Boubacar Bah Mardi, 25 Mars 2014 16:52
Dans la ville carrefour de Mamou, le problème d’eau potable est un problème très sérieux. En effet en cette période de saison sèche, l’obtention de l’eau potable est vraiment un calvaire ; hormis Almamya le quartier résidentiel qui gagne de l’eau de pompe chaque deux (2) à trois (3) jours, tous les autres quartiers de la ville vivent des moments très difficiles en cette période de février, mars et avril, période durant laquelle tous les puits domestiques ont taris.
Dans le seul quartier épargné, en l’occurrence Almamya, chaque 10 mètres on voit des tuyaux percés où l’eau coule à fond ; durant cette période difficile certains comme les étudiants voire même les enseignants chercheurs vont à l’Institut supérieur de technologie (IST) de Mamou avec des bidons de 10 ou 20 litres pour s’en procurer malgré une distance de 3km ou même 4 km qui sépare cet institut du centre-ville.
Dans les quartiers périphériques comme Loppet par exemple, l’eau de la Société des eaux de Guinée (SEG) ne vient qu’une seule fois tous les dix (10) jours ; cette eau ne coule des robinets qu’à partir de 0h et 1h du matin, une fois l’eau à la pompe, le chef de famille ou le premier à se réveiller se charge de réveiller tout le monde et de faire sortir tous les récipients pour en puiser ; les familles de bonne intention réveillent tous leur voisins pour leur dire de venir puiser avant que l’eau ne parte ; ceux-ci informés viennent avec des seaux, bidons et tout autre récipient pouvant contenir de l’eau.
Après cette nuit blanche chaque membre de la famille possède en son propre compte des récipients à lui sur lesquels il veille ; à partir de 5h ou 6h l’eau ne coule plus des robinets et la vie continue.
Autres problèmes auxquels ces populations des quartiers périphériques sont confrontées, d’autres personnes de mauvaise intention sachant qu’un tuyau passe près de leur concession, dès qu’elles sont informées qu’il y a de l’eau, coupent les tuyaux pour se servir ; une fois donc qu’il n’y a plus d’eau on appelle le responsable de la SEG dans ce quartier et, quand il dit qu’il a ouvert ces robinets pour servir les abonnés, quelques membres de la famille souvent les jeunes hommes suivent le trajet de leur tuyau jusqu’à voir la brèche ; une fois la brèche vue on la colmate et on prend soin d’enterrer le tuyau.
Outres ces robinets de la SEG il y a des puits et des rares forages intarissables où les gens forment des files d’attente très tôt le matin et à partir de 17h car selon les dires de ces gens, puiser la journée alors que le soleil est ardent fait tarir les puits.
Enfin nous lançons un appel aux autorités compétentes de faire tout leur possible pour fournir les denrées indispensables aux populations car selon un dicton « l’eau c’est la vie ».
Elhadj Boubacar Bah
Ingénieur