Rétablissement des élus locaux : au-delà des lois, une lutte d’intérêts ?

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SOW_Thierno_Fod_3_01Le dialogue politique qui vient d’être timidement amorcé avec le ministre de l’Administration du territoire risque d’émettre, et très vite, des signes de lassitude. Et ce qui va causer le réel problème sera indiscutablement la réhabilitation des élus locaux déjà remplacés par des Délégations spéciales au niveau des mairies. Des délégations jugées toutes très proches de l’alliance Arc-en-ciel. L’arrivée aux affaires de ces nouvelles équipes taillées subséquemment sur mesure par le gouvernement ne profitera, estime l’opposition, qu’au gouvernement et au parti au pouvoir.

Même si l’opposition dite radicale plaide par ailleurs pour la neutralité de l’administration publique, chose qu’on ne saurait à priori jauger, ou à la limite, surveiller. Le phénomène est connu. Il est encré. Admis comme devise. On prend des décisions dans les bureaux feutrés, mais quand élection il y a, c’est le terrain qui commande : chaque élu voulant s’attirer les grâces du mentor invisible. C’est pourquoi, en défendant que « les collectivités locales qui ont un mandat de quatre ans - elles sont là depuis six ans - n’ont plus le mandat du peuple, donc ne doivent pas gérer l’argent public Â», le ministre Alhassane Condé, se revigorant derrière le respect de la loi, sait de quoi il parle, bien qu’il ait rassuré ses hôtes politiques qu’il ne sera jamais l’auteur d’un scrutin truqué. Soit !

Pour sa part, l’opposition radicale, consciente que contrôler les collectivités locales, c’est entretenir et s’assurer un vivier électoral inestimable, n’est pas prête à lâcher le morceau. Sinon, c’est suicidaire. C’est donc une véritable foire d’empoigne qui pointe à l’horizon et qui risque de gripper la machine du dialogue entre pouvoir et opposition. Sinon, le gouvernement peut accéder à toute la plateforme revendicative du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition : accès équitable aux médias d’Etat, restructuration de la CENI qui était déjà dans le viseur du gouvernement, etc. Tous ces points ne sont, en réalité, que des additifs. Le vrai problème, on le sait, c’est bien le rétablissement des élus locaux. Faut-il donc aujourd’hui, au nom du dialogue ou du respect des lois en vigueur, accepter les désignés du pouvoir en place comme tels et garantir un raz-de-marée électoral orchestré au profit d’Alpha Condé, ou réhabiliter les anciens pour que pouvoir et opposition se partagent les voix ? C’est toute la question ! Seule évidence, on s’attend à ce que les choses coincent, car au-delà des lois du code des collectivités, c’est à une lutte d’intérêts que pouvoir et opposition se livrent. Chaque parti voudra empêcher l’autre de ratisser large. Qui est fou ?


Thierno Fodé Sow


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Commentaires  

 
-2 #10 mickmack camara 19-08-2011 18:58

Je sais que les maires ne sont pas impliqués à ce niveau, je dis que pour le cas des maires et des députés, la qualité, la valeur sociale du candidat assurera sa défaite ou sa victoire. Un candidat à la députation qui n'a jamais rien n'apporté à son bled, ne sera jamais élu, fusse t-il d'un grand parti ou non. Plus que le parti, on vote pour l'homme ou la femme qui a toujours apporté quelque chose au bled.
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+3 #9 Gandhi 19-08-2011 18:16

Mic Mac pour moi ce n'est pas un problème de tricherie pour les élections, c'est d'abord un respect des textes. On ne jette pas des citoyens comme ça du jour au lendemain par le fait du prince. Et même si c'étaient des criminels, ils ont droit à un procès. Ici, pour démettre un conseiller, il faut une décision de justice et non un décret. Tout cela n'est que de l'intimidation gratuite, et l'opposition entend simplement faire respecter le droit. Concernant les élections législatives, les maires n'y sont pas directement impliqués.
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0 #8 mickmack camara 19-08-2011 16:20

ça veut tout simplement dire que chacun de son coté se prépare à tricher. Comment est ce que le fait d'avoir des élus pro UFDG quelque part assurerait la victoire à l'ufdg, ou que avoir des élus Pro RPG garantirait la victoire au RPG? Vous semblez tous oublier que l'on ne vote plus par conviction.Il y a aussi un autre élément à intégre, c'est que pour etre député ou maire, la valeur individuelle et sociale du candidats comptera pour 95%.
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+2 #7 Gandhi 19-08-2011 09:04

Guinean, puisque vous êtes bien informé, ne m'indiquez pas les régions d'origine qui ne veulent pas dire grand chose (souvent c'était un dirigeant PUP qui était maire, et ceux-ci ont choisi leur nouveau camp par la suite, l'un ou l'autre). Faites-moi plutôt le décompte des conseils de la majorité présidentielle qui ont été modifiés. Moi c'est de ça que je parle et non de régions.
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+1 #6 Guinean 19-08-2011 00:02

Gandhi, dire que seules les communes pro-opposition ont ete remplacees par les delegations speciales est archi-faux! Kankan et d'autres villes de la haute guinee, de la foret et de la basse-guinee ont egalement ete dissoutes par le ministre...
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+1 #5 Fela Barry 18-08-2011 21:10

Il faut vraiment avoir une piètre idée de ce qu’est faire de la politique pour croire qu’il faut être sans scrupules, dépourvu de toute moralité et éthique pour en faire un destin. Tous les moyens déloyaux ne sont pas justement tolérables y compris la barbarie à des fins politiques. Que le commun des mortels guinéens continue de croire que la politique, c’est la loi de la jungle, à des racines profondes. Cette psychologie politique de caniveau est l’une des conséquences du contexte de la guerre froide qui a couvert les crimes abominables de nos ethnopoliticiens. D’où la culture de l’impunité qui gouverne chaque Président se mettant martel pardon Machiavel en tète, qu’il a droit de vie y compris de mort sur ses propres concitoyens. Barbarie ou démocratie : Dieu seul sait où nous conduira la débrouillardise du Coq-Président !
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+5 #4 AOT Diallo 18-08-2011 20:36

Je vois déjà l`opposition tomber en plein dans ce nouveau piège du PPAC. Je n`oublierais jamais leur choix à l`unanimité de JMD à la primature de la transition et leurs éloges journaliers au maréchal-voleur Konaté...Même leurs remerciements unanimes mais hypocrites au PPAC pour cette libération d`innocents indiquent déjà la couleur habituelle de leur bêtise !
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+6 #3 sylla 18-08-2011 20:00

"SYLLA Alpha CONDE est plus politique que ces adversaires et si vous remarquez l'opposition guinéenne est plus destructive que constructive.
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+7 #2 Gandhi 18-08-2011 19:29

On ne peut pas évoquer la loi quand cela arrange, et l'oublier dans le cas inverse. Si Alhassane Condé était respectueux de la loi, il aurait organisé les législatives dans les 6 mois. Ce n'est pas la loi, c'est la constitution.
Si les élus ont dépassé leur mandat, pourquoi ne sont-ils pas remplacés dans toute la Guinée, mais seulement ceux de l'opposition ?
Enfin aucun tribunal n'a rendu de décision permettant de justifier le remplacement des conseils communaux. Aucun audit public n'a été réalisé malgré les annonces.
C'est incroyable de voir des gens, ministres qui plus est, mentir effrontément, alors qu'on peut les confondre facilement. Je ne me ferai jamais à ces méthodes.
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+3 #1 Youssouf Bangoura 18-08-2011 18:42

Quoique l'opposition fasse, elle sortira vaincue du scrutin legislatif, Alpha a dejà envoyé ses tentacules partout . Il connait la politique mieux que ses adversaires .
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