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Guinée : déficit alarmant de patriotisme et carence endémique de leadership

Thierno Aliou Bah  Dimanche, 30 Décembre 2012 14:09

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BAH_Thierno_Aliou_4_01Chers compatriotes,

GuineeActu me fait l’immense plaisir de publier la version complète d’un petit texte qu’ils avaient bien voulu publier à ma demande il y a quelques mois de cela. J’ai eu le privilège de rencontrer certains de nos compatriotes en exil et des cadres de nos administrations successives qui m’ont permis d’approfondir mon analyse. Globalement cet écrit, un point de vue constructif sur la mal-gouvernance en Guinée, vise à obtenir une amélioration du comportement de nos dirigeants afin de remettre notre pays au niveau des pays émergents.

La bonne gouvernance politique est en effet un gage de qualité des prestations de services publics. Elle ‘‘…s’impose en premier lieu comme moyen de réforme des institutions, à des fins d’efficacité’’. Cela se concrétise par un engagement responsable des autorités politiques en faveur d’une révolution de l’esprit et d’une amélioration des comportements. La politique n’étant pas un processus linéaire, il semble donc important d’essayer de réunir tous les facteurs politiques, économiques, culturels et sociaux de développement pour arriver au modèle de société que nous envisageons.

Nous avons un lourd passé que nous ne pouvons pas modifier, mais nous pouvons reprendre le contrôle de notre avenir car la misère qui sévit en Guinée n’est pas une fatalité ; elle n’est que la conséquence de la mal-gouvernance politique/économique et de la déraison. Avec la ferme volonté de bâtir une nation prospère, même le plus contesté des leaders peut se reconstruire (car nul n’est parfait) en s’entourant de gens qui osent lui dire la vérité. La domination de l’opportunisme économique affichée, de certains cadres/politiques locaux sur le pragmatisme ou la raison ne favorisent pas l’émergence d’un État démocratique véritablement fonctionnel. Aujourd’hui il faut un sursaut patriotique inédit au sommet de l’État et dans l’administration publique pour sauver le pays de la ruine totale.

Réflexion faite, tous les milliards du monde ne pourront sauver la Guinée à moins que nous n’embrassions une approche objective du discours politique en adoptant un sens plus élevé et plus noble de la responsabilité. Mais le pouvoir de persuasion nécessaire pour le faire exige de nous un engagement impartial, dépassionné, en montrant le bon exemple autant que possible. Pour ce faire, il est important que la diversité des regards sur la pauvreté dans notre pays soit aussi élargie à la mal-gouvernance politique et administrative, et qu’elle soit au cœur d’un débat ordonné aussi central pour le monde du développement et la communauté internationale. Malheureusement, malgré la publication d’une multitude d’analyses sur les conséquences à long terme des mauvais choix politiques en Afrique, la vaste majorité de nos dirigeants restent intellectuellement rigides au changement politique porteur de prospérité. Où est donc passée la raison en Afrique ?

Même si globalement les pays d'Afrique sont restés plus longtemps des colonies que les pays émergents d'Asie, le seul facteur colonial ne justifie pas l’état actuel d’extrême pauvreté des populations. La colonisation y a certes laissé des traces, mais pas au point de retarder le développement du continent. Contrairement à ces pays, qui ont eux aussi subi la colonisation, nous faisons fi des valeurs et de la discipline qui sous-tendent le développement.

Pour que le continent avance, nous devons donc changer nos mauvaises méthodes d’approche, prendre notre développement au sérieux et créer les conditions optimales de succès individuel dans le respect de l’équilibre social. On ne peut pas devenir des hommes ou des femmes de valeur pour son peuple en le prenant en otage, en lui imposant sa dictature ou en influençant les sensibilités. Chacun est libre d’appartenir au mouvement de son choix ou d’exprimer ses sentiments sur la gestion politique ou économique de son pays.

Lors des dernières élections par exemple, de graves dysfonctionnements avaient été signalés ; certains citoyens allant jusqu’à insinuer l’idée d’une parodie d’élection organisée en faveur de l’ex futur président. À chacun ses sentiments, mais dans une société libre la manifestation démocratique des préoccupations des citoyens sur le processus électoral est un droit républicain qui doit être respecté par les autorités politiques, car elle s’impose comme facteur de stabilité sociopolitique. Les manquements de notre ‘‘démocratie’’ conjugués avec le manque de confiance interpartis dans l’action politique constituent aujourd’hui une des causes principales de l’impasse politique qui règne en Guinée. Il semble donc crucial de rappeler que le libre choix par les citoyens de leurs leaders est un facteur fondamental de stabilité sociopolitique et un remède contre la pauvreté de masse.

Bonne lecture, et mes meilleurs vœux de bonheur et de prospérité pour l’année 2013


Thierno Aliou Bah


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