Boubacar Doumba Diallo Dimanche, 15 Avril 2012 14:13
Du vendredi 30 mars au samedi 14 avril, j’ai séjourné en Guinée pour des raisons strictement familiales. J’en profite pour livrer quelques-unes de mes impressions.
Ce sont d’abord les embouteillages quotidiens de véhicules notamment à l’entrée et à la sortie de Kaloum : c’est infernal ! J’espère qu’avec l’achèvement prochain des grands travaux de l’échangeur du 8 Novembre, les choses iront mieux.
Jeudi matin 7 avril de 7 heures à 7 heures 30, j’ai écouté la Radio Sabari FM. C’était un micro-trottoir à Kaloum en direction des ménagères et des vendeuses du marché: grosses difficultés des femmes à trouver de quoi mettre dans la marmite. Profitant des congés de Pâques, un enfant du groupe scolaire Adama Tounkara vendait des fils de fer pour aider sa mère. Madame Youla se plaignait du retard dans la venue du changement et évoquait la honte qu’elle éprouvait à l’endroit de ses voisines. Elle voterait volontiers Lansana Conté si celui-ci revenait à la vie. Au journaliste qui lui disait « vous au moins vous avez le courant à Kaloum », elle rétorqua qu’on ne mange pas le courant électrique. Fanta Sylla disait que les femmes sont fatiguées de porter au dos « le bébé » et qu’elles vont le déposer à terre … et que l’excès de pauvreté c’est vraiment mauvais. Une autre ménagère évoquait la vie chère et le chômage des jeunes. Quand à madame Cissé, elle nourrissait sa famille de mangues… Madame Mahawa Bangoura regrettait le régime de Sékou Touré : c’est cher, c’est cher, on ne comprend rien !
Par ailleurs, j’ai pu constater une certaine rigueur fort louable à l’occasion de la délivrance des cartes d’identité nationale dans les commissariats.
Je me suis rendu dans le pays profond en traversant les villes de Kindia, Mamou, Timbo, Dalaba, Pita, Labé jusqu’à Timbi Madina. Un peu partout le paysage est calciné par les feux de brousse. Les rivières sont asséchées : spectacle désolant quand je repense aux années 50. Heureusement que les forages de puits sont effectués dans tous les hameaux.
Une autre calamité dans les campagnes du Fouta, ce sont les vols de bétail.
Au retour, au pont de la rivière Kaka non loin de Coyah, mon compagnon de voyage m’a montré les 4 morceaux de cordes ayant servi à la pendaison de 4 personnes en 1971. Au pied du mont Séguéya, à l’entrée de Kindia, dans la forêt environnante, 5 fosses communes datant du début des années 70 y sont…, s’ajoutant à celles fort connues de Nongo, Mont Kakoulima et Mont Gangan.
Une note d’espoir: la route entre Dalaba et Labé est impeccable et les travaux se poursuivent sur le reste du tronçon en direction de Mamou. De même, la piste entre Hafia et Timbi Madina a été reprofilée récemment. Mais par-dessus tout, le meilleur souvenir que j’ai gardé c’est la grande hospitalité qui m’a été réservée partout dans nos campagnes.
Diallo Boubacar Doumba