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Démocratisation en Afrique : l'échec de la Guinée vs la réussite du Ghana
Ousmane Diallo Dimanche, 02 Mars 2014 16:53
Au lendemain de la guerre froide, les anciens régimes autoritaires africains se sont inscrits dans ce que Huntington a décrit comme étant la « troisième vague de démocratisation ». Mais, quelques décennies plus tard, en matière de transition démocratique, le continent africain nous offre non seulement des exemples d’échec, mais aussi de réussite. Tout en privilégiant une approche volontariste, nous utiliserons deux facteurs causals pour expliquer la réussite de la transition démocratique ghanéenne dirigée par Rawlins et l’échec de celle dirigée par Conté en Guinée.
Le premier facteur causal est le «leadership» dont Rawlins a fait montre, permettant ainsi au Ghana de se démocratiser. Le second facteur causal est l’«extraversion» que nous retrouvons dans les stratégies politiques de Conté, ce qui lui a permis de restaurer un régime autoritaire en Guinée après un bref moment de recréation démocratique. Comme le fait remarquer Bayard, « l’angle institutionnel est impropre à saisir la question démocratique dans toute son étendue ». Ceci étant dit, notre position est claire : pour bien comprendre la démocratisation, se concentrer sur les institutions est certes important, mais la qualité du leadership des acteurs l’est encore plus. Alors, pourquoi deux régimes autoritaires, guinéen et ghanéen en l’occurrence, aux données géopolitiques et socioéconomiques largement similaires et aspirant tous les deux à la démocratie, parviennent-ils à des résultats différents ?
Voici le plan que nous suivrons pour y répondre : dans un premier temps, nous énumérerons quelques points communs entre la Guinée et le Ghana. En deuxième lieu, nous tâcherons de montrer la relation causale entre le leadership de J.J. Rawlins et la réussite de la transition démocratique ghanéenne. Avant de conclure, nous montrerons, dans un troisième temps, comment Conté a restauré l’autoritarisme Guinée.
Points communs entre la Guinée et le Ghana
Colonisés respectivement par la France et l’Angleterre, la Guinée et le Ghana sont deux pays de l’Afrique de l’ouest ayant plusieurs points communs. Sur le plan social, notons que le Ghana compte plus de vingt millions d’habitants avec une pluralité ethnique. Quant à la Guinée, elle compte plus de dix millions d’habitants et connait une pluralité ethnique. Avant l’indépendance, le discours des hommes politiques guinéens et ghanéens était idéologique et permettait de resserrer les rangs pour affronter l’ennemi commun : la colonisation. Après l’indépendance du Ghana en 1957 et celle de la Guinée en 1958, leurs discours deviennent purement politiques et servent de justification à la conservation du pouvoir : c’est le début de l’autoritarisme, voire de la dictature, dans les deux pays. En 1981, Rawlins prend le pouvoir au Ghana suite à un coup d’État militaire. Par le même canal, Conté prendra le pouvoir en Guinée en 1884. Sur le plan économique, ces deux pays possèdent d’immenses ressources naturelles et agricoles, mais ils doivent coopérer avec les grandes institutions financières mondiales, comme le fonds monétaire international et la banque mondiale pour résoudre leurs problèmes économiques.
Démocratisation réussie et leadership : J.J. Rawlins au Ghana 1981- 2000
Rawlins, après avoir été démocratiquement élu en 1992 et 1996, choisira de s’incliner face à la constitution ghanéenne de 1993 qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. C’est ainsi que Kufuor lui succèdera à la présidence suite aux élections présidentielles organisées de 2000. Aujourd’hui, le Ghana, en plus du Bénin et du Niger, est reconnu comme étant l’un des meilleurs exemples de transition démocratique réussie en Afrique subsaharienne. Dans le discours qu’Obama a tenu en 2009 au Ghana, on peut lire : « Les Ghanéens ont à maintes reprises préféré le droit constitutionnel à l’autocratie, et ont fait preuve d’un esprit démocratique qui permet à leur énergie de se manifester. Nous le voyons dans les dirigeants qui acceptent la défaite gracieusement – le fait que les concurrents du président Mills se tenaient là à ses côtés lorsque je suis descendu de l’avion en dit long sur le Ghana – et dans les vainqueurs qui résistent aux appels à l’exercice de leur pouvoir contre l’opposition de manière injuste. »
Démocratisation manquée et extraversion : Lansana Conté en Guinée 1984-2008
La notion d’extraversion est utilisée par plusieurs chercheurs pour expliquer la manière dont des dirigeants ou des acteurs locaux peuvent se servir de leur contact avec des puissances extérieures en vue de mieux renforcer leur suprématie. Lorsque Conté a pris le pouvoir en 1984 en Guinée, il cristallisait tous les espoirs de développement et de liberté politique des Guinéens. Cet espoir prit une ampleur encore plus considérable lorsque l’instauration du processus démocratique commence avec l’adoption d’une nouvelle constitution par référendum.
Cependant, il n’aura pas fallu longtemps pour que cet espoir de démocratie suscité par le multipartisme dégénère en désenchantement. En effet, si en 2000, Rawlins a fait preuve de leadership en acceptant le résultat des urnes et en cédant le fauteuil présidentiel au vainqueur Kufuor, Conté, quant à lui, s’est maintenu au pouvoir jusqu’à son décès en 2008. Des tripatouillages constitutionnels aux fraudes électorales en passant par la violation des libertés civiles des citoyens, Conté n’hésitait pas de se servir de toutes les ressources auxquelles il avait accès pour se maintenir au pouvoir.
Or, pour que réussisse une transition démocratique, un dialogue est nécessaire entre les dirigeants au pouvoir et dans l’opposition. Plusieurs exemples confirment cette thèse. Dominique Bangoura rappelle qu’«en Afrique du Sud, le processus s’est déroulé dans des conditions satisfaisantes tenant à plusieurs raisons (charisme de Nelson Mandela, lucidité politique de F. de Klerk, usure de l’apartheid, etc.). » Magnusson et Clarke montrent que, si le Bénin a pu réussir sa transition démocratique, c’est parce que Kérékou, président sortant qui était démocratiquement élu au pouvoir en 2001, a accepté et reconnu la victoire de son adversaire Yayi Boni aux élections présidentielles de 2006. Nous voyons que la réussite d’une démocratisation passe bel et bien par la négociation entre les acteurs qui doivent apprendre non seulement à gagner, mais aussi et surtout à perdre.
Conclusion
L’hypothèse que nous avons tenté de démontrer tout au long de cette réflexion est que c’est grâce au leadership de Rawlins que le Ghana a réussi sa transition démocratique, et que c’est à cause du manque de leadership de Conté, qui s’est traduit par l’adoption de l’extraversion comme stratégie de gouvernance, que la Guinée a échoué dans sa transition démocratique. Faisons nôtres ces propos de Gazibo pour montrer la leçon ultime à tirer de notre réflexion : « […] le conflit étant normal en démocratie, c’est la capacité des acteurs à le maintenir dans le cadre des règles démocratiques, ainsi que la capacité des institutions à jouer leur rôle régulateur qui font ensuite la différence. » Aujourd’hui, Rawlins n’est plus au pouvoir au Ghana, mais ses successeurs continuent d’y consolider la démocratie. En Guinée également, Conté n’est plus au pouvoir, son successeur fera-t-il comme lui, c’est-à -dire confisquer le pouvoir jusqu’à sa mort ?
Ousmane Diallo
Maitrise en politique comparée
Commentaires
confronté à un double défi : celui de la consolidation démocratique et
de la valorisation responsable de ses ressources pétrolières. La
tâche est d’autant plus ardue que ces deux défis s’influencent
réciproquement, le respect des principes inhérents à la démocratie
libérale étant un gage de bonne gouvernance des ressources pétrolières, et l’entrée dans le club des pays producteurs de pétrole
pouvant affaiblir ces principes démocratiques pour consolider les
positions économiques d’élites prédatrices.
Le Ghana fait aujourd’hui figure de modèle démocratique, un
statut que le pays se doit se préserver. Alors que l’élection
présidentielle en 2012 permettra au pays de témoigner une nouvelle
fois de son respect du verdict des urnes, l’ancienne Gold Coast a
également la possibilité de devenir un exemple africain en matière de
gouvernance des ressources minérales. Le Ghana a su mettre en
place les institutions permettant d’appréhender positivement cette ère
pétrolière. Mais il est encore trop tôt pour affirmer que ces institutions
conserveront leurs prérogatives intactes dans la durée et qu’elles ne
seront pas réduites à un rôle de faire-valoir. Afin de ne pas reproduire
le précédent tchadien, la société civile ghanéenne a pour responsabilité de rappeler les autorités ghanéennes à leurs engagements et à leurs devoirs."
C'est un extrait d'un article fort intéressant dont voici le lien: http://www.connaissancedesenergies.org/sites/default/files/pdf-pt-vue/ifri_le_ghana_une_democratie_petroliere_en_devenir.pdf
RAWLINS issu de l'ECOLE RUSSE , est DEMOCRATE .( Qques soient les raisons )
ALPHA CONDE , issu de l'ECOLE FRANCAISE , est COMMUNISTE et " PAS- DEMOCRATE " .
A 20 ans , OUI ! Mais a 80 ...?
@ El haj Nour : Ma et Md . Avec les neveux du Bronx, ON VOUS invite cet ete . Qu'en dites vous ?
Salam !
A Cisse Ibrahima: mon analyse porte sur le leadership africain et vous déplacez le sujet vers l'Amérique latine, notamment au Venezuela. Veuillez rester dans le cadre de l'analyse. Merci.
A Sylla Democrate: vous écrivez : "Donc dire que nous avions les mm points communs seraient de ne pas voir trop large tous les facteurs qui permettent la reussite d'une transition democratique." La question au coeur de mon analyse va comme suit: "Alors, pourquoi deux régimes autoritaires, guinéen et ghanéen en l’occurrence, aux données géopolitiques et socioéconomiques largement similaires et aspirant tous les deux à la démocratie, parviennent-ils à des résultats différents ?" Dans cette question, l'expression "largement similaires" est très importante. Si les transitions ghanéenne et guinéenne étaient toutes les deux réussies, les comparer aurait été moins pertinent. Mon but consistait à savoir pourquoi deux pays africains, ayant plusieurs points communs et aspirtant au même objectif, arrivent à des résultats différents.
Féla Barry: effectivement, "une nouvelle hygiène de vie mentale s’impose à nous pour refonder le modèle social africain." Et, comme le suggèrent tous les grands penseurs africains, cela passera par l'éducation et l'approfondissement des connaissances des Africains. Une fois de plus, y arriver sans des dirigeants politiques inspirés et inspirants sera très difficile.
« Certes le Ghana constitue un exemple à suivre ÉVENTUELLEMENT (souligné par moi), mais il faut RELATIVISER (idem)la carrière politique de Rawlings ». Justement il n’est pas question de la carrière politique d’un homme. Il y a eu plus d’un Rawlings. Le dernier Rawlings était un «SYSTEME ». Un système EXEMPLAIRE. Vouloir relativiser ce qui est exemplaire serait chercher à circonvenir une contradiction dans les termes, entreprise insurmontable. Le Rawlings dont je parle 1) a mis fin aux trois mamelles du mal développement : l’incurie, l’impunité et la corruption d’appareil d’État. Les détails sont dans toutes les archives des journaux.2) il a heureusement et positivement exploité un fait de l’histoire: le Nigeria venait de chasser les étrangers dont les Ghanéens étaient les plus nombreux dans l’excellence dans tous les domaines de la pensée et de l’expertise scientifique. D’ailleurs et ce n’est pas anecdotique, les compagnies aériennes et plusieurs universités et entreprises nigérianes sont pratiquement tombées en capilotade, avant la décrépitude et la médiocrité. (Des Mamas-benz, de braves dames vendent du carburant en « cigarette », marché noir pour un produit dont le Nigeria est le premier (place menacée par l’Angola en 2014) producteur en Afrique ! Aujourd’hui, l’université ghanéenne est l’une des meilleures au monde.3) Il a bénéficié du meilleur que Nkrumah ait légué : le « consciencism », de quelques infrastructures certes malmenées, mais que les militaires et autres prédateurs n’ont pas pu mettre dans leur poche.
4) Le Ghana est devenu le meilleur «élève » des institutions de Bretton Woods et c’est là où il faut jouer en bémol, ce qui explique l’entrée sournoise en crise de l’économie ghanéenne. Mais qui va lui jeter la pierre, parce qu’il fait partie du triangle de l’or, qu’il est riche de son cacao, d’autres produits de traite néocoloniale qui ne dit plus son nom, qui font le malheur des économies extraverties, subissant la loi d’airain de celui qui fixe les prix à l’achat et à la vente de nos produits et richesses naturelles. Mais il y a de jeunes chercheurs à l’université qui réfléchissent à un panafricanisme moins idéologique que celui de Nkrumah, Modibo Keita, Mohamed V ou.. Sékou Touré. Ce que je dis là n’est pas venu d’un ouï-dire. J’étais entre Lomé et Cotonou au tournant des années 80, quand le convoi de centaines de Ghanéens quittaient le Nigeria entassés dans des 504 chargés de leurs galeries, jusqu’au ciel. De Cotonou, je revins à Lomé où une « certaine communauté », qui fait beaucoup de mal à notre « développement », campait à Lomé, en chantonnant partout, « ça ne durera pas plus d’un « printemps nègre.., on connaît nos cousins.. ». Du coup, les loyers ont flambé à Lomé. Ils ont pourtant fini par libérer les maisons, plier bagages et aller régner sur le marché du Niger, de Kaloum à Lansananya. Grâce à la formation de l’Excellence de l’université ghanéenne, du panafricanisme axé sur l’autre façon d’émerger – le mot magique - que Rawlings a remis à l’honneur, de façon irréversible et non pas seulement en verbosité, par une « méthode » académique, pour parler comme M. Bano Barry PhD. Le premier Rawlings avait commencé comme Khadafi et le commandant Jaloud. Mais il n’a pas - encore – fini comme Kadhafi. Pour l’université, c’est un ancien conseiller culturel de l’ambassade de France à Conakry qui m’a envoyé une carte postale depuis Accra ; il avait retrouvé son vrai métier : enseignant et critique littéraire. Les pilotes guinéens étaient – et sont toujours - avec les pilotes éthiopiens et ghanéens, parmi les meilleurs au monde. Il doit en rester de pilotes guinéens, à la retraite, retraités (j'en connais un qui vit aux USA), grabataires. Mais voilà , il n’y a plus rien à piloter en Guinée. Sinon le vent d’un changement qui consiste à s’entourer d’experts à faire tourner des moulins dans le sens contraire du vent. D’où « Guinea’s backstage » (coulisse, jargon théâtral). PS : pour ceux que cela intéresserait, voici un extrait d’un article du début des années 80 qui dit bien ce dont il s’agit, le second Rawlings et le Ghana revenaient de loin et Rawlings est sorti ou entré dans la l’Histoire par la grande porte : c’est en Guinée que tout est à relativiser, mais à force, nous n’aurions plus de problème, en effet, « en Guinée, nous n’avons pas de problèmes, nous n’avons que des solutions ».(William Sassine). PS : voici un lien d’un extrait d’archive d’un article du Monde qui convaincra peut-être d’aucuns, que ce Ghana et Rawlings revenaient de loin et que Rawlings a dû se faire violence pour « sortir démocrate» : J’ai rongé mes freins en tirant la conséquence de cet écrit de Gandhi qui invite à user de discernement face à ses textes et à ses commentaires. Mais le commentaire de M. Ousmane Diallo MA, te fera comprendre que malgré cet avertissement, écrit ou commentaire, vu la notoriété dont tes écrits sont en vrac crédités, je ne peux plus continuer à me brûler les orteils, il faut que je dise ce que je crois, au risque de te mette dans le même sac que M Diallo MA, qui écrit : « Donc basez vous sur tous les contours avant d'appeler Rawlings un democrate. Je comprend la demarche academique que vous vous empruntez pour defendre votre these, mais les realites sont differentes ». Donc Citoyen tu avais écrit et M. Diallo semble croit abonder dans ton sens:
« Certes le Ghana constitue un exemple à suivre ÉVENTUELLEMENT (souligné par moi), mais il faut RELATIVISER (idem)la carrière politique de Rawlings ». Justement il n’est pas question de la carrière politique d’un homme. Il y a eu plus d’un Rawlings. Le dernier Rawlings était un «SYSTEME ». Un système EXEMPLAIRE. Vouloir relativiser ce qui est exemplaire serait chercher à circonvenir une contradiction dans les termes, entreprise insurmontable. Le Rawlings dont je parle 1) a mis fin aux trois mamelles du mal développement : l’incurie, l’impunité et la corruption d’appareil d’État. Les détails sont dans toutes les archives des journaux.2) il a heureusement et positivement exploité un fait de l’histoire: le Nigeria venait de chasser les étrangers dont les Ghanéens étaient les plus nombreux dans l’excellence dans tous les domaines de la pensée et de l’expertise scientifique. D’ailleurs et ce n’est pas anecdotique, les compagnies aériennes et plusieurs universités et entreprises nigérianes sont pratiquement tombées en capilotade, avant la décrépitude et la médiocrité. (Des Mamas-benz, de braves dames vendent du carburant en « cigarette », marché noir pour un produit dont le Nigeria est le premier (place menacée par l’Angola en 2014) producteur en Afrique ! Aujourd’hui, l’université ghanéenne est l’une des meilleures au monde.3) Il a bénéficié du meilleur que Nkrumah ait légué : le « consciencism », de quelques infrastructures certes malmenées, mais que les militaires et autres prédateurs n’ont pas pu mettre dans leur poche.
4) Le Ghana est devenu le meilleur «élève » des institutions de Bretton Woods et c’est là où il faut jouer en bémol, ce qui explique l’entrée sournoise en crise de l’économie ghanéenne. Mais qui va lui jeter la pierre, parce qu’il fait partie du triangle de l’or, qu’il est riche de son cacao, d’autres produits de traite néocoloniale qui ne dit plus son nom, qui font le malheur des économies extraverties, subissant la loi d’airain de celui qui fixe les prix à l’achat et à la vente de nos produits et richesses naturelles. Mais il y a de jeunes chercheurs à l’université qui réfléchissent à un panafricanisme moins idéologique que celui de Nkrumah, Modibo Keita, Mohamed V ou.. Sékou Touré. Ce que je dis là n’est pas venu d’un ouï-dire. J’étais entre Lomé et Cotonou au tournant des années 80, quand le convoi de centaines de Ghanéens quittaient le Nigeria entassés dans des 504 chargés de leurs galeries, jusqu’au ciel. De Cotonou, je revins à Lomé où une « certaine communauté », qui fait beaucoup de mal à notre « développement », campait à Lomé, en chantonnant partout, « ça ne durera pas plus d’un « printemps nègre.., on connaît nos cousins.. ». Du coup, les loyers ont flambé à Lomé. Ils ont pourtant fini par libérer les maisons, plier bagages et aller régner sur le marché du Niger, de Kaloum à Lansananya. Grâce à la formation de l’Excellence de l’université ghanéenne, du panafricanisme axé sur l’autre façon d’émerger – le mot magique - que Rawlings a remis à l’honneur, de façon irréversible et non pas seulement en verbosité, par une « méthode » académique, pour parler comme M. Bano Barry PhD. Le premier Rawlings avait commencé comme Khadafi et le commandant Jaloud. Mais il n’a pas - encore – fini comme Kadhafi. Pour l’université, c’est un ancien conseiller culturel de l’ambassade de France à Conakry qui m’a envoyé une carte postale depuis Accra ; il avait retrouvé son vrai métier : enseignant et critique littéraire. Les pilotes guinéens étaient – et sont toujours - avec les pilotes éthiopiens et ghanéens, parmi les meilleurs au monde. Il doit en rester de pilotes guinéens, à la retraite, retraités (j'en connais un qui vit aux USA), grabataires. Mais voilà , il n’y a plus rien à piloter en Guinée. Sinon le vent d’un changement qui consiste à s’entourer d’experts à faire tourner des moulins dans le sens contraire du vent. D’où « Guinea’s backstage » (coulisse, jargon théâtral). PS : pour ceux que cela intéresserait, voici un extrait d’un article du début des années 80 qui dit bien ce dont il s’agit, le second Rawlings et le Ghana revenaient de loin et Rawlings est sorti ou entré dans la l’Histoire par la grande porte : c’est en Guinée que tout est à relativiser, mais à force, nous n’aurions plus de problème, en effet, « en Guinée, nous n’avons pas de problèmes, nous n’avons que des solutions ».(William Sassine). PS : voici un lien d’un extrait d’archive d’un article du Monde qui convaincra peut-être d’aucuns, que ce Ghana et Rawlings revenaient de loin et que Rawlings a dû se faire violence pour « sortir démocrate»
http://nrgui.com/index.php/fr/component/content/article/82-courrier-des-lecteurs/5907-arcdhives-pourtant-le-ghana-revenait-de-loin
On parle souvent de dictature éclairée en Afrique, mais dans cette expression importée, il y a le mot dictature. Or la Guinée a les moyens humains de s'en sortir sans passer par cette étape, qui n'arrange que les puissances extérieures, pour autant que des cadres authentiques soient en place.
Alphadio : dans mon texte, j'ai rappelé que Conté et Rawlins ont tous les deux effectué un coup d'Etat. Une fois que cela est dit, ce qui me semble pertinent c'est l'héritage de chacun d'eux. Il y a une différence entre faire un coup d'Etat pour jeter les balises d'un régime démocratique et faire un coup d'Etat pour instaurer un régime autoritaire.
Sur ce point, la typologie des coups d'Etat faite par le Dr Kouassi Yao pourrait vous être utile. Dr Yao fait la distinction entre les coups d’État pro-démocratiques, antidémocratiques et les coups d’État à caractère subversif. «Les premiers ont pour objectif de créer les conditions de l’essor de la démocratie (cas de Rawlins), les deuxièmes ne favorisent pas l’épanouissement de la démocratie (Cas de Conté), les troisièmes étant le fait de pays voisins, de multinationales ou de grandes puissances.»
amadousdialamba : "comment voulez-vous donc que ce pays se compare aux autres sans se faire des maux de tête?" Difficile d'échapper à ces "maux de tête" ! Ceci dit, nul ne fera ces comparaisons à la place des Guinéens. Si nous voulons la démocratie, il nous faudra en payer le prix.
En plus,la comparaison n'est pas raison.MR OUSMANE DIALLO et si nous comparons le ghana que vous ventez au venezuela de HUGO CHAVEZ qui a confisquer le pouvoir jusqu'Ã sa mort.
HUGO CHAVEZ le marxiste a surtout emprunté sa culture politique au bonapartisme social.quitte à contourner la constitution ou à la réécrire à sa sauce.sa force etait la dissolution systematique des contres pouvoirs.depuis son election en 1998 qui instaurait la republique bolivarienne de venezuela et mettait en place le pricipe des referendums revocatoires,principal contre-pouvoir populaire au regime presidentiel mis en place.la nouvelle loi fondamentale prevoyait egalement la limitation du nombres de mendats presidentiels.un referendum,destiné à effacer cette disposition,fut rejeté en 2007...avant qu'un autre referendum organisé en 2009 ne l'autorise cette fois à se porter candidat.l'assemblée nationale chaviste lui a accordé le pouvoir de légiférer par decret pour une durée de 18 mois.MR DIALLO OUSMANE, hougo chavez aussi a confisqué le pouvoir jusqu'à sa mort comme le general LANSANA CONTE mais son bilan etait postif.
CHAVEZ etait le federateur,le moteur,le centre de gravité d'un mouvement populaire pluriel,traversé de differents courants progressistes.le peuple l'aimait parcequ'il avait changé la vie de millions de parias,parce qu'il avait du panache et du courage.Il a pu mener à bien sa revolution bolivarienne à travers d'importants programmes sociaux(école,santé,droits de femmes.accès à l'eau potable,protection de l'environnement)tout en hissant son pays au 4 eme rang des puissances economiques d'amerique latine derriere le bresil,le mexique et l'argentine.nationalisations massives,redistribution des terres,microcredits d'iniative publique avec des consequences plus ou moins heureuses pour l'economie.au temps de chavez le pib de venezuela a été multiplié par trois,le chomage divisé par deux,la pauvreté reduite de plus d'un tiers,la pauvreté extreme ramené a 10 pour cent,les ecarts de richesse resserés,sur le plan societal,le chavisme,bien aidé par les petrodollars,a divisé l'analphabetisme par deux,fait reculer la mortalité infantile et progresser l'esperance de vie.des efforts que lui reconnaitrons nombres de venezueliens.
chavez avait declaré < la fermeté dans nos relations avec le monde africain est(...) un de nos piliers culturels.nous avons davantage à faire avec notre continent frere,la mere d'afrique,aprés avoir fixé nos yeux sur l'univers occidental et capitaliste.caracas doit devenir un pont pour toutes sortes de cooperation culturelle et economique entre l'afrique et l'amerique latine.
l'echec du developpement de la guinée n'est pas causé par la confisquation du pouvoir de lansana conté jusqu'à sa mort mais plutot par manque des cadres patriotes.
Qu'est vous dit que Jerry Rawlings a ete un democrate? sa venue sur la scene politique a ete illegale et criminelle en 1979. Compte tenu de son irruption sur la scene politique de son pays et de la maniere forte, calquee de la discipline militaire avec lesquelles il dirigea le Ghana, sa reputation en beneficia largement pour remporter des elections que vous dites"libres et transparentes". Au moment ou Rawlings avait accepte de quitter le pouvoir, l'Afrique changeait et les Ghaneens observaient l'attitude qu'allait adopter Jerry Rawlings vis a vis de la limite constitutionnelle des mandats.
Chez nous, Les partisans de Conte clamaient et clament toujours haut et fort que le General Conte est le pere de la democratie en Guinee. Pour Alpha Conde on dit qu'il est le premier president democratiquement elu de la Guinee. Donc basez vous sur tous les contours avant d'appeler Rawlings un democrate. Je comprend la demarche academique que vous vous empruntez pour defendre votre these, mais les realites sont differentes.
Dans la première, le degré de démocratisation des pays se mesure par des critères concernant la procédure démocratique: la tenue d’élections considérées libres et "transparentes", le respect des libertés civiles, la garantie des droits des citoyens, l’alternance politique des dirigeants au pouvoir, etc. C'est sur cette conception procédurale de la démocratie que je me base dans mon texte qui se voulait court.
En revanche, ceux qui possèdent une conception substantielle de la démocratie vont plutôt poser des questions concernant l’utilité de la démocratie, mieux, son essence. Ici, on s’intéresse au fonctionnement quotidien de la démocratie au-delà des échéances électorales par exemple.








