Doumba au pays du merveilleux

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DIALLO_Boubacar_Doumba_01Dédié à Barenka Soumah, Amara Lamine Bangoura et à tous mes amis qui s’y reconnaitront.

Au vu de la situation qui prévaut dans le pays : insécurité généralisée, pauvreté, assassinats, corruption..., certains lecteurs penseront certainement que Doumba est devenu fou en écrivant des contes de fées. D’autres diront que Doumba ne sait faire que du copier-coller. Ceux qui ne veulent pas partager mes lectures, qu’ils passent leur chemin. Je vis dans deux mondes, entre le réel et le merveilleux. L’histoire que je vais conter aujourd’hui est tirée de l’Empire peul du Macina, ouvrage d’Amadou Hampâté Bâ et Jacques Daget. Cette histoire reste vivante car le second tome annoncé depuis plus de 60 ans n’est toujours pas publié par crainte des troubles que cela pourrait occasionner. C’est donc une histoire vivante. Cheikou Amadou est le fondateur de l’Etat théocratique du Macina et régna de 1818 à 1845. Quatre siècles auparavant, l’Askia Mohammed, empereur du Songhaï, avait reçu la prédiction précise du triomphe de l’Islam dans cette contrée. Voici dans quelles conditions.


BA_Amadou_Hampate_01


Lorsqu'en 1495 l'Askia Mohammed fit son célèbre pèlerinage à La Mekke, il rendit visite au vénérable Cheik Mohammed Abdoul Karim ainsi qu'au gouverneur de la ville sainte, le chérif Hassanide Moulay el Abbas. Ce dernier posa sur la tête du pèlerin un bonnet vert, l'enserra d'un turban blanc et, prenant tous les assistants à témoins, il déclara qu'il instituait l'Askia Mohammed khalife du Prophète pour tout le pays de Tekrour, et que quiconque ne lui obéirait pas dans ledit pays désobéirait à Dieu le Très-Haut et à son Envoyé.

— Je suis en outre heureux, ajouta-t-il en s'adressant au nouveau pontife, de te révéler que tu es le onzième khalife des douze orthodoxes prévus par le Prophète. 

L'Askia Mohammed, auréolé du titre d'El Hadj et intronisé à la dignité de khalife par la plus haute autorité de l'Islam, ne voulut pas regagner son pays d'origine sans avoir visité la capitale de Misra (Le Caire). Il désirait y poser quelques questions aux « grands turbans » de l'Université Al Ahzar et notamment au cheik Abdarrahaman Sayoutiyou, dont la réputation de science et de pitié l'avait fortement impressionné. En effet, même les personnages les plus illustres et les plus savants ne parlaient jamais du cheik ascète Abdarrahaman sans porter la main à leur front, à leur bouche et à leur poitrine, geste signifiant : « c'est notre chef, nous l'embrassons et le portons dans notre cœur ». Quant à l'Askia Mohammed, la renommée qu'il s'était acquise par son faste, ses largesses et ses pieuses intentions, l'avait déjà précédé au Caire ; il n'eut aucune peine à obtenir audience auprès du cheik Abdarrahaman Sayoutiyou. Entre autres questions, il lui demanda le nombre de khalifes orthodoxes prédits par le Prophète.

— Le Prophète, répondit le saint homme, a prédit qu'il y aurait douze khalifes orthodoxes après lui. 

L'Askia El Hadj Mohammed avait dans sa suite deux éminents marabouts, Alfa Salif Diawara et Alfa Mamadou Toulé. Ils avaient le don d'entrer en communication avec les esprits et cherchèrent à avoir confirmation des paroles du cheik Abdarrahaman Sayoutiyou. A la suite de pratiques sur le détail desquelles la tradition reste muette, ils se trouvèrent transportés de nuit dans un souterrain situé entre Le Caire et Alexandrie, au milieu d'une ville peuplée de génies musulmans. Ils manifestèrent à un passant le désir d'être présentés au chef de la cité. C'était un vieux et vénérable patriarche ; il enseignait le Coran et la Tradition du Prophète à une foule considérable d'auditeurs. Dès qu'il eut aperçu les visiteurs, il se leva en leur honneur. Tous les génies en furent surpris : pour que leur chef témoignât tant d'égard à deux créatures humaines dont les corps sont faits d'argile pétrie, il fallait que leurs âmes fussent de qualité supérieure.

— Soyez les bienvenus parmi nous, ô marabouts vénérables, heureux compagnons du onzième khalife du Prophète d'Allah. 

Les deux visiteurs venaient d'avoir confirmation de la haute dignité de l'Askia El Hadj Mohammed. Enhardis par le bon accueil qu'ils avaient reçu, ils demandèrent au chef des génies quel était son nom :

— Je me nomme Chamharouch Djinni. J'ai été instruit par le Prophète d'Allah lui-même. Votre chef l'Askia El Hadj Mohammed est le onzième khalife, comme vous l'a révélé Moulay el Abbas, grand chérif et gouverneur de La Mekke. En effet, continua Chamharouch Djinni, l'Envoyé d'Allah a dit : « après moi il y aura à la tête de l'Islam douze imams, c'est-à-dire douze khalifes, orthodoxes ; cinq seront de Médine, deux de l'Egypte, un de Sam, deux de l'Irak et deux du Tekrour ». Les dix premiers ont déjà régné, le onzième est votre chef l'Askia El Hadj Mohammed, le douzième naîtra onze ans avant la fin du XIIe siècle dans l'occident africain ; il brillera quand le XIIIe siècle aura trois fois onze ans et lui quatre fois onze ans1. Pour étayer mes déclarations et vous prouver que je lis aussi bien le passé, le présent et l'avenir, j'ajoute que votre chef réside habituellement à Kaw-Kaw, deux fois 26 2. La vertu de ce nombre se passe de tout commentaire ; il lui permettra de régner sur un vaste pays, mais il ne soumettra pas la région où naîtra le douzième khalife. 

Revenus auprès de l'Askia, les deux marabouts rapportèrent fidèlement les paroles de Chamharouch Djinni. El Hadj Askia Mohammed décida d'aller voir lui-même le chef des génies. Le cheik Abdarrahaman Sayoutiyou ménagea l'entrevue et le dialogue suivant s'engagea entre l'Askia El Hadj Mohammed et Chamharouch Djinni :

— Quelle sera la fin de l'empire du Tekrour ?

— Il périra dans le feu et le sang parce que son peuple se rebellera contre l'ordre établi.

— Dienné et Tombouctou seront-elles épargnées ?

— Ces deux cités survivront longtemps. Le douzième khalife proviendra des alentours de Dienné. Il rétablira l'ordre jusqu'à Tombouctou. Il pourfendra plus par sa langue que par son sabre. Il percera plus par son exemple que par sa lance. Il éclairera plus par sa science que par des candélabres d'or et d'argent. Il soumettra un pays exondé contre lequel tu lutteras en vain.

— A quoi cet homme devra-t-il son influence et pourquoi Allah le choisira-t-il pour en faire le douzième et dernier khalife de la lignée orthodoxe ?

— Il devra son influence au courage de ses partisans et à la droiture civique de ses conseillers. Allah le choisira parce qu'il l'aura doté de qualités de cœur et il esprit. Il dormira peu ; il adorera beaucoup. Il ne s'écartera jamais du Coran ni de la Tradition du Prophète. Le peuple éprouvera sa conviction ; il trouvera en lui un chef juste et plein de mansuétude pour ceux qui ne s'attaquent pas aux autres à cause de leur religion.

— Quel sera son nom ?

Chamharouch Djinni, après une pause, déclara :

— Je répondrai par un verset coranique : « Jésus, fils de Marie, dit : “O fils d'Israël ! je suis l'apôtre d'Allah [envoyé] vers vous, déclarant véridique ce qui, de la Thora, est antérieur à moi et annonçant un Apôtre qui viendra après moi, dont le nom sera Ahmad ”(LXI, 6) ».

— Il aura donc pour nom Ahmad ?

— Oui.

— Aura-t-il un génie chef de guerre ?

— Certes oui, avec la permission d'Allah nous lui affecterons l'un des nôtres, un puissant guerrier qui aura raison des génies rebelles, compagnons de Satan et inspirateurs dévoués des fétiches. Il les vaincra à chaque rencontre.

— Est-il possible de connaître le nom de ce génie ?

— Pas le nom même, mais sa valeur numérale et les lettres isolées qui entreront dans la composition de son nom. Ce nom sera composé par le prédestiné lui-même, le moment venu.

— Quelle est la valeur numérale et quelles sont les lettres ?

— La valeur numérale est égale à celle du mot « ayqacha » selon le compte occidental et les lettres sont les six que voici : sin, yây, , , alif, 3.

— Je m'incline devant lui, en dépit des siècles qui nous séparent. Un homme qui tire sa puissance de sources telles que celles que tu m'as révélées, fera certes briller la lumière divine et nul ne prévaudra contre lui.

L'Askia El Hadj Mohammed prit congé de Chamharouch Djinni. Puis il invita un de ses secrétaires, Ali Abdoullay, à rédiger pour lui une lettre destinée au douzième et dernier khalife orthodoxe à venir, Ahmad.

— Cette lettre parviendra-t-elle à son destinataire ? questionna le secrétaire.

— Cheik Mohammed Abd el Karim l'affirme, répondit l'Askia.


Diallo Boubacar Doumba


Notes
1. Cette prophétie fixait donc l'année 1189 de l'hégire pour la naissance du douzième khalife et l'année 1233 pour son avènement.
2. Kaw-Kaw, qui parait être le nom ancien de Gao, s'écrit en Arabe avec un (20) et un wâw (6). Le nombre 26 est par ailleurs la valeur numérale du grand nom de Dieu révèle à Moïse pour être porté à la connaissance du peuple juif, Yahwahu, qui s'écrit en Arabe avec yây (10), ha (5), wâw (6) et (5).
3. Ayqacha s'écrit en Arabe avec alif (1), yây (10), qâf (100) et chia (1000), sa valeur numéraire est donc 1111. Quant au génie en question, il est nommé dans les poèmes peuls Ali Soutoura, de suturare signifiant protection qui s'écrit en arabe avec sin (300, ta (400), (200), alif (1), (200) et hây (10).


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Commentaires  

 
+1 #18 madina 27-11-2012 15:21

Doyen Doumba,en relisant une élégie du fils de mon Maitre Coranique,ceci a attiré mon attention:Ainal ambiyä'ou mine Adama ilä Muhammadine,Ainal awliyä'ou mine Louqmäne ilä Alhaji hafiziou,Ainal Jaannou mine chamharoushis sindidou ilä sakharine wa samarine wa säjouny?Koullouhoum ilal Habibin taqalou,koullouhoum maa ilainaa äa'idoune!(Ou sont les Prophètes depuis Adam jusqu'ä Mahomet?Ou sont les walis depuis Loqmane jusqu'ä Alhaji Hafiziou?Ou sont les genies depuis Shamharous le bienveillant jusqu'ä Sakhar et Samar et Sajouny? Tous,vers LE BIEN AIMé ont émigré!Tous ne seront plus parmi nous!)
Alors,ne comprenant pas ,je lui ai demandé si les genies qu'il a cités dont Chamharoush sont aussi morts?Il m'a repondu que Chamharoush est mort depuis 1958,que sa maison a actuellement une femme comme Khalife,elle s'appelle:sabsabane!
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+4 #17 DIALLO 22-11-2012 13:04

Bonjour Mr Bokoum, j'ai aimé guinéeactu avec vos articles. Mais je ne vois plus vos publications sur le site. Espérant vous lire prochainement, veuillez accepter mes salutations distinguées.
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+4 #16 diallo boubacar doumba 22-11-2012 06:56

Bonjour Sylla démocrate!
Pourquoi cherches tu un rapport de ce texte avec les maux qui rongent Doumbélane? A mon sens, aucun rapport évident.
Pour les questions sans réponse,c'st normal car le texte nous interpelle justement pour nous amener à nous interroger ,aiguillonner notre curiosité et donc chercher, chercher, toujours chercher...Nous sommes d'accord.
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+2 #15 sylla democrate 22-11-2012 05:54

Instructif car beaucoup de questions restent sans reponse. Toute fois, je ne voios pas le rapport entre les maux du pays et ce texte.
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+3 #14 KeitaM 21-11-2012 13:27

M Bokoum, je vois pas le lien que vous voulez etablir entre schismes/schismes et zoroatrisme??. Par contre les 12 imames ne sont sont pas reservés exclusivement à chiites ou sunnites, il y abien de hadiths authentiques qui en ont parlé. La question est de savoir qui sont les vrais imams. Meme si il est vrai que dans le monde sunnite on en parle moins. C'est d'ailleurs ma premiere fois d'apprendre le nom d'un autre onzieme imam à part Hassan ibn 'Alî, al-Zakî, al-'Askarî(p).Tant mieux.
Pour les sources de shiisme en islam,si on fait des recherches objectives,il pourrait y avoir beaucoup de surprises. Dommage que le sujet tres tabou(l'histoire de l'islam), et on encourage en meme temps de juger l'autre partie sans aucun fondemment.
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+6 #13 Saïdou Nour Bokoum 20-11-2012 13:18

Chers tous, le propos de mon Beau, en publiant des textes sur les différents chapitres de notre Histoire, n’est certainement pas de nous pousser dans l’abîme du « bida » en nous faisant franchir la ligne rouge. J’aurais beaucoup de choses à redire sur certains chapitres de "l’Empire peul du Macina", notamment sur ce fameux document fondé sur des dires du Cheick Suyûki RA) de Miçra, qui légitimerait le fondement spirituel (et la fondation) de l’empire fondé par le grand Cheick Amadou (RA). Je ne le ferai pas pour ne pas entrer dans les rapports inextricables entre la descendance des Pâtè qui se serait éteinte sans la famille Tall. Et même le « petit » Hampâtè Bâ ne serait pas devenu la grande bibliothèque qu’il fut sans cette même famille. (Source : Amkoullel de A. H. Bâ !). Donc, ne franchissons pas la ligne rouge, tout comme il serait heureux de ne pas avoir à lire la suite de l’ouvrage non encore paru (d’accord en cela avec Madina).
Je ne donnerai qu’un exemple, c’est la grave et dangereuse confusion entre le Califat et l’Imamat. Les douze dont il s’agit renvoient aux supposés 12 Imams cachés dont le dernier ou le premier, c’est selon la perspective cyclique considérée, serait Seydina Aly (RA). Or ici nous sommes en plein débat abyssal des schiismes/schismes, sources des dérives sanglantes et sacrilèges actuelles. Le Califat « pontifical » est à distinguer du califat « temporel ». Pour ce qui concerne El Hajj Oumar, il a reçu l’attestation écrite de ce califat pour les pays au sud du Sahara (Ifriquya) des mains de Cheick Mohamed Al Ghaly RA), disciple de Cheick Ahmad Tidjane fondateur de la confrérie soufie qui porte son nom, disparu quelque 30 ans avant le pèlerinage d’El Hajj Oumar au Moyen Orient. C’est dire que ce califat est exotérique, même si dans le secret du Savant, il (un califat) pourrait cumuler l’Imamat, inversement. Le prophète Muhammad n’a désigné aucun calife ! Ni Abou Bakr, ni Seydina Aly son cousin. Et il est « déconseillé » de pinailler à propos de cette « succession » réservée à l’économie divine et que seuls les saints se hasardent à y musarder. Il y à boire et à manger intellectuellement, dans les textes que nous propose mon Beau DB Doumba sans qu’il soit besoin de s’égarer dans les mailles insondables de l’ésotérique et de l’exotérique. Figurez-vous que le chiisme majoritaire en Iran, avec ses douze imams, ne peut pas faire oublier le Zoroastrime, religion qui dominait dans l’Iran préislamique, avec ses douze.. Stop, Rubicon. Wa Salam.
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+7 #12 diallo boubacar doumba 20-11-2012 03:28

L'occupation du Nord Mali par des groupes se réclamant de l'Islam pose le problème de l'Islamisme en général.Ma position sera sans équivoque.L'Islamisme constitue une des décadences de l'Islam.L'islamisme est une maladie "infantile" de l'Islam;de même que l'intégrisme est le cancer de toutes les religions. Qu’est ce que l'intégrisme dans toutes ses variétés ? C'est la suffisance, la prétention à la possession de la vérité ABSOLUE et par conséquent de s'arroger le droit et le devoir d'imposer son point de vue aus autres par le recours à la violence ,les fusils ,le terrorisme.L'illustration est donnée au Nord du Mali où des groupes d'individus veulent imposer "La Charia' par la force ,en r&alité ils cherchent à imposer leurs passions et leur bon vouloir.
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+5 #11 diallo boubacar doumba 20-11-2012 02:52

Bonsoir Barenka!
Elhadj Saidou Nour Bokoum a répondu à ta question en faisant un tour assez zxhaustif de la question sur la destruction et la profanation des mausolées dans la région de Tombouctou occupée par le groupe fondamentaliste de Ançar Dine.
Gao est occupé par le Mujao.Tout comme mon Beau, je n'ai pas appris que l'on s'en soit pris au tombeau de l'Askya Mohamed.
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+7 #10 diallo boubacar doumba 20-11-2012 00:29

La première fois que j'ai lu "L"Empire peul du Macina " remonte aux années 80.J'ai été fasciné par ce passage qui relate les dialogues avec les djinns musulmans dans le souterrain entre Le Caire et Alexandrie.C'est du merveilleux pour moi tout simplement.Je suis fasciné par Chamharouch Djinni comme dans un conte de fée.Le second personnage qui m'a aussi fasciné est Chaïkou Amadou, le fondateur de la dina au Macina.
A travers cette publication plusieurs autres questions peuvent être évoquées telles que l'Askya Mohammed, les douze califes orthodoxes et le pertinence des personnages supposés,l'essor de l'Islam au Soudan, la science des nombres,les génies musulmans et autres gradns savants ou saints évoqués.
Mon centre d'intérêt ne va plus loin que la part de merveilleux qui se dégage dans ce texte et ma vénération pour Chaikou Ahmadou le fondateur de la Dina au Macina.
J'ai l'intention après la batailles de Talansan de concocter prochainement un petit quelque chose sur la bataille de Nakouma qui fut déterminante pour le triomphe de l'Islam au Macina.
Je dis et redis que cette histoire est VIVANTE
Merci à tous les contributeurs car ce texte est juste un prétexte pour un échange et inciter les internautes à approfondir leurs connaissances loin de toute polémique.
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+4 #9 madina 19-11-2012 23:29

L'article present veut surtout s'apesantir sur le douzieme et dernier? donc le plus important? des khalifes du Prophète.Il s'agirait selon le contenu, du très saint Chaikhou Ahmadou Barry,fondateur de l'empire peul du Macina.
Il y a lieu de signaler que le petit fils de celui-ci, Ahmadou Ahmadou a peri dans une bataille qui l'a opposé au très saint Elhadj Oumar al foutiyoy Tall(Chaikou Oumarou),chef temporel et spirituel,Calife Tijane,homme saint,ancètre de son Eminence Saidou Nour Bokoum.
Un autre aspect non moins important de cet article est l'evocation du genie patriarche Chamharoush ä qui on fait encore appel aujourd'hui(ä tort?) dans les asrar.
Je pense en outre qu'il y a vraiment de quoi n'avoir pas publié la suite de ce livre.Car,il y a vraiment danger.
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+6 #8 Amenofils 19-11-2012 16:37

variete de sujets, multiplicités et profondeurs! voilà ce qui est tres attachant avec Mr Doumba. J'aime bien vous liure Mr Doumba et j'aime tous les sujets que vous abordez car vous le faites avec le coeur. Merci pour cette sagesse !
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+1 #7 Oury Baldé 19-11-2012 15:51

L’Askia Mohamed est-il vraiment un khalife –l’un des 2 annoncés pour le pays des noirs par le Prohpéte SAW???
Voici ce que dit le Tarik es-soudan (qui veut dire histoire des noirs ) d’Abderahman Ben Abdallah Ben ‘Imran Ben ‘Am Es- Sa’di , Tarikh es-Soudan , Vol 2, Chap XIII, Trad.(revisée) ,Octave Houdas , précédé d’un commentaire du professeur emerite d’histoire Africaine à l’université de provencence , Jean Louis Triaud , in Le point (Hors –Série) Novembre-Décembre 2012 (en vente donc chez le marchand de journaux ou en ligne sur la boutique du point.fr ,ainsi que d'autres bons hors -series d'ailleurs) , ‘’L’Ame de l’Afrique ‘’ Epopées, Contes et Légendes avec Cheick Hamidou Kane, Georges Blandier , Lilyan Kesteloot , Djibril Tamsir Niane, Christiane Seydou…
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+1 #6 Oury Baldé 19-11-2012 15:48

« Au xv eme siècle , le souverain de Gao, Sonni Ali, avait profité de l’affaiblissement de l’empire du Mali pour devenir indépendant et étendre la puissance songhai le long du fleuve.A sa mort (1492), son fils lui succéda , mais un des généraux , Mohamed al-turi( touré) , fomenta un coup d’Etat (1493). Il prit le titre d’Askia et devint le fondateur d’un nouvelle dynastie (…) L’Askia régna pendant trente six ans .Devenu âgé et aveugle , il fut renversé par ses fils (1529) .
L’un des principaux actes fondateurs , au début de son règne , avait été l’accomplissement du pèlerinage à la Mecque (…) , un geste religieux autant que politique destiné à légitimer son pouvoir.
Il (l’Askia Mohamed) partit à travers le désert saharien avec près de 2000 hommes et « 300000 mithqal », soit plus d’une tonne d’or.
l’aller-retour lui prit près de deux ans .La grande affaire de son séjour à la Mecque fut son investiture à la dignité de khalifa par le chérif abbasside , personnage respecté mais sans pouvoir , descendant de la dynastie abbasside disparue .C’était un cherif , c’est-à-dire un descendant du prohete .Le terme khalifa , qui signifie « remplaçant », « delegué », a été utilisé pour designer les califes successeurs temporels du Prohpete.L’Askia Mohamed devint ainsi le premier Africain de l’Ouest à pretendre au titre prestigieux d’Amir al-mu minin(« Commandeur des Croyants) porté par les califes. » Jean Louis Triaud, professeur emerite d’histoire Africaine à l’université de provencence.
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+1 #5 Oury Baldé 19-11-2012 15:46

Selon le tarikh es-soudan :
« En l’année 902(1496) de l’hegire , l’askia partit pour accomplir le pelerinage de la Mecque , au mois de safar (5 octobre /5 novembre 1496) ,et il visita la Maison sacrée de Dieu entouré d’un groupe de notables choisis dans chaque section de la population. Parmi eux figurait l’Ami de Dieu , le Mori (savant islamique ) Salih Diawara , d’origine soninkée (…) Durant le trajet du voyage , le prince put juger de la baraka du saint (…)Askia Mohamed avait emmené avec lui 1500 soldats : 500 cavaliers et 1000 fantassins (….) les fonds qu’il avait emportés s’élevaient à 300.000 mesures d’or (mithqal) qu’il vait obtenues du khatib (predicateur du vendriedi ) Omar à partir des fonds qui provenaient de Sonni Ali et qui avaient été confiés à sa garde(….)
Askia Mohamed accomplit les rites du pelerinage à la Mecque (…) Le (…) Mori Salih Diawara adressa les prieres les plus ferventes en faveur du fère de l’Askia , Omar Komadiakha , qui avait été laissé derriere pour diriger les affaires du royaume , car Omar avait une grande affection pour le Mori et il le traitait avec beaucoup d’honneur.Le prince fit des donnations charitables aux lieux saints d’un montant de 100.000 mesures d’or, y compris l’acht de certains jardins de Médine, qu’il instituat en fondation (waqf) pour l’entretien de ceux qui venaient de l’Afrique de l’ouest.Ces jardins sont bien connus la-bas.100.000 autres mesures d’or furent utilisées pour les frais de l’expedition , et l’Askia acheta toutes les marchandises et autres produits dont il avait besoin avec les 100.000 mesures restantes.
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+2 #4 Oury Baldé 19-11-2012 15:44

(…) L’Askia rencontra le cherif abasside et lui demanda de le designer comme son khalifa pour le pays du Songhai .Le cherif accéda à son désir , mais lui demanda d’abord de renoncer au pouvoir pendant trois jours et de venir ensuite le trouver le quatièeme jour .C’est ce qu’il fit, et le herif fit de lui son khalifa, en plaçant un bonnet et u truban à lui sur sa tete .Ainsi il devint un véritable Khalifa en islam (….)
En 903 de l ‘hégire (1498) , il était de retour et entrait à Gao (….) Ce prince régna sur un espace allant du pays du Kanta jusqu’à la mer salée à l’ouest et du Bendugu à Teghaza. »
Ainsi Peut-on affirmer qu’Askia Mohamed a –t-il été effectivement un pole ou qutb , un khalife , de l’islam ? Quel part a joué son immense fortune dans sa designation par le Cherif abbaside sans autorité réelle selon le Pr Jean Louis Triaud, comme khalife ?
Juste à signaler que le tarikh es-soudan d’ abdurhaman al-sa’di né à tombouctou en 1596 , 5 ans après l’occupation marocaine , est très élogieux à l’endroit de l’Askia Mohamed contraiement à Sonni Ali qu’il demonise.Le Tarikh es-soudan (ou l’histoire des noirs) est une reference (en termes d’ancienneté peut-être) de l’histoire africaine.
Enfin la question qui risque de déranger : le khalifat à lui attribue par le chérif abbasside est-il valable ?
La question reste à l’étude de mon coté .
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+1 #3 Oury Baldé 19-11-2012 14:20

l'Envoyé d'Allah a dit : « après moi il y aura à la tête de l'Islam douze imams, c'est-à-dire douze khalifes, orthodoxes ; cinq seront de Médine, deux de l'Egypte, un de Sam, deux de l'Irak et deux du Tekrour »
Faut signaler à ce sujet , il n ya pas a chaque fois eu consensus concernant les sommités annoncées , aussi sur leurs titres quand bien même la fonction resterait connue. D'autres pronant le culte pure et exclusif de Dieu ,et l'exemplarité du Prohete MUHAMMAD SAW en toute chose ;sans suprematie d'un quelconque clergé .Le titre de khalife même se déclinerait en plusieurs acceptions dans l’entendement général :
skeick Shuyukh : maitre d’éducation
Sheikh attarbiya : maitre susceptible d’etre un pole (un qutb)
Ghawth : le secours
Le pôle : qutb
Awliya : wali
Pour le pays des noirs (Tekrour ), il est etabli qu’il ya eu 2 poles dont Ousmane Dan Fodio ? Ou Cheick Oumar Tall ? ( se confiner Peuls de Thierno Monenembo entre autres ) .Je reviens sur le khalifat de l'Askia Mohamed .
Abu l-Hassan Al-Shadhili considere comme un des poles,
a dit : « Le pôle possède quinze signes distinctifs. Que celui qui prétend les
posséder en totalité ou en partie démontre qu’il a reçu l’aide de Miséricorde,
l’impeccabilité, la lieutenance, la délégation, l’aide des porteurs du trône
céleste ; qu’il montre que la réalité de l’essence englobante(ihala) des qualités ; qu’il montre qu’il a reçu le don de
juger et de discerner entre les deux existences, de distinguer le premier du
premier ainsi que ce qui en dérive jusqu’à l’extrême limite(du rayonnement
épiphanique) et ce dont l’existence(distinctive) est posée au sein de ce
rayonnement, de connaître le caractère de ce qui vient avant, de ce qui vient
après et de ce qui n’est ni avant ni après ; qu’il montre enfin qu’il a reçu la
science du commencement, c’est à dire la science qui englobe toute connaissance
et toute chose connue et ce qui s’y rapporte ».
Allahou ya a laamou ( Allah est plus sage et plus savant).
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+7 #2 Saïdou Nour Bokoum 19-11-2012 13:42

M. B. Soumah, voici ce que je peux vous faire suivre :"Une vaste opération d’anéantissement de l’ensemble des mausolées, en embuscade depuis le 1er avril 2012, jour d’occupation de Tombouctou par les groupes armés, a été délibérément déclenchée depuis le vendredi 4 mai 2012, très tôt le matin avec la démolition du mausolée du Grand Saint Cheick Sidi Mahmoud, enterré, à son rappel à Dieu, dans le vestibule de son propre domicile. C’est le prélude d’une série de profanations d’autres sites dans les cimetières, les rues, les grandes mosquées. Actuellement, huit sanctuaires ont connu des bavures similaires et les menaces de péril de l’ensemble des mausolées de la ville sont, plus que jamais, à prendre au sérieux".
Pour plus d'informations, voir www.nrgui.com. Nulle part je n'ai vu qu'on ait parlé du mausolée de l'Askia Mohamed. Mais attendons d'autres témoignages. Wa Salam
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+2 #1 Barenka SOUMAH 19-11-2012 04:59

Bonjour Elhadj,
Merci pour la dedicace. C'est toujours un plaisir pour moi de vous lire et de solliciter votre sagesse et votre erudition sur differents sujets. J'apprends toujours en vous lisant. Tres beau texte.
Est-ce-que la tombe de Askia Mohammed (XVIe siecle) fait partie de celles pillees par les soi-disant islamistes qui occupent Gao actuellement?
Baren SOUMAH
Memphis, Tennessee
USA
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