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D’où vient le Mandé ? Du Darfour au Bafour
Boubacar Doumba Diallo Samedi, 30 Août 2014 21:16
Récemment, lors des discussions et débats autour de mon article, « La langue », j’ai cité Wâ Kamissoko qui parle du rôle de la langue en bien ou en mal. Une amie, L. Karcher, me fit remarquer que le grand fabuliste de la Grèce antique Esope avait déjà mentionné un récit analogue. J’étais surpris d’autant plus que Wâ Kamissoko, grand traditionaliste du Manden, vécut à Bamako et à Krina au 20e siècle tandis qu’Esope vécut en Grèce au 6e ou 7e siècle avant notre ère. Soit plus de 26 siècles d’écart et à des milliers de km de distance. Quelle coïncidence d’autant plus que Wâ n’est pas allé à l’école ! C’est alors que son éminence Elhadj Saïdou Nour Bokoum nous révéla après un détour par Cheick Anta Diop le génial chercheur sur l’Egypte pharaonique nègre ce qui suit :
« Qui était Ésope ?
Ésope est né en Nubie entre le VIIe et VIe siècle avant notre ère, il fut emmené en Phrygie où il sera vendu comme esclave puis une fois libre, prendra la citoyenneté grecque. Autrement dit, Ésope était un Africain. »
Tout commençait à devenir clair. En effet la civilisation grecque a énormément emprunté à la culture égyptienne et par conséquent à la culture africaine. De Wâ à Esope, de la Grèce au Manden, il y a peut-être un ou plusieurs chainons manquants.
C’est alors que j’ai recommencé à me poser la question d’où vient le Manden ?
Une question aux origines lointaines.
En effet, je devais avoir sept ans, peut-être un peu plus ou un peu moins, lorsque ma grand-mère Aïssatou Diawara et ma grande cousine Néné Penda Haïdara, lors des veillées nocturnes dans notre grande case à Télimélé, m’ont initié à l’histoire mandingue en me contant l’épopée de Soundiata Kéïta. Plus tard j’étais au CM1 lorsque le livre de lecture de Léopold Sédar Senghor intitulé A l’ombre du baobab échoua dans mes mains et je pus y lire la défaite de Soumahoro Kanté à Kirina à l’aide de la flèche au bout de laquelle était fixé le fameux ergot de coq. Vers 1960 ou 61, je découvre le livre de Niane Djibril Tamsir intitulé Soundiata ou l’épopée mandingue. Avec cet ouvrage, c’est une nouvelle dimension qui s’ouvre à moi. Au début des années 2000, je trouve sur un site guinéen La charte de kurugan fuga version contestée et sujette à caution, reconstituée à travers un atelier tenu à Kankan en mars 1998.
En juillet 2011, je présente sur GuineeActu, la Déclaration des chasseurs du Mandé, une véritable révélation exhumée par l’ethnologue malien YT. Cissé. Suivra une série d’articles sur la pénétration de l’islam en milieu malinké que je publierai sur votre site préféré. Ma lecture des deux ouvrages de Youssouf Tata Cissé et Wâ Kamissoko me permirent de mieux m’imprégner de l’histoire de l’Empire du Mali. Un regard critique sur toutes ces lectures viendra de la découverte des articles de Mountaga Fané Kant Ka, auteur de l’ouvrage Odyssées noires. C’est le cas également de mes lectures tirées des ouvrages de l’historienne Lilyan Kesteloot.
Où se situe le Manden ?
« Le pays s’étend du marigot Woyon-Wayanko (qui coule au sud de Bamako) au pied des trois fromagers de Kouroussa. Voilà le pays que l’on appelait autrefois Manden, pays où poussent le karité et le chô. », d’après Wâ Kamissoko.
D’où viennent les Malinkés ?
« Il est certes vrai qu’après la sortie de l’humanité d’Addis-Abeba, les Markas étaient au Wagadou à la tête de tous les peuples. Certaines ethnies, dont les Malinkés et les Soninkés, situent leur origine dans la vallée du Nil, fleuve connu d’eux sous le nom de Korotoumou ou Korodjoumouba, « fleuve de Korotoumou ». Elles y auraient habité les villes de Korotoumou, dont les ruines s’étendraient à l’est de Khartoum : Say(Saïs), Nâyo ou Nayon ; Kâyo ou Kâyon ; Sombo ou Somo ; Souan (As-Souan) ; Sonna, Semna, Bitou ou Bouto ; Kantara ; Taïbat ou Tâba ; etc., qui ont toutes leurs homonymes en Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, des groupes soninkés affirment avoir observé 67 fois (en 1986) la comète de Halley depuis leur sortie de la vallée du Nil, soit environ 5000 ans. » C’est selon Wâ Kamissoko.
L’assèchement du Sahara suivi des légendaires sécheresses qui s’abattirent sur l’empire du Ghana, les multiples et longues guerres des empereurs, l’invasion des Almoravides en vue d’imposer l’islam et la guerre de Soumahoro Kanté sont parmi les causes de la décadence de cet empire provoquant des courants migratoires de plus en plus importants vers le sud.
C’est ainsi que de la diaspora issue de la fin du Wagadou allait naître le Manden avec à sa tête la confrérie des Chasseurs, (donso tôn), les enfants de Sanènè et Kontron. Rappelons que ce territoire fut peut-être occupé antérieurement par les Pygmées, puis par les Dogons, voire par les Bassaris, Coniaguis et Bagas qui ont conservé un certain nombre de traits culturels communs avec les Malinkés de la montagne. Plus loin, je citerai dans la biographie Moussa Fofana pour nous raconter avec plus de détails et surtout d’authenticité la fondation du Manden. Evidemment, cette présentation est très discutable. En effet il y a une histoire « sacrée » et une histoire « secrète » du Mali. Nos traditionalistes ne disent pas tout et déforment parfois volontairement les faits à travers notamment les mythes et légendes. Selon Lilyan Kesteloot :
« C'est Tamsir Niane encore qui précise combien, dans une enquête sur Soundiata qui dura plusieurs années, il n'obtint certains renseignements qu'après avoir été quasiment adopté tant par les griots que par les chefs des villages où il rayonnait avec ses étudiants. Et là encore, il obtint des confidences dont ses étudiants furent exclus. Car tout ne doit pas être dit. Il y a des interdits religieux autant que sociaux. Il y a différents cercles d'accès à des choses, et de plus en plus restreints. Il y a enfin l'obligation du silence que même un historien moderne comme Tamsir va respecter car des informations et non des moindres, lui furent données sous le sceau du secret, et il aurait couru un risque de mort à les divulguer. Là -dessus les traditionalistes ne badinent pas, on l'a vu avec Wa Kamissoko. Amadou Hampâté Ba de son côté se refusait à publier son deuxième tome de l'empire peul du Macina car cela risque de rallumer la guerre... » Fin de citation
Par ailleurs, Lilyan Kesteloot ajoute : « Mythes et épopées sont témoins de l'histoire certes, mais témoins suspects, témoins qu'il faut constamment contrôler... témoins plus politiques et poétiques que véridiques ».
Et comment contrôler ces témoins dans un temps et un espace sans archives ? De plusieurs manières, pensons-nous. On peut rester tout d'abord sur le terrain de l'épopée et collecter d'autres versions venant d'autres régions et écoles. C'est ce qu'ont fait les chercheurs Youssouf Cissé et Sory Camara. Youssouf Cissé (CNRS) interrogea donc longuement le griot traditionaliste Waa Kamissoko.
Dans ce récit, la personnalité de Soumahoro Kanté est présentée sous un autre jour. Le personnage prend cohérence et vraisemblance et n'est plus cette caricature d'affreux sorcier de la version de Tamsir Niane. C'est que Wâ Kamissoko relève d'une autre école de traditionalistes située près de Koulikoro, au cœur de l'ancien royaume des Sossos, et mieux informée de ce qui concerne cette ethnie et ce personnage.
Le même Kamissoko, dans la foulée, révèle ainsi que « la cause profonde de la guerre de Soumahoro contre les royaumes mandingues fut le trafic d'esclaves que ces derniers pratiquaient avec un tel excès que l'insécurité devenait intolérable. La démarche de Soumahoro auprès des princes mandingues aurait été d'abord pacifique, mais reconduit avec hauteur au prétexte qu'il était de la caste des forgerons, ce dernier aurait pris les armes jusqu'à conquérir non seulement le petit royaume de Niaré Maghan, mais aussi l'ancien Ghâna des Sonninkés dont ce fut la chute irrémédiable. En réalité, Soumahoro fut donc le premier unificateur du pays mandingue sur lequel il régna vingt ans. »
Ceci est un court extrait d'un article de Lilyan Kesteloot extrait de son livre intitulé Dieux d'eau du Sahel. Néanmoins, c’est peut être pour certains esprits curieux, un point de départ pour des études ultérieures. Pour ma part, je vais faire une confidence aux internautes : plus je m’enfonce dans l’étude du Manden, plus je découvre un puits profond et donc l’immensité de mon ignorance car je suis davantage confronté à des multitudes d’interrogations qu’à des réponses. Sur ce, je clos pour un bon moment mes compte rendus de lectures et articles sur le Manden avec cette réflexion du grand Wâ de Krina :
« Les vrais déprédateurs, les pires fossoyeurs des valeurs du Manden ne sont pas ceux à qui l’on pense, mais les Malinkés eux-mêmes, car l’oubli de soi, de ses origines, de ses qualités et de sa dignité conduit aux pires reniements. C’est cela qui est mortel pour un peuple, et, c’est ce que je crains le plus pour mon pays. »
Cet avertissement s’adresse à toutes les nationalités de Guinée. En l’occurrence, on peut sans se tromper remplacer dans cette citation le Manden par le Fouta.
Was salam !
Boubacar Doumba Diallo
Bibliographie :
- Youssouf Tata Cissé et Wâ Kamissoko : La grande geste du Mali Tomes 1 et 2, Karthala
- Lilyan Kesteloot : Dieux d’eau du Sahel, L’Harmattan
- Lilyan Kesteloot : L’épopée bambara de Ségou Tomes 1 et 2, L’Harmattan
- Mountaga Fanè Kantéka : Odyssées Noires
- Amadou Hampaté Ba : Njeddo Dewal, NEI
- DT Niane : Soundjata ou l’épopée mandingue, Présence africaine
- Yves Person : Samori, la renaissance de l’empire mandingue, les nouvelles éditions africaines
- Yves Person : Samori, une révolution dioula, IFAN Dakar
- Moussa Fofana : La diaspora du Wagadou D’où vient le Manden ? Maliweb
- Boubacar Doumba Diallo : La langue, GuineeActu.info
- Boubacar Doumba Diallo : Que reste-t-il de la Charte du Manden, GuineeActu.info
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Commentaires
Pour M. Aménophis. Vous demandez : « Quels sont les autochtones de cette terre appelée Guinée dans ses 4 régions naturelles ?
Je crains fort que Peuls et Malinkés n'aient des rancunes millénaires qui dateraient de leur départ de la vallée du Nil et dont certains secrets sont transmis dans certaine communauté de génération en génération ! »
1) Cette Guinée de quelle période : post, précoloniale ?
- supposons précoloniale : quelle séquence historique faut-il considérer : séculaire, millénaire (par ex., l’époque pharaonique voir question plus haut ?)
En effet il y a 200 ans, El Hajj Oumar et ses compagnons, Toucouleurs, Hawssa, Bamanas, etc., n’étaient pas arrivés, il y a 1000 ans, Soundiata Keita, Soumawolo Kanté, les Sarakollés toutes branches comprises étaient aux abonnés absents; il y a mille ans quand à peine la « Francia occidentalis » existait, il faut des paléontologues et non des historiens pour nous dire qui étaient sur les montagnes, et qui hantaient les rivages des « Rivières du sud », de Boké au Golfe du Bénin : Ouidah au Bénin actuel, en passant par le Nigéria, le Ghana, le Togo.
Il y a 5000 ans, nous en arrivons à votre seconde question :
2) « rancœurs millénaires » : est-on sûr de pouvoir parler de Peuls, Malinkés Niankoye, Akan, Walaf à cette époque ? Si oui, en quels sens : culturel, linguistique, etc. ? Etant bien entendu qu’on ne saurait parler de localisation géographique (Fouta, Mandé, Sénégambie, Ghana, etc.).
Conclusion ? Les réponses sont au bout des problématiques ci-dessus. Une recherche de longue haleine. Courage et Wa Salam.
Merci Son excellence pour cette reponse plein de sagesse !
Je crains fort que Peuls et Malinkés n'aient des rancunes millénaires qui dateraient de leur départ de la vallée du Nil et dont certains secrets sont transmis dans certaine communauté de génération en génération ! »
1) Cette Guinée de quelle période : post, précoloniale ?
- supposons précoloniale : quelle séquence historique faut-il considérer : séculaire, millénaire (par ex., l’époque pharaonique voir question plus haut ?)
En effet il y a 200 ans, El Hajj Oumar et ses compagnons, Toucouleurs, Hawssa, Bamanas, etc., n’étaient pas arrivés, il y a 1000 ans, Soundiata Keita, Soumawolo Kanté, les Sarakollés toutes branches comprises étaient aux abonnés absents; il y a mille ans quand à peine la « Francia occidentalis » existait, il faut des paléontologues et non des historiens pour nous dire qui étaient sur les montagnes, et qui hantaient les rivages des « Rivières du sud », de Boké au Golfe du Bénin : Ouidah au Bénin actuel, en passant par le Nigéria, le Ghana, le Togo.
Il y a 5000 ans, nous en arrivons à votre seconde question :
2) « rancœurs millénaires » : est-on sûr de pouvoir parler de Peuls, Malinkés Niankoye, Akan, Walaf à cette époque ? Si oui, en quels sens : culturel, linguistique, etc. ? Etant bien entendu qu’on ne saurait parler de localisation géographique (Fouta, Mandé, Sénégambie, Ghana, etc.).
Conclusion ? Les réponses sont au bout des problématiques ci-dessus. Une recherche de longue haleine. Courage et Wa Salam.
Pour ma part, je vais faire une confidence aux internautes : plus je m’enfonce dans l’étude du Manden, plus je découvre un puits profond et donc l’immensité de mon ignorance car je suis davantage confronté à des multitudes d’interrogations qu’à des réponses
Plus haut dans votre article, il a ete mentionne que Amadou Ampathe Bah refusa de publier son second tome sur l'empire Peul du Macina. Il a ete mentionne la patience dont Djibril Tamsir Niane a fait preuve pour apprendre l'histoire du Manden et que meme lui se refuse de dire tout ce qu'il sait. Il est evident que ceux qui connaissent la vraie histoire du Manden et celle des Peuls dans ce espace gardent des "secrets" qui a mon avis pourraient nous sortir de l'ignorance.
Encore une fois c'est le probleme permanent. Chez nous contrairement a l'Occident le savoir est trop bien cache. Combien de medecins traditionels, de botanistes, de forgerons(metallurgistes) sont morts sans passer leurs "secrets" a des disciplines soit par precaution ou par jalousie de les voir reussir?
Je sais qu'en Occident ils gardent secretement leur technologie mais aumoins ils prennent le soin de former certaines personnes qu'ils jugent digne de confiance. Bien evident il y a un risque, il y en a toujours mais il faut faire avec.
Il me semble que chez nous on prend beaucoup de precaution et au final, ces connaisseurs meurent avec leur savoir pour laisser la population dans l'ignorance.
cet article est interressant vu quil nous pousse a revoir ce quon pensait bien connaitre.
Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Kotto Doumba et Doyen Bokoum ont complètement mélangé ma tete, Walahi !
J'ai lu et relu le post et leurs commentaires et j'en suis arrivé a la même conclusion que la sœur Mr Shehu : "tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien."
Merci pour cette leçon de modestie...
Merci les amis !Car ;
"Le doute est le commencement de la sagesse"
J'ai lu et relu le post et leurs commentaires et j'en suis arrivé a la même conclusion que la sœur Mr Shehu : "tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien."
Merci pour cette leçon de modestie...
Vous m'aviez ici meme fait connaitre YTC et WK les auteurs de la "Grande Geste du " ainsi que "Odyssees Noires" de MFK. Les lire permet de comprendre et relativiser certaines choses.
Cet article me pousse cependant a poser une question: Quels sont les autochtones de cette terre appellee Guinee dans ses 4 regions naturelles ?
Je crains fort que Peuls et Malinkes n'aient des rancunes millenaires qui dateraient de leur depart de la valee du Nil et dont certains secrets sont transmis dans certaine communaute de generation en generation !
@ Bah Shehu, A savoir pourquoi Soumahoro Kante s'opposait au trafic d'esclaves? D'apres l'historien Moussa Fofona "durant la tendre enfance de Soumahoro, son père avait été déporté dans le Mandé par les Cissé de Boron pour avoir refusé de renoncer à l’animisme et se convertir à la religion musulmane. Ses maitres lui avaient fait extraire de l’or à leur profit avec ses hommes. Soumaoro n’ayant jamais pu pardonner et oublier cela, était donc résolument opposé au commerce de l'or et des esclaves" voir le deferlement des soussous vers la Côte de Sadou Diallo sur guineeactu.
Ca alors! un "traumatise" d'enfance! comme quoi, les premières années de notre vie détermine vraiment notre vie d'adulte. Merci pour cet éclaircissement Mr. Tut
@ Madame Bah Shehu
Bonjour Madame !
Je vois que vous êtes une personne très cultivée car seule une personne cultivée peut se poser la question des motivations du Roi-Forgeron en vue de la suppression de l'esclavage.Je n'ai pas de réponse à une telle question.Sur notre passé médiéval,je dois donc avouer mon ignorance et pourtant des Peuls furent des protagonistes de cette histoire.
Par ailleurs,je sais très peu de choses sur l'Empire peul de Sokoto au Nord du Nigéria fondé par Usman Dan Fodio. Et ici je constate que les patronymes se raréfient chez les Peuls contrairement à ceux qui vécurent dans l'aire mandingue où les souverains de l'empire du Mali leur imposèrent les quatre patronymes que nous connaissons tous.Le nombre QUATRE revêt quelle signification dans la cosmogonie mandingue ? Je cherche toujours....La preuve:encore un lien où j'aborde cette question.
http://guineeactu.info/debats-discussions/analyse/107-pulaaku-a-la-recherche-de-la-cosmogonie-du-mande.html
Ravi d'échanger avec vous.Mais je ne connais toujours pas vos nom et prénoms.
Was salam
Merci de me dire que je suis cultivée bien que je ne suis pas sure que cela soit vrai. Dailleurs, Socrate (?) n'a t-il pas dit que: "tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien." c'est une de mes citations préférées.
J'ai lu votre article sur la Pulakuu. Je pense avoir mieux compris. Préserver la culture est dailleurs la raison pour laquelle je tenais absolument a épouser un peulh. Dieu merci mes prières ont été exaucées. Etant moi même métis Guineenne peule et chadienne shuwa arabe, il aurait difficile autrement de ne pas perdre le peu que j'ai retenu de mon cote peul. Même si j'apprécie beaucoup mon cote maternel, les shuwas sont des bagarreurs invétérés lol! ils sont connus et reconnus pour cela! J'ai donc une d'affinité naturelle beaucoup plus grande avec la culture peule. Merci a vous. Je vous envois un mail.
A propos d'Esope.
Tout d'abord bien poser que c'est un personnage mythique, ce qui ne signifie nullement que l'homme n'ait pas existé, mais seulement que dans la mémoire collective sa vie ait donné lieu à une puissance hors temps d'exemplarité. Il n'est que de voir l'humilité d'un La Fontaine envers celui qu'il tenait pour un indépassable modèle.
Cela dit, il n'était même pas nécessaire de passer par Cheikh Anta Diop pour savoir qu'Esope était "Africain" et, disons le mot, noir. Puisque son nom le dit : Esope c'est la prononciation gauloise du mot grec "AETHIOPS"
lequel signifie "visage brûlé" (hâlé en politiquement correct) autrement dit un bronzé. Et l'Ethiopie est sa terre.
Enfin, à propos de l'histoire des langues, la tradition rapporte que c'est justement cet évènement qui valut à Esope son affranchissement, son maître ayant été subjugué par une telle sagesse.
Merci Boubacar Doumba Diallo, que je salue.
" Je chante les héros dont Ésope est le père,
Troupe de qui l'histoire, encore que mensongère,
Contient des vérités qui servent de leçons. " (La Fontaine)
« C'est à lui, Ésope, que l'on attribue la paternité de la fable comme genre littéraire ». On sait que l’immense « Mathnawi » de Rûmi (Mawlana, notre maître), inventeur du Sama’a, danse sacrée des derviches tourneurs, le plus grand poète mystique de tous les temps, « .. ce grand recueil composé d'environ 25000 distiques (groupe de deux vers environ) qui illustrent la condition humaine dans sa recherche de Dieu, puisent leur inspiration de versets du Coran..», mais l’on sait moins que « l'œuvre s'inspire aussi de fables d'Ésope, certes adaptées pour souligner un des aspects les plus fondamentaux de l'islam, le Tawhid c'est-à -dire le monothéisme ? ». Le Tawhid qui « descendra » combien de siècles après l’esclave noir, Esope ? (source : Koyeba)
Bonjour Madame !
Je vois que vous êtes une personne très cultivée car seule une personne cultivée peut se poser la question des motivations du Roi-Forgeron en vue de la suppression de l'esclavage.Je n'ai pas de réponse à une telle question.Sur notre passé médiéval,je dois donc avouer mon ignorance et pourtant des Peuls furent des protagonistes de cette histoire.
Par ailleurs,je sais très peu de choses sur l'Empire peul de Sokoto au Nord du Nigéria fondé par Usman Dan Fodio. Et ici je constate que les patronymes se raréfient chez les Peuls contrairement à ceux qui vécurent dans l'aire mandingue où les souverains de l'empire du Mali leur imposèrent les quatre patronymes que nous connaissons tous.Le nombre QUATRE revêt quelle signification dans la cosmogonie mandingue ? Je cherche toujours....La preuve:encore un lien où j'aborde cette question.
http://guineeactu.info/debats-discussions/analyse/107-pulaaku-a-la-recherche-de-la-cosmogonie-du-mande.html
Ravi d'échanger avec vous.Mais je ne connais toujours pas vos nom et prénoms.
Was salam
Je suis très heureux de pouvoir échanger avec vous.Je vais essayer de répondre à votre deuxième question.Toutes nos nationalités sont confrontées à des problèmes semblables liés à l'ignorance de notre passé et à la perte de la mémoire sans parler de l'éthique.Je vais vous donner en lecture un de mes articles publiés en 2011 intitulé :
"Que reste-t-il du pulaaku ? Voici le lien:
http://guineeactu.info/HTML/que-reste-t-il-du-pulaaku-.htm
Peut être allez vous comprendre ?
Voici mon e-mail:diallobacar
gmail.comBonne soirée !
Autre question: vous avez cite: "car l’oubli de soi, de ses origines, de ses qualités et de sa dignité conduit aux pires reniements." en disant que cette citation pourrait s'appliquer au Fouta. Auriez vous l'amabilité de préciser ce que vous entendez par cela car je ne suis pas sure de vous comprendre? Merci.
Fais que le prochain soit le bon
Fais de lui un esclave soumis au service de mon peuple!
Fais de lui un homme qui TE craint et prend soin des miens!
Mets sa joie et son bonheur dans le bonheur du guinéen!
Par le prochain sors mon pays des ténèbres vers la lumière!
Fais de mon pays une lumière qui éclaire toute la terre!
Par ALIF et son contenu
Et par tous ceux qui se sont abreuvés à cette source infinie!








