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Emeutes contre l’obscurité : Saïd Fofana, l’agneau du sacrifice ?
Thierno Fodé Sow Mercredi, 19 Février 2014 23:30
Alpha Condé s’est-il essoufflé de venir à la rencontre des quartiers chauds pour haranguer la foule, tirer à boulets rouges sur les anciens premiers ministres devenus opposants à son régime ? On est tenté de le croire en voyant Mohamed Saïd Fofana faire des déclarations et en prenant encore et toujours des engagements. Certains parlent de gros mensonge d’Etat d’un PM troublé, d’autres de panique pure et simple, liée notamment aux faux engagements pris et à la tentative ratée d’étouffer les manifestations dans l’œuf avec à la clé, des billets de banque… mal orientés.
Le premier ministre ne trouve plus d’arguments pour « blanchir » les morts d’hommes et les dégâts matériels importants enregistrés mardi sur l’axe Tombolia-Lansanaya barrage. Il faut donc à tout prix trouver un bouc-émissaire. Et celui-ci est vite repéré pour justifier l’injustifiable. Tenez-vous bien, le PM, enivré désormais lui-aussi par le système Condé qui, disons-le tout net, voit et sent le complot partout, dénonce tout naturellement une main invisible, ennemie du changement qui aurait distribué de l’argent à la veille des émeutes qui, on le rappelle, ont fait deux morts dont un élève gendarme tué par une foule en colère voulant venger la mort d’un jeune heurté par un pick-up de la gendarmerie. Mohamed Saïd Fofana qui est aujourd’hui entre mensonges non voulus et accusations malhabiles jure tout de même, la main sur le palpitant, que « la manifestation n’a rien à voir avec le manque de courant ».
Quoi de plus normal avec ces insistants 17 millions de GNF offerts gracieusement à des jeunes remuants mais qui n’ont rien pu faire pour contenir le mécontentement de leurs amis, après le partage du magot ! Le PM sait donc de quoi il parle. Dans son entendement, il est quasiment impossible en effet de distribuer autant de sous en ces temps de galère noire et se faire harakiri. Il oublie que la recette née depuis peu dans la tête du gouverneur de Conakry, un certain Resco Camara – qui passe tout son temps à interdire sans être écouté – ne porte plus de fruits. Ils doivent savoir à leurs dépens que quand les jeunes manifestent contre l’obscurité, la pénurie d’eau, ils sont dans leur droit. Et il revient au gouvernement d’assumer. Plus besoin de les soudoyer au risque de créer des effets de contagion. Donc de mécontents. Après tout, on ne saurait donner de l’argent à tous les jeunes de Conakry. Fût-on gouverneur de la ville ou PM d’une République en lambeaux. Il faut plutôt soigner le mal à la racine : à EDG de dire si elle peut donner du courant ou pas. Sans aucune déviance.
Sous d’autres cieux d’ailleurs, avec ces deux morts de trop, les responsables de cette entreprise, s’ils n’étaient pas des militants ou jouissant de la couverture d’un tiers, devraient être débarqués et poursuivis pour mutisme et incompétence. Avec eux, le gouverneur et le premier ministre. Mais chez nous, on préfère accuser et chercher des poux sur des crânes rasés. Sinon comment comprendre que dans le même discours, le premier ministre fasse allusion à des loubards infiltrés. Comme l’a fait un autre Bafoe des unités d’interventions de la police, au plus fort moment des marches politiques. Selon le PM en effet, « certaines personnes qui ne sont nullement concernées par les coupures d’électricité, sont venues d’ailleurs pour manifester. » Avant de lancer qu’il est au courant de la distribution la veille, de billets de banque pour que les meneurs des manifs créent le désordre et, du coup, donnent un sérieux coup au changement qui refuse de changer. C’est pourquoi, « le gouvernement ne lésinera plus sur des moyens légaux pour faire respecter la loi. Tous ceux qui seront pris en flagrant délit seront poursuivis. » Alpha Condé étant fatigué de gérer ces genres de dérives sociales, il envoie alors son agneau. Et c’est lui qui fait une déclaration à l’attention des Guinéens et brandit des menaces aux fauteurs de troubles.
En attendant, un élève gendarme, Soriba Soumah, a été tué, ainsi que Maurice Haba, percuté par un véhicule de la gendarmerie. Comme d’habitude, une enquête est ouverte nous dit-on… Et les résultats seront connus – tranquillisez-vous ‒ la semaine des quatre jeudis. Pauvre de nous !
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu
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Commentaires
Bref il faut prendre le taureau par les cornes, ce que ne savent pas faire nos assistés chroniques, qui eux vont bien et s'étonnent que la population ne partage pas leur bien être...
Tout va à vau-l'eau, mais quand on vit au jour le jour, il n'y a pas de quoi s'étonner.
En Guinée, nous avons pris la fâcheuse habitude de se mentir. En effet, lorsque vous regardez ce qui se passe dans les entreprises publiques (EDG, DEG, les hôpitaux…) qui sont sensés assurer aux Guinéens le minimum vital, tous les postes de ces organisations sont vidés de leur compétence par des nominations farfelues et ethniques. Dans le passé, au moment de la « guerre froide », entre l’Est et l’Ouest, ces systèmes étaient « cachés » dans la mesure où, dès qu’il y a un problème de gestion, la puissance économique à laquelle prétend appartenir le pays faisait le chèque pour couvrir l’incompétence des acteurs. Aujourd’hui, cette époque est révolue. Tous les pays du monde se battent pour avoir une part du gâteau mondial (le PIB mondial) et pour pouvoir n’avoir même que des miettes de ce gâteau, cela nécessite des compétences. Dans les entreprises publiques, l’administration publique en Guinée, tous les décideurs ont une seule compétence leur « nom de famille maninka ». Pour illustrer cette affirmation : quel est la seule entreprise téléphonique au monde (malgré des taux de croissance à 2 chiffres de ce secteur) qui a fini par fermer ? C’est la SOTELGUI entreprise publique de téléphone. Quel est la compétence de son ex-PDG « maninka » ! Je passe sur EDG pour l’électricité, DEG pour l’eau, les hôpitaux publics en passant par les 2 uniques CHU qui datent des indépendances africaines. La Guinée doit être le pays au monde qui a le plus de Docteur Es sciences au m² même si on sait bien qu’il s’agit de Doctorat fabriqué à Madina ! J’ai même vu à Conakry un médecin diplômé de l’Université du Liban Beyrouth pendant que ce pays était en guerre ! Aucun contrôle des diplômes rien que des faux ! Pour que ça change, il faudrait que les Guinéens prennent en main leur destin en exigeant à ces prédateurs qui se font appeler « gouvernement » qui sont en fait des voyous de rendre des comptes. Il faut que dans l’administration, dans les services publics, les Guinéens refusent de se faire diriger par des incompétents ayant des « diplômes » fabriqués à Madina. En Guinée tout le monde se connait, donc nous savons où se trouve le gibier, alors la chasse sera facile.








