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André Lewin un humaniste amoureux de la Guinée
Bah Oury Lundi, 22 Octobre 2012 16:23
L'ancien ambassadeur de France en Guinée (1975-1979), M. André Lewin s'est éteint le jeudi 18 octobre 2012. Ironie du sort, la date de son décès coïncide avec le quarantième anniversaire de l'exécution nocturne de 70 prisonniers du Camp Boiro par le dictateur Sékou Touré. Pour la mémoire de beaucoup de Guinéens, M. Lewin a symbolisé le rapprochement entre la France et la Guinée. La visite officielle qu'effectue en 1975 M. Valéry Giscard d’Estaing alors président de la République française, réchauffe les relations entre les deux pays. En effet, à la suite du non au référendum du 28 septembre 1958, qui scella l'accession immédiate de la Guinée à l'indépendance, les relations franco-guinéennes furent rompues. Ce climat de suspicions et de guerre secrète subsista pendant plus d'une décennie.
C'est de son poste aux Nations Unies auprès de M. Kurt Waldheim, alors secrétaire général, que M. Lewin entama avec succès une mission de bons offices et de médiation entre l'Allemagne fédérale, la France et la Guinée. La normalisation des relations diplomatiques entre Bonn et Conakry survint en 1974, et le 14 juillet 1975 la France et la Guinée mirent fin à la longue brouille entre les deux pays. Concomitamment, une quarantaine de prisonniers furent libérés, parmi eux 25 Français, 3 Allemands et l'archevêque de Conakry Mgr Tchidimbo. Durant son séjour à Conakry, l'ambassadeur de France a contribué efficacement à rompre l'isolement diplomatique de la Guinée. C'est ainsi qu'en mars 1978 les présidents Houphouët Boigny de la Côte-d'Ivoire, Léopold Sédar Senghor du Sénégal et Sékou Touré de la Guinée se réconcilièrent sous l'égide du président William Tolbert du Libéria. La politique de détente pratiquée à l'extérieur, qu'épousa Conakry à l'époque, fut contrebalancée par un durcissement à l'intérieur par l'arrestation du premier secrétaire général de l'OUA, M. Diallo Telly et la déclaration de « guerre contre les Peuls » que lança en 1976 le dictateur. La révolte des femmes en août 1977, provoquée par la famine qui sévissait dans le pays et que l'option collectiviste du régime avait engendrée, obligea Sékou Touré à lâcher du lest par une timide libéralisation des activités économiques.
Acteur et témoin à la fois de cet épisode de notre histoire, M. Lewin l'a restitué en publiant aussi bien une biographie de Diallo Telly que de Sékou Touré. Son intérêt pour la Guinée et pour les Guinéens a été constant.
C'est en tant que ministre de la Réconciliation nationale du gouvernement d'ouverture d’Ahmed Tidiane Souaré (juin - décembre 2008) que je l'ai approché. L'objectif était de préparer l'organisation d'un colloque scientifique sur le passif historique de la Guinée dans le sillage du cinquantenaire de l'indépendance nationale. Avec le concours de Mme Aicha Bah, ancienne directrice à l'UNESCO, nous ambitionnions de rassembler des experts tant étrangers que nationaux pour échanger et apporter leur éclairage sur les périodes sombres que les Guinéens ont vécues. Ce devoir de mémoire paraissait essentiel pour une réelle dynamique de réconciliation nationale. En effet il est illusoire de prêcher le pardon ou l'oubli sans la connaissance de la vérité historique avec ses pages de gloire et de barbarie. Le projet n'a pu aboutir, car entre-temps le CNDD de Dadis Camara avait pris le pouvoir.
Pour sa contribution à désamorcer des crises majeures comme celle de la Marche verte d'Hassan II du Maroc, et celle de la Casamance par le rapprochement entre le président Diouf et l'abbé Diamacoune Senghor, leader des séparatistes, André Lewin a montré au-delà de sa fonction d'ambassadeur de France, qu'il était un profond humaniste et un citoyen du monde.
A son pays, à ses amis et à sa famille, mes sincères condoléances. Que son âme repose en paix.
Bah Oury
1er vice-président de l'UFDG
Commentaires
Je ne vais^pas finir sans rendre hommage à ce Monsieur qui a joué un rôle important dans les relations de la guinée et les pays européens. Il était encore recemment Président d'honneur de la naissante chambre de commerce franco guineenne signe qu'il a été attaché à notre pays.
Tant que ce Oury Bah remachera sa haine de Sekou Touré et des malinkés dans ses propos et son attitude, il ne sera jamais un leader politique national; il gardera ses dimensions étriquées d'un chef ethnique. Son passage au Ministère de la Réconciliation a été une injure pour la dignité de notre pays car il a demandé le pardon de l'Etat pour les mercenaires du 22 novembre et leurs complices de la 5ème colonne. Avant de demander un quelconque pardon, il faudrait d'abord faire la part des choses pour savoir qui est vraiment innocent et qui est coupable de trahison de son pays. Tant que ce tri n'est pas fait, il n'y a que des traitres à la patrie qui ont été tués par le régime de Sekou Touré. Que Oury le sache une fois pour toute.
Ce n'est qu'en vous lisant que je suis a 100% d'accord avec Bah Oury...
Donc au lieu de faire la morale aux autres, balayez devant votre porte en commençant par faire un peu de sémantique.








