La promotion de la gouvernance citoyenne comme vecteur du développement endogène

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BAH_Thierno_Aliou_3_01J’ai rédigé ce texte (entre les deux tours de l’élection présidentielle) sans aucune passion partisane, pour rassembler les Guinéens autour d’un programme d’équité sociale utilitaire. Comme nombre de nos compatriotes, j’étais loin de savoir qui allait l’emporter. Ma préoccupation majeure était et demeure comment créer un Etat de droit et une démocratie véritablement fonctionnelle dans notre pays. Ce texte s’assigne pour principal objectif d’essayer d’éveiller les consciences sur l’importance de la citoyenneté, de formuler de nouveaux principes de gouvernance, de gestion et d’interactions sociales pour le bonheur de la patrie et, non des moindres, de suggérer des projets d’actions publiques participatives porteurs de croissance. Ma démarche consiste dans une première partie, à soutenir humblement un point de vue personnel sur nos problèmes de société et leurs contradictions, car une politique efficace de lutte contre la pauvreté se doit d'estimer à sa juste valeur ce qui touche la société. Une deuxième partie tentera de proposer quelques remèdes endogènes qui pourraient y être apportés, pour conclure que la participation citoyenne au développement et le maintien d'un large consensus politique pour soutenir les réformes sont des processus sans lesquels toute politique de développement serait vouée à l'échec. Nous ferons aussi découvrir différentes portes d’accès à la dignité humaine : le civisme, la justice, la solidarité, la tolérance, le pardon, la modestie, la compassion et la responsabilité constituent un point de départ qui en représente les valeurs fondamentales. A noter que ces changements des mentalités, ainsi que la vision formulée dans cet essai, ne peuvent pas se faire à la minute ; il faut une méthodologie, un rythme, et une adhésion totale de tous les Guinéens, et particulièrement des futures autorités politiques, que seuls la volonté, le courage, la discipline et la persévérance pourront accomplir.

Comme tout écrit, cette modeste contribution pourrait faire l’objet de critiques amères de la part de certains lecteurs. Ceci dit, les critiques ou les opinions sont absolument nécessaires au développement de l’être humain. Mais le problème ce ne sont pas les critiques ; c'est la façon dont le lecteur ou la personne critiquée réagit. Du point de vue de la démarche de l’auteur, bien qu'une critique puisse être constructive, elle peut aussi être blessante si elle manque de tact. De plus, l’analyse critique est parfois considérée par certains, consciemment ou non, comme la manifestation de la volonté de l’auteur d'affirmer sur eux sa supériorité, de faire valoir son intelligence ou pire encore de vouloir les humilier. Loin de là l’objectif de mon essai. En effet, une telle réaction de ma part pourrait provoquer chez le lecteur de l'amertume ou de la rancune que le temps ne suffira pas toujours à effacer définitivement. « L’être humain est vif à critiquer, juger et condamner, mais lent à la compréhension, à la tolérance et au pardon Â». Que ce soit des éloges ou de la damnation, il faut apprendre à faire avec les deux extrêmes de la critique et garder à l‘esprit le respect de la dignité humaine.

En outre, les louanges peuvent aussi nous empêcher de progresser, et parfois elles peuvent même développer le mépris d’entreprendre. « La citoyenneté demande donc une certaine ouverture d’esprit. Autrement dit, les deux dimensions de la critique n’apparaissent pas comme des obstacles mais plutôt comme des conditions indispensables de la perfection » (Pigeon, 2009). C’est cette démarche que j’essaie d’adopter dans cette analyse même si aux yeux de certains lecteurs elle peut sembler maladroitement véhiculée. Bref, je ne suis pas écrivain. Afin de rester dans un style qui m’est propre (pour une lecture accessible à tous), cet écrit n’a pas été révisé et je m’excuse par avance pour mon français parfois approximatif. Il s’adresse particulièrement à des lecteurs relativement dépourvus de préjugés et d'étroitesse d'esprit. Mon objectif n’est pas de heurter les sensibilités des lecteurs peu avertis qui ne comprendraient pas ma démarche. Il faut admettre qu’il n’est pas facile de gouverner nos pays et gérer en même temps les sensibilités de chacun compte tenu des différentes conditions sociales de nos populations. Par conséquent, il ne s’agit pas ici de rejeter le blâme de nos problèmes sur un individu, un groupe d’individus ou un gouvernement particulier. Les maux qui affligent notre société relèvent d’un manque de vision de la part de toute une nation, et ce, depuis l’avènement de l’indépendance. Nous n’avons pas su nous prendre en charge. D’autre part, je n’ai nullement la prétention d’être expert sur les questions de développement ou d’avoir la clé du développement de la Guinée entre les mains. Selon Georges-Armand Masson, « Le savoir-vivre est l’art de ne pas montrer trop vite son savoir-faire ». J’estime, cependant, que le développement est un effort de collaboration stratégique efficace et d’un engagement responsable de toutes les personnes Å“uvrant ou voulant Å“uvrer pour le rétablissement de la dignité humaine.


Thierno A. Bah


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Commentaires  

 
0 #16 SCALPEL 27-09-2011 03:35

M. Bah,
J'avoue que vous me laissez toujours dans le brouillard.... Si votre idée est d'explorer un nouvel pacte social alors j'attends que vous en traciez les contours ou peut-être que vous proposiez quelques pistes concrètes ou des exemples. Je vous le demande sans aucune malice, je voudrais comprendre....
Par ailleurs, si votre solution est une réaffirmation de la citoyenneté, je ne vois pas comment celle-ci pourrait se départir de principes qui lui sont inhérents : égalité, droits, démocratie ect. Partant de là on ne peut que se rapporter à la réalité, au terrain et faire le constat que c'est moins notre conception/pratique de la citoyenneté qui est en cause que son application effective.
Bien à vous.
M. Comolam,
Vous avez choisi de rendre universelle la responsabilité, de dire que nous sommes solidairement TOUS responsables de cette situation, soit. Expliquez-moi alors quelle part de responsabilité vous assumez (ce vous avez fait ou pas) qui vous rende co-responsabe de la situation.
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0 #15 Gandhi 26-09-2011 18:09

Comolam, j'avoue chercher encore de quoi vous parlez. Qui sont les boucs émissaires imaginaires ? Je n'ai pas l'habitude d'accuser sans preuve, et pour moi toute action possède un responsable, d'où ma surprise. Mais vous allez m'éclairer, n'est-ce pas ?
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+2 #14 Traoré 26-09-2011 12:10

Il faut être avec la vérité,après le rapport de la CPI,les coupables de crime contre l'humanité le 28 septembre 2009 sont: l'ex-captaine Moussa Dadis Camara,L/colonel Alias Pivi Coplan,L/colonel Moussa Tiégboro Camara et le lieuenant Alias Toumba Diakité.La Question aujourd'hui,pourquoi le gouvernement protéger les criminels§????.
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+3 #13 Comolam 26-09-2011 08:27

La Guinée est riche en ressources naturelles (forêts, terres arables, mines, fleuves et océans...) et humaines, mais ne sortira pas de sa léthargie et de sa paupérisation tant que les guinéens ne prendront pas leurs responsabilités. Tant qu’ils ne changeront pas leur fusil d’épaule face aux prédateurs et aux fossoyeurs de notre économies. C’est une question de vie ou de mort. Nous n’avons pas le choix. »
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+2 #12 Comolam 26-09-2011 08:24

@ Scalpel et Gandhi, cessons de chercher partout des boucs émissaires imaginaires. Regardons plutôt la vérité en face, et prenons enfin nos responsabilités. Si à 53 ans après notre indépendance, nous en sommes encore au tam-tam alors que le reste du monde est à l’Internet. Si l’ethnocentrisme, la misère et les maladies en tout genre continuent de faire rage en Guinée, nous ne pouvons que nous en prendre à nous-mêmes
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+4 #11 Comolam 26-09-2011 08:18

@ Mr Bah, je partage dans une certaine mesure vos arguments. En Guinée tout ce dont nous avions besoin, c’est un profond changement, nous devront adopter une démarche qui révolutionne la manière de concevoir les stratégies de développement. Cette « Révolution » qu’il faut aujourd’hui est la faculté à réagir aux contraintes du monde caractérisée par la mondialisation de l’économie...Il ne s’agit pas pour moi d’une « Révolution Nationale Démocratique et Populaire », ni d’une « Révolution Prolétarienne » qui ont aggravé à un moment donné de notre histoire des problèmes de développement. La révolution à laquelle j’adhère est celle que Chateaubriand définit en affirmant, je cite : Toute révolution qui n’est pas accomplie dans les mœurs et dans les idées échoue...Car je suis de ceux qui croient fermement que le sous-développement de notre pays, est et demeure avant tout un sous-développement mental...
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+1 #10 Baga 26-09-2011 05:13

La pauvrete et le faible faux de scolarises Sont les facteurs qui facilitent lles gouvernants a faire DES Politiques aussi insensees.
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+2 #9 Oury Baldé 25-09-2011 17:18

Le contexte socio-politique particulier de l'entre deux-tours qui avu naitre ce texte ne s'en ressent pas tant que que ça au point d'en faire un recit circonstiel.Ce texte de Thierno Bah est adapté à la realité socio-politique et économique actuelle et passée de la Guinée.
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+1 #8 Oury Baldé 25-09-2011 16:57

(suite et fin)Cette réflexion est à la hauteur du problème guinéen et répond suffisamment aux enjeux tout en proposant des solutions claires et pratiques. A mon avis, ce sera une grande valeur ajouté en voyant publier cette importante œuvre .Elle pourra grandement enrichir la littérature économique du développement au bénéfice de la science éco. D’abord, puis de la Guinée et enfin de bien d’autres pays qui pourraient profitablement s’en inspirés.
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+2 #7 Oury Baldé 25-09-2011 16:56

(suite03) Je voyais déjà chez l’auteur dans son précédent post du Gary Becker-solution à nos problèmes à mon avis .Et, cela il me semble que l’auteur en a prit parfaitement conscience qu’il valorise ici de façon fort pertinente.
Lucide, Thierno Bah insiste sur des valeurs essentielles « Nous ferons aussi découvrir différentes portes d’accès à la dignité humaine : le civisme, la justice, la solidarité, la tolérance, le pardon, la modestie, la compassion et la responsabilité constituent un point de départ qui en représente les valeurs fondamentales.
(…) il faut une méthodologie, un rythme, et une adhésion totale de tous les Guinéens, et particulièrement des futures autorités politiques, que seuls la volonté, le courage, la discipline et la persévérance pourront accomplir ». (Tout ça parce que l’indépendance a été un échec et que « Nous n’avons pas su nous prendre en charge »). Ce pari est loin d’être encore gagné certes mais, Thierno a le mérite de le formaliser si brillamment.
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+2 #6 Oury Baldé 25-09-2011 16:55

(suite 02)Et pour s’y prendre Thierno Bah nous donne sa démarche : « Ma démarche consiste dans une première partie, à soutenir humblement un point de vue personnel sur nos problèmes de société et leurs contradictions.
Une deuxième partie tentera de proposer quelques remèdes endogènes qui pourraient y être apportés, pour conclure que la participation citoyenne au développement et le maintien d'un large consensus politique pour soutenir les réformes sont des processus sans lesquels toute politique de développement serait vouée à l'échec. »
Vous l’aurez compris une démarche tripartite pour : 1-poser d’abord le diagnostic du mal ( exposer au prime a bord « nos problèmes de société et leurs contradictions. ») 2- Puis logiquement, prescrire le remède « remèdes endogènes qui pourraient y être apportés » 3- Pour finir par insister sur l’essentiel « la participation citoyenne au développement et le maintien d'un large consensus politique » Toujours cet accent mis sur l’humain au centre de tout. Thierno Bah ne passe pas du tout à coté de son élément. J
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+1 #5 Oury Baldé 25-09-2011 16:54

(suite 01)D’entrée de jeu Thierno Bah est explicite sur ses préoccupations « (…) un programme d’équité sociale utilitaire (…) et demeure comment créer un Etat de droit et une démocratie véritablement fonctionnelle dans notre pays (…) pour rassembler les Guinéens » .Ce qui résoudra de bon le fléau de l’ethnocentrisme et ses corollaires, terreau de tous les maux sur lesquels surfent allègrement nos hommes politiques.
Avec en « Principal objectif d’essayer d’éveiller les consciences sur l’importance de la citoyenneté, de formuler de nouveaux principes de gouvernance, de gestion et d’interactions sociales pour le bonheur de la patrie et, non des moindres, de suggérer des projets d’actions publiques participatives porteurs de croissance ».Au vu du parcours les consciences se réveillent progressivement .Ce fait est implacable et suit son cours même s’il faut reconnaitre qu’il est lent et les nobles idéaux soulignés par l’auteur nécessiteront du temps , de la patience et de longs efforts herculéens pour voir le jour.
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+1 #4 Oury Baldé 25-09-2011 16:53

Thierno Aliou Bah une valeur sure préoccupée par un mieux être de son pays et sur qui il faudra compter dans le futur. Dans cet essai patriote, véritable projet-programme de développement l’auteur s’appesantit largement sur l’individu alpha et oméga, acteur et finalité du développement. Parce que c’est ce dernier, cette matière 1ere coriace, qui prime sur les capitaux et les ressources naturelles, difficilement malléable qu’il importe de travailler d’abord en condition sine qua non de tout « la valeur d’une société dépend des opportunités de développement accordées à l’individu » Einstein qu’on est tenté de paraphraser : le développement de la société dépend de l’individu. Héyi ! Ko an AC (Kapèrè) si les guinéens manquent d’eau, d’électricité et d’alimentation suffisante, y’a pas d’excuses. Yen a marre de vos sempiternelles bla-bla politiques vous et vos p’tits copains politiciens qui n’ont servis à rien .Depuis 53 ans nous ne mangeons pas à notre faim et broyons du noir dans tous les sens.
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+3 #3 Thierno A Bah 25-09-2011 13:53

M. Ghand et M.Scalpel: Merci très sincèrement de votre intervention. Je conviens avec vous que les populations Guinéennes ne sont pas restées passibles face à la violence démesurée des deux derniers régimes (Conté et Dadis). Elles se sont battues et continuent à se battre pour le rétablissement de leur dignité. Mais en général le peuple est en partie responsable de son destin. Si nous avions été plus unis, plus solidaires, moins engagés dans des discours ou comportements partisans subjectifs, et avions adopté certaines règles de base de fonctionnement d’une société multiculturelle, nous aurions pu éviter les malheurs qui ne nous sont tombés dessus. Nous les jeunes, par exemple, avons été trompés par nos ainés. Il n’est donc pas ‘‘décalé’’ de rappeler qu’il y a des voies alternatives au modèle socioéconomique qui a causé tant de violence (physique, mentale, etc.) dans notre société, ou de formuler de nouveaux principes de gouvernance….tout est dans la démarche, et comme vous le dites M. Grandi (et je vous accorde cet autre crédit), ‘‘faire preuve de pragmatisme’’. L’objectif de mon écrit est tout simplement de proposer de nouvelles formules de gouvernance et d’interactions sociales créatrices de valeur. Dans cette perspective, j’ai estimé qu’il fallait évaluer les maux qui touchent notre société. La démarche qui consiste à ne pas toujours faire porter le blâme est purement stratégique…. Celle qui consiste à dire que nous sommes tous responsables de ce qui nous arrive relève d’une simple observation du comportement du Guinéen. Nous avons une capacité d’adaptation extraordinaire face à l’adversité. Cependant, on ne peut pas adopter la même formule et espérer obtenir un résultat différent : la citoyenneté prime dans la lutte contre la pauvreté.
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+4 #2 Gandhi 25-09-2011 09:37

Bien vu Scalpel.
Mr Bah, quel que soit le contenu d'un texte (à relativiser tout de même), tout le monde peut s'exprimer, et vous n'avez donc pas à vous excuser. La critique essentielle est indiquée dans votre texte. Vous rappelez que le contexte de celui-ci était l'entre deux tours, or les choses ont bien changé depuis, et ce discours que tout le monde peut partager n'est actuellement pas adapté à la situation. Il faut d'abord faire oeuvre de pragmatisme et obtenir des résultats avant de rêver à des mondes meilleurs.
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+1 #1 scalpel 25-09-2011 01:49

M. Bah,
Vous dites 2 choses discutables:
1.' il faut éveiller la conscience citoyenne, seul gage de développement (social, économique, libéral, etc.)' :
Il me semble que c'est précisément ce que montrent nos populations depuis des années et à leur tête des hommes et des femmes qui risquent leurs vies pour nous permettre de jouir pleinement de nos droits. C'est aussi, me semble t-il ce qu’essaye de faire tous les contributeurs sur ce site (ou ailleurs, plus ou moins correctement), modestement mais concrètement avec la bonne foi de chacun. Et dans cette perspective, il me semble que vous enfoncez des portes ouvertes, d'autant que (ce sera l'objet de mon deuxième point), ce discours est décalé au vue de la réalité, de l'actualité. Ceci dit, si par civisme vous entendez les bonnes manières alors je vous l'accorde les débats par exemple gagneraient à être plus courtois et plus sereins.
2. ' il ne faut blâmer personne, notre retard tient au seul fait que la nation entière manque de vision'
N'est ce pas un jugement sévère et injuste que vous portez là sur une population mille fois martyr ? Peut-être parlez-vous du rôle des 'élites' mais là encore il est facile de mélanger torchons et serviettes. Mais si personne n'est responsable de rien (rhétorique du 'tout le monde est victime' d' Alpha et certains bondieusards bien connus), qu'aucun régime ni personne n'est comptable de notre misère alors votre idée de conscience citoyenne ne tient pas la route.
Il me semble à moi, qu’il y a bel et bien une conscience citoyenne en Guinée. Certes, manipulée de temps en temps, étouffée régulièrement, mais elle existe. La question qu'on devrait se poser c'est celle de savoir qui l'étouffe/manipule et à quelles fins?
Peut-être apporterez-vous plus d'éclaircissements... Merci
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