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Rétablissement des élus locaux : au-delà des lois, une lutte d’intérêts ?

Thierno Fodé Sow  Jeudi, 18 Août 2011 14:59

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SOW_Thierno_Fod_3_01Le dialogue politique qui vient d’être timidement amorcé avec le ministre de l’Administration du territoire risque d’émettre, et très vite, des signes de lassitude. Et ce qui va causer le réel problème sera indiscutablement la réhabilitation des élus locaux déjà remplacés par des Délégations spéciales au niveau des mairies. Des délégations jugées toutes très proches de l’alliance Arc-en-ciel. L’arrivée aux affaires de ces nouvelles équipes taillées subséquemment sur mesure par le gouvernement ne profitera, estime l’opposition, qu’au gouvernement et au parti au pouvoir.

Même si l’opposition dite radicale plaide par ailleurs pour la neutralité de l’administration publique, chose qu’on ne saurait à priori jauger, ou à la limite, surveiller. Le phénomène est connu. Il est encré. Admis comme devise. On prend des décisions dans les bureaux feutrés, mais quand élection il y a, c’est le terrain qui commande : chaque élu voulant s’attirer les grâces du mentor invisible. C’est pourquoi, en défendant que « les collectivités locales qui ont un mandat de quatre ans - elles sont là depuis six ans - n’ont plus le mandat du peuple, donc ne doivent pas gérer l’argent public », le ministre Alhassane Condé, se revigorant derrière le respect de la loi, sait de quoi il parle, bien qu’il ait rassuré ses hôtes politiques qu’il ne sera jamais l’auteur d’un scrutin truqué. Soit !

Pour sa part, l’opposition radicale, consciente que contrôler les collectivités locales, c’est entretenir et s’assurer un vivier électoral inestimable, n’est pas prête à lâcher le morceau. Sinon, c’est suicidaire. C’est donc une véritable foire d’empoigne qui pointe à l’horizon et qui risque de gripper la machine du dialogue entre pouvoir et opposition. Sinon, le gouvernement peut accéder à toute la plateforme revendicative du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition : accès équitable aux médias d’Etat, restructuration de la CENI qui était déjà dans le viseur du gouvernement, etc. Tous ces points ne sont, en réalité, que des additifs. Le vrai problème, on le sait, c’est bien le rétablissement des élus locaux. Faut-il donc aujourd’hui, au nom du dialogue ou du respect des lois en vigueur, accepter les désignés du pouvoir en place comme tels et garantir un raz-de-marée électoral orchestré au profit d’Alpha Condé, ou réhabiliter les anciens pour que pouvoir et opposition se partagent les voix ? C’est toute la question ! Seule évidence, on s’attend à ce que les choses coincent, car au-delà des lois du code des collectivités, c’est à une lutte d’intérêts que pouvoir et opposition se livrent. Chaque parti voudra empêcher l’autre de ratisser large. Qui est fou ?


Thierno Fodé Sow


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