Odilon Théa

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THEA_Paul_3_01Grand journaliste devant l’éternel comme j’aime le dire affectueusement.

Odilon Théa est né en 1942 à Sankoly dans le village de Samoé à quelques kilomètres de N’Zérékoré. Il y fait ses études primaires.

Ensuite, il entre au petit séminaire à Bobo Dioulasso en Haute Volta (actuel Burkina Faso) pour être prêtre ; en 1955, il y passe son CEP (certificat d’étude primaire) et c’est là que l’indépendance de la Guinée le trouve.

En 1959, un prêtre lui fait savoir de but en blanc qu’il était devenu indésirable donc retour au bercail ; alors là, papa n’est pas content parce que le fiston ne deviendra pas prêtre, quelle honte ! C’est la grand-mère qui va trancher en disant à son fils « si tu tiens tant à la prêtrise, deviens alors prêtre et laisse mon petit fils en paix Â».

L’administration manque cruellement d’enseignants, alors Odilon Théa est muté à Kobéla toujours dans la région forestière, pour enseigner en CE (cours élémentaire).

Il se décide ensuite à aller à Conakry chez un oncle, il emprunte alors un des bus de la compagnie transafricaine ; dans la capitale, il se dirige dans le bureau du ministre de l’Education de l’époque, Mr Barry Diawandou, qui l’oriente à l’école des prêtres de Dixinn. En 1961, à la fermeture des écoles des prêtres, il se retrouve au lycée de Donka.

Après l’obtention du baccalauréat, pendant ses vacances en forêt, il entend un communiqué radiophonique, demandant aux gouverneurs de recenser les bacheliers et de les envoyer à Conakry. C’est le gouverneur feu Dramou Jérôme qui s’en chargera et ainsi, Odilon Théa revient à Conakry pour rencontrer le ministre de l’Idéologie Mr Behanzin qui lui signifie le besoin de journalistes.

Vingt personnes sont sélectionnées pour une formation donnée par des journalistes suisses dans les locaux de l’enseignement technique ; au bout de trois mois de formation, neuf seront admises.

En 1963. il est envoyé en formation à l’université catholique de Fribourg en Suisse, pour une formation accélérée ; à la fin de la formation théorique, il va faire la pratique à la radio de Genève pour trois mois ; ensuite une autre pratique de trois mois à Berne International. Odilon Théa participe enfin à la rédaction du journal parlé Miroir du monde à la radio de Lausanne.

En 1964, c’est le retour au pays ; certains sont envoyés au groupe de presse, lui et trois autres collègues seront envoyés à la radio « La voix de la révolution Â».

Quelques temps après, il sera envoyé en Chine pour un an.

En 1970, il sera le correspondant du journal Horoya à Moscou pendant trois ans.

De retour à Conakry, il anime l’émission « Voyage à travers la Guinée Â» qui fera une grande audience ; il sera considéré comme consultant des nouvelles de la Guinée profonde.

De 1982 à 1985, il sera rédacteur en chef et en 1986, nommé directeur du studio école pour la formation des journalistes.

De 1991 à 1994, directeur des programmes et en mars 1994 il est détaché auprès de la CBG (compagnie des bauxites de Guinée) à Kamsar pour diriger la première radio communautaire privée.

En 1996, il prend sa retraite mais la CBG lui prolonge son contrat.

Enfin en 2003, retour à Conakry.

Parlant de sa relation avec le président Sékou Touré, Odilon Théa dit qu’il a été utilisé plus que quiconque car c’est lui qui lisait les poèmes du président ; ce dernier envoyait souvent son chauffeur le chercher pour travailler de 20h à 22h ; quand il lisait bien, le président disait « voilà c’est comme ça Â»

Maintenant, il donne des cours de diction dans des universités (publiques et privées), pour journalistes ; il prête sa voix pour certains documentaires qui passent sur Canal France International par exemple.

Il faut noter qu’il est lauréat du premier prix d’un concours organisé par la CIRETF (Conférence Internationale des Radios d’Expression Française) à Berne en Suisse ; pour le documentaire « Nous ne vieillirons pas ensemble Â»


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Petit commentaire
 :

Mon père Togbo Gérard, fut le premier directeur du studio école qui forma techniciens et journalistes (Mr Mamady Condé ; Mme Aissatou Bella Diallo, etc.), ensuite Tonton Odilon.

Gamin, j’eu la possibilité d’apprendre le journalisme avec eux mais mon refus désespéra mon père ; je disais toujours que ce n’est pas mon milieu ; comme je suis tombé à la radio et dans l’écrit par hasard, sans aucune formation dans le domaine, j’assume pleinement mes lacunes d’amateur.

Je ne pouvais pas faire cette chronique à nos aînés sans parler de Tonton Odilon Théa, que j’ai toujours vu souriant, apte à raconter des blagues bref une joie de vivre ; mon complice m’a dit que Tonton Odilon était classé hors pair à cause de sa voix exceptionnelle.

J’ai failli le raté à Conakry et notre rencontre eut lieu le jour de mon départ. C’est là que j’ai su qu’on se ratait mutuellement ; je n’avais plus mes équipements pour une séance vidéo, je n’eus que le temps de prendre des notes pour cet article.

Ce n’est que partie remise puisqu’il a accepté de travailler avec moi ; j’espère que quand nous ferons une émission radio ensemble, j’arriverai au mois à sa cheville, ce qui sera pour moi un exploit.

Tonton, toute mon admiration et mes hommages.


Ton Paul Théa


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Commentaires 

 
0 #2 Paul Théa 23-01-2012 08:14

Merci bcp, en plus il est très sympa.
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0 #1 kourouma 23-01-2012 00:56

Paul Théa,
Un très beau récit qui me plonge dans un passé récent où j'ai connu les mêmes enfourchement sentimentaux avec mes oncles il y a une dizaine d'année en Guinée. C'est merveilleux Théa. Félicitations
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