Imprimer

Randonnée au flanc de la chute de Ditinn

Moussa Bella Barry  Mardi, 11 Mars 2014 18:03

Facebook

 

chute_Ditinn_Guinee_03La chute se trouve dans la communauté rurale de développement (CRD) de Ditinn, préfecture de Dalaba. Avec l’altitude de 1200m, Dalaba se situe dans la zone du haut plateau du Fouta Djallon. Son microclimat et ses forêts, ses différents sites touristiques, ... font de Dalaba un lieu de séjour incontournable pour le tourisme de découverte. La chute de Ditinn est admirablement située ; l’environnement autour du site offre un paysage d’une grande beauté. Le talus raide et boisé entourant la chute donne envie de s’éterniser sur les lieux. La magie des lieux vaut bien un coup d’œil, et ça ne laisse pas le visiteur indifférent.

On dit que les curiosités sont toujours des choses vivantes. La chute de Ditinn est un site enchanteur, elle est fort belle, c’est un véritable paradis pour les randonneurs. L’eau de la chute coule toute l’année. En saison sèche le volume d’eau de la chute est moindre, alors que pendant la saison pluvieuse le débit de la chute est très imposant et merveilleux par son air de secret ténébreux. On qualifie la chute d’être une merveille de poésie d’art naturel, elle est comparée à un temple élevé par des adorateurs des divinités rurales.

Il fait des décennies depuis que j’ai quitté ces lieux. J’ai un regard de mon enfance sur les lieux. C’est ainsi qu’il m’a semblé avoir fait un détour plus long pour arriver à la chute. Mais j’ai dû constater que mes souvenirs d’adolescent étaient inexacts, ceci n’était que ma vision adolescente très gonflée sur le chemin d’accès à la chute. Car l’endroit et la voie d’accès sont restés toujours les mêmes. Je réalise que mon intuition d’enfance est enracinée dans quelque chose au-delà de la réalité.

Je me fais raison qu’effectivement mes souvenirs revêtent mon rêve d’enfance sous l’aspect d’un réel déconstruit, d’un puzzle défait où mes yeux d’adulte reconstruisent maintenant l’exactitude du trajet. Je comprends que mon souvenir d’enfance n’est que l’effet de l’imaginaire se cachant imperceptiblement dans mon âme d’adolescent.

Sur le chemin menant à la chute, on trouve un paysage diversifié, un lourd tapis de lianes multiformes et rampantes, d’arbustes étroitement enlacés, recouvre la pente raide qui encadre la chute. Ce vert luxuriant et fascinant peut nourrir la volonté d’y passer des heures paisibles.

Les lianes à caoutchouc dont les contorsions ressemblent aux courbatures d’un clown de cirque vous compliquent l’accès à la chute. Diverses fleurs de feuillus denses, en pleine saison sèche, forment un assortiment mémorable de la randonnée ; ce splendide ensemble de flore se rencontre partout sur le parcours.

De cette végétation touffue s’exhalent des milliers de parfums enivrants qui s’emparent des sens du randonneur. J’ai trouvé tout cela à mon goût. L’endroit est agréablement naturel, comme on pourrait se le représenter pour un repos tranquille. En dehors d’une multitude d’animaux et d’insectes, le lieu est à l’écart de tout dérangement. Le beau côté du terroir est très captivant.

Le flanc du coteau qui ceinture la chute, est une réserve boisée de grands bois, le fond en bas de ce tableau grandiose est formé par une haie de roches dénudées qui entourent le temple. Aux pieds des rochers un lac s’épanouit, l’eau est peu profonde, miroitante et limpide. Il paraitrait qu’en se baignant dans ce bassin sous la chute et en contemplant le filet d’eau tombant, il est possible d’y voir « l’Homme de Ditinn ».

L’emplacement pittoresque du lac est situé dans la verdure et les rochers ; l’ardeur du soleil de la journée n’affecte pas la fraîcheur des eaux du lac. Partout autour de la chute c’est le même schiste de gros rochers de grès gris, de quartz et de granit. Les mouvements légers de l’air et la hauteur (plus de cent mètres) formidable de la chute d’eau rappellent le secret des lieux.

Au cours de la randonnée on peut aussi découvrir d’autres activités des habitants de la préfecture telle que l’élevage. On y élève des bovins, dont l’introduction surtout dans la CRD de Ditinn, de races améliorées. On pratique de l’aviculture, aussi l’élevage des caprins et des ovins. Le commerce est pratiqué dans les grandes agglomérations à travers les marchés hebdomadaires, endroits d’échanges de produits alimentaires et manufacturiers.


Moussa Bella Barry


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook