Problématique de la démocratie en Afrique : crise systémique ou crise humaine? Le cas guinéen

Facebook Imprimer    

 

SOVOGUI_Antoine_Ako_01La démocratie est le type de régime dans lequel les citoyens choisissent librement, par voie d’élections transparentes et régulières, leurs leaders politiques. Dans les conditions normales, le processus démocratique permet aux électeurs d’influencer, par le contrôle qu’ils exercent sur les candidats élus, la gestion du pouvoir. Plus la démocratie prend pied dans un pays, plus l’État de droit s’y affirme, plus les énergies créatrices s’y expriment et plus les initiatives de progrès y sont libérées. En conséquence, le niveau de vie des populations s’y améliore. La démocratie est ainsi, comme l’a dit le président Abraham Lincoln, le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple Â». Par exemple, en référence aux deux Allemagnes, avant leur réunification en 1990, il devient acceptable de dire que la différence de régime politique, entre autres, justifiait la disparité de niveau socio-économique des populations des deux pays. En 1990, l’Allemagne de l’Est, placée alors sous un leadership centraliste, avait un PNB de $159.5 milliards. Pendant la même année, l’Allemagne de l’Ouest, qui pratiquait un régime démocratique, avait un PNB de 945,7 milliards (CIA factbook, 1990). Partant, depuis 1989, la démocratie gagne du terrain à travers le monde. Cependant, malgré cette expansion phénoménale, le processus de démocratisation du pouvoir avance péniblement dans certaines régions du monde, dont notamment l’Afrique.

C’est pourquoi, des historiens, politologues et sociologues, parmi d’autres universitaires, se sont penchés, séparément ou en équipe, sur la problématique de la démocratie en Afrique. C’est ainsi qu’au cours de l'année 1997, Widner a émis la thèse de l’antagonisme inter-ethnique comme un facteur qui enliserait la démocratie sur le continent. De Walle a, quant à lui, souligné le musellement de la libre opinion par les régimes dictatoriaux. De leur côté, Adjangba et Hutchful ont, séparément, cité le travestissement de la démocratie par l’irruption des militaires sur la scène politique. Par ailleurs, en 2009, Chirambo a dénoncé la pratique de la corruption qui paralyserait la démocratie sur le continent, etc.

La présente réflexion tente d’aller au-delà des symptômes du dysfonctionnement que le processus de démocratie connait en Afrique, pour évaluer les causes profondes qui les sous-tendent. En fait, la démocratie est un « système politique Â» qui se déroule au sein d’un « système social Â» qui a été construit par des dynamiques sociohistoriques. Ces dernières ont moulé des structures mentales collectives qui sont des « systèmes de pensées Â» qui, à leur tour, le forgent dans une symbiose circulaire. L’article, bien que portant sur la démocratie en Afrique, se focalisera sur la Guinée-Conakry. Le choix de ce pays s’explique par le fait qu’il est mieux connu de l’auteur ; et en outre, il est représentatif de plusieurs pays d’Afrique francophone, tant dans leurs diversités culturelles que dans leurs épreuves politiques.

Quatre dynamiques, entre autres, freinent, isolément ou conjointement, l’avancée de la démocratie en Guinée : (1) la coexistence de quatre ethno-cultures, chacune ayant son échelle de valeurs, sa civilisation et sa langue; (2) l’usage de l’ethno-régionalisme comme piédestal du multipartisme; (3) les positionnements mentaux hérités des expériences de leaderships islamique, puis colonial; et (4) la pratique de la démocratie présidentielle de la 5e République Française de 1958, dans un contexte psychosocial qui s’y aliène.

Selon les anthropologues, la culture est l’ensemble de codes normatifs qui constituent les traditions séculaires d’une société. Elle est, comme le dit Geert Hofstede, le mécanisme de programmation du mental collectif qui moule l’identité propre à chaque société. En Guinée, il existe quatre cultures différentes, dont chacune à ses échelles de valeurs. Cette diversité de cultures engendre une disparité de structures mentales entre les ethno-cultures qui peuplent l’univers sociopolitique guinéen. Cet état désarticule les composantes humaines du système et entretient le dysfonctionnement du leadership démocratique.

Le multipartisme est un élément cardinal de la démocratie qui permet l’engagement du maximum d’intérêts divers dans les joutes politiques. Cependant, sur le terrain Guinéen le multipartisme a pris la forme de combat hégémonique qui oppose les ethno-régions. Ce fait a engendré un climat de conflits inter-partisans qui divise le pays en deux factions, notamment. D'un côté, il y a le RPG, majoritairement malinké, et ses alliés et, de l’autre côté, il y à l’UFDG, majoritairement foulbé, et ses alliés. Dans ce combat, les partis ethniquement minoritaires sont tenus de prendre faits et causes pour l’un ou l’autre des camps au risque d’être marginalisés sur la scène politique nationale. Cette réalité du multipartisme en Guinée travestit l’esprit de la démocratie et pave la voie à l’avènement d’une ethnocratie, plus ou moins ouverte.

Il y a aussi les expériences acquises successivement du leadership islamique et de l’administration coloniale qui influencent jusqu’à maintenant le comportement des gouvernants et des gouvernés Guinéens. Dans le premier type, le leader était choisi soit pour son érudition coranique ou pour sa maitrise de la jurisprudence islamique. Aussi, ce type ne pratiquait pas l’alternance de personnes au pouvoir, selon les règles de la démocratie occidentale. De manière générale, le titre d’Imam ou de Calife est attribué au titulaire à vie. Quant au leadership colonial, il était fondé sur la désignation de chefs au lieu de consultations populaires. Les sujets à « bon profil Â», selon l’appréciation coloniale, étaient choisis pour servir les intérêts de la métropole. Ces pratiques de leadership, qui ont laissé de profondes empreintes dans les mémoires collectives des Guinéens, transparaissent dans les comportements absolus des gouvernants face à des gouvernés frileux et conciliants. Les expériences de ces deux types de leaderships ont cultivé des approches qui inconsciemment n’embrassent pas le processus d’élections des leaders ainsi que leur alternance au pouvoir. Ce sont là des pesanteurs psychologiques qui endiguent la démocratie en Guinée.

La pratique de la démocratie présidentielle française, dans presque l’intégralité de son esprit originel, est aussi l’une des causes du bégaiement de la démocratie en Guinée. En puisant dans les archives de France, on constate que la 5e République a été le produit de faits politiques et historiques majeurs tels que : le manque de consensus entre les acteurs de la politique Française; l’affaiblissement de l’exécutif; l’instabilité de gouvernements depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ; les soubresauts dans les colonies françaises en quête d’indépendance, marqués surtout par la Guerre d’Algérie dont les réverbérations politico-militaires faisaient échos sur la scène internationale. C’est dans ce climat de précarité que le général Charles de Gaulle, de retour sur la scène politique, proposera son modèle de démocratie présidentielle. Il entrera en vigueur en 1958, sous la 5e République française. Cet unique modèle de démocratie présidentielle a donc été conçu spécifiquement pour la France pendant une période particulière de son histoire.

En outre, ce type de régime fait du président de la République la clé de voute du pouvoir, il a la haute main sur le cabinet et il plane majestueusement au-dessus de l’Assemblée nationale. Certes, il y a eu des changements, notamment en 1970, 1971 et plus tard en 2004, qui ont entamé cette autorité. Le naïf mimétisme d’un tel régime présidentiel fort dans une Guinée caractérisée par l’ethno-régionalisme et une culture démocratique approximative, éprouve le processus de démocratisation du pouvoir.

En résumé, la diversité de cultures, avec les inhérentes variantes d’échelles de valeurs ; le multipartisme fondé non sur l’ appartenance à des classes socioéconomiques mais plutôt sur les intérêts ethno-régionaux ; l’hybridité de culture de leadership suite aux expériences islamique puis coloniale ; et la pratique de la démocratie présidentielle française hors-contexte sociohistorique, sont parmi les causes majeures qui désarticulent le système de démocratie et enlisent le processus en Guinée.

Dans certains milieux guinéens, on croyait que la crise de leadership était liée au régime du Sékou Touré, puis à celui de Lansana Conté ; elle l’a pourtant survécu jusqu’à maintenant, certes avec quelques variations positives. Ce n’est donc pas une crise conjoncturelle mais plutôt structurelle, parce qu’elle est systémique. Dans l’état actuel du système politique guinéen, il faut préciser que le changement d’hommes à la tête de l’État entrainerait une faible amélioration du mode de gouvernance dans le pays ; car l’architecture du système définit les marges de manÅ“uvres des facteurs humains qui opèrent en son sein. A titre d’illustration, une automobile, qui est un système mécanique, conçue pour aller à une vitesse maximum de 120KM, ne roulerait jamais à 200KM par simple changement de chauffeur. Il en est de même pour les systèmes politiques et sociaux. Conséquemment, le système de leadership politique guinéen a besoin de profondes réformes pour engendrer une démocratie de représentation intégrée ; un modèle à effet centrifuge qui polariserait les esprits et les cÅ“urs des citoyens sans considération ethnique ou confessionnelle ; un modèle en lequel les peuples des quatre régions se reconnaitraient sans trop d’efforts.

Il convient d’ajouter que tout système social résiste de manière intrinsèque au changement. Toutefois, dans l’histoire, certaines personnalités politiques ont tenté et réussi le changement de système dont ils avaient reconnu l’inefficacité, voire même l’incongruité. Le président russe Gorbatchev, avec sa perestroïka, a amorcé la mise à terme du système soviétique. Il y a aussi le cas de Mandela qui, après son accession au pouvoir, a su éviter la continuation de l’apartheid, dans sa version pro-Bantous, au détriment des minorités afrikaners. Le changement doit porter sur les sous-systèmes majeurs du système ; et aussi, les causes de la résistance doivent être identifiées afin de concevoir une approche appropriée et efficace.

Enfin, il conviendrait de préciser, pour l’attention des esprits pessimistes quant au besoin d’un nouveau modèle de démocratie guinéenne ou africaine, qu’il n’existe pas un format rigide de démocratie. Des experts comme Robert Dale ou Arendt Lijphart, sont unanimes qu’il existe plusieurs variantes de démocraties. En fait, par exemple, le mode de fonctionnement et l’architecture de la démocratie présidentielle américaine sont différents de ceux de la démocratie présidentielle française. De même, les modes de gestion et de fonctionnement de la démocratie parlementaire britannique sont différents de ceux de la démocratie consociationnelle suisse. Le type de démocratie convenable serait celui qui épouse la sociologie des composantes démographiques du pays tout en assurant la participation de la majorité à la définition du destin collectif. L’élite guinéenne, en particulier, et l’élite africaine, en général, doivent faire preuve d’intelligence créatrice pour concevoir des modèles de démocratie adaptées qui coulissent dans le moule de leur concept respectif de leadership.


Antoine Akoï 2 Sovogui


AAA_logo_guineeactu_article
   

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+2 #17 Sovogui 31-01-2016 21:17

Mr. Ousmane Ottawa,
Je conviens avec vous que la crise, bien qu’étant de source systémique, maintient son état de fait par la limite de nos leaders en matière d’initiation et d’exécution de réforme de nos systèmes politiques et économique. Tant que les leaders ne ferons pas preuve d’innovation rationnelle afin de faire des reformes structurelles appropriées, nos pays continueront à s’enliser inexorablement dans la misère multidimensionnelle.
Par exemple, dans le domaine de l’économie, en jetant un coup d’œil sur les statistiques, de sources fiables, je suis sidéré de lire que notre économie est structurée et fonctionne comme suit :
a. L’agriculture qui emploie 76% de la force de travail, n’apporte que 20,1% au PNB ;
b. L’industrie et les services emploient 24% de la force de travail ; cependant, l’industrie produit 37,6% du PNB tandis que les services en produisent 43.3%. (Source : CIAFactbook, 2015)
Il y a donc incongruence entre l’emploi des ressources humaines et la production dans notre pays. Je précise que je n’accuse pas l’actuel gouvernement de cet état de choses ; c’est la résultante de dynamiques systémiques que je ne fais que constater. C’est une problématique qui a ses racines depuis les premiers moments de notre indépendance, en passant par le régime de Lansana Conté, au présent.
En conclusion, les pays africains, dont la Guinée, ont besoin de profondes réformes multidimensionnelle et multisectorielle pour amorcer de progrès sur la voie de développement durable. Merci pour votre apport qui stimule ma réflexion. Haute considération.
Sovogui
Citer
 
 
+2 #16 Sovogui 31-01-2016 18:05

Cher Mr. Gandhi,
Je commence par retirer le ton absolu qui dit : « J’ai une solution …. ». Je voulais plutôt dire : « J’ai une PROPOSITION de solutions qui allient—tout en les diluants, les dynamiques ethnocentristes au processus fondamentaux de la démocratie ».
Ceci dit, je vous remercie pour votre disponibilité à nous* épauler dans cet effort de conception de solutions à la problématique de leadership. Comme je le dis, il y a bientôt trois ans, la problématique de leadership en Afrique postcoloniale a sa racine dans les modèles en pratique dans ces pays. Je suis sûr que si la structure des modèles changerait, les comportements des facteurs humains qui fonctionnent au sein de ces modèles changeraient aussi.
Je suis d’accord avec vous que les critiques stériles ne serviront pas à grand-chose ; il faut faire des propositions SMART, comme Mr. A.O.T le dit, et avoir l’intelligence d’accepter que les autres critiquent librement ces propositions, afin de les améliorer. Pour résoudre efficacement la problématique de leadership, qui est un système sociopolitique complexe, il faudrait l’apport de plusieurs disciplines. Nous voyons, chacun, inconsciemment le plus souvent, les problèmes à travers les jumelles de nos disciplines.
A vous lire, je voudrais bien entrer et rester en contact avec vous. Mon courriel est le suivant : . Merci d’entrer en contact avec moi, le plutôt selon vos convenances. Haute considération.
Sovogui
___
*) Il y a d’autres personnes, avec moi, qui s’intéressent à ce projet de réflexion.
Citer
 
 
+2 #15 Gandhi 31-01-2016 10:58

Citation en provenance du commentaire précédent de Sovogui:
J’ai une solution qui allie—tout en les diluants, les dynamiques ethnocentristes au processus fondamentaux de la démocratie

Je vous suggère de faire vos propositions (puisque vous avez une solution), quelles qu'elles soient, chacun apportant sa contribution et/ou critique constructive. Il ne faut rien attendre des autres. Puisque vous avez envie, agissez et nous vous rejoindrons à hauteur de nos disponibilités. Il est toujours préférable d'avoir des références idéologiques, même si on ne les partage pas (on peut alors les critiquer) que rien du tout, l'opacité étant la mère de toutes les dérives et interprétations. Par ailleurs cela donnera peut-être des idées à d'autres qui se lanceront eux aussi dans des initiatives utiles. Chacun constate que nos politiciens ne sont pas à la hauteur, mais au lieu de continuer à les critiquer pour rien, montrons ce dont nous sommes capables, au moins au niveau des idées. Merci d'avance.
Citer
 
 
+1 #14 Sovogui 30-01-2016 14:28

Mr. Abdoul,
Merci pour l’intérêt que vous accordez au contenu de mon texte. Vous avez raison quand vous dites que la démocratie parlementaire serait mieux convenable au contexte sociopolitique africain.
Pendant mes réflexions sur le modèle de démocratie africaine, j’envisage une approche « tropicalisée » des éléments cardinaux de la démocratie occidentale. Sous les tropiques, les manteaux d’hivers ne sont pas nécessaires. Il y en est de même de certaines composantes de la démocratie occidentale quand elle est transposée dans les sociétés africaines dont les cultures politiques sont fondées plus sur les liaisons sociales que sur les valeurs utilitaires et efficaces.
Le type de régime ne doit pas être adopté par mimétisme (comme les drapeaux tricolores des pays africains, inconsciemment ou consciemment inspirés par le tricolore Français), ou sur télécommande (par exemple, suite à la conférence de la Baule de 1991). Le Japon a une monarchie constitutionnelle. Ce pays n’a pas eu besoin de muer son modèle de leadership. Nombre de pays du Golfe persique pratique la monarchie séculaire, mais le niveau de vie des citoyens est souvent très haut. La culture politique doit donner naissance à une civilisation politique qui réponde efficacement aux besoins humains, tels que définis sur la pyramide de Maslow.
Comme on le dit en gestion des organisations, « une pointure n’est pas toujours appropriée pour tous ». A chaque organisation la structure de son leadership avec un mécanisme de fonctionnement approprié. Merci.
Sovogui
Citer
 
 
+2 #13 Sovogui 30-01-2016 13:44

Cher Mr. A.O.T,
Merci pour votre appréciation de mon texte ; Une telle remarque positive venant d’une personnalité comme vous m’encourage sur ma piste de réflexion.
En effet, comme vous le suggérez, je suis en phase d’approfondir la réflexion et proposer une piste SMART. J’ai une solution qui allie—tout en les diluants, les dynamiques ethnocentristes au processus fondamentaux de la démocratie : la participation de la majorité aux prises de décisions qui marquent le cours du destin collectif. Mon approche puise notamment dans La Théorie des Systèmes, l’étude comparée des Modèles de Démocratie et, bien sûr, la sociologie (appliquée).
Je crois que les intellectuels africains devraient, chacun dans son domaine de spécialisation, apporter sa contribution à l’édifice collectif. Comme le dit un adage africain, « Savoir nager n’est important que si vous utiliser ce savoir pour sauver les gens qui se noient ». IL serait même souhaitable qu’une équipe pluridisciplinaire travaille ensemble. Une telle coopération créerait une synergie à grand résultat. Il faut, comme les médecins, posez un diagnostic dénué de passion, afin de proposer une thérapie rationnelle au corps social Guinéen qui est malade depuis bientôt six décennies.
Encore merci pour l’attention que vous avez toujours accordez à mes textes. Je vous prie de croire en l’expression de ma très haute considération, mon cher A.O.T. Merci,
Sovogui
Citer
 
 
+3 #12 Sovogui 29-01-2016 18:36

Réponses Article Guineactu
Cher M. K. Ba,
1. Je conviens avec vous que les "affirmations" ne sont étayées dans les normes de l’écriture académique. Je m’en excuse. Le type de format du support (populaire) de mon texte ne se prête pas à ce genre d’écriture, que nombre de lecteurs de Guinéeactu connaissent et pratiquent couramment. Toutefois, pour donner de la consistance au texte, j’ai cité les sources partout cela a été nécessaire. J’ai par ailleurs cité les auteurs et leurs théories respectives. Ces auteurs sont des références en matière de littérature sur la démocratie. Widner, De Walle, Adjangba et Hutchful sont des références dans le domaine de la démocratisation du pouvoir en Afrique post-1990. Robert Dale et Arendt Lijphart sont des références universelles dans la littérature de la démocratie, en général. La communication, pour être efficace, doit tenir du contexte, du support, et de l’audience.
2. En outre, les années 2004, 1970-71 sont en référence à la démocratie Présidentielle française, et non aux régimes politiques Guinéens. J’ai écrit :
En outre, ce type de régime [5ème République Française] fait du président de la République la clé de voute du pouvoir, il a la haute main sur le cabinet et il plane majestueusement au-dessus de l’Assemblée nationale. Certes, il y a eu des changements, notamment en 1970, 1971 et plus tard en 2004, qui ont entamé cette autorité [du président de France]. (La conclusion de ce paragraphe, situe le lecteur). Le naïf mimétisme d’un tel régime présidentiel fort dans une Guinée caractérisée par l’ethno-régionalisme et une culture démocratique approximative, éprouve le processus de démocratisation du pouvoir.
3. Je ne condamne pas le model de leadership Islamique ou colonial, en soi. Je parle plutôt de l’effet de programmation mentale que ces modèles exercent sur les uns et les autres des Guinéens, et le poids psychologique que ces structures mentales exercent sur le processus de démocratisation.
4. Enfin, mon but, dans ce texte, ne porte pas sur une analyse des causes de la division inter-ethnique en Guinée, l’espace manque pour ce faire. Je décris, comme un chimiste dans son laboratoire, les « réactions » multidimensionnelles que ce mélange de valeurs culturelles diverses entraine. Je ne me penche pas sur la définition de chacun des éléments de cette « chimie sociale », mais plutôt sur l’effet que leur combinaison produit. Je décris l’effet et non la cause.
Merci pour l’intérêt que vous portez à texte. Nous pouvons communiquer d’avantage par courriel : .
Akoï 2 Sovogui
Citer
 
 
+3 #11 A.O.T. Diallo 29-01-2016 15:17

Ok pour tes contre-arguments justes que je n'avais pas intégré dans mon analyse sur ces 2 points. C'est pour cela que j'aime discuter (avec certains) sur notre forum.
Seulement désolé de te le dire mon frère mais si tu attends " Encore une fois, faisons des elections claires et limpides comme l'eau de roche. Voila ce qui me tient a cœur " tu ne seras helas jamais mon Presi...
Citer
 
 
+3 #10 Patriote1 29-01-2016 11:00

Mon cher A.O.T.,
Moi aussi j'aspire devenir President de la Republique de Guinee un jour. Pourquoi pas ? Mais si ce n'est pas par le choix de la majorite des guineens et de facon honnete et sincere, croyez moi ou pas, je renoncerais. Par ailleurs, c'est vrai que vous n'avez pas dit de limiter le nombre de candidats a 2, c'est moi qui l'ai dit, parce que si on ne limite pas a 2 candidats, on pourrait aboutir a une election a l'issue de laquelle le gagnant pourrait n'avoir obtenu que 10% ou meme moins, compte tenu de l'atomicite du nombre de candidats. Si c'est ca que vous voulez, moi je suis foncierement contre. J'ai deja donne la raison. Enfin, je ne partage pas votre avis selon lequel le tickets a 2 candidats serait la solution pour contrer l'ethnisation du vote. Pour moi c'est le candidat a la presidence qu'on verrait et non les deux. Son second couteau ou son lieutenant importerait peu ou pas. Par exemple mettez CDD et Fode Oussou ou n'importe qui d'autre, on dira le candidat des peulhs. AC et Papa Koly ou n'importe qui d'autre, ce sera pareil. On vous dira que c'est le candidat des malinkes.
Encore une fois, faisons des elections claires et limpides comme l'eau de roche. Voila ce qui me tient a coeur.
Citer
 
 
+3 #9 A.O.T. Diallo 29-01-2016 02:05

Citation en provenance du commentaire précédent de Pokpa Holomo Lamah:
Mon cher A.O.T.,
Je ne partage pas votre proposition de solution en ce qui concerne le nombre de tours car, a un seul tour, l'elu pourrait ne pas representer la majorite de la population (50% + 1 voix). Et si vous limitez le nombre de candidats a 2 pour resoudre l'equation, je vous reponds que c'est injuste et anti-democratique parce que limitant la liberte des citoyens.

Mais justement cher ami, c'est ce que je voudrais: un élu qui ne sera pas uniquement choisi sur le critère de la majorite de la population.
Sinon comment seras-tu mon Prési demain ??
- Par ailleurs je ne dis pas de limiter l’élection a deux candidats mais plutôt d'avoir un ticket de 2 candidats a la fois, comme au Nigeria, empêchant ainsi un vote purement ethnique ou basé sur la religion. Dans ces cas l'alliance de candidats divers est indispensable pour pouvoir gagner.
- C'est juste de nouvelles pistes de réflexions...
Citer
 
 
+4 #8 amadudialamba 28-01-2016 22:50

Il ne se montre pas aussi souvent comme nous. Mais a chaque fois qu'il cogne, ça fait du bien pour le niveau du débat. Malheureusement pour notre pays, les conseillers étrangers ou parfois même les médiocres sont toujours privilégiés dans la recherche des solutions a nos propres problèmes. Merci Monsieur !
Citer
 
 
+1 #7 Pokpa Holomo Lamah 28-01-2016 18:46

Mon cher A.O.T.,
Je ne partage pas votre proposition de solution en ce qui concerne le nombre de tours car, a un seul tour, l'elu pourrait ne pas representer la majorite de la population (50% + 1 voix). Et si vous limitez le nombre de candidats a 2 pour resoudre l'equation, je vous reponds que c'est injuste et anti-democratique parce que limitant la liberte des citoyens. D'ailleurs, aucun pays au monde ne limite le nombre de candidats. Ce qui m'amene a repeter que la solution passe par des elections cartes sur table, equitables et credibles. Si on ne peut pas remplir ces criteres, alors ce n'est pas la peine d'esperer a un quelconque changement.
Aussi, contrairement a vous qui voulez qu'on change le chauffard et le vehicule, moi je propose la rigueur dans l'examen de conduite automobile. Et puisqu'on est pas pret encore, alors la recreation continue mon cher.
Citer
 
 
+3 #6 A.O.T. Diallo 27-01-2016 19:29

Chapeau, Mr Sovogui - de loin votre post qui m'as le plus inspiré et j’espère que vous pousserez l'analyse un peu plus loin dans le même esprit de décortiquer et proposer des pistes de sortie SMART.
- A ce titre, si Mr Bano Diallo, sociologue et prof a l’université de Sonfonia voit ce commentaire j'aimerais lui demander de poster son analyse intéressante faite récemment sur des solutions faciles et réalistes pour freiner la course ethnique obligatoire au pouvoir désormais avec notamment :
- l’élection présidentielle a un tour et
- une candidature a ticket (2 candidats ensemble comme presi et vice-presi) qui ont montré de bons résultats ailleurs dans ces cas...
Vous avez bien raison de dire que la Guinée est comme un magbana qui roule a 20 km/h en nous étouffant de fumée cancérigène.
Changer le chauffeur ne règlera jamais ce problème - il faut changer le véhicule en meme temps que le chauffard...
Citer
 
 
+3 #5 K. Ba 27-01-2016 18:58

Les intentions du texte sont louables dans la volonté de camper les blocages politiques en Guinée. Mais il est fait des affirmations gratuites et les méthodes rendent l’argumentation faible.
1. Dire qu’en 2004, 1971 et 1970, il y a une tentative de rééquilibrage des pouvoirs au profit de l’assemblée nationale est simplement non soutenable pour qui connait tant soi peu l’histoire de la Guinée de ces époques. En 1970-71 notamment, l’assemblée fut transformée en tribunal populaire et révolutionnaire pour endosser les crimes du PDG.
2. En outre, la méthode qui occulte la pratique politique, la répression et autre sabotage de l’enseignement, fuite des cerveaux, perturbations de l’économie etc. depuis l’indépendance pour camper les «contradictions» sur le champ culturel et ethnographique n’est ni pertinent ni opératoire.
L’existence de cultures diverses n’est en soi pas source de conflits. Les pays voisins de la Guinée le démontrent amplement. C’est l’exploitation politique qui en fait une arme de dictature et empêche la démocratie. Par exemple, s’appesantir sur les théocraties islamiques comme explication des faiblesses du leadership alors qu’elles furent décimées par le PDG pour faire place au totalitarisme est léger. Sinon comment expliquer que les leaders des partis politiques et les militants de l’indépendance furent presque tous des membres de l’aristocratie dans toutes les régions ?
3. Enfin, en prenant comme un fait la division ethnique, Mr. Sovogui s’interdit d’analyser les sources de ces divisions (le totalitarisme et la dictature) mais surtout la façon opératoire de les endiguer : la justice pour toutes les composantes de la nation avec des pouvoirs décentralisés et de type fédéral. Sovogui faisait partie pourtant de l’équipe qui a produit un excellent projet de constitution pour la Guinée en 2009 dans ce sens… avec Faya, et Bachir entre autres.
Wa Salam
K. Ba
Citer
 
 
+7 #4 Gandhi 27-01-2016 14:21

Excellente synthèse sur les blocages du système (qui montre également que le changement d'homme ne modifierait pas grand chose sur le plan politique). Il reste à trouver un système plus adapté au contexte guinéen. Une synthèse de la même veine que le texte sur le sujet, serait apprécié. Je reste en attente...
Citer
 
 
-1 #3 Abdoul 27-01-2016 09:56

«A titre d’illustration, une automobile, qui est un système mécanique, conçue pour aller à une vitesse maximum de 120KM» J'ai la forte impression qu'il ya des chauffeurs qui se plaisent bien dans ce véhicule qui ne roule qu'à 120km/h, puisque celui de 200km/h ne ferait pas leur affaire.En tout cas cette volonté d'aller a 200km/h ne me semble pas visible chez le grand prof de droit qui a vecu 60 ans en france.
A défaut de trouver un modèle strictement africain, ou un modèle pour chaque pays, moi j'opterais pour une democratie parlementaire, y compris instituer des micro parlements et gouvernements regionaux dans lesquels chacun se reconnaitrait.
Citer
 
 
+1 #2 Koto Saliou 27-01-2016 03:49

En Guinée,c'est la combinaison des deux facteurs ou éléments(crises systémique et humaine).
Comment s'en sortir,c'est un gros point d'interrogation???.Quand c'est la politique du Ventre qui prévaut (la question de survie au quotidien),il n'y a pas de vrai militantisme en relation à une idéologie propre à chaque Parti.On saute du coq à l'âne dans cette famille de Doumbélane qu'est la Guinée.
Citer
 
 
+1 #1 Ousmane Ottawa 26-01-2016 21:13

Très bon texte Mr Sovogui !
Problématique de la démocratie en Afrique : crise systémique ou crise humaine? En Guinée, il s'agit d'une crise systemique, mais surtout d'une crise humaine, de grands leaders politiques pour être plus exact.
Citer