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Déficit d’investissement étranger : un danger qui guette la Guinée
Abdoulaye Aziz Bah Lundi, 02 Juin 2014 15:41
La situation actuelle de la Guinée est préoccupante. C’est le moment de tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard. En effet, il n’est un secret pour personne que depuis 2006, les situations politique et économique de la Guinée se dégradent d’un régime à l’autre. Contrairement à beaucoup de pays en développement où de gros investissements étrangers sont palpables malgré la corruption, la Guinée, elle, est devenue, par les temps qui passent, un pays corrompu où la présence des multinationales étrangères reste encore très insignifiante. Il est à rappeler que le monde d’aujourd’hui se trouve entre les mains de ces multinationales. D’ailleurs, il est évident que ce qu’on appelle « communauté internationale » ne s’intéresse qu’aux pays en développement où le degré d’investissement étranger est très élevé.
Pour mieux illustrer le deux poids deux mesures de cette communauté internationale, comparons le rôle de celle-ci dans les pays suivants qui sont ou ont été confrontés aux mêmes problèmes. Nous allons classer ces pays en deux catégories selon le volume d’investissement de capitaux étrangers.
Catégorie des pays où le volume des capitaux étrangers est très significatif : Libye, Tunisie, Egypte, Côte d’Ivoire, Nigeria, Congo Brazzaville, Angola pour ne citer que ceux-là . Notons que ces pays ont connu des troubles sociaux sans précédent qui se sont soldés par des centaines de morts innocents au sein de la société civile. Nous savons comment la communauté internationale avait usé de son influence pour ramener le calme dans ces pays. Tantôt, il s’agissait de tout faire pour maintenir leur protégé au pouvoir ou faire plébisciter leur candidat au pouvoir, dans le seul but de soit conserver des intérêts déjà existants, soit exécuter des projets déjà planifiés. Nous avions tous vu le rôle joué par cette communauté internationale en Libye et en Côte d’Ivoire avec l’intervention directe des forces armées étrangères pour préserver des intérêts. Ainsi, malgré la situation volatile dans ces pays cités, les investissements étrangers s’accentuaient à un rythme sans précédent. Pour la période allant de 2011 à 2013, le régime d’Abidjan a reçu plus de capitaux étrangers que la Guinée, le Mali, le Burkina, le Niger, et le Togo réunis. Selon un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et investissement, le stock d'investissement direct étranger en Côte d'Ivoire à partir de 2011 était estimé à 6,4 milliards de dollars, l'équivalent de 25,4% de son PIB la même année. Rappelons qu’en 2010, la Côte d’Ivoire était, pourtant, dans une situation de guerre civile.
Catégorie des pays où le volume des capitaux étrangers est presqu’inexistant : Guinée, Liberia, Sierra Leone, République démocratique du Congo, République centrafricaine, Yémen, Syrie, Soudan du sud, Haïti, Zimbabwe, Mali pour ne citer que ceux-là . Malgré les potentialités agricoles, énergétiques, et surtout minières de ces pays, le silence de la communauté internationale face à la situation chaotique dans ces pays démontre, à plus d’un titre, le double jeu de la communauté internationale.
On n’a pas besoin de rappeler le silence prolongé de la communauté internationale face aux atrocités des rebelles libériens, sierra léonais, et guinéens. Il a fallu attendre plus d’une décennie pour que la communauté internationale se décida de mettre fin à cette sanglante « guerre civile ». En moins d’une année, l’armée anglaise, avec le soutien des Américains, avait mis fin à cette guerre pour finalement ramener le calme dans cette zone de l’Afrique de l’ouest.
Aujourd’hui, c’est le Soudan du sud et la Centrafrique qui sont confrontés à des troubles sanglants sous les regards indifférents de la communauté internationale. Au-delà des problèmes sociaux, ces pays ont un seul point de convergence qui n’est autre que l’inexistence d’investissement étranger. A cause de ce manque d’investissement, la communauté internationale n’a aucun intérêt en jeu. D’où la timide réaction de celle-ci face à la situation dans ces pays.
Notons de passage que l’intervention de la communauté internationale au Mali était purement stratégique. Il était évident que la présence de terroristes dans la partie nord de ce pays pauvre devenait un danger pour l’Europe. Donc, il fallait mettre fin à cette situation le plus tôt possible afin de limiter les dégâts.
Cas particulier de la Guinée – Un Etat historiquement corrompu, en déficit d’investissement étranger
De tous les pays cités, le cas de la Guinée reste le plus préoccupant. Ce pays, qui a connu un demi-siècle de dictature sanglante sous les différents régimes qui se sont succédé, est devenu aujourd’hui non seulement une république sans Etat, mais aussi et surtout, le champ de bataille des géants miniers. Les récentes tractations judiciaires entre les géants miniers n’augurent pas de lendemain meilleur pour la Guinée.
Rappelons que qui parle de développement en Afrique, voit directement l’exportation de matières premières dans les domaines énergétique et minier. Pour le cas de la Guinée, les ressources minières étaient le seul espoir qui pouvait favoriser un développement rapide du pays avec l’arrivée des multinationales de la taille de Vale, BHP, Rio Tinto, Rusal et Bolloré pour ne citer que ceux-là .
Etant un habitué du monde des affaires, et pour avoir travaillé pendant plus d’une décennie dans l’une des plus grandes institutions financières privées aux USA, et connaissant bien le potentiel et l’avantage d’avoir la présence de toute une série de géants miniers en Guinée, je n’avais jamais été aussi optimiste sur le destin de ma chère Guinée. Il est rare de voir un pays aussi pauvre comme la Guinée suscité autant de convoitises de la part des maitres du monde libéral.
J’étais de ceux qui soutenaient la révision du code minier pour l’adapter aux réalités du monde des affaires et pour le bonheur des Guinéennes et Guinéens. Mais hélas, en écoutant les conseils des hommes tapis dans l’ombre pour des intérêts égoïstes, le nouveau code minier, au lieu de pallier aux imperfections du précédent, a plutôt été taillé sur mesure dans l’espoir d’assouvir des intérêts cachés. Par conséquent, ce qui devait être un plan d’attraction des investissements miniers vers la Guinée, est devenu un tueur d’espoir puisque dans la situation actuelle, les chances de voir un projet minier d’envergure se réaliser en Guinée sont nulles.
Les tractations judiciaires entre les géants miniers sur le Simandou n’encourageraient aucun investisseur sérieux de s’intéresser à la Guinée, surtout qu’en Guinée, tout manque sur le plan des infrastructures. Ainsi il faut avoir des moyens financiers énormes pour aller de la phase de prospects à celle d’exploitation. Sachant que la continuité de l’Etat d’un régime à l’autre n’est pas garantie en Guinée, il faudrait s’attendre à un miracle pour qu’une nouvelle occasion se présente où des géants miniers seraient encore intéressés à elle.
Sans vouloir imputer au régime d’Alpha Condé la paternité de tous les problèmes de la Guinée, il est tout à fait normal de rappeler que son élection à la présidence de la république avait suscité beaucoup d’espoirs, même dans le camp adverse. Ses quarante ans de lutte politique et son refus d’occuper une quelconque responsabilité sous les régimes précédents, furent un atout majeur qui expliquait l’optimisme de beaucoup de Guinéens après son élection. En plus, pour les initiés du monde des affaires, avoir des collaborateurs de taille comme George Soros, Tony Blair et Lula du Brésil, pouvait aussi susciter l’optimisme, surtout pour un pays aussi mal connu à l’extérieur que la Guinée. Donc, ce carnet d’adresses de monsieur Alpha Condé devrait lui permettre de rentrer dans le club des grands de ce monde et attirer plus d’investisseurs en Guinée.
Des actes sous le régime d’Alpha Condé qui ont plutôt terni l’image de la Guinée
Il serait malhonnête de penser qu’Alpha Condé ne veut pas le bonheur de la Guinée. Ses erreurs politiques ne justifient nullement qu’il est contre le développement de la Guinée. Il n’ya pas un seul président de la république qui ne voudrait pas poser des actes positifs dans le sens du développement durable de son peuple. Par contre, il est aussi rare de voir un président de la république qui ne voudrait pas protéger des intérêts personnels cachés.
De toute façon, les actes suivants ont plutôt terni l’image de la Guinée aux yeux des investisseurs étrangers :
Attaque du domicile du chef de l’Etat : Sans vouloir porter un jugement sur la véracité ou non de cette attaque, il est incontestable que cet acte avait donné un signal fort aux investisseurs que le retour de la Guinée dans le concert des nations démocratiques n’était pas pour demain. En effet, vouloir attenter à la vie d’un président de la République démocratiquement élu, et après quelques mois seulement de son investiture, donne lieu à une prudence des investisseurs étrangers. Dans le monde d’aujourd’hui, aucun investisseur sérieux ne risquerait son argent dans un pays aussi volatile.
Perdre les cinq communes de Conakry lors des élections législatives de septembre 2013: Les investisseurs étrangers ont, le plus souvent, besoin de collaborateurs à long terme qui pourraient assurer l’accomplissement de protocole d’accord, surtout dans les pays pauvres comme la Guinée. Le fait de perdre la capitale Conakry lors des élections législatives, après trois ans d’exercice de pouvoir et à moins de deux ans d’une élection présidentielle, n’encourage point les investisseurs étrangers surtout quand on sait que la continuité de l’Etat n’est pratiquement pas assurée dans un pays comme la Guinée.
L’affaire BSGR-Vale sur le Simandou : Comme je l’ai dit tantôt, les tractations entre BSGR et l’Etat guinéen auront des retombées plus que négatives sur l’avenir de la Guinée. Il était très naïf de confondre les réalités de la Guinée à celle du monde des affaires. On pourrait se demander si c’est le déficit d’expérience dans la gestion des affaires de l’Etat qui a joué dans cette affaire. Certainement, l’Etat guinéen n’avait pas mesuré les conséquences qu’un tel acte pourrait avoir sur la crédibilité de la Guinée au niveau des investisseurs potentiels du secteur minier.
Aujourd’hui, c’est le Liberia qui se frotte les mains. La réalisation du trans-guinéen resterait longtemps un rêve pour la Guinée, dans la mesure où il serait difficile d’avoir un investisseur prêt à accepter un quelconque compris dans la réalisation immédiate du trans-guinéen, surtout que l’usage du port du Liberia serait une alternative moins couteuse que la réalisation du trans-guinéen. Ainsi, la Guinée serait obligée d’inclure le Liberia dans toutes les négociations concernant les différents blocs du Simandou. D’ailleurs, les tractations judiciaires entre BSGR, Vale, Rio Tinto et l’Etat guinéen pourraient ouvrir une opportunité à celui ou celle qui remporterait devant la justice internationale, de demander une renégociation du contrat avec l’Etat guinéen. Par contre, rien ne garantit qu’une renégociation quelconque soit à l’avantage de la Guinée.
Les deux poids deux mesures du gouvernement dans cette affaire n’encouragent point les investisseurs avisés. Certes, Simandou regorge des potentialités minières que chacune des multinationales en litige aimerait avoir en sa possession. Le problème serait qu’aucune de ces multinationales ne prendrait le risque de se lancer dans la phase exploitation tant que les tractations judiciaires ne soient conclues par une cour d’arbitrage internationale. En un mot, il faudrait attendre au moins une décennie pour que la procédure judiciaire arrive à une conclusion. Pendant ce temps, c’est la Guinée qui perd par le manque de vision de ses gouvernants.
Radicalisation du climat politique à la veuille de l’élection présidentielle de 2015 : La dégradation du climat politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2015 pourrait affecter l’image de la Guinée et amener les investisseurs à la prudence, surtout quand on essaye de politiser le différend entre l’Etat guinéen et BSGR. L’Etat guinéen par la voie du chef de l’exécutif accuse directement BSGR de financer les opposants au régime, tandis que BSGR par la voie de son patron accuse l’Etat de vouloir favoriser des amis dans leur différend. Une altercation pareille ne pourrait que renforcer le sentiment qu’aujourd’hui ce sont les amis du régime qui en profitent, et demain ce seraient ceux des opposants, si ces derniers arrivaient au pouvoir. En un mot, ceci donne un signal aux investisseurs avisés que la continuité de l’Etat n’est pas garantie en Guinée. Par conséquent, les chances de voir un quelconque projet de grande envergure se réaliser en Guinée restent pratiquement nulles.
Si la situation continue comme ça, surtout dans un pays comme la Guinée où la croissance économique atteint à peine les 3%, des remous sociaux ne sont pas à écarter d’ici la présidentielle de 2015. En cas de troubles sociaux, la communauté internationale ne serait pas au rendez-vous pour sauver ce qui reste de la Guinée. En l’Etat actuel de la Guinée, la communauté internationale n’a pas d’intérêts immédiats à perdre qui les forceraient à intervenir comme il le faut, en cas de troubles sociaux.
Il serait donc salutaire que nos politiciens mettent les intérêts égoïstes de côté et se mettre à la table pour décrisper la situation avant qu’il ne soit trop tard.
A bon entendeur salut !
D’ici là , merci de contribuer au débat.
A Aziz Bah
MBA/ MIS/ PMP
Information Technologies Consultant
Chef d’Entreprise
A l’attention des lecteurs : Acceptons la pluralité des idées. Pas d’injures, rien que des arguments.
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Commentaires
On ne peut pas parler de l’ethnocentrisme en Belgique car ça n'existe pas. Sur ce point il faudra peut que vous appreniez la signification de ce mot ETHONCENTRISME qui semble brouiller vos idées.
Incroyable ! Je me demande si vous vivez réellement en Belgique. Je vous supplie de consulter un dictionnaire pour savoir la signification du mot ethnocentrisme, car il me semble que c’est vous qui l’ignorez. Par contre, je vous demande de lire ce document que je vous offre gratuitement pour vous imprégner des réalités de l’environnent où vous vivez, puisque vous êtes totalement en déphasage avec votre milieu. Bonne lecture www.iweps.be/sites/default/files/descamps_lebrun.pdf
Gandhi et Cisko,
Vous semblez tous deux jouer a la touche. Ici on parle de quantite d,IDE et non de qualite qui, elle, peut etre sujette a toute sorte de subjectivite. Si seulement l,auteur avait pris soin ou le temps de sortir des chiffres, tout serait clair. J,espere que la prochaine fois, il le fera.
Oui mon cher, je le ferais prochainement. C’est promis ! Par contre, mon ami « Sylla Démocrate » à compléter l’analyse en nous parlant du rapport élaboré par UNCTAD. Je pense bien que ceux qui veulent plus de détails peuvent se référer à ce document que je trouve d’ailleurs très riche.
Vous semblez tous deux jouer a la touche. Ici on parle de quantite d,IDE et non de qualite qui, elle, peut etre sujette a toute sorte de subjectivite. Si seulement l,auteur avait pris soin ou le temps de sortir des chiffres, tout serait clair. J,espere que la prochaine fois, il le fera.
Ne soyez pas allergique quand on parle de quelque chose que vous n'agréez pas. Les hôtels en construction ne seront pas à la portée du Guinéen lambda mais il s'agit bien d'investissement direct étranger, donc on doit les mentionner. Aussi bien en phase de construction qu'en phase d'exploitation beaucoup de Guinéens y trouveront de l'emploi. Même les grands bureaux de contrôle des travaux ont recruté des jeunes Guinéens qui assurent actuellement la maitrise d'oeuvre de certains de ces chantiers. Pour ce qui est des 2 cimenteries déjà en activité (Cimaf et Ciments GI), cla a permis de baisser un peu le prix du ciment et d'éviter les spéculations pratiquées avant par Ciments de Guinée et quelques importateurs. Donc vous pouvez continuer à minimiser certaines choses mais leur impact est réel ici sur le terrain; cela pour confirmer que " de fois, small is beautiful"
@ Aziz : en fait l'Algérie a connu plus de quinze ans de troubles (1990-2004) ou de guerre civile et l'Afrique du Sud post Apartheid n'a que 20 ans. C'est pour cela que j'ai estimé que ces pays pouvaient faire partie de votre classement. Pour le Gabon, je suis ok avec votre reponse.
Parlant de l’ethnocentrisme et de la radicalisation de la classe politique, ne pensez-vous pas que la Belgique, où vous vivez, est comparable à la Guinée? Pourquoi alors ce danger de guerre civile ne s’applique pas à la Belgique ? Ne me dites surtout pas que c’est parce qu’ils sont blancs !
Ce n'est pas une question de pensée. Je suis absolument certain (car je lis au quotidien depuis de très nombreuses années) que ça n'a rien à voir. On ne peut pas parler de l’ethnocentrisme en Belgique car ça n'existe pas. Sur ce point il faudra peut que vous appreniez la signification de ce mot ETHONCENTRISME qui semble brouiller vos idées.
Et pourquoi la guerre civile ne guette pas la Belgique, la réponse est toute simple: C'est simplement parce que le pays a des dirigeants consciencieux qui ne pratiquent pas la discrimination et n'incitent pas à la haine.
C'est aussi parce que le combat communautaire en Belgique se fait au Parlement et au Sénat de manière totalement démocratique. Ici, contrairement à la Guinée, ce n'est pas le Roi ou le Premier Ministre qui décident de TOUT.
C'est enfin parce que ici, ceux qui gouvernent sont effectivement ceux qui sont élus pas le peuple. Et que les nominations ne se font pas sur base ethnique.
Bref il y a une justice. Donc, ce n'est pas parce qu'ils sont blancs répondre à votre question !
6) Je considère enfin que, avec la montée de l’ethnocentrisme et le comportement pitoyable de nos politiques de tout bord, le seul vrai danger qui guette la Guinée s’appelle « la guerre civile ».
Parlant de l’ethnocentrisme et de la radicalisation de la classe politique, ne pensez-vous pas que la Belgique, où vous vivez, est comparable à la Guinée? Pourquoi alors ce danger de guerre civile ne s’applique pas à la Belgique ? Ne me dites surtout pas que c’est parce qu’ils sont blancs !
(surtout ne t'enerve pas pour le tutoiement).
You still have that in mind? Get over it my friend (lol).
- Classement des pays Africains : je suis surpris de ne pas voir dans le premier groupe des pays comme l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Gabon et le Mozambique.
Merci Mr. Cisko! Au fait je n’ai pas mentionné ces pays parce qu’ils n’ont pas connu de troubles sociaux comme ceux cités dans l’article. Je suis d’avis avec vous concernant Rio Tinto.
Il faut tout de même relever qu’une demi-douzaine d’hôtels et 3 cimenteries (dont 2 déjà achevés) sont en cours de réalisations en Guinée par des capitaux étrangers....
Par contre, le secteur immobilier étant ce qu’il est en Guinée, il faut avoir peur de blanchissement d’argent à travers tous ces immeubles qui poussent un peu partout et dont les promoteurs sont inconnus de tous
6 hôtels pour qui ?
Combien d'hôpitaux ?
- Bien que le politique soit conditionné par l’économique (on a vu les liens entre Sarko et les patrons Français), nous devons distinguer la « communauté internationale » (ONU, UE, UA, pays occidentaux, Chine, Russie, …) des multinationales même si l’on pense que les premiers sont les défenseurs des seconds ;
- Classement des pays Africains : je suis surpris de ne pas voir dans le premier groupe des pays comme l’Algérie, l’Afrique du Sud, le Gabon et le Mozambique. Aussi, il est à remarquer que l’IDE en Afrique est beaucoup accentué dans les pays pétroliers (Angola, Nigeria, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville) quelque soit les risques encourus (Libye par exemple)
- Cas de la Cote d’Ivoire : même pendant la période difficile (2002-2010), ce pays a toujours représenté plus de 40% du PIB de l’UEMOA. Les efforts de ADO en termes de bonne gouvernance (malgré quelques critiques) ne pouvaient que drainer des investisseurs vers la RCI.
- Cas de la Guinée : le volume d’IDE ne sera important que si le secteur minier, sensé être le moteur de la croissance, joue son rôle. Certes la bataille judiciaire sur les blocs 1 et 2 du Simandou sera un grand handicap mais l’Etat doit veiller au grain pour que Rio Tinto puisse respecter ses engagements concernant les blocs 3 et 4 qui ne font pas l’objet de litige. Je crains plutôt que cette firme continue de valoriser Simandou dans ses actifs boursiers et continuer à retarder le projet. D’autres projets doivent être toilettés et remis sur rails si le gouvernement est soucieux de l’avenir du pays. Il faut tout de même relever qu’une demi-douzaine d’hôtels et 3 cimenteries (dont 2 déjà achevés) sont en cours de réalisations en Guinée par des capitaux étrangers. Ce n’est pas grand-chose à côté des investissements miniers mais dans l’état des lieux, il faut le relever.
Par contre, le secteur immobilier étant ce qu’il est en Guinée, il faut avoir peur de blanchissement d’argent à travers tous ces immeubles qui poussent un peu partout et dont les promoteurs sont inconnus de tous
2) Aussi, les propos politiques, les discours haineux tenus par quelque responsables politiques, en l'occurence Alpha Conde ne sont pas de nature a accelerer en Guinee l'investissement direct etranger. Peut etre qu'il convient de rappeler ici que l'investissement direct etranger c'est quand une multinationale d'un pays X decide d'investir dans un pays Y. Donc, cela est compketement different de ce qu'un pays comme la France investira en Guinee. Un exemple simple est, Total qui fait l'expansion de son reseau en Guinee en investissant ces capacites en Guinee.
3) Je voudrais vous inviter a lire le rapport sur l'investissment mondiale de l'annee 2013 elabore par UNCTAD qui donne des informations idoines sur le niveau d'investissment. Il est demontre que l'investissment direct etranger en Afrique augmente certes timidement, mais augmente qu'a meme. Regarder la page 66 pour les chiffres. Il est demontre qu'un pays comme la RDC a recu plus d'IDE (+ de 3 milliards USD) que le Maroc(moins de 3 milliards). La Guinee est dans la fourchette des pays qui ont recu moins d'IDE comme le Senegal, le Ghana, (voir page 67). Donc, il faut qu'on soit un peu prudent en faisant du jugement sur differente notion economico financiere. Sincerement ce document est tres interessant et je l'utilise en ce moment pour mon cours d'International Accounting and Multinational business. Donc Aziz, si t'as le temps, tu voudras bien surfer sur quelque pages (surtout ne t'enerve pas pour le tutoiement).
Cas particulier de la Guinée – Un Etat historiquement corrompu, en déficit d’investissement étranger ; de tous les pays cités, le cas de la Guinée reste le plus préoccupant. Propos politiciens fondés sur la vue personnelle de l’orateur. A noter que la Balance des paiements est l’un des quatre comptes macroéconomiques, qui retrace annuellement les transactions économiques et financières entre un pays et le reste du monde. Selon les données de Balance de paiement de la Guinée, les volumes des IDE vers le pays sont passés de USD 101,4 millions en 2010 à USD 956,1 millions en 2011, puis à USD 606,5 millions en 2012.
Vive la République de Guinée.
1) Tout d’abord sur le titre : « Déficit d’investissement étranger : un danger qui guette la Guinée ». L’auteur focalise son analyse sur le fait qu’il y a plus ou moins d’investissement étranger en Guinée et le lien supposé entre présence d’investisseurs et attention de la communauté internationale. En plus il ne fait aucune démonstration pour ce qui est du danger de ce déficit pour la Guinée ; en tout cas pas de manière claire et convaincante. Je pense que l’essentiel du débat a été complètement ignoré dans l’analyse. Car le plus important n’est pas de savoir s’il y a peu, beaucoup ou pas d’investissements étrangers en Guinée. Ce qui est fondamental c’est de savoir la nature et la qualité de ces investissements mais aussi et surtout leurs impacts pour le pays et sa population.
2) L’affirmation selon laquelle depuis 2006 les situations politique et économique de la Guinée se dégradent d’un régime à l’autre est très discutable. Sur le plan politique la situation de la Guinée a toujours été chaotique depuis l’indépendance 1958. Je ne pense pas non plus que la situation économique de la Guinée a toujours été meilleure avant 2006 qu’après.
3) Pour justifier le lien étroit qui existerait entre présence d’investisseurs étrangers et intérêt de la Communauté internationale pour un pays, l’auteur prend l’exemple des situations du Sud du Soudan et de la Centrafrique pour parler d’indifférence. Ce n’est pas tout à fait juste et il n’y a aucune indifférence. Car dans ces deux pays aujourd’hui en conflit le Conseil de Sécurité de l’ONU (donc la communauté internationale) a voté des résolutions qui ont permis l’envoi de plus de 10 000 soldats et policiers dans chacun des pays afin de protéger les civils. En plus des soldats onusiens, il faut noter la présence en RCA de la force européenne Eufor-RCA. Même si il faut le reconnaître, pour la RCA cet envoi a été tardif ; mais mieux vaut tard que jamais.
4) De Mr Alpha Condé, vous parlez de son « refus d’occuper une quelconque responsabilité sous les régimes précédents » comme un atout qui expliquerait l’optimisme des Guinéens suite à son élection. Ce n’est pas du tout vrai : Alpha Condé n’a jamais rien refusé de quoi que ce soit pour la simple et bonne raison qu’on ne lui jamais rien proposé. Sans doute que ses prédécesseurs avaient une sorte de prémonition que cet homme était incapable de gouverner en plus de représenter un danger pour l’unité et la cohésion nationale.
5) A mon avis et ce, malgré une tentative maladroite d’explication de l’auteur, il n’y a aucun lien de causalité entre la défaite des candidats RPG à Conakry aux législatives et la décision d’un investisseur de venir en Guinée ou pas.
6) Je considère enfin que, avec la montée de l’ethnocentrisme et le comportement pitoyable de nos politiques de tout bord, le seul vrai danger qui guette la Guinée s’appelle « la guerre civile ».
En invitant vos lecteurs à ne pas lancer des injures, vous les avez involontairement insultés par ce malheureux paragraphe dont l'absence aurait atténué le manque de profondeur de l'article.
Tout chef d'Etat normal veut le progrès de son pays et cherche toujours des solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux. AC est-il normal? Considère-t-il la Guinée comme son pays et les Guinéens comme ses compatriotes ?
Les intérêts des grands (et non de la communauté internationale qui comprend près de 200 états) sont à géométrie variable.
Pourquoi reprendre la storytelling condéenne de 40 ans de lutte politique ? Quel actif peut-il mettre à son crédit ?
De même vous dites que vous n'avez pas d'avis sur le pseudo-attentat de Juillet 2011, mais en même temps vous affirmez que certains ont voulu attenter à sa vie.
D,abord quels sont les chiffres qui demontrent que depuis 2006 les situations politique et économique de la Guinée se dégradent d’un régime à l’autre.
Ensuite, a vous lire vous semblez confondre multinationales et communautes internationales. Faites-en attention si vous voulez que vos lecteurs vous suivent. Lorsqu,on parle de multinationales on parle des grandes societes qui ont des activites au-dela de leurs frontieres tandis que la communaute internationale represente theoriquement l,ensemble des pays, meme s,il reste vrai que ce sont certaines puissances politiques et economiques mondiales qui la representent. Par ailleurs, lorsque vous dites que le stock d'investissement direct étranger (IDE) en Côte d'Ivoire à partir de 2011 était estimé à 6,4 milliards de dollars, l'équivalent de 25,4% de son PIB la même année ; voulez-vous dire que le volume des IDE de 2011 ou de 2011 jusqu,a quand.
Aussi, vous citez sept pays dont la Cote d,Ivoire, la Libye, la Tunisie, le Nigeria, l,Egypte, le Congo Brazzaville et l,Angola comme pays ayant recu des IDE sans precedents et vous ne donnez que les seuls chiffres de la Cote d,Ivoire (encore a justifier). Ou sont les chiffres concernant les 6 autres pays pour convaincre le lecteur que je suis. De meme que vous citez la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine, le Yémen, la Syrie, le Soudan du sud, Haïti, le Zimbabwe et le Mali comme etant la catégorie de pays où le volume des capitaux étrangers est presqu’inexistant. La encore aucun chiffre. Ou sont-ils. Plus loin, vous dites : avoir des collaborateurs de taille comme George Soros, Tony Blair et Lula du Brésil, pouvait aussi susciter l’optimisme, surtout pour un pays aussi mal connu à l’extérieur que la Guinée. Moi je vous pose la question suivante : Savez-vous le contrat qui lie Alpha ou son regime a ces hommes. Si vous connaissez alors vous pouvez ou ne pas afficher votre optimisme. Si vous ne savez pas, alors informez-vous. Enfin parmi les actes que vous pensez avoir terni l,image de notre pays, il faut exclure la perte des cinq communes de Conakry. C,est plutot un signe de democratie. Celui de l,attaque du domicile prive du president doit etre vu sous l,angle du jugement qui en a suivi qui, selon moi, etait une parodie de justice. Ce qui n,honore pas notre pays et ne rassure aucun investisseur. En ce qui concerne les differends miniers, si la Guinee estime avoir ete lesee, il est de son droit de porter plainte. Pourvu qu,elle respecte les procedures et s,arme d,arguments valables. Pour les presidentielles, on est tous d,accord qu,il pourrait y avoir remu menage parce qu,a date aucun signe ne demontre qu,il y aura transparence des elections. Pour preuve l,accord du 3 juillet fait du sur-place.
Bref, votre article est trop superficiel. Il manque cruellement d,arguments pour convaincre vos lecteurs.
''Il serait donc salutaire que nos politiciens mettent les intérêts égoïstes de côté et se mettre à la table pour décrisper la situation avant qu’il ne soit trop tard.''
Il ya un non-dit Mr BAH dans ce passage...
Avec mes respects !!!








