre l'imam et le conduire dans nos services. »
A Matoto, c’est un certain Ilias Camara, un imam wahabiya qui a été pris la main dans le sac dans le secteur de Somparéya. Le wahabiya d’imam, selon des témoignages concordants, se reconnait par son extrémisme et son arrogance vis-à-vis des femmes et jeunes filles non voilées. Illiass Camara, c’est son nom, n’est pas pour autant des plus saints. Il se raconte des choses pas très orthodoxes sur lui. Cet homme de Dieu qui se prend comme le seul musulman « vivait ici avec une femme voilée et tout le monde pensait que c’était sa femme, alors qu’il n’en était rien. C’est sa concubine », témoigne un habitant du secteur de Somparéya, alors présent à l’attroupement. Des voisins accusent l’imam d’adultère. Toute chose proscrite par la religion musulmane. Il aura fallu que la concubine de l’imam lui pique ses sous avant de détaler pour que les voisins découvrent le pot-aux-roses. Aux dernières nouvelles, on apprend que l’imam Illiass Camara a séjourné à la brigade de la Gendarmerie de Matoto. De tels cas sont maintenant légion tant à Conakry que dans l’arrière pays.
Comme si tout cela ne suffisait pas, selon nos informations, rapportées par plusieurs médias locaux, un imam et un muezzin ont fait une lecture du saint coran dans un complexe composé entre autres d’un bar et de chambres de passage, à Dubréka. On ne sait pas trop si ces religieux savaient la destination de ces édifices ou pas, mais, le saint coran a été lu, nous rapporte-t-on pour la prospérité des lieux. Aux dernières nouvelles, les deux intéressés sont interdits de diriger la prière.
On avait pourtant salué la formation voulue par les Marocains à l’endroit de certains imams guinéens. Mais apparemment, les habitudes ont bien la vie dure. Les mosquées guinéennes sont bourrées d’imams bandits, de délinquants. Il est question de repenser la chaîne. Au risque de se souiller davantage en priant derrière des hommes maculés nous parlant de… morale et de bonnes mœurs.
Thierno Fodé Sow
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