Qui était Biton Coulibaly ?

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DIALLO_Boubacar_Doumba_01Biton Mamary Coulibaly (1689-1755) est le fondateur de l’empire bambara de Ségou où deux dynasties régnantes se succédèrent : celle des Coulibaly et des Diarra. Les souverains les plus connus furent Biton Mamary Coulibaly et Monzon Diarra, qui porta le royaume de Ségou à son apogée.

Dans cet article, nous parlerons du fondateur. A ses débuts, il fut à la tête d’une association appelée Ton qui regroupait des jeunes sur une base égalitaire indépendamment de leurs origines ethniques ou religieuses. Sa mère s’appelait Sounou et après une longue gestation peu ordinaire, elle le mit au monde et s’écria aussitôt : « Bi-don yéna ». Suite aux déformations, cette exclamation de la mère devint Biton. Vers le 17e siècle, le clan Coulibaly connut une certaine importance notamment avec un certain Massa Koulou, ancêtre de Biton Coulibaly, frère de Massa Keïta. Les grandes familles régnantes du Mandé auraient donc une origine commune.

Le règne de Biton dura 42 ans et à la tête d’une puissante armée de plus de 40000 hommes, il avait réussi à conquérir de vastes territoires sur les deux rives du fleuve Niger, depuis Kouroussa jusqu’à Tombouctou en passant par Djenné. En plus de ses troupes régulières bien entrainées et équipées d’armes à feu, fabriquées par ses propres forgerons, Biton Coulibaly avait créé une véritable flottille de barques sur le fleuve Niger, ce qui lui facilita les expéditions militaires et intensifia le commerce fluvial. Les lecteurs intéressés pourront lire avec profit les tomes 1 et 2 de l’épopée Bambara de Ségou présenté par Lilyan Kesteloot. Cet article prépare le lecteur à mes futures publications sur l’empire peul du Macina dont l’histoire est étroitement liées à celle de Ségou. Précisons que le royaume de Ségou était officiellement fétichiste, mais tolérait les musulmans.

Le récit qui suit est extrait du tome 1 mentionné ci-dessus et relate de manière épique l’odyssée de Biton Coulibaly et sans surprise l’apparition du génie Faro sous forme de serpent boa, nous rappelle le python ou Bida de Wagadou, le Tianaba des Peuls, etc.

« Biton était à la chasse ; il alla construire un campement derrière Ségou. Le nombre d’apprentis qu’il avait à ce moment-là pouvait atteindre trente. Il resta là jusqu’au jour où il décida d’aller au village de Ségou. Il est allé trouver les jeunes gens. Il trouva qu’ils avaient formé une Ton, qu’on appelle en français association. Ces jeunes gens lui demandèrent : « Chasseur, veux-tu faire partie de notre Ton ? - Oui, je voudrais, répondit-il. - D’accord donc, alors paie ta cotisation. » Après cela, ils décidèrent de choisir un chef à la Ton : « Que chacun aille chercher un bâtonnet de jonc. » Ils sont venus les entasser ensemble. Ils dirent d’appeler un aveugle pour qu’il choisisse un bâton : « Celui dont le bâtonnet sera pris, sera le chef. »

L’aveugle vint et choisit la baguette de Biton. Ils dirent que non, que ce n’était pas possible, lui qui est étranger et vient seulement d’arriver par hasard ne peut pas être le chef. Ils prirent la baguette et mélangèrent encore dans le tas. Ils dirent d’appeler un enfant circoncis et que celui qu’il choisira sera le chef. Le circoncis vint et choisit encore la baguette de Biton. Ils dirent que non – encore impossible – c’est un étranger. Ils reprirent la baguette et mélangèrent au tas de nouveau. Ils ont appelé une femme enceinte pour qu’elle choisisse et celui qu’elle choisira ce sera lui le chef. Elle choisit la baguette de Biton.

Ils disent : « La part de l’homme est trois, sa baguette a été choisie trois fois. Acquittons-nous de la coutume. Si nous le désignons aujourd’hui comme chef, s’il fait aujourd’hui, demain et après-demain nous l’enlèverons et mettrons un d’ici. »

C’est de cette façon que Biton fut installé comme chef de la Ton. Une fois installé, Biton leur dit : « Je vais vous dire quelque chose. Tous les jeunes gens des villages alentour sont venus dans la Ton. Il y a d’autres villages là dont je ne sais le nom, les jeunes gens ont refusé de faire partie de l’association, nous devrions aller leur demander la raison. »

Ils sont allés le leur demander, ils ne se sont pas entendus et ils ont détruit ce village et en firent des captifs.

Il dit : « Il y a un autre village, allons le leur demander aussi. » Ils y allèrent, ne se mirent pas d’accord, détruisirent le village et prirent les habitants. Et c’est ainsi que commença la guerre de Ségou, et personne ne pensa plus à détrôner Biton. C’est de cette façon que la royauté de Ségou fut acquise par les Koulibaly.

Biton, avant tout cela, avait un jardin de ngoyos. Toutes les nuits on volait ses ngoyos. Une nuit, il se cacha et vit un djinn. Il dit : « Pardon, allons chez ma mère, elle va te les payer. » Arrivé au bord du fleuve, il prit Biton sur le dos, il pénétra dans l’eau, arriva devant une concession, y entrant, y trouvant sa mère assise, l’enfant explique la situation. La femme dit alors :

« Jeune homme, tu veux de l’or ? »

Biton dit non.

« Tu veux des animaux ? »

Biton dit non.

« Alors que veux-tu ? »

« Mets un peu de lait de tes seins dans mes oreilles. »

Elle le fit. Le djinn ramena Biton dehors. Il lui dit : « Tu vas cultiver pendant sept ans, laisse les oiseaux tout manger, ils répandront cela partout et partout où ils auront répandu, ton commandement s’étendra. »

Puis il lui montra l’or dans une termitière : « Chaque fois que tu en auras besoin, prends de l’or de là, mais ne fais pas de commerce avec. Désormais il y a une alliance entre nous, je viendrai sous forme de serpent Boa ». C’est pourquoi les Koulibaly ne mangent pas de boa.

Quand le génie venait le voir, ils causaient entre eux. Biton comprenait grâce au lait que la mère avait mis dans ses oreilles. »


Diallo Boubacar Doumba

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Commentaires  

 
+2 #46 boubacar doumba diallo 14-02-2016 06:47

Citation en provenance du commentaire précédent de moussa coulibaly:
Bonjour toutle monde. c'est ma 1ere fois sur ce forum. je voudrais demander des INFOS relatives entre les COULIBALY et les KEITA à l'origine. comment expliquer ces 2 noms de familles ? merci

A présent, je vais essayer de vous parler de l'origine du patronyme Couloubaly ou si vous préférez Kouloubali ou Kouroubali .Pour cela donnons encore la parole à Wädjan c'est à dire Wâ Kamissoko:
""Cela étant,à qui revint l'honneur de faire "sortir la tête de la parole" à l'occasion des funérailles de Maghan Soundjata ? Ce fut aux Kouloubali ! Les Kouloubali sont en effet les "fils aînés" de la famille massaren,"famille impériale" du Manden.Le récit traitant de l'abandon par eux du patronyme Kéïta au profit du nom Kouloubali a déjà été enregistré sur bande magnétique;..Je rappelerai simplement que c'est après l'avoir chassé en vain que les frères ennemis de l'ancêtre des Kouloubali, Tamba-Bogori , se seraient écriés : nin kourou bali tè, "celui-ci ne retournera plus jamais", Kouroubali ,tiré de cette phrase ,devint ainsi le nom des descendants de Tamba-Bogori.Ceux-ci sont également honorés au titre de Kouloubali-Simbo-Si,"Kouloubali de la lignée de Simbo".Bref, "la maison" (le lignage) des fils aînés de la famille massalen est celle des Kouloubali.Ce sont eux qui prononcèrent le discours marquant le début des funérailles de Soundjata avant de passer la parole aux "hommes de caste de talent"....."
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-1 #45 moussa coulibaly 14-02-2016 03:42

Bonjour toutle monde. c'est ma 1ere fois sur ce forum. je voudrais demander des INFOS relatives entre les COULIBALY et les KEITA à l'origine. comment expliquer ces 2 noms de familles ? merci
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+3 #44 boubacar doumba diallo 20-09-2015 16:45

Le règne des Ton Djon de ségou
http://www.balazans.com/fr/histoire-de-segou/47-histoire-a-traditions.html
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0 #43 Fakoly Koumba 13-12-2012 18:33

Citation en provenance du commentaire précédent de diallo boubacar doumba:
Je devrais plus précisément m'interroger sur la signification des 4444 +1 balanzas ,donc de
4444 + 1
Merci à tous ceux qui voudront bien m'éclairer

Le balanzan ou balazan, acacia albida, tient une place privilégiée dans la légende du grand royaume bambara.
C’est pour sa résistance aux aléas de tous ordres que cette plante constitue le symbole éternel de la ville. Ce n’est pas pour rien qu’on la nomme la Cité aux 4444 balanzas.
Il est dit que « les guerriers de Ségou de l’époque, pour donner le nombre de combattants actifs dans l’armée, choisissaient le nom de balanzans.
C’est ainsi qu’on parle aisément de 4444 balanzans et un !
Les 4444 correspondaient au nombre exact des guerriers au temps de Da Monzon, fils de Monzon Diarra. Des siècles après, on parle encore de cette armée ségovienne face aux agressions extérieures ».
Fakoly Koumba - Fakoly Daba
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+3 #42 diallo boubacar doumba 12-12-2012 22:38

Je devrais plus précisément m'interroger sur la signification des 4444 +1 balanzas ,donc de
4444 + 1
Merci à tous ceux qui voudront bien m'éclairer
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+4 #41 diallo boubacar doumba 12-12-2012 20:32

Fakoly assalama leykoum !
Du bon boulot pour nous restituer l'épopée bambara de Ségou.Félicitations et merci !
A propos le nombre 4444 tu connais la signification? J'ai cherché sans rien trouver pour le moment
Bonne soirée!
Doumba
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+5 #40 Fakoly Koumba 12-12-2012 19:50

Nous vous proposons dans cette parution l’évolution du royaume de la fin règne de Biton Coulibaly à la prise du pouvoir par N’Golo Diarra
Pour donner une meilleure assise à son autorité, Biton avait divisé le royaume en provinces (une soixantaine) qu’il confia à ses camarades devenus chefs « tondjons ». Ainsi ses compagnons prenaient part à l’exercice du pouvoir. Biton avait placé son fils Denkoro à la tête de 6.000 hommes. Il fonda Nerekoro pour son fils Bakary et Djonkolo son troisième fils résidait à Weeta
Le pouvoir de Ségou reposait aussi sur des atouts moraux et spirituels. Les miracles qui selon la tradition ont marqué la jeunesse de Biton, la prédestination dans la croyance populaire à un destin extraordinaire, la puissance magique en faisait de lui un être hors du commun. Tout cela lui permettait d’imposer son autorité à ses ennemis et adversaires, légitimant ainsi son pouvoir.
A la mort de Biton deux de ses fils lui succédèrent. Denkoro oo Djekoro régna de (1755-1757). Il laissa le souvenir d’un prince cruel. Atteint semble-t-il de lèpre, Il fut victime d’une conspiration des tondjons. A la mort de Denkoro son frère Bakary de son vrai nom Taana lui succéda. Fervent musulman il fut assassiné par Ton massa Dembélé, un chef tondjon résidant à N’Goin. Djonkolo le troisième fils de Biton qui résidait à Weeta refusa le trône et il fut assassiné par les Tondjon dirigés par Ton massa Dembélé. L’extermination des descendants de Biton n’est que le résultat d’une vaste conspiration des tondjon mécontents et frustrés de ce qu’ils considéraient comme leur droit ; celui d’accéder au pouvoir après la disparition de Biton. Ils instaurèrent donc régime de l’oligarchie militaire. Ce fut dans le pays de Ségou l’émergence d’une nouvelle couche sociale qui remit en cause l’ordre social ancien. Dans l’intervalle d’une décennie trois chefs tondjon se succédèrent au trône. Il s’agit de Ton massa Dembélé (1757-1760), Kanouba Niouman de son vrai nom Yoro Bari (1760-1763) et Kafajougu Traoré (1763 -1766). Successivement ces chefs tondjon qui avaient paru un moment contrôler la situation disparaissaient mystérieusement ou étaient assassinés par leurs pairs.
Parmi les prétendants au trône on peut citer : Dayematien, Kolonjougoudjiri, Manioumaninfin, Manioumanindjé. La lutte se précisa entre N’golo Diarra et Nankoroba Zanké dit Zanketegeba ou Dafara Zanké.Le conseil des chefs tondjon se prononça en majorité pour N’Golo Diarra. Ce dernier dut combattre Nankoroba Zanké et le vainquit à N’Goin avec l’aide de son fils aîné N’Tji Diarra le futur Bambougou NTji pour s’imploser.
N’golo Diarra dit Niola N’golo prit le pouvoir et devint roi de Ségou. Il fonda la dynastie des Diarra.
Originaire de Niola N’Golo a connu plusieurs aventures. Ces aventures selon les traditions, seraient dues aux prédictions annonçant pour lui le commandement suprême sur tout pays où il s’établirait. C’est son oncle paterne qui par adversité, l’éloigna de son village en le plaçant en gage auprès de Biton comme complément de disongo (l’impôt). Biton Coulibaly après avoir tenté à plusieurs reprises de se débarrasser de lui a fini par se résoudre à le garder. Il le nomma « djenfa » (grand prêtre des fétiches). Il le nomma également à la tête de sa garde personnelle qui comprenait 3.000 guerriers. Enfin il avait épousé la fille de Biton ; Makouroun Coulibaly qui fut la mère de son fis ainé N’Tji Diarra. Pour accéder au pouvoir N’golo organisa sur l’île « djisoumalenba », une cérémonie rituelle à laquelle prirent part tous les chefs tondjon pour célébrer le début de son règne.
En effet, cette cérémonie consistait pour les chefs tondjon à prêter serment sur les « bolis » c’est-à-dire les fétiches pour l’avenir. La prestation de serment pour les chefs tondjon était réciproque. Mais, N’Golo Diarra avec l’aide de son fils aîné N’Tji Diarra à la tête d’un détachement de l’armée obligea les chefs tondjon à lui prêter serment de fidélité ainsi qu’à sa descendance. Par ce geste les descendants de N’Golo devaient être, désormais, les seuls à monter sur le trône de Ségou. Voilà comment la dynastie des Diarra s’est imposée. N’Golo quitta Segou koro où la méfiance, la suspicion et les complots étaient de règle. Il transféra sa capitale à Ségou Sikoro.Après avoir éliminé ses compagnons qu’il déposséda de leur « fiefs » comme ce fut le cas avec Tiécoura de Nango nouveau « faama » entreprit de restaurer la puissance du « fanga » c’est-à-dire du pouvoir.
Il organisa le royaume qu’il divisa en provinces à la tête desquelles il installa ses fils. Ces provinces étaient appelées : les « dendougou ». N’Golo plaça N’Tji à Bambougu, Monzon à N’Peba ,Niankoro à Segoukoro ,Djokélé à Kirango , Seri à Zogofina ,Nazon à Bla, Ba à Bia .Quant au benjamin Mamourou , il resta auprès de lui à Segou sikoro. Sous le pouvoir de N’Golo on enregistra la soumission du Macina, du Miniankala, du Kourouma, de Djenné .Il étendit l’hégémonie de Ségou du Bélédougou au Nord jusqu’en coté d’Ivoire Orientale (Tengrela et Tiongoni) au sud .Il s’allia aux Keïta et Kaaba pour contrôler les mines d’or du Bourré.
Le pouvoir de Ségou atteignit des dimensions colossale sous N’golo qui l’’etendit jusqu’aux portes du pays mossi .Il engagea trois campagnes contre les mossi du Yatenga. C’est au cours de la troisième campagne qu’il trouva la mort en 1787. Il laissait non seulement un royaume aux dimensions appréciables, mais aussi un Etat avec des institutions auxquelles il avait donné une forme définitive.
Fakoly Koumba - Fakoly Daba
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+4 #39 Fakoly Koumba 12-12-2012 19:32

Biton et les tondions
Fassinè Coulibaly est originaire de Bendougou-Niamina, dans le cercle de San. Il résidait à Senkoro, auprès des Bouaré, et chassait en compagnie des Sacko, fondateurs de Niamina, une localité soninké. Les Sacko finissent par lui donner leur soeur Sounou Sacko en mariage. De cette union naquit Mamary Coulibaly, un enfant conçu alors que sa mère était âgée de plus de 50 ans.
Ausi, Sounou, qui ne pensait plus concevoir à cet âge, s’écrie de joie, après la naissance de l’enfant : “Bi don Yé na !” Ainsi, d’information en déformation, l’expression finit par se confondre au nom du fils “inespéré”, pour devenir Mamary Biton Coulibaly. Devenu adulte, Biton s’installe à Sikoro, qui deviendra Ségou par la suite. La légende raconte qu’une nuit, Biton surprit un fils du génie de l’eau, qui venait voler dans un jardin potager. Lui demandant de l’épargner, le petit génie l’entraîna ensuite au fond de l’eau et lui présenta sa mère. Celle-ci, reconnaissante, lui promit un vaste empire et lui donna le pouvoir d’entendre les confidences les plus secrètes, en déposant une goutte de lait de son sein dans chaque oreille de Biton… En ce temps-là, tous les chasseurs se réunissaient chez la mère de Biton, pour boire du Dolo (bière de mil) et où ils finirent par fonder une association, dont Biton fut élu chef.
Aussi, à ce propos, les généalogistes et conteurs sont partagés, quant à l’origine et le sens exacts du nom Biton. Si les uns affirment qu’il est issu de l’expression de la mère de Biton, le jour de sa naissance “Bi don yé na !”, les autres soutiennent qu’il provient du nom de ladite association, Bi-ton, “l’association d’aujourd’hui”. Toujours est-il que cette association l’emportait sur tous les autres, en notoriété, si bien que beaucoup de jeunes y adhérèrent. C’est alors que Biton eut l’idée de transformer le “ton” en armée. Du coup, ses membres devinrent des sujets, grâce au pacte de sang, un serment de fidélité “éternelle” , qu’ils étaient tenus de signer avant d’être définitivement admis dans l’association. Ce système, selon l’historienne Maryse Condé (“Le geste de Ségou”), viserait surtout, pour Biton, à avoir droit de vie et de mort sur les membres de l’association.
Biton rachète ainsi les criminels de guerre, en remboursant leurs amendes, seule condition de leur liberté. Il libère aussi les contribuables insolvables qui n’ont pas pu s’acquitter de leurs impôts. Tous devinrent, de ce fait, ses esclaves, et ceux qui sont vieux mirent un de leurs fils à la disposition du nouveau souverain. Assujettis à leur maître, privés de toute liberté individuelle, ces recrues formèrent la garde impériale, c’est-à-dire les “ton-dion” esclaves de l’association, donc du roi, mais aussi une véritable armée permanente, grâce au nombre de plus en plus croissant des engagements volontaires. La première arme d’assise du royaume de Ségou et du pouvoir de son souverain est née : les Tondions.
Des conquêtes de Biton
Mamary Biton Coulibaly réorganise son armée , et forme une flottille de transport commercial et militaire placée sous les ordres des Somono du fleuve Niger, dont les navires sont construits par des esclaves fournis par lui-même. Il aggrandit Ségou, devenu un port commercial, et fait venir, de Djenné, des architectes pour ériger un palais, dont les ruines furent découvertes plus tard par l’explorateur Mage, en 1864. Biton attaque tous les voisins et tous les villages, et impose son autorité sur la rive droite du Niger, après avoir chassé les Coulibaly-Massassi qui reniaient sa souveraineté. Il réprime la révolte des Soninkés et étend son rayon d’action vers l’Est, sur les rives du Bani (affluent du Niger) et vers le Nord-Est, jusqu’aux faubourgs de Djenné.
Franchissant le Niger, il annexe les pays compris entre le fleuve et le Kaniaga, bat les chefs Konia-Massa et Sama du Bélèdougou, et s’empare des provinces de Sansanding et de Karadougou, sur les rives même du fleuve. Il pousse plus loin, attaque les Massassi à Sountian, près de Mourdia (près de l’actuel Nara), et tue leur chef, Foulikoro. Il ne tarde pas à conquérir tout le Bagono, imposant sa souveraineté au royaume peulh du Macina, jusqu’à Tombouctou.
En ce temps, l’empereur du Mandé, Massa Makan Kéïta, était le suzerain nominal de Ségou : ce fief était, en effet, une de ses concessions. Aussi, s’inquiétant de l’ascension de Biton, Mansa Makan assiège la ville de Ségou, mais non seulement il ne parvient pas à ses fins, mais est vaincu par Biton. Il est donc obligé de reconnaître Niamina comme limite de son empire… Les échos de la puissance de Biton et son royaume vont désormais au delà des frontières…
Lors d’une expédition dans le Sousse (région marocaine) vers 1670, le premier sultan de Fez, El Rachid, met le siège devant la “zaouya” (campement) du religieux Ali Ben Haïdara, qui doit s’enfuir du Maroc, pour se mettre sous la protection de Biton. Ce dernier refuse alors de livrer le fugitif – qu’il considère désormais comme son hôte – à El Rachid venu le réclamer. Mais le sultan doit abandonner la partie, car il ne se sent pas de taille à affronter le monarque de Ségou. Il semble que l’exode et l’arrivée des Haïdara du Maroc, au Mali, datent de cette époque, du moins selon les estimations les plus courantes.
La splendeur de Ségou
Biton partage ses Etats en 60 districts et en confie le commandement à ses meilleurs Tondions. Il persécute tous ceux qui n’appartiennent pas au même clan que lui, notamment les Traoré, les Diarra et certains Coulibaly des branches aînées, dits Massassi ou Mansa-si, c’est-à-dire ceux de la lignée royale. En effet, les Coulibaly “Mansa-si” forment la branche aînée des Coulibaly qui ont conquis le Kaarta, second royaume bambara rival de Ségou. Biton s’en prend ensuite aux “Maraka-dougou-koronto”. Un terme qui, chez les “mandingophones”, désigne l’autorité des 9 métropoles Soninké. Ces 9 métropoles privent alors Ségou de colas, tissu, sel et autres denrées importantes : une sorte d’embargo économique contre Ségou. Les anciens du royaume, notamment les oncles de Biton, lui ordonnent donc de cesser ses attaques contre les Marakas, sous peine de privations et de famine dans le royaume.
Aux dires de Karounga Diawara, un vieux conteur de Mourdia, c’est depuis ce temps que date la confraternité entre les Coulibaly et les Marakas. Et depuis cete période houleuse due aux intentions belliqueuses de Biton, le royaume connaît une relative splendeur, et devient le rendez-vous de tous les marchands de la région, et surtout, le phare de l’Ouest africain.
L’après Biton
Lorsque Biton mourut en1755 – de tétanos, selon une version très répandue -, le royaume s’étendait de Macina à Niamina, du Bani au Bélédougou. Son fils aîné, Dèkoro Coulibaly, proclamé à Ségoubougou, la résidence habituelle, fonde Ségou-Koura, près du Ségou actuel. Monarque cruel, Dèkoro ne règne pas longtemps : les chefs Tondions le massacrent, ainsi que la plupart de ses enfants, et élisent Ali, un autre fils de Biton, qui doit son nom au protégé de son père, Ali Ben Haïdara. Mais le jeune Ali, du vivant même de son frère aîné Dèkoro, s’était converti à l’Islam, lors d’un séjour à Tombouctou. Et l’Islam était détesté par les Tondions, du fait qu’il interdit l’usage des boissons fermentées.
Mettant à profit le mécontement des Tondions et celui de la population, un esclave de Biton, Nioualangolo Diarra, fomente un coup d’Etat et assassine Ali. Puis il fait prêter, aux Tondions, un serment d’allégeance envers lui et sa descendance, élimine ses rivaux, et fonde une nouvelle dynastie qui va étendre son empire sur les pays voisins. Ainsi prendra fin le règne de Mamari Biton Coulibaly et de ses héritiers sur le trône.
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+3 #38 Fakoly Koumba 12-12-2012 19:29

“Ségou Sikoro, Ségou aux quatre mille quatre cent quarante quatre balazans, plus un bout de balanzan !” Tel est l’un des éloges, hérités de l’ancien royaume bambara de Ségou, capitale de la 4e région du Mali. Si ce “bout de balanzan” a été traduit et compris sous le sens de la “trahison”, par de nombreux traditionalistes, d’autres sources lui prêtent toute une autre signification…
Un “bout de balanzan”
En réalité, cette notion de “trahison” doit plutôt être perçue dans le sens d’un “pacte secret”. selon bon nombre de narrateurs, ce concept est apparu sous le règne de Mamari “Biton” Coulibaly. Ce monarque avait institué, dans tout son royaume, une politique très subtile visant à maintenir ses sujets sous son contrôle et sa dépendance.
Chaque année, il choisissait au hasard, et sans distinction d’âge ou de sexe, un citoyen, et lui faisait une confidence. Mais il prenait le soin de le mettre en garde : si jamais le sujet choisi divulguait ce secret que seuls lui et le roi étaient censés connaître, il perdrait la vie. Aussi, le citoyen est honoré, mais sur lui plane désormais la menace d’une mort qu’il croit certaine s’il ne garde pas le secret. Se taire lui assurait donc la vie sauve, mais trahir le “secret” entraînerait sa mort. Si bien que tous les administrés se méfiaient presque (du moins, sur ce plan) les uns des autres, et s’abstenaient de ventiler des secrets entre eux. C’est que chacun d’entre eux se sentait en quelque sorte lié au roi par un pacte secret, un deal que les autres ignorent.
Ainsi, le roi était aux faits et gestes de ses sujets, grâce à cette “convention” qui existait entre lui et celui à qui il a fait l’honneur de choisir comme confident. De fait, aucun “invité annuel” du roi ne pourrait savoir ce qui a été relevé, à l’autre. En définitive, il semble que ce système de “pacte”, régulièrement entretenu par le monarque, visait surtout à dissuader les citoyens de verser dans le mensonge, la calomnie ou la trahison. Mieux, à les initier au sens de l’honneur et du respect de la parole donnée. C’est dire que ce mystérieux “bout de balanzan” ne signifierait pas la “trahison” proprement dite, mais plutôt une initiation au code de bonne conduite et une culture de la citoynneté. Toutes choses que bien de nos anciens rois et empereurs ont cultivées tout au long de leur règne
L’Arbre à Karité
Selon l’historien défunt, Ibrahima Baba Kaké, les limites de l’ancien royaume bambara de Ségou s’étendaient (à certains endroits) au delà des frontières actuelles du pays, empiétaient sur les pays voisins comme la Haute-Volta (actuel Burkina Faso), le Niger et la Mauritanie , et incluaient des villes comme Kankan (Guinée Conakry) et Odiéné (Côte d’Ivoire). Mais au fur et à mesure des guerres et des reconquêtes, sous les règnes des rois successifs, ces limites s’agrandissaient ou se rétrécissaient. Aussi, il n’est guère surprenant que des villes ivoiriennes comme Korhogo, Man et Odiéné soient jusqu’à présent peuplées de Koné, de Diarra ou de Coulibaly. Quant aux origines de la fondation de Ségou, leurs versions diffèrent, selon les narrateurs, traditionnalistes et historiens. Mais la version la plus répandue et retenue est qu’il existe quatre Ségou.
D’abord, Sékoro ou Ségou-Koro, le lieu de naissance de Biton, fondé par son père Fassinè. Puis Sébougou, à 2 km de Sékoro, en allant vers l’actuel Ségou. Ensuite, Ségou-Sikoro, l’actuel Ségou, et très exactement le quartier Somono. Enfin, à un kilomètre de Ségou-Sikoro, l’emplacement où un certain Nioualangolo Diarra construisit sa capitale. En dépit de toutes ces fluctuations géographiques dues à l’évolution du temps, Ségou a conservé son appellation originelle, Sikoro : “près de l’arbre à karité”.
Fakoly Koumba - Fakoly Daba
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+2 #37 Amenofils 12-12-2012 11:42

L'Afrique avec tous ses grands hommes, ses Empires, ses Richesses culturelle et richesses du sous-sol a existé bien avant la decouverte de l'Amerique par Christophe colombe en 1492. La bataille de Kirina a eu lieu selon les historiens en 1235 bien avant la decouverte de l'Amerique. La charte de Kouroukan fouga qui est l'un des tout premiers elements des droits de l'homme a existé bine avant la decouverte de l'Amerique. Comment est - on arrivé a resté stationnaire ? voir meme regresser vers une decheance de plus en plus profonde ? Comment inverser la tendance de la decheance pour les generations futures ? On me repondra que la pyramide des valeurs a été inversée ! Mais pourquoi cela ne change t-il pas ? Mais a voir Alpha Condé dans ses agissements en Guinée actuelle, je me demande comment ses grands parents et ancetres reflechissaient et agissaient ? Plus de 60 ans de vie en France, et voilà le produit fini ? Askey
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+1 #36 boundiala kantara 12-12-2012 11:20

Sylla démocrate a raison.Pour Madina,je pense qu'elle ne manque pas d'humilité.Seulement avec elle on ne raconte pas de conneries.Ses commentaires se passent de commentaires.Il y a des moments ou je me demande si c'est pas un Djinn omniscient qui est parmi nous.
Apparemment Barenka ignore aussi qu'il ne manque pas de femmes dans ce forum.D'ailleurs même ce site est coiffé par une femme.J'ai aussi lu des articles et commentaires d'autres femmes ici.Même une autre madame barry madina,envoie ausssi des postings ici.
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+2 #35 touré 12-12-2012 11:04

On a l'impression sur ce forum que les meilleurs commentaires sont marqués au rouge.
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+6 #34 diallo boubacar doumba 11-12-2012 21:26

@ Sylla démocrate :
Bonsoir mon frère!
Mon dernier post sur Ngolo Diarra devrait retenir notre attention à tous car il n'est pas si "innocent" que ça avec le retour en force de certaines formes du paganisme notamment en Afrique de l'Ouest en crise (guerres, luttes pour le pouvoir, course aux richesses ...)
Qu'en penses tu ?
Bien à toi
Doumba
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+4 #33 Sylla democrate 11-12-2012 18:42

Je me vois obliger d'intervenir car Mr Diallo Doumba ne veut le faire. A mon avis, un bon musulman ne doit pas etre pretentieux, juger les autres car seul Dieu sait qui merite quoi d'entre nous demain. Baren je suis content que tu comprennes finalement qu'a force de vouloir trouver le juste milieu, tu finis par te taper dessus toi meme. Un bon commentaire doit etre impersonnel, direct et sans emotion. A Madina, L'islam veut l'humilite, du respect pour les autres, etc.... Mais finalement comme l'a evoque amenofils, il vaut mieux qu'on parle d'autres sujets.
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+4 #32 diallo boubacar doumba 11-12-2012 17:50

Le griot Sissoko Kabiné developpe et enjolive l’histoire du petit Ngolo Diarra donné à Biton comme complément à l’impôt non entièrement payé par son village .
L’enfant, élevé à la cour avec d’autres petits captifs royaux, se fait repérer par les marabouts, et le roi, craignant de le tuer sans raison, trouvera le prétexte de l’anneau d’or. Mais Ngolo passe à travers tous les pièges et devient un des grands chefs tondyons. Lorsque le pouvoir lui est enfin confié, Ngolo a cinquante ans.
C’est un homme mûr et rusé. Il a déjà préparé son coup, et la façon dont il coince ses compagnons d’armes lors des sacrifices de Gouin-Minkam est exemplaire comme illustration du proverbe national : Ségou est bâtie sur la trahison. Ayant pu observer les assassinats annuels des rois tondyons Ngolo trahit les traitres (ou fortes têtes du royaume) avant d’être trahi lui-même et lie les autres par le pacte du sang juré sur les fétiches. Il n’aurait pu réussir ce coup double sans l’aide de son fils Bambougou Nji, chef d’un bataillon, qui fit entourer la case à fétiches de gens d’armes.
Notables et chefs tondyons se trouvaient pris au piège et obligés d’en passer par les exigences de Ngolo Diarra.
Voici comment un chroniqueur raconte la scène que le griot Sissoko jugea sans doute trop choquante pour le grand public.
Texte du Bambougou Nji et le sacrifice de Gouin
« Les tondyons décidèrent le grand sacrifice habituel au cours duquel ils ont coutume d’abattre leur chef qui a trop duré ou démérité à leurs yeux. Ngolo fit venir son premier fils Bambougou Nji et l’informa de la prochaine fête du sacrifice et de l’intention possible des tondyons de le supprimer pour nommer Zan Foto.
Ngolo, sur les instances des tondyons, fixa les fêtes à un mercredi. Il en avisa son fils un mois à l’avance. Bambougou Nji fit piler une quantité considérable de poudre.
Le jour fixé, tout Ségou sortit et traversa le fleuve. On se rendit à Gouin. Les bœufs, les béliers, les boucs, les chiens, les coqs, la farine délayée et les colas furent transportés en grande pompe. Quand tout fut prêt, on vit Bambougou Nji venir avec son armée de dix mille chevaux. Il en cercla les officiantq qui étaient venus sans armes.
Il leur cria : « La cérémonie d’aujourd’hui ne sera pas comme celle de tous les ans ; il est temps de changer le rite aujourd’hui même, les mânes de nos ancêtres le demandent. On immolera en plus du gros et du menu bétail, des chiens et des volailles, un enfant albinos non circoncis. Le sang des victimes sera versé sur les fétiches tutélaires. Quant à leurs chairs, elles seront mélangées et cuites ensemble. Tout le monde mangera ce mélange et après le repas, chacun, nu-pieds et nu-tête, jurera à tour de rôle soumission et fidélité jusqu’à la mort à Ngolo et à sa descendance jusqu’à la fin des temps. »
L’enfant qui fut immolé avait nom Ntâ Mâmindimi. Quand toutes les viandes furent cuites, y compris la chair de l’enfant, on servit le tout dans des grandes marmites de terre cuite. La terre qui a servi à façonner ces marmites a été prélevée dans la vase noire d’une mare. Le dos tourné au récipient contenant les viandes mélangées, chaque convive attrape le premier morceau qui lui tombe sous la main, en disant la formule sacrée :
« N’tè sogo Bo sogo la
Mâkungoba sogo don »
Je ne fais pas de distinction entre les viandes.
Ce sont les viandes de Makungoba.
Ces deux phrases étaient scandées et accompagnées de tam-tam.
Après ce repas fantastique, Bambougou Nji ordonna aux tondyons de verser quelques gouttes de leur propre sang dans celui de Ngolo, et le tout fut versé dans la bière de mil. Les tondyons burent cette bière et jurèent de rester fidèles à Ngolo et aux siens jusqu’à leur mort.
Extrait de L'épopée Bambara de Ségou Tome 1 de Lilyan Kesteloot
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-2 #31 Barenka SOUMAH 11-12-2012 13:48

Madina,
Ne me jugez pas car vous ne savez absolument rien de moi. je ne vous repondrai plus. Comme vous dites il n'est de pire malade Que celui qui ne sait pas qu'il est malade.
D'autre part avez vous remarquer que vous etes la SEULE FEMME de ce forum et de loin la personne la plus irrespectueuse et la plus insolente? Peut etre que c'est un signe que j'aurais du prendre en compte.
Mamadi BAREN SOUMAH
Memphis, Tennessee
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0 #30 madina 11-12-2012 12:56

Parailleurs,vous dites Barenka,que Ben Laden,Khomeiny,HassanII,ont eu des conceptions differentes de la Charia,pouvez vous nous expliquer la différence entre leurs conceptions?je me demande de quelle charia vous parlez,car celle que je connais est la même depuis toujours.
Ensuite vous faites dire ä Bakry qu'il n'ya pas d'Etat islamique aujourd'hui c'est archi faux,il y a bel et bien des etats islamiques.Que faites vous de l'Arabie,de l'Iran même de la Mauritanie en Afrique etc...?
Non, encore une fois je ne saurai être votre Professeur,car je n'ai pas vocation ä enseigner ä la maternelle.
C'est vrai qu'il est dangereux de s'aventurer dans la traduction du Coran juste avec quelques connaissances livresques,même si vous avez passé votre vie ä les glaner.Cela s'illustre par votre contestation du "Seulement" que vous soulignez,et qui est pourtant une traduction correcte.
L'Islam,c'est une Science et il faut aller ä son école.
Vous dites que vous avez été ä l'école coranique,j'attends toujours que vous me traduisiez les trois lettres qui debutent le verset 2 sourate 2,que vous avez omises.
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0 #29 madina 11-12-2012 11:40

A Barenka,
Il n'est pas pire malade qu'un malade qui ne sait pas qu'il est malade.
Pour commencer, je ne vous ai donné aucune leçon d'Islam,je vous ai juste invité ä un peu de bon sens par des exemples concrets.
Vous dites ne pas chercher un Professeur d'Islam,lä, vous faites vraiment preuve de beaucoup de bon sens car soyez sur que votre niveau en la matière,necessite pour le moment juste un moniteur de maternelle.Exemple,vous dites ä propos du verset 2 sourate 2,que la traduction que vous en rapportez(Le Coran est le livre au sujet duquel il n ya aucun doute,c'est un guide pour les pieux)selon vous,c'est tout ce qui y est dit!
Mais quel niveau de connaissance voulez vous qu'on vous attribue,monsieur le docteur d'Islam,si vous n'êtes même pas capable de lire les trois lettres qui précèdent:(Alif,Lam,Mim)ce que vous avez traduit.Comme vous êtes un docteur d'Islam,vous allez peut-être nous traduire ces tois lettres ici.Ces tois lä seulement s'il vous plait!
Le fils de mon Maitre Coranique a fait un ouvrage de 370 pages rien que sur ce verset(Alif,Lam.Mim,dzälikal kitäbou lä raiba fyhi,houdan,lil mout'taqhyn).
Defendre l'Islam,face ä vous?quelle pretention de votre part!Non!pas face ä vous ,mais face ä tous les individus de votre groupe qui ont accepté de trahir la religion de leurs pères pour se mettre au service des ennemis de l'Islam,en faisant de l'Evangelisation deguisée parmi les musulmans.
Non,Barenka,en defendant la religion d'Allah,je m'acquitte d'un Ordre d'Allah.Moi j'ai choisi de rester musulmane et d'aimer Allah plus que tout,absolument tout(Walladzyna ämanou ashaddou houbban lillah).
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+6 #28 Amenofils 11-12-2012 10:01

Je souhaiterai sans offenser qui que ce soit qu'on revienne à Biton Coulibaly. Car en religion, il y'a plusieurs écoles, plusieurs tendances difficilement réconciliable et qui soulèvent des passions dévorantes!
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+4 #27 diallo boubacar doumba 11-12-2012 05:42

Sans chercher du tout à polémiquer, voici un commentaire du verset é de la sourate2 tiré de la traduction en 2 volumes du du Cheikh Si Hamza Boubakeur qui fut recteur de l'Institut musulman de la mosquée de Paris et qui nous a quitté il y a quelques années .C'est la troisième édition de l'éditeur Fayard 1985
"Il n'y a point de doute sur l'authenticité du Coranen tant que message transmis au Prophète par l'ange Gabriel,ni sur son contenu en tant que parole divine(cf S.X,36).En récuser un seul de ses versets équivaudrait à sa récusation totale et donc à rompre avec l'Islam dans son ensemble .Complet,cohérent ,il est infractionnable,irréductible.Dieu l'ayant parachevé (cf S,III,85:V,3) l' a rendu par là intangible ..Avec la Tradition (Sunna) du Prophète,il assre à la communauté musulmane un dogme (dîn)et une loi (sharia) stables ,invariables dans le temps et l'espace ,non sujets à des suppressions ou des transformations dictées par le goût ou l'opinion d'un individu ,ou d'une génération.La vérité divine est ainsi garantie contre les fluctuations de la mode,la contestation des "esprits forts",les ingérences politiques.
le terme hudà ne peut s'entendre en langue arabe que dans le sens de bonne direction .Il est opposé au mot dalâl,"égarement",perte du bon chemin.Des commentateurs comme Tab.(I,98) lui donnent le sens de lumière.Nous préférons nous en tenir au sens littéral.
Ceux qui craignent Dieu redoutent de lui désobéir ,de transgresser ses lois ,d'encourir un châtiment en s'écartant de la voie tracée par lui.Ce sont des croyants(Tab.1,100;Qurtubi,1,159 à 161)."
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-4 #26 Barenka SOUMAH 11-12-2012 03:38

Madina,
Vous avez une lecture reductrice de mon intervention. Ici je ne cherche pas un professeur d'Islam, merci beaucoup. J'ai fait l'ecole coranique comme tout le monde et j'ai passe ma vie entiere a essayer de me rapprocher de Dieu par tous les moyens y compris par la lecture de tout ce qui me tombe sous la main en matiere de religion. Ce qui m'interesse, c'est de comparer ma perception sur certains sujets avec celle des autres intervenants. Nous sommes tous deux musulmans, vous n'avez pas a defendre l'islam face a moi.
La seule chose que je pourrais accepter de vous ou de quiconque en matiere de l'Islam est un renvoi a un document (ecrit, audio ou video) pour que je me fasse ma propre opinion. Si la religion etait simple, on ne serait pas ici ergoter sur des choses simples et a se donner des lecons de morale. Et surtout, des erudits comme Ben Laden (quoi qu'on en pense par ailleurs), Khomeiny, Hassan II (monument de la culture a la fois islamique et occidentale)... n'auraient pas eu des perceptions si differentes de la Sharia.
De plus, ma soeur Madina, je vous rappelle que le Sheikh Omar Bakry Muhammad considere qu'il n'y a pas a l'heure actuelle un etat Islamique (a ne pas confondre avec un etat musulman). Donc de quoi parlons-nous?.
Ce qui est tres dangereux en Islam, c'est l'explication eronnee de ce que l'on lit. Par exemple la sourate 2 verset 2 dit que "Le Coran est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux". C'est tout ce que la sourate 2 verset 2 dit. Mais si on interprete cela comme "le Coran est un guide pour SEULEUMENT les pieux" , il est clair que ca n'est pas ce que le Coran dit. Mais bon restons en la comme ca n'est pas le sujet.
Je sais que vous etes une passionnee mais l'Islam est NOTRE BIEN COMMUN.
Bien a vous.
Mamadi BAREN SOUMAH
Memphis, Tennessee
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0 #25 madina 11-12-2012 00:58

A Mr Barenka,je ne pense pas que Bakri fait une lecture reductrice de la charia.Je suis plutot tentée de dire que vous,vous avez une perception reductrice de sa lecture.
Que pensez vous par exemple de la liberté de vivre et de circuler des sans papiers,de leur honneur et de leur vie dans les pays d'europe et d'amerique?
Pourquoi voudriez vous que dans un Etat Islamique,la vie des gens et leur liberté ne soient pas reglementées?
Aujourd'hui,nulle part dans le monde on ne peut vivre sans papiers au risque de perdre sa vie , sa liberté et son honneur.
La Sharia,on en parle,surtout en matière de gestion d'un Etat Islamique.Or, tout Etat,islamique ou non est regi par des lois et des reglements.
De même,un non musulman,dans un Etat musulman est régi par un reglement.Il est tenu d'avoir "ses papiers" pour y vivre en paix.Il n'ya rien de reducteur ä cela,c'est un principe universel des Etats.
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+8 #24 diallo boubacar doumba 10-12-2012 19:47

Merci Aménofils car je n'avais pas encore prêté suffisamment attention à ce verset de la sourate Baqara :"Le Coran est un guide pour les PIEUX".
Le Coran est merveilleux et il s'attache à ceux qui le lisent assidûment et il se détourne de ceux qui le négligent.Je devrais revenir au Coran et faire comme je le faisais auparavant.
Merci pour ce rappel !
Doumba
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-1 #23 madina 10-12-2012 19:47

S'agissant d'erudits faisant tuer des milliers de femmes et enfants aucours de conflits armés,il serait peut-être mieux que le frère AOT,nous donne des exemples plus précis.Ce, pour la simple raison suivante:En Islam,pendant la guerre,les femmes et les enfants sont épargnés.C'est une loi absolue, qui a été respectée par tous les chefs de guerre musulmans depuis le Rassoul jusqu'ä Elhadj Oumar jusqu'aux Almamys du fouta.
A sylla democrate je dirais qu'en Islam,l'attitude et les actions du fils majeur n'engage ni le père,ni les ancètres.En plus,il est bien injuste de critiquer une école ä cause du mauvais comportement de ses élèves tout en sachant pertinemment que le reglement intérieur de l'école interdit ce comportement.
Pour ce qui est des islamistes supposés d'aujourd'hui,ä savoir le nord Mali et consorts,je suis bien amusée de la naiveté de mes frères et soeurs musulmans qui semblent ignorer que ce sont des groupes financés par la CIA,le Scotland yard,bref,l'Islam n'est qu'un nom d'emprunt utilisé par des puissances occidentales pour faire main basse sur des territoires et des richesses d'autrui.Un peu de cervelle mes amis.Parmi les combattants,il y a que des athées, chretiens,des juifs,des rebelles et mercenaires deguisés.
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+3 #22 Amenofils 10-12-2012 16:14

Mon frere AOT, celui qui tue pour convertir n'a rien compris a l'Islam. Il est ecrit dans le " Nulle contrainte en Islam; Sourate 2 verset 256" Dieu est avec ceux qui pardonnent anihile meme la loi du talion. Le coran est tres profond et sa comprehension profonde à des degrés divers necessite beaucoup d'effort. La meilleure façon d'etre bon musulman est d'abord de vaincre ses passions. Par ailleurs, la meconnaissance du corant de beaucoup de soit disant erudit ont denaturé sa profondeur aux yeux de beaucoup. Pour finir, je te renvois à la sourate 2 verset 2 qui dit en substance ceci " C'est le livre au sujet duquel il n'ya aucun doute, c'est un guide pour les pieux". Il n'est pas dit que c'est un guide pour tout le monde mais seulement pour les pieux. Mais comme c'est pas le sujet alors on en reste là.
Citation en provenance du commentaire précédent de AOT Diallo:
Kotto Doumba tu poses bien ici mon "malaise" avec tous ces textes nous décrivant des "grands érudits et hommes de Dieu", presque des "prophètes" et qui pourtant ont tué et fait tuer des milliers d'hommes, femmes et enfants pour les convertir de force a leur religion - leur devise : tu acceptes ma religion ou on te coupe la tête ! Tu ne vois pas la une contradiction, en particulier avec cette parole de ce sage soufi ??
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+5 #21 diallo boubacar doumba 10-12-2012 05:22

BBonjour Barenka :
Merci pour ton post!Je ne suis ni un spécialiste, ni un érudit de la religion.Je ne m'interdis pas de parler de l'Islam contemporain loin de là.J'ai parlé volontiers des intégristes du monde actuel.Mais pour certaines questions je ne les aborderai qu'avec des personnes qui en sont à la hauteur ou qui prennent la peine de s'instruire comme toi qui va à la source en lisant par exemple l'Imam Boukhari.
Dans cet article je parle de Biton Coulibaly et de l'Empire de Ségou.
Alors restons en là s'il te plait.J'ai produit des articles sur ce que je pense de l'Islam contemporain.Alors chaque chose en son temps et surtout j'entends parler avec les gens selon leur entendement.Chacun doit faire un petit effort pour se cultiver et l'effort ne doit pas être unilatéral pour échanger.
Je t'encourage à étudier et pour cela le Prophète d'aller jusqu''en Chin,e s'il le faut !
Merci pour ton post et continue d'étudier!
Amitiés!
Doumba
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-1 #20 Barenka SOUMAH 10-12-2012 02:04

Doyen Doumba,
Encore une fois, j'ai beaucoup appris dans cet article et les discutions qu'il a genere. Toujours aux frontieres de notre passe, de notre foi, de notre ethnicite et de nos croyances passees mais non revolues.
Les remarques de Sylla Democrate auraient ete plus pertinentes si elles n'impliquaient pas des personnes privees actuelles. Mais j'ai eu le meme malaise que AOT Diallo et votre reponse a son interrogation n'a fait qu'accentuer mon malaise. Pourquoi il y aurait-il des questions "inoportunes"? Si, vous qui etes les erudits sur la religion, vous vous interdisez l'exploration de toutes les questions relatives a ce qu'est l'Islam aujourd'hui, vous ne ferez qu'accentuer nos malaise et les malentendus.
Ces jours-ci, je suis tres plonge dans la religion (Coran, Al-Bukhari, sites web, forum...) et i y a des choses tres tres confuses; par exemple celui-ci :
http://www.youtube.com/watch?v=1ZpmY7058I4
Pour resumer, Sheikh Omar Bakri Muhammad explique que, sous la Sharia, le sang et les proprietes des non musulmans ne sont inviolables que dans deux conditions : un traite de paix ou un Dhimmi (qui trouverait sa justification dans la Sourate 9 At-Tawba, verset 29), ou alors la guerre. Y' at-il d'autres alternatives a cette lecture reductrice de la Sharia.
Quel serait dans l'Islam ce qui definirait le mieux les relations du musulman avec les non-musulmans? A votre avis ou debute l'integrisme?
Merci d'avance a tous ceux qui voudront bien m'aider a eclaircir ces interrogations.
Mamadi BAREN SOUMAH
Memphis, Tennessee
USA
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+3 #19 diallo boubacar doumba 09-12-2012 21:52

Et si nous revenions à la fabuleuse enfance de N'Golo Diarra ? Ne vaut il pas mieux parler aux gens selon leur entendement ? Comme disait Abou Hureyra :"J'ai reçu de l'Envoyé de Dieu deux types d'enseignement.Le premier je l'ai divulgué .Le second je l'ai gardé pour moi, car si je le divulguais, on me trancherait la gorge."
A bon entendeur salut !
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+3 #18 diallo boubacar doumba 09-12-2012 20:58

Bonsoir mon frère Alpha Oumar !
Tu poses une très bonne question mais sous une forme un peu trop génerale, voire un peu caricaturale.
Si tu veux parler des intégristes d'Ansar Dine, Mujao ,les talibans du Pakistan ou de l'Afganistan, évidemment je rejette leur lecture et leur comportement.
A mon avis il faudrait voir tout cela au cas par cas.L'Islam ne rejette pas la guerre défensive .Cependant elle distingue le petit jihad qui l'effort dans le sentier de Dieu pour combattre les ennemis armés de l'Islam et le grand djihad qui l'effort pour combattre ses propres passions, l'effort intérieur auquel les soufis se soumettent .C'est le combat le plus difficile de très loin, point de commune mesure: lutter contre sa propre âme.Je préfère que l'on parle de ce dernier.Tu peux facilement comprendre pourquoi.L'histoire reste VIVANTE et il vaut mieux éviter certaines questions "inopportunes" pour ne pas réveiller de vieux problèmes.
Tu es bien placé pour comprendre ce point de vue.Ton malaise est légitime .On en reparlera.
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0 #17 AOT Diallo 09-12-2012 20:32

Citation en provenance du commentaire précédent de diallo boubacar doumba:
@ Mon frère Sylla démocrate!
Je continue à réfléchir à ton interpellation .Je ne sais si j'ai bien compris ta pensée.Néanmoins, je vais te soumettre une réflexion d'un des plus grands soufis musulmans "Ibn" Arabi.Je cite:
"Mon coeur est devenu capable de toute forme ,c'est une pâture pour les gazelles,un couvent pour les moines chrétiens,un temple pour les idoles ,la Ka'ba du pélerin,les Tables de La LLoi et le livre du Coran.Je suis le drogman des amours(turjumân-l-ashwâq)"
Et pourtant, ce n'est pas un appel au syncrétisme religieux...
Bonne soirée !
Doumba

Kotto Doumba tu poses bien ici mon "malaise" avec tous ces textes nous décrivant des "grands érudits et hommes de Dieu", presque des "prophètes" et qui pourtant ont tué et fait tuer des milliers d'hommes, femmes et enfants pour les convertir de force a leur religion - leur devise : tu acceptes ma religion ou on te coupe la tête ! Tu ne vois pas la une contradiction, en particulier avec cette parole de ce sage soufi ??
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+3 #16 diallo boubacar doumba 09-12-2012 18:53

@ mon frère Sylla Démocrate.C'est un extrait de Amkoullel que je soumets à ta sagacité:"Deux hommes, l’éminent savant Elhadj Omar imprégné du tawhid et le silatigui Pâté Poullo pétri de pulaaku vont conjuguer leurs forces « pour balayer les terres » (fittougol leydhé).
A présent donnons la parole à notre père Amadou Hampâté Ba qui va nous relater la rencontre peu banale entre son grand père maternel Pâté Poullo et Elhadj Omar.
C’est un extrait d’Amkoullel :
Mon grand-père maternel Pâté Poullo
Au sein de l’armée toucouleure qui pénétra, victorieuse, dans Hamdallaye, se trouvait un Peul du Fouta Toro qui, jadis, avait tout quitté pour suivre El Hadj Omar. Il s’appelait Pâté Poullo, du clan Diallo, et c’était mon futur grand-père maternel. J’entendrai souvent conter son histoire.
Peul pasteur de haute brousse de la région du Dienguel (Sénégal), Pâté Poullo était un silatigui3, c’est-à-dire un grand maître en initiation pastorale, sorte de prêtre du culte et, à ce titre, chef spirituel de toute sa tribu. Comme tous les silatigui, il était doué de facultés hors du commun : voyant, devin, guérisseur, il était habile à jauger les hommes et à saisir le langage muet des signes de la brousse. Bien que jeune, c’était un homme jouissant d’une situation éminente dans son milieu. Mais un jour, lors d’un voyage, il eut l’occasion de voir et d’entendre El Hadj Omar, grand maître de la confrérie islamique Tidjaniya4, qui effectuait alors une tournée dans le Fouta Toro.
Dès son retour au pays, Pâté Poullo convoqua ses frères, ses principaux parents et les représentants de la tribu et leur confia son intention de tout abandonner pour suivre El Hadj Omar. « J’ai d’abord voulu vous en demander la permission, leur dit-il. Si vous acceptez, je rachèterai mon départ en vous laissant tout mon troupeau. Je partirai les mains vides, sauf mes cheveux qui sont sur ma tête et les vêtements que je porte. Quant à mon bâton de silatigui, avant de partir je le transmettrai rituellement à celui qui est le plus qualifié pour en hériter. »
La surprise de ses parents fut grande, mais finalement tous lui donnèrent leur accord : « Suis ton chemin et va avec la paix, rien que la paix ! » Et c’est ainsi que mon grand-père, abandonnant richesses, troupeaux et pouvoir, muni d’un simple bâton de berger, prit la route pour rejoindre El Hadj Omar.
Lorsqu’il le retrouva, dans une ville dont j’ai oublié le nom, il se présenta à lui : « Cheikh Omar, j’ai entendu ton appel et suis venu te rejoindre. Je m’appelle Pâté Poullo Diallo et suis un « Peul rouge », un Peul pasteur de la haute brousse. Pour me libérer, j’ai laissé à mes frères tout mon troupeau. J’étais riche autant que peut l’être un Peul. Ce n’est donc pas pour acquérir des richesses que je suis venu vers toi, mais uniquement pour répondre à l’appel de Dieu, car un Peul ne laisse pas son troupeau pour aller chercher autre chose.
« Je ne suis pas venu non plus auprès de toi pour acquérir un savoir car en ce monde tu ne peux rien m’apporter que je ne sache déjà. Je suis un silatigui, un initié peul. Je connais le visible et l’invisible. J’ai, comme on dit, « l’oreille de la brousse » : j’entends le langage des oiseaux, je lis les traces des petits animaux sur le sol et les taches lumineuses que le soleil projette à travers les feuillages ; je sais interpréter les bruissements des quatre grands vents et des quatre vents secondaires ainsi que la marche des nuages à travers l’espace, car pour moi tout est signe et langage. Ce savoir qui est en moi, je ne peux l’abandonner, mais peut-être te sera-t-il utile ? Quand tu seras en route avec tes compagnons, je pourrai « répondre de la brousse » pour toi et te guider parmi ses pièges.
« C’est te dire que je ne suis pas venu à toi pour les choses de ce monde. Je te prie de me recevoir dans l’islam et je te suivrai partout où tu iras, mais à une condition : le jour où Dieu fera triompher ta cause et où tu disposeras du pouvoir et de grandes richesses, je te demande de ne jamais me nommer à aucun poste de commandement, ni chef d’armée, ni chef de province, ni chef de village, ni même chef de quartier. Car à un Peul qui a abandonné ses troupeaux, on ne peut rien donner qui vaille davantage.
« Si je te suis, c’est uniquement pour que tu me guides vers la connaissance du Dieu Un. »
Très ému, El Hadj Omar accepta les conditions de mon grand-père et fit procéder à la cérémonie de conversion. Et jamais en effet, tout au long de sa vie, mon grand-père n’accepta ni honneurs ni fonctions de commandement. Entre les deux hommes se noua une alliance purement spirituelle, qui se doubla bientôt d’une profonde amitié. Pour lui témoigner sa confiance, El Hadj Omar affecta Pâté Poullo à la garde et à l’entretien de son petit troupeau personnel hérité de sa mère peule, troupeau qui le suivait partout et dont il tirait, avec le fruit de ses leçons d’école coranique qu’il n’abandonna jamais, la nourriture et l’entretien de sa propre famille."
Voilà mon cher frère Sylla Démocrate ce que je peux dire pour le moment ) propos de ton commentaire!
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+4 #15 diallo boubacar doumba 09-12-2012 18:08

@ Mon frère Sylla démocrate!
Je continue à réfléchir à ton interpellation .Je ne sais si j'ai bien compris ta pensée.Néanmoins, je vais te soumettre une réflexion d'un des plus grands soufis musulmans "Ibn" Arabi.Je cite:
"Mon coeur est devenu capable de toute forme ,c'est une pâture pour les gazelles,un couvent pour les moines chrétiens,un temple pour les idoles ,la Ka'ba du pélerin,les Tables de La LLoi et le livre du Coran.Je suis le drogman des amours(turjumân-l-ashwâq)"
Et pourtant, ce n'est pas un appel au syncrétisme religieux...
Bonne soirée !
Doumba
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+4 #14 diallo boubacar doumba 09-12-2012 17:34

Bonjour Sylla démocrate!
Merci pour ton post.C'est seulement en apparence que ti vois une contradiction En réalité tous les grands personnages que j'ai évoqués sont de grands initiés.Tu es resté à la superficie....A méditer!J'espère que mon Beau Saidou Nour Bokoum nous aidera à tirer au clair tout cela.
Merci car je me rends compte qu'au niveau de la pédagogie,j'ai encore de gros efforts à faire.Mais les internautes devraient aussi fournir un effort.
Respects et bien à toi!
Doumba
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-3 #13 Sylla democrate 09-12-2012 15:26

Je vois une contradiction nette entre le posting et les differents commentaires. Celui de Mr Diallo Doumba est
"Si nous évoquons les dirigeants de la période islamique:Karamoko Alpha mo Timbo, Chaikou Amadou fondateur de la Dina au Macina, Elhadj Omar Tall le grand réformateur en Afrique Occidentale, tous sont de grand érudits et des hommes de Dieu.
Rien à voir avec ceux qui nous dirigé depuis 50 ans et plus. Avant cette citation, tu as fait allusion a Soundjata et autres inities-feticheurs, etc.
A méditer: N'est ce pas mon cher Aménofils que je salue au passage.
L'enseignement que je tire de cela est que, les descendants aujourd'hui de ces erudits dont vous parler semblent avoir d'autres preoccupations. A titre d'exemple, il est evident que la Sobragui fonctionne aujourd'hui faisant d'enorme profits grace a la participation active de ces fils et filles. Faites un tour chez "Barry Becks", au "buffet de la gare", etc... et revener me raconter autre chose. Bref, la plupart des differents commentaires ne sont que des exemples de cas d'ethnocentrisme reels. J'espere que mon mail sera poste.
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+5 #12 diallo boubacar doumba 09-12-2012 11:34

Qui était Ngolo Diarra ? Un grand souverain de Ségou !Je laisse la parole aux internautes pour nous conter son histoire....
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+3 #11 diallo boubacar doumba 09-12-2012 08:20

A présent, je vais essayer de vous parler de l'origine du patronyme Couloubaly ou si vous préférez Kouloubali ou Kouroubali .Pour cela donnons encore la parole à Wädjan c'est à dire Wâ Kamissoko:
""Cela étant,à qui revint l'honneur de faire "sortir la tête de la parole" à l'occasion des funérailles de Maghan Soundjata ? Ce fut aux Kouloubali ! Les Kouloubali sont en effet les "fils aînés" de la famille massaren,"famille impériale" du Manden.Le récit traitant de l'abandon par eux du patronyme Kéïta au profit du nom Kouloubali a déjà été enregistré sur bande magnétique;..Je rappelerai simplement que c'est après l'avoir chassé en vain que les frères ennemis de l'ancêtre des Kouloubali, Tamba-Bogori , se seraient écriés : nin kourou bali tè, "celui-ci ne retournera plus jamais", Kouroubali ,tiré de cette phrase ,devint ainsi le nom des descendants de Tamba-Bogori.Ceux-ci sont également honorés au titre de Kouloubali-Simbo-Si,"Kouloubali de la lignée de Simbo".Bref, "la maison" (le lignage) des fils aînés de la famille massalen est celle des Kouloubali.Ce sont eux qui prononcèrent le discours marquant le début des funérailles de Soundjata avant de passer la parole aux "hommes de caste de talent"....."
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+5 #10 diallo boubacar doumba 08-12-2012 22:09

« On peut dire que le serpent est un symbole majeur dans presque toutes les traditions du monde, à commencer par la tradition africaine où il occupe une place très importante. Essentiellement énigmatique et ambivalent, son symbolisme peut être positif ou négatif, faste ou néfaste. Il peut tout symboliser un dieu ou un diable. Selon les légendes, on voit tour à tour l’homme et le serpent se présenter comme des amis étroitement complémentaires, presque des frères, ou comme des ennemis irréductibles. Dans les mythes, le serpent semble être au commencement du processus de la création, l’homme se situant à son aboutissement. Il est en rapport avec la vibration primordiale émanée du Dieu créateur suprême. Dans les dessins rupestres, il est souvent désigné par un trait ondulé replié sur lui-même, ou parfois brisé.
La tradition poullo-mandingue connaît le serpent sous divers aspects symboliques et donne chaque fois un nom spécifique. Dans la tradition mandingue, le python ni’nki-na’nkan est censé être l’excavateur des lits des cours d’eau qui ont formé le fleuve Djoliba (Niger). Dans les traditions bambara-malinké du Komo et du Koré, le serpent symbolise l’infini et l’horizon inaccessible. Parfois appelé « ceinture de la terre », il symbolise également l’éclair, donc la rapidité. Les liseurs de traces interprètent les empreintes qu’il laisse dans la poussière après s’y être lové. Sous un autre aspect, l’arc-en-ciel est considéré comme un serpent céleste multicolore buveur de l’eau de pluie ; en tant que tel, il est le symbole du néfaste qui engendre la sécheresse.
Chez les Peuls, le serpent mythique Tyanaba, considéré comme le propriétaire des bovidés au nom de Guéno, a amené les troupeaux au cour d’un long périple d’ouest en est ; ses lieux de campement sont cités par la tradition. L’un des grands ancêtres des pasteurs peuls, Llo, fut considéré comme son frère jumeau et hérita d’une partie de ses animaux. Au Bénin, on voue un culte spécial aux pythons sacrés, particulièrement à ceux qui sont conservés dans le temple d’Abomey.
La tradition soninké connaît Bida, le grand serpent qui habitait le puits mystérieux de l’Ouagadou et qui exigeait qu’on lui sacrifie chaque année (ou tous les sept ans selon certaines versions) une jeune fille vierge choisie par un comité de sages. En échange de ce sacrifice, Bida en tant que dieu, maître et formateur du minerai, assurait la richesse en or de l’Ouagadou. Le meurtre de Bida causa, selon la légende, la destruction de l’empire de l’Ouagadou.
D’une manière générale, dans les mythes africains, le serpent a souvent une « charge » sacrée très positive, notamment lorsqu’il est associé à la notion de fécondité. Il est également associé à la notion de cycle et de renouvellement en raison de sa mue. Sa tête est censée recéler toute sa puissance occulte. »
Oui Madina ,tu as raison , le serpent est un mythe qui habite l'homme depuis l'aube des temps.Tu as parlé de l'embryologie n'est ce pas? Je te laisse la parole .Elle est devant ta porte.Bonne soirée et que Dieu te protège !
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+4 #9 diallo boubacar doumba 08-12-2012 21:54

Une petite remarque:
Biton Coulibaly tout comme Soundiata Kéita étaient des Chasseurs et partant de grands initiés de même que SSoumangou Kanté.Les "Rois" silatiguis des peuls à l'instar de Koli Tenguéla étaient étaient très initiés, condition d'accès au pouvoir: LA CONNAISSANCE.
Si nous évoquons les dirigeants de la période islamique:Karamoko Alpha mo Timbo, Chaikou Amadou fondateur de la Dina au Macina, Elhadj Omar Tall le grand réformateur en Afrique Occidentale, tous sont de grand érudits et des hommes de Dieu.
Rien à voir avec ceux qui nous dirigé depuis 50 ans et plus.
A méditer: N'est ce pas mon cher Aménofils que je salue au passage.
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+2 #8 Boubacar Doumba Diallo 08-12-2012 21:11

"Il convient ici de s’arrêter un instant à un tremplin du pouvoir royal qui semble ne lui avoir jamais fait défaut.
Phénomène que cet animiste haussé au rang de religion d’Etat en plein Soudan du XIXe siècle, alors que déjà, au XIIe siècle, Soundjata se crut obligé de se convertir à l’Islam ; que Kan Kou Moussa s’illustra par son fastueux pèlerinage à la Mecque et par la construction de mosquées, que les Askias du Songhay furent de grands musulmans, qu’il y avait eu toute une tradition d’études islamiques à Tombouctou et à Djenné, qu’au temps même des rois bambaras, Ségou compte de nombreuses mosquées à l’usage des Maures habitants la ville(voir « Voyage dans l’intérieur de l’Afrique », de Mungo Park, après la présente introduction).
L’Islam, introduit en Afrique dès le XIIe siècle par les Almoravides qui détruisirent Gâna, n’avait cessé de progresser, touchant surtout les familles régnantes, et s’associant au prestige d’une classe dirigeante.
Or, si au niveau des couches populaires le petit marabout faisait assez bon ménage avec le féticheur, les imams étaient moins tolérants pour les riches et les nobles contraints de donner l’exemple ; la pratique était plus exigeante et rigoureusement observée. En mérite de quoi les musulmans pouvaient se permettre de mépriser quiconque ne l’était pas et en particulier les « fétichistes illettrés » doublement pécheurs en somme du fait de leur paganisme (Kafir) et de leur méconnaissance de l’écriture arabe !
Et ces pauvres fétichistes en faisant des complexes. Et les chefs nègres convertis se voyaient réduits à pratiquer l’Islam le jour… et le fétiche la nuit. Cela n’a d’ailleurs pas changé de nos jours si l’on en croit cet excellent écrivain qu’est Ahmadou Kourouma, selon qui le Malinké est nécessairement « hypocrite » sur le plan religieux.
Or, dans ce contexte, les princes de Ségou firent preuve d’une attitude exactement opposée.
Nous avons vu ce qu’il advint à ce fils de Biton qui voulut imposer la loi de Mahomet aux Bambaras.
Ngolo Diarra de son côté n’eut aucune honte à établir son pouvoir sur les fétiches nationaux dont l’épopée redira les noms à l’envi : Makungoba, Nangoloko, Kontara, Bignédjougou -, sans compter les autres moins connus : Bignakolo, Bâgala, Dugubanidiogo, Niamina Dibi, Kamina Dibi, Sama Sen, Tiguinin Donon, etc.
Fétiches que le roi et la Cour honorent officiellement tous les ans par des cérémonies sur une île du fleuve, sans compter les quarante marabouts et féticheurs qui travaillent pour le roi toute l’année durant.
Ségou tournera donc systématiquement le dos à l’Islam, et ce pendant cent cinquante ans. En 1970, G. Dieterlen pourra encore analyser les nombreuses sociétés secrètes des Komo, qui animent la vie religieuse des Bambaras. Dominique Zahan en fait autant pour le Koré et le Ndomo. Par ailleurs, dans la campagne ségovienne, on pratique toujours le culte des Makungoba, etc.
Pourtant, cet animisme invétéré ne semble pas avoir, de son côté, fait preuve de tolérance. L’Islam est pratiqué dans le Ségou même, comme je l’ai déjà dit plus haut. Il fut combattu comme religion officielle mais jamais comme pratique d’un individu ou d’un groupe. Et sans doute qu’alors comme aujourd’hui un certain nombre de Ségoviens honorèrent de concert l’Islam et l’animisme, par mesure de sécurité.
D’autre part, dans les pays conquis, Ségou n’essaya pas d’imposer le culte des dieux. Les vassaux de Ségou conservèrent soit leurs propres fétiches, soit une foi musulmane déjà très avancée (Djenné) sans que Ségou s’en inquiète."
L’epopée bambara de Ségou Tome1, pages 10 et 11
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+2 #7 AOT Diallo 08-12-2012 19:58

Citation en provenance du commentaire précédent de Amenofils:
Très instructif comme toujours. J'ai fait lire cet article à un ami , malien qui m'a dit parlant de la situation socio-politique actuelle que "le Mali fut un grand pays avec des grands hommes mais la faillite morale de l'élite malienne comme celle des ellites beaucoup de pays africains a eu raison de sa grandeur d'antan"
La question que je me pose c'est comment en est- on arrivé à cette misère avec toutes nos richesses? L'empire du Mali et la plus part des royaumes ayant existé en Afrique sont antérieur à la découverte de l'Amerique ! Les Africains doivent apprendre ou ré-apprendre le vivre ensemble pour le bien commun. Mais pas de la façon de notre "cher Alpha Condé" en Guinée

Mon frère comment en est-on arrivé la? La réponse est simple: en raison des hommes qui nous ont dirigé depuis ces temps-la! Prends le cas de notre pays et tu auras ta réponse pour la Guinée: tu vois un Napoléon, un Churchill, un Washington ou équivalent dans le décor ?? Tu vois un chef qui a jamais vu plus loin que sa poche et celles de sa famille ??
Regarde ce que le peu de chefs visionnaires africains ont fait de leurs pays dans les 10 années précédentes, avec même des IDE privés qui arrivent tous les jours.
Une Afrique prospère et qui avance a grands pas est aujourd'hui devenue possible a moyen terme - mais pas avec des PPAC aux commandes...
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+4 #6 Amenofils 08-12-2012 18:17

Très instructif comme toujours. J'ai fait lire cet article à un ami , malien qui m'a dit parlant de la situation socio-politique actuelle que "le Mali fut un grand pays avec des grands hommes mais la faillite morale de l'élite malienne comme celle des ellites beaucoup de pays africains a eu raison de sa grandeur d'antan"
La question que je me pose c'est comment en est- on arrivé à cette misère avec toutes nos richesses? L'empire du Mali et la plus part des royaumes ayant existé en Afrique sont antérieur à la découverte de l'Amerique ! Les Africains doivent apprendre ou ré-apprendre le vivre ensemble pour le bien commun. Mais pas de la façon de notre "cher Alpha Condé" en Guinée
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+5 #5 madina 08-12-2012 17:37

Ces derniers temps,le serpent occupe une bonne place dans les postings de doyen Doumba.A bien de carrefours de ces écrits,serpent et genie se fondent et se confondent.
A juste titre d'ailleurs,car ä y voir de près,le serpent est un élement central de l'oeuvre divine,il symbolise tant de choses.Il pourrait en être tel, même pour ce qui est de l'ascendance embryologique de l'être humain.En effet,la première forme que prend le foetus dans le ventre ressemble au serpent.
Plus important,quand Moise(qui avait le privilège de la conversation directe avec le Maitre des cieux et de la terre) recevait sa mission du Très Haut,Celui-ci le dota de neuf signes dont le premier était:-"O Moise,jette ta canne par terre,il le fit.Et aussitot voici qu'elle devient un serpent qui serpente".Sourate Ta-Ha,versets 19 et 20.
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+4 #4 diallo boubacar doumba 08-12-2012 07:40

Ségou en ces temps là a toujours été considéré comme le repaire de la sorcellerie et les deux principaux piliers du pouvoir furent les forces occultes fondées sur les fétiches nourris de sang humain et les forces armées redoutables.
A lépoque de Mon zon Diarra l'armée de Séguo comptait 90 bannières à raison de 7500 fusils par bannière ,sans compter les lanciers , et les guerriers minis d'arcs et de flèches,de haches et de sabres.On avance le chiffre de 60 OOO cavaliers et parfois même 100 000 fantassins pour certaines des batailles.
(source l'épopée bambara de Ségou tome 1)
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+5 #3 Diallo Boubacar Doumba 07-12-2012 17:03

PAGES 265 ET 266 de Soundjata la gloire du Mali. La grande gest du Mali –Tome2,Wâ Kamissoko
Wâ Kamissoko à propos des rapports entre Markas (Sonninkés) et Malinkés
« Ce que je sais des rapports entre Malinkés et Markas, je vais vous le dire afin que vous compreniez. Du point de vue des origines, la signification que revêt la maninkaya, « qualité, nature du Malinké », c’est la markaya. N’est-ce pas du Wagadou, pays des Markas, que sont sortis les Malinkés pour venir s’installer au Manden ? Bien après cela, la langue malinké s’est scindée en deux : malinké et bambara. La manière dont elle s’est scindée en deux, c’est cela dont je vais vous parler. Eh bien, c’est à cause de l’habitat des gens la parlent et aussi à cause de la manière dont ils « remuent leur langue » (prononcent les mots).
Sinon les Malinkés ne sont pas des gens à part par rapport aux Bambaras et vice-versa. Néanmoins, on fait à présent une distinction entre leurs langues, respectivement appelées maninka kan et banmanan kan. Malgré tout, Maninkas et Bambaras forment un seul (et même peuple).
Par ailleurs, du point de vue de l’origine première (sinti), Malinkés, Bambaras et Markas sont les mêmes ; mais lorsque les deux premiers « ouvraient les yeux » ( à la vie politique), les Markas exerçaient le métier de commerçant. C’est pourquoi ils leur disent (en guise de plaisanteries cathartiques) : « si le vrai Marka exerçait dans ce monde une activité autre que le commerce, il serait mépris sur son vrai métier ; s’il se faisait fonctionnaire, il se couvrirait de honte ; même s’il devenait commandant de cercle, ou président de la République, il aurait raté sa vocation. »
Cela dit, c’est tout récemment que Bambaras et Malinkés se sont séparés en tant que peuples. Cela eut lieu lorsque, quelques temps après l’époque de Mahomet Envoyé de Dieu, on demanda à chacun de se convertir à la religion d’Allah. En ces temps-là les Bambaras –qui venaient, du point de vue hiérarchique, après les Malinkés- avaient à leur tête Fotigui, celui-là même qui fut à l’origine de la Banmanannia.
« De quelle manière se convertit-on (à votre religion), demanda Fotigui. –Eh bien, après le déjeuner, faire les abulutions et prier ; agir de même en fin d’après-midi, etc. ; de plus, il te faudra répudier toutes tes épouses à l’exception de quatre. –J’accepte toutes ces conditions, d’autant que je peux les supporter. –Pour terminer, il te faudra arrêter de boire la bière de mil. –Eh bien, je refuse ! Moi, renoncer à l’alcool ! Je ne ferai jamais cela, répliqua Fotigui. Ainsi donc, tu refuses (de te soumettre à) ton Maître (qu’est Allah ?), s’écria le convertisseur. –Vous voulez dire que l’on ne saurait être pour Allah si l’on ne renonçait pas à l’alcool ? S’il en est ainsi, je ne serai jamais pour votre Maître, trancha Fotigui. »
On surnomma alors Banmana, « qui ont refusé [de se soumettre] à Dieu [le peuple que dirigeait Fotigui].
Ainsi, les noms ne sont inscrits [nulle part dans les Livres Saints] ; ce qui importe, c’est l’œuvre [qu’accomplit un peuple ou un homme] ; et on appelle souvent les gens par le nom du travail qu’ils accomplissent. »
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+4 #2 diallo boubacar doumba 07-12-2012 15:08

Le ngoyo est un légume qui tient de l'aubergine et de la tomate.N'est ce pas mon cher Fakoly Daba que je salue et remercie au passage pour sa contribution
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+6 #1 Fakoly Koumba 07-12-2012 09:29

Le peuplement de la région de Ségou est très ancien. Beaucoup de villages de la région reconnaissent s’y être installés depuis plusieurs siècles. Les premiers habitants du pays de Ségou semblent avoir été les « maraka » et les « boso ». Venus par vagues successives surtout depuis la dispersion soninké consécutive au déclin de l’empire du Ghana, soninkés fondèrent dans la région des cités dont les neufs célèbres « marakadougoukonoton » qui sont : Tien- markala, Kirango –markala, Sama- markala, Boussin, Dougouba, Koukoun, Togou, Soké-markala, Tatrima. Certaines de ces cités allaient devenir des centres commerciaux ayant un grand rayonnement.
Aux 12ème et 13ème siècles les communautés boso et maninka s’implantèrent dans la région en fondant leurs propres agglomérations ou s’implantèrent dans celles existantes. Ces premiers mouvements de peuplement auraient amené dans le pays de Ségou les Traoré, les Sinayogo, les Tangara… Entre les 12ème et 17ème siècles sous la pression des malinkés les bambaras partis de Toron (actuelle république de Côte d’Ivoire) auraient entrepris un vaste mouvement migratoire qui les aurait conduits par étapes successives dans le pays de Ségou et dans le Bélédougou. Le peuplement bambara s’est surimposé aux peuplements maraka, boso et malinké. Il y’a eu formation de communautés villageoises dans les cités régies par un chef.
La tradition retient que les chefs étaient appelés les « mansas ». C’est pourquoi on avait les « massaya » de Sibla, de Farakou, de Kamiyan, de Kanigo,de Samaba, de Kokri, de Da, de Zara,de Sama, de Soké, de Shen, de Gwele, de Sangula, de Naro, de Woro, de Do . de Bengene, de Ban…) .La plupart des massas étaient du clan manding des Traoré qui sans arriver à la création d’un Etat centralisé ont exercé une influence assez grande dans la région.
En réalité, la date de la création des « massaya » est imprécise .Néanmoins on peut penser qu’elle remonte à l’implantation dans le pays de Ségou des communautés boso et malinkés entre les 12ème et 13ème siècles.
Les « massaya » reconnurent l’hégémonie de l’empire du Mali au milieu du 12ème siècle. Le pays de Ségou devint une province de l’empire du Mali, province dirigée par un prince dont la capitale était marakaduguba. Le dernier gouverneur malinké serait Massa Magan. Très cruel il fut victime d’un complot vers 1600. C’est ainsi que le pouvoir central connut un certain effritement. Les différents « massaya » retrouvèrent leur indépendance ou du moins une large autonomie.
Le pays de Ségou vécut à l’écart de l’influence du songhoy des Armas. L’occupation marocaine n’a pas concerné la région. La tradition l’ignore et même la conteste. Il semble que cette occupation marocaine ne soit pas allée au delà du Macina où d’ailleurs elle dut faire face à une tenace résistance. C’est ainsi qu’en 1645 les peuls infligèrent aux marocains une sévère défaite qui donna le coup d’arrêt à leur avancée .Cependant Macina constitua un écran à l’abri duquel les bambara édifièrent leur royaume. Le pays de Ségou échappa ainsi à la fois au mansa du Mali en déclin et au pacha de Tombouctou.
Il devient cependant le théâtre de formation d’un Etat basé sur la suprématie du clan. Silamakan Koïta, venu des environs de Djenné, fut à l’origine de la première tentative d’unir en un Etat centralisé les différentes cités .Il fonda au début du 17sièle probablement vers 1612 le royaume de Soro qui n’a connu qu’une existence éphémère. Aussi la tradition retient le royaume des Koné de Boussin celui des Traoré de Bouadjé qui exerçaient localement l’autorité au milieu du 17ème siècle après la chute de Soro. Le royaume de Boussin succomba sous les coups du roi de Kong Sékou Ouattara probablement à la fin du 17ème siècle.
Les Bouaré de Douwa supplantèrent les Traoré de Bouadjé et étendirent leur influence vers Boussin après la défaite des Koné face à Kong. Originaires de Falo dans le Baninko, les donkas descendants de Tiéssolo Bouaré fondèrent dans le pays de Ségou des villages comme Kirango, Danfinna, Thio, Tayi, Goma, Madiné etc. Ils essaimèrent à Macina, Sonninfla, Bwatou, Kèlèkèlè, Massala, N’Goni. Ils fondèrent leur royaume autour de Douwa vers 1672 qui en fut la capitale. Les Bouaré dominaient la région au moment où le clan Coulibaly s’installait. Le clan Coulibaly commençait à avoir de l’influence dans la région et tira profit de la situation politique tendue qu’ils y ont trouvée. Les Soninkés et les donkas s’affrontaient dans une lutte pour la suprématie politique et les Coulibaly prirent parti dans cette lutte aux côtés des soninkés. C’est dans cette ce contexte difficile que Mamary dit Biton Coulibaly fonda le royaume bambara de Ségou. Il a régné de 1712 à 1755. C’est à partir d’une association de jeunesse, le « ton » que, Mamary dit Biton développa un Etat centralisé qui domina chefferies, royaumes et territoires environnants. Les membres du « ton » pouvaient prétendre à l’égalité car les principes « d’égalité » et de « démocratie » tranchaient avec ceux des associations de jeunes des aristocraties de certains villages. Devenu populaire par suite de l’enthousiasme que suscita son association Mamary Coulibaly, alias Sounoun Mamary, en profita pour étendre son influence. Des rivalités éclatèrent entre lui et les chefs d’autres associations comme ceux de N’Golokouna et de Douwa aboutissant à des affrontements armés qui virent la victoire de Biton. Il ton étendit son hégémonie tantôt par la persuasion et la ruse, tantôt par la force et la violence et se trouve finalement à la tête d’une fédération d’associations. Voilà l’essence de la nouvelle structure étatique qui devait contrôler et conquérir tout le pays de Segou en s’imposant par la force (« fanga ») à tous ceux qui de gré ne se soumettaient pas. C’est ainsi que l’Etat bambara de Ségou s’appela « fanga », puisqu’il était l’expression de la force qui engendre l’autorité. Biton fit de l’instrument de sa gloire, le « ton », une armée perfectionnée pour l’époque avec un noyau permanent constitué de « tonjon » qui devaient tout à l’association et lui restaient dévoués.
Vers 1712 il prend le titre de « faama » de segou. Cette titulature traduit non seulement sa puissance mais son autorité incontestée surtout après la soumission des Bouaré Kirango et de Togou Il commença alors à organiser son royaume. A la tête de l’Etat le trouvait Biton lui même , ensuite les « tondenw » qui étaient les camarades cofondateurs du « ton » et il y avait les tondjons. Ces derniers constituèrent la véritable armée qui sera par la suite une oligarchie militaire très dangereuse pour le pouvoir. Les ressources du « fanga » étaient constituées du « disongo » ( l’impôt) , des butins de guerre dont une partie servait à récompenser les combattants.
Biton ayant réussi à imposer son autorité sur la rive droite du Djoliba, il étendit sa domination sur la rive gauche ou il avait rejeté ses cousins massasi du Kaarta. Il avait repoussé par deux fois les attaques du roi de Kong vers 1725.Il conquit le pays de Ségou jusqu’à Djenné englobant le Bendougou, ensuite franchissant le Djoliba, il annexa le pays jusqu’à Kangaga, soumit le Bélédougou, le Sana, le Karadougou, le Monipedougou. Mamary dit Biton Coulibaly mourut en 1755 de tétanos laissant un royaume bien organisé. L’armée fut bien organisée, plus mobile et plus opérationnelle par la création d’une flottille sur le Djoliba .Pour donner une meilleure assise à son autorité, Biton divisa le royaume en provinces (une soixantaine) qu’il confia à des chefs tondjons. Ses compagnons prenaient ainsi part à l’exercice du pouvoir. Biton plaça son fils Denkoro ou Djekoro à la tête de 6000 hommes. Il fonda Nèrèkoro pour son fils Bakary et Djonkolo son troisième fils résidait à Weeta. En réalité le pouvoir de Ségou reposait aussi sur des atouts moraux et spirituels. Les miracles qui selon la tradition ont marqué la jeunesse de Biton, la prédestination dans la croyance populaire à un destin extraordinaire, la puissance magique faisaient de lui un être hors du commun. Tout cela lui permettait d’imposer son autorité à ses ennemis et adversaires, légitimant ainsi son pouvoir.
FAKOLY KOUMBA - FAKOLY DABA
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