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In memoriam d’Abdourahmane Baldé

Ourouro Bah  Jeudi, 04 Décembre 2014 21:17

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Arrêté le 3 décembre 1970, Abdourahmane Baldé fut exécuté 53 jours plus tard, le 25 janvier 1971. Né en 1927, Abdourahmane Baldé était le fils de Tierno Ibrahima Companya, guide religieux de son époque et érudit du Fouta Djallon. Abdourahmane Baldé était directeur du tourisme. J’eus une dernière rencontre furtive avec lui à Labé au pont Sassé, le vendredi 20 novembre 1970. Je me rendais au lycée et lui venait de l’hôtel du tourisme. Il avait accompagné des touristes russes et s’apprêtait à retourner à Conakry, le lendemain samedi 21 novembre. Je me rappelle avec netteté les détails de la rencontre. Avec sa voix rauque il me salua avec déférence car, malgré l’écart d’âge entre nous, je suis l’oncle : « BAPPA, ON DJAARAMA » (Salut à vous, mon oncle).

Après son arrestation, les aveux extorqués sous la torture furent passés à la radio. Dès l’annonce, ma marâtre ordonna péremptoirement de fermer le poste radio ; un silence mortuaire s’abattit dans la concession avec la décision tacite de ne plus écouter les aveux mensongers et les vociférations de la radio nationale.

Marié à Hadja Kadiatou Salma, Abdourahmane Baldé laissa un enfant et sa femme enceinte. La nouvelle née décédera quelque mois après. Le fils, Tierno Ibrahima, avait à peine 2 ans à l’époque. Il vit aujourd’hui en France.

Au disparu et à sa famille vont nos prières. Paix aux âmes des nombreuses victimes de la folie meurtrière guinéenne. À la grande famille des victimes de l’incessante répression politique vont nos sentiments de compassion et nos souhaits de courage. Nous prions Dieu de raffermir la détermination citoyenne dans la lutte pour l’avènement d’une Guinée libérée des cicatrices et des plaies saignantes de cette longue tragédie.


Ourouro Bah


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