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Alhassane Condé : l’autre colis encombrant d’Alpha !

Thierno Fodé Sow  Mercredi, 03 Avril 2013 15:24

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SOW_Thierno_Fode_5_01Au-delà du mépris ambiant dont il a fait sa marque de fabrique depuis qu’il est aux commandes, on attribue à Alhassane Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, une lourde responsabilité quant à l’impasse du dialogue politique sans cesse organisé mais sans jamais réellement prendre corps, entre pouvoir et opposition républicaine.

Ce fidèle des fidèles – ou plutôt l’allure qu’il donne – d’Alpha Condé, dont le pouvoir, par complaisance ou solidarité tribale, ne parvient pas à se débarrasser se révèle tous les jours comme un véritable casse-tête. Sûr d’un certain soutien par des mains invisibles, Alhassane Condé qui est loin d’être un modèle de ministre ouvert au dialogue et à l’ancrage de la démocratie, enfonce à chaque fois son mentor. Celui-ci, obnubilé qu’il est par cette politique qui consiste pour lui à s’assurer loyauté absolue et fidélité à toute épreuve. Pris donc dans son propre piège, Alpha Condé (l’homme qui gère de manière autocratique et silencieuse les affaires courantes du pays sans laisser entrevoir la moindre vision globale de développement du pays) ne sait plus ce qu’il va faire de son colis qui apparaît de plus en plus incommodant.

Il a souvent désavoué son belliqueux ministre et parfois de la façon la plus rigide. D’abord avec l’interdiction d’une marche pacifique de l’opposition républicaine mobilisée autour du Collectif et de l’ADP d’alors. A l’époque, Alhassane Condé, Resco Camara et le général Baldé de la Gendarmerie nationale, chacun était allé à la télé guinéenne pour sortir ses crocs. Les Guinéens, face aux chevauchements de prérogatives entre ces trois commis de l’Etat se demandaient du coup, à qui revenait l’interdiction de l’opposition de marcher. Très vite, Alpha Condé lui, se ravise et autorise « ses vrais faux frères » de l’ADP et du Collectif de battre le pavé. En même temps il tire les oreilles à son ministre qui ne parvient pas souvent à faire une bonne lecture des instructions données à partir de Sékhoutouréya. Ce fut le premier désaveu apparent d’Alhassane Condé. Le second, remonte à ce début de semaine dans le cadre du dialogue politique qui fait aujourd’hui trop de bruit avec facilitateurs, médiateurs, structure du cadre de dialogue, etc.

En effet, le ministre qui constitue à lui seul, selon l’opposition, un frein, s’était autoproclamé président du cadre dudit dialogue (peut-être la loi le lui permet-elle ?), supplantant ainsi au pied levé le pondéré Mohamed Saïd Fofana, Premier ministre. Là aussi, Alpha Condé a recadré les choses, envoyant paître celui-là même que de nombreux détracteurs appellent à juste titre : l’extrémiste du régime, celui-là même qui rêvait de créer le bicéphalisme au sein du cadre de dialogue politique. Ce ministre qui nargue…

Aujourd’hui, la conduite du dialogue revient au Premier ministre, Alpha Condé l’a dit à ses hôtes de l’opposition qu’il a reçus ces dernières heures. De toutes les façons, il a intérêt à taper le doigt à ses ministres qui rament à contre-courant, empêchant le vrai changement ( ?). Et par ricochet, souler une opposition qui ne veut pas du tout se laisser berner par un soi-disant cadre de dialogue manquant d’adresse.

Alhassane Condé apparemment peu perméable aux récriminations et aux dogmes, du reste désuets, de son mentor, est tout de même averti. En renouvelant sa confiance à son PM, Alpha Condé est persuadé pour sa part de faire descendre le mercure. Quoi qu’il en soit, il est conscient comme Alphonse Allais que les pommes de terre cuites sont plus faciles à digérer que les pommes en terre cuite.


Thierno Fodé Sow
 

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