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Notes de voyage

Boubacar Doumba Diallo  Mardi, 10 Janvier 2012 16:00

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DIALLO_Boubacar_Doumba_01Du premier au huit janvier, j’ai séjourné à Conakry pour des raisons familiales. Je vous livre quelques-unes de mes impressions, rien que des impressions. A la descente de l’avion à Gbessia, j’ai été agréablement surpris par la rénovation de l’aérogare car depuis deux ans, je ne m’y étais pas rendu. Par contre, l’informatisation poussée de la sécurité avec scannage du passeport et photographie m’a laissé un goût amer. Ce même phénomène a été initié beaucoup plus tôt à l’aéroport international de Port-Bouet à Abidjan, où en plus les empreintes digitales des deux index sont prélevées. Même le corridor à Noé à la frontière terrestre ghanéenne a les mêmes équipements.

Durant la petite semaine passée à Conakry, j’ai pu constater que le courant électrique était quotidien même s’il était discontinu, et l’eau courante était disponible trois fois par semaine (mardi, jeudi et samedi) du moins dans mon secteur, pendant quelques heures avec un débit variable.

J’habitais non loin de Cosa où les mosquées de proximité sont assez nombreuses. Ainsi, j’effectuais ma prière de l’aube dans l’une d’elles, où à la fin de l’office matinal, les quelques adeptes Tidjanis se retrouvaient autour du drap blanc pour égrener en chœur leur wazifa et je me joignais à eux. Cette pratique collective me manquait depuis une décennie car ma mosquée de proximité à la Riviera 4 à Abidjan est contrôlée par les tablighs, disciples d’une secte d’origine pakistanaise.

Le 6 janvier, l’office du vendredi m’a trouvé à Coléah où j’ai prié à la mosquée Kébéya. C’est une belle mosquée, très propre et garnie de beaux tapis, une belle finition en somme. Mais que de mendiants aux alentours !

De grands travaux sont en cours pour la construction de l’échangeur au niveau de l’ancien pont du 8 novembre (le pont aux quatre pendus de 1971).

Sur l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa, pas de trace de miliciens « donzos ». L’intifada avec les jeunes du « Golfe persique » a fini par avoir raison d’eux et les a obligés à déserter les lieux vers des bases arrières plus sures pour eux.

Le lundi 02 janvier, non loin de Dixinn-Mosquée, mon véhicule fut percuté par une citerne remplie d’eau. Il s’ensuivit un constat par un agent de police et nous fumes tous conduits au commissariat de la Minière. C’est avec une grande courtoisie que nous fûmes reçus par les policiers. Cet incident perturba mon programme de séjour car les va-et-vient entre commissariat et sociétés d’assurance prirent plusieurs jours d’autant plus que l’assureur de la partie adverse était plutôt une entreprise de type « wouya wouya ».

C’est ainsi que ce fut amis et parents qui me rendirent visite. Des divers entretiens, j’ai retenu que le clivage entre les « ignames » et les « tarots » ne fait que s’élargir. Le CRA avec ses GM suit la trace de l’Union Mandingue à l’instar de l’Organisation de la Forêt Sacrée. Quant aux « somaliens », ils semblent peiner à suivre ce rythme dans la constitution d’un lobby...

Par ailleurs, seule la Franc-maçonnerie, qui a réussi à recruter la plupart des personnes qui comptent en Guinée, semble en mesure dans l’immédiat de fédérer ou d’arbitrer ces intérêts et courants divergents.

Pour conclure, un de mes amis me disait que « le mal guinéen réside dans le fait que c’est l’homme qui est profondément atteint». Je partage ce point de vue qui rejoint le contenu de certains de mes articles.

Bonne lecture !


Diallo Boubacar Doumba
pour www.guineeActu.com

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