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La diversité culturelle et la multiethnicité comme sources d’avantage compétitif
Thierno Aliou Bah Dimanche, 18 Septembre 2011 12:24
Cet écrit s’assigne pour principal objectif d’essayer de réconcilier nos concitoyens qui sont profondément divisés sur les problèmes ethniques qui secouent certains de nos pays. Bien que mon écrit soit non partisan de nature, il n’est pas prématuré de penser que certains lecteurs ne comprendront pas ma démarche. C’est justement de ce problème d’intolérance que je débats ici.
La diversité culturelle et la multiethnicité constituent une des particularités fondamentales de l'humanité et une valeur plutôt qu’un obstacle pour nous autres africains. Nous devons apprendre à nous apprécier pour nos valeurs humaines et nos compétences et non sur la base de notre appartenance ethnique, le repli ethnique généralisé, source d’énergies négatives, constituant un frein au développement. Réveillons-nous, consolidons nos acquis et utilisons notre diversité ethnique comme une source d’avantage compétitif afin de construire des nations prospères ; un processus sans lequel toute politique de développement serait vouée à l'échec. En matière d’organisation, l’unité nationale ou la solidarité interculturelle doit primer sur les considérations ethniques superficielles, source de narcissisme et le support de l’égocentrisme qui a conduit nos pays au chaos.
En outre, il ne faut plus en Afrique confondre le parti au pouvoir et les institutions de l’Etat comme il est de coutume dans la vaste majorité de nos pays. De manière générale, la concentration des pouvoirs au niveau de l’exécutif (entreprise, Etat, organisation, etc.) crée des problèmes de contrôle démocratique. Il faut savoir déléguer ses pouvoirs (le management participatif) et éviter le syndrome du « micro management », un frein à la créativité et à l’épanouissement intellectuel. Ce concept de management participatif repose sur les émotions (ou le caractère) des dirigeants et sur leurs qualités de leader. Deux concepts intrinsèquement liés et qui ne s’apprennent pas sur les bancs de l’école mais qui s’acquièrent avec le temps et l’expérience. Malheureusement en Afrique, nous avons tendance à surévaluer les choses que nous pouvons mesurer et sous-estimer nos émotions et notre caractère. Dans ces conditions, selon mon expérience, nous surestimons très souvent nos compétences. Selon Tannembaun et Schmidt, ‘‘tout manager n’est pas forcément un bon leader. Le leadership c’est quelque chose que l’on a en soi et qui s’apprend sur le terrain’’. Il convient de signaler, toutefois, que cette pratique suppose d’une part que tous les collaborateurs soient créatifs, intègres, compétents et qu'ils recherchent des responsabilités plutôt que des ‘‘opportunités’’ et, de l’autre, qu’il règne une atmosphère de confiance mutuelle au sein de l’organisation (ou de l’Etat).
Dans le cas particulier de nos Etats, la question fondamentale est de savoir si le déficit de confiance intercommunautaire expliquerait en partie la solidarité ethnique dans les nominations au sommet de l’Etat ou dans l’administration publique, bien que ces nominations doivent normalement obéir à certaines conditions de recrutement. Mais en toute objectivité, une des priorités d’un chef d’Etat (ou chef d’entreprise) est d’assoir son pouvoir dès les premières lueurs de la prise de pouvoir ; ce qu’il ou elle ne peut réaliser qu’avec des hommes de confiance. Dans un monde parfait ou dans une société multiethnique, l’idéal serait de favoriser l’équilibre ethnique des compétences dans la répartition des fonctions ou des pouvoirs, car à la différence du chef d’entreprise, le chef de l’Etat est élu par le peuple et à ce titre il ou elle lui doit des comptes. Malheureusement, force est de constater que la perte ou le déficit de confiance intercommunautaire est ce cancer qui ronge nos sociétés à petit feu. Il n’est par conséquent pas étonnant que certains comportements néfastes au processus de développement deviennent enracinés dans l’esprit de l’Africain. Face à ce défit, il est de notre devoir, nous intellectuels contemporains africains, de porter un jugement de valeur sur notre propre responsabilité par rapport à ce fléau et d’identifier les moyens d’actions pour l’enrayer. Nous devons réconcilier nos différences en toute sincérité et travailler en harmonie pour éviter le syndrome de l’éternel recommencement.
Dans cette perspective, une première étape consiste à faire une autocritique objective de nos convictions personnelles sur la problématique de l’ethnicité dans nos pays, et ce, afin de déterminer si oui ou non nous agissons de façon irrationnelle. Une deuxième étape consiste à essayer de changer les mentalités des plus sceptiques ou des extrémistes au sein de nos familles respectives. Des étapes, ma foi, symboliques mais qui peuvent s’avérer efficaces à long terme car comme le dit un dicton, et je m’excuse pour l’arrogance, « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas ». N’acceptons pas de céder aux solutions de facilité (partisanes) ou à nos émotions négatives. La solidarité ethnique prime pour résoudre le problème de la pauvreté. Aucune communauté ou famille n’a le monopole du pouvoir, de la noblesse ou de la dignité. La dignité, un désir profond que ressentent nos peuples, c’est lorsque l’on est en mesure de subvenir à ses propres besoins vitaux ou à ceux de sa famille.
Le manque d’opportunités exacerbe le repli ethnique ou les crises sociopolitiques. Il faut créer des opportunités d’emploi et d’éducation professionnelle afin d’occuper les populations et les sortir des discours ethniques comme prétexte du repli identitaire si l’on veut saisir les opportunités que la chute des régimes militaires dictatoriaux nous offre. Une tache qui revient tant à l’Etat qu’au secteur privé. En effet, le gouvernement, en sa qualité de régulateur, de promoteur des libertés civiles et du développement, crée l’environnement, dans un climat de confiance sociale, qui permet au secteur privé de créer des emplois. A ce titre, le secteur privé peut jouer un rôle stratégique dans la lutte contre les préjudices sociaux car le développement c’est comme un mariage ; chacun doit apporter du sien : participation, engagement, compréhension, concessions, respect, tolérance, sincérité.
La démocratie, dont la réussite dépend tout d’abord de l’esprit patriotique et civique des leaders politiques, est définie comme ‘‘le régime politique ou, plus largement, un corpus de principes philosophiques et politiques dans lequel le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement,’’ où celui-ci (le peuple) joue un rôle actif dans la vie civile et politique. Mais dans le particulier de la Guinée, et ce depuis l’indépendance, la résistance au changement porteur de prospérité, dont le coût peut être très lourd pour la Nation et pour la politique globale de développement, est devenue une seconde nature chez le Guinéen. Cependant, si le citoyen moyen est incapable de subvenir à ses propres besoins vitaux ou à ceux de sa famille, il est peut-être légitime que certains comportements néfastes au processus de développement deviennent enracinés dans l’esprit des populations. Dans ce contexte, il faut un miracle ou de gros sacrifices pour sortir notre pays de son marasme socio-économique car le changement auquel aspire le peuple suppose un changement des mentalités à tous les niveaux. Il en découle que les causes des déséquilibres structurels dans nos pays ne se situent pas seulement au niveau de nos institutions ; elles doivent aussi être mises à l’actif des populations (citoyens ordinaires, soi-disant intellectuels, cadres de l’Etat, etc.) qui ne respectent pas les règles de bonne conduite. En conséquence, il faut reconnaitre que le mal Africain est l’Africain lui-même. Sortons des sentiers battus, consolidons nos acquis et créons des avantages compétitifs pour sortir de l’impasse.
Le capital humain, dans sa conception la plus générale (car l’on ne peut dissocier l’intellectualisme des émotions, des valeurs de partage, de solidarité et d’inclusion) est le facteur premier de développement d’une nation. Aujourd’hui, en Afrique, l’objectivité en matière de gestion des affaires de l’Etat et de comportement civique quotidien gagnant-gagnant des citoyens doit être un vecteur du développement. Nous devons accepter de vaincre notre négatif ego (ou sentiments négatifs) et vivre pour nos nations afin de poser les jalons du développement. «Ce qui consiste à se décentrer en se déprenant de soi ». Pour paraphraser Albert Einstein, ne cherchons pas à devenir des hommes qui ont du succès, mais des hommes qui ont de la valeur pour notre société.
Toutes choses égales par ailleurs, le sous-développement est plus un choix qu’une fatalité.
Thierno Aliou Bah
Commentaires
Mr BAH, est-ce que vous êtes prêtres? merci de votre réponse. C'est pas l'objet de votre article certes, mais votre habillement me tic.
Citation en provenance du commentaire précédent de Thierno A Bah:
M. Diogo Diallo, vous êtes totalement hors sujet ! A supposer que je sois prêtre. Cela vous pose t-il un problème ? Ma foi, mon nom, mon origine, mon look ou autres attributs superficiels ne changent en rien ma conviction sur la problématique de l’ethnicité dans nos pays et l’importance de l’unité nationale. Tolérance et acceptante doivent être les maitres mots dans une société en quête de prospérité. Merci de confirmer, via votre commentaire, la question de l’intolérance que j’évoque au début de mon analyse. Portez-vous bien.
Là Monsieur Thierno A. bAH? vous avez dégainé trop vite. Effectivement moi meme j'ai cru que vous étiez pasteur ou pretre. La petite bande blanche qui déborde de votre veste fait penser à une tenue de pretre. Sans rancune
gmail.com. Fraternellement.Avec toute courtoisie .Oury Baldé
La violence, la force n’ont jamais conduit à rien de constructif, a fortiori au développement !!! D’où vous pourrez déduire très aisément donc toute mon hostilité à leur endroit. Le défi plutôt la tache qui nous incombe à nous, auteurs et acteurs du changement de nos sociétés reste bien évidement immense mais, certes, pas insurmontable, aidé(e)s de la raison.
Mes salutations distinguées.
Ps : Merci de ne pas tenir rigueur du format presque banal( faute , erreurs grammaticales ou d’orthographe) ) de ce texte écrit dans la précipitation.
en effet , à travers l'intitulé " La diversité culturelle et la multiethnicité comme sources d’avantage compétitif "
Les peuls ont le choix entre les deux.
Je fais mien cette sentence prophétique rapportée par Muslim :
"O gens, ne souhaitez pas la rencontre de l'ennemi et demandez plutôt à Dieu la paix;mais si vous le rencontrez , montrez de l'endurance et sachez que le Paradis est à l' ombre des épées "
c'était en pleine bataille à Uhud que le prophète a prononceré ses paroles.Was salam.








