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Cent ans plus tard nous en sommes encore à danser le tango
Cherif Zawiya Diallo Mercredi, 21 Mars 2012 14:49
Chaque année, le mois de mars est le mois dédié aux femmes avec comme point d’orgue le 8 mars qui est la journée internationale de la femme. Cette année ne fera pas exception. Les questions relatives aux femmes seront au centre des débats et expositions durant tout le mois.
Certains essayent de dater l’événement aussi loin que 1911 et aussi près que 1977 ou 1981. Plus qu’une date, la contribution des femmes, qui est aussi vieille que l'humanité ne doit être assujettie à aucune condition, encore moins à une chronologie erronée, qui n’est que l’invention d’une société à dominante macho, en quête de sensations.
Cette célébration plutôt que d’être une compilation de discours et d’événements creux, doit être une occasion pour notre société de se racheter à leur égard en se penchant réellement sur les nombreux problèmes qui les préoccupent et qui nous concernent tous. Leur contribution généreuse et désintéressée sans but caché est une œuvre qui a transcendé le temps et l’histoire. Cette reconnaissance, qui tarde à venir, ne devrait être conditionnée, sinon elle perd son sens et sa raison d’être.
Mieux vaut tard que jamais dit l’adage, alors il est temps, grand temps de rendre aux femmes ce qui leur est dû. Profitons de cette occasion pour leur exprimer notre reconnaissance et les célébrer dans toutes leurs dimensions.
Toujours en première ligne des problèmes de l’humanité, les femmes méritent une reconnaissance à la hauteur de leur contribution. Elles sont le premier et souvent le dernier rempart de nos familles et communautés. De l'Australie à l'Afrique, de l'Europe à l'Amérique du Sud, de l'Extrême-Orient à l'Amérique du Nord, de toutes les races et classes sociales, elles ont toujours eu toutes, le même souci, notre bien-être. Le but de cette célébration doit être une reconnaissance pour leurs actions qui ont résisté à l’assaut des contraintes sociales. Montrons à cet être que nous appelons grand-mère, mère, tante, cousin, sœur, amie de notre appréciation.
De Mère Theresa aux femmes anonymes en Afghanistan, au Pakistan, en Iran et au reste du Moyen-Orient, les femmes ont toujours refusé d'être des spectatrices. De Whangarei Mataï aux femmes du Soudan et du Nigeria qui ont été injustement puni, parce qu'elles portaient des pantalons, les femmes ont toujours défendu ce qui est juste. Le plaisir de nos yeux, les fleurs de la vie, la force et le socle de nos familles et de nos communautés, elles méritent plus et mieux.
Mais au lieu de cela, elles sont souvent victimes de discrimination, exploitées et avilies. Malgré tout, elles trouvent toujours les ressources nécessaires pour les surmonter. Sous-estimées, traitées comme des marchandises, des objets sexuels et considérées comme des citoyens de deuxième classe, cent ans plus tard, elles sont toujours debout plus déterminées que jamais. Quelle belle leçon de courage, de vertu et d'amour!
Piliers et ciment de nos sociétés, nous devons savoir reconnaître, apprécier et respecter leur immense contribution à l’humanité. Beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire pour mettre en évidence cette contribution, qui est plus large que la vie. Il n’est pas rare de nos jours d'avoir des femmes générales dans l’armée ou dirigeantes de grandes entreprises, ministre, gouverneur, sénatrice, et même chef de l'Etat.
Mais il ne faut pas ignorer la partie cachée de l'iceberg. Pour un ou deux succès, il y a des millions qui sont des laissées pour compte et soumises à toutes sortes d'abus et de discriminations. C'est une occasion pour les aider à améliorer leur condition, ce qui nous sera grandement bénéfique. Car de leur sort dépend le nôtre. Tendons la main à ces femmes qui, pour diverses raisons sont du mauvais côté ou ont été poussées sur le bas-côté par notre société extrêmement macho. Sur pied bien avant le lever du soleil, elles sont toujours les dernières à aller au lit. Chaque jour, elles parcourent des kilomètres et des kilomètres à la recherche d'eau, de nourriture, de bois de chauffe ou à travailler pour un maigre salaire qui ne permet pas de joindre les deux bouts. Tous ces efforts sont pour notre bien-être, quelle magnifique leçon de compassion et de partage!
Eduquer un garçon, c’est éduquer un homme et éduquer une fille c’est éduquer un village, dit cet autre adage africain, alors faisons de cet adage une doctrine, une idéologie et levons les obstacles qui se dressent ou que nous dressons au travers de leurs chemins. Instaurons un ordre nouveau dont l’humanité toute entière sera bénéficière. Mettons fin à la rhétorique, aux discours populeux et appelons à une mentalité nouvelle. L’action parle plus que les mots, une célébration annuelle sans une réelle volonté de changer ne changera rien. Cent ans plus tard nous en sommes encore à danser le tango sur la question. Malheureusement, au lieu d'être célébrées et exaltées en ce mois dédié à elles, elles sont victimes d'actes de barbarie, de traitements inhumains, et sont lâchement assassinées dans le pire des cas.
A vous ces oubliés de l’humanité, la vérité elle ne vous oubliera pas. Quelle que soit la longueur de la nuit de l’oubli, le soleil de la vérité de votre droit se lèvera, prenons courage ensemble nous prévaudrons.
Je voudrais profiter de cette tribune pour rendre hommage à une militante infatigable du développement, qui nous a quittés subitement le mois dernier (février 2012). Hadja Marly (Brooklyn, NY), tu es parti sans dire au revoir, je suppose que s’était pour répondre à l’appel divin, nous ne t’en tiendrons pas rigueur. J’aurais voulu te dire merci, merci, merci et merci encore pour avoir été une toute grande DAME. Puisse Dieu Le Tout Puissant t’accueillir dans son Paradis. Amen.
Cherif Zawiya Diallo








