David Gleason Vendredi, 30 Novembre 2012 21:19
Le Financial Times rapporte que Mme Boiro était totalement intolérante de la corruption et elle enquêtait sur 1,8 millions $ qui ont disparu des coffres de l'État. «Elle est devenue gênante pour certains prédateurs économiques qui sont dans le gouvernement »
Même les touristes les plus passionnés n’ont pas beaucoup de raisons de se rendre en Guinée. Bien que le pays recèle des ressources minérales extraordinaires.
Il possède la plus grande réserve mondiale de bauxite et les chaines montagneuses de Simandou contiennent une des plus riches réserves de minerai de fer connues et inexploitées du monde.
L'or et la bauxite sont d’importantes sources financières de ce pauvre pays à très bas produit intérieur brut (PIB). La mine d'or de Siguiri fait partie du portefeuille d'AngloGold Ashanti et a produit 249,000 oz l’année dernière, soit une production de 7.059 kg.
Grâce à une croissance sans précédent en Chine et en Inde, la Guinée est redevenue un pays qui suscite des convoitises économiques.
Avec un nouveau président en place (Alpha Condé), le gouvernement a passé en revue les licences d'exploration et d'exploitation minière qui ont été publiées sous les régimes précédents, et modifiées ou confirmées sous le gouvernement militaire, dirigé d’abord par Dadis Camara puis par Sékouba Konaté.
La Guinée a été considérée comme indésirable et non attractive depuis qu'elle a obtenu son indépendance de la France en 1958. Gouvernée successivement par deux dictateurs jusqu'en décembre 2008, elle a été ensuite soumise à un contrôle militaire qui a pris fin après des élections chaudement et âprement disputées, et sanctionnées par la victoire floue de Condé en décembre 2010.
L'Afrique du Sud a-t-elle été impliquée dans l'élection de Condé ?
Waymark Infotech, une compagnie sud-africaine qui a participé au déroulement des élections en fournissant le fichier électronique électoral (logiciel d’enregistrement) et des services d'enregistrement des électeurs dans divers pays africains, a été retenue par le parti de Condé, puis enrôlée dans les services gouvernementaux.
Guinée 58, un site de nouvelles guinéennes, a rapporté en mai que le département des finances du pays a noté que l'amendement entre le gouvernement et Waymark a été «négocié les yeux fermés ». Il a également révélé que Waymark charge 14 millions de dollars au lieu de 3 millions de dollars pour son premier paiement.
Comme je l'ai indiqué dans une chronique précédente, Waymark a été retirée de la liste des Nations Unies des prestataires de services agréés en septembre 2008 (renseignements sur les participants, ONU).
Independent Online (20 septembre) a déclaré que la participation de Waymark à un remake de la liste électorale de la Guinée a conduit le leader de l'opposition Lansana Kouyaté à appeler à des manifestations pour demander l’interdiction d’utiliser Waymark: « Nous demandons le départ de Waymark, qui est une entreprise qui a été recrutée par Alpha Condé ».
L'étendue de la corruption et de la violence en Guinée sont devenues endémiques et se reflète dans l'assassinat le 11 novembre 2012 de Mme Boiro Aïssatou, directrice du Trésor, qui a été froidement abattue alors qu'elle rentrait chez elle à Conakry.
Le Financial Times rapporte que Mme Boiro était totalement intolérante à la corruption et elle enquêtait sur 1,8 millions de dollars qui ont disparu des coffres de l'État. « Elle est devenue gênante pour certains prédateurs économiques qui sont dans le gouvernement », a déclaré l'économiste Idrissa Camara.
L’intérêt de l’Afrique du Sud pour la Guinée a certainement augmenté ces dernières années. Je l'ai signalé dans un de mes articles (8 juin), le Sunday Times, journal du Royaume-Uni a révélé (3 juin) un accord secret entre le gouvernement guinéen et les entreprises appartenant à un homme d’affaire sud-africain du nom de Walter Hennig.
Ses entreprises britanniques à l'Île Vierge (British Virgin Island), Palladino, Florus Bell et, plus tard, Palladino 2, ont mis à la disposition du gouvernement de Condé un prêt de 25 millions de dollars pour aider au développement d'une société minière d'État.
Il est apparu que, dans certaines circonstances, Palladino 2 pourrait en fait détenir environ 30% du capital de la société minière d'État. Cela a créé un tel tollé que Hennig a catégoriquement nié cet aspect de l'affaire et a révélé plus tard que le prêt avait été remboursé, même si aucune raison pour cela n’était donnée.
Hennig a également été impliqué dans la création en 2008, avec Mvelaphanda Holdings et des sociétés d'investissement basées au Royaume-Uni Och-Ziff, de la compagnie Africa « Management ».
Il a donné naissance à « African Global Capital » dans lequel Mvela, le fondateur de Tokyo Sexwale, a dit qu’il s'appuierait pour renforcer sa présence et sa mainmise sur le continent.
Bien qu'il n'y ait eu aucune annonce publique, je comprends à partir de sources fiables à Londres, que cet arrangement a été annulé.
Comme pour le remplacer, le « Financial Times » rapporte qu’un groupe d'investisseurs dirigé par Jan Kulczyk, l’homme le plus riche de Pologne, et un fonds d’investissement souverain du Qatar, vont financer un investissement de 700 millions de dollars dans une entreprise d’exploration minière en Afrique et en Amérique du Sud.
Apparemment, le projet sera géré par Lloyd Pengilly et Roger Kennedy, deux anciens hauts dirigeants de JP Morgan. Je comprends que Mvela est un investisseur silencieux important et qu’Och-Ziff est également impliqué.
Pengilly, jadis un ingénieur des mines à « Western Deep Levels gold mine » puis analyste et spéculateur de bourse, a été plus récemment président de la branche africaine de JP Morgan, l'entreprise africaine de JP Morgan (JP Morgan’s African business).
Il a démissionné et quitté tranquillement l'entreprise en septembre de cette année sans aucune annonce officielle de la part de la compagnie, bien que des nouvelles de sources financières soutiennent qu'il a été destitué de ses fonctions. Pengilly a longtemps été proche de Hennig, Mvela Holdings CE Mark Willcox et Sexwale.
Deux autres éminents hommes d'affaires de Londres qui sont impliqués dans le traitement de dossiers sensibles de haut niveau de transaction (business), de JP Morgan en Afrique du Sud sont Ian Hamman et Lord Robert Renwick.
Ils ont formé un triumvirat avec Pengilly. Hamman a quitté JP Morgan en avril après avoir été condamné à une amende $ 720.000 au Royaume-Uni pour délit d'initié.
Renwick était haut-commissaire britannique en Afrique du Sud (1987-91) et ambassadeur aux États-Unis (1991-95).
Pendant ce temps, une question clé est de savoir comment l'administration guinéenne d’Alpha Condé va traiter les concessions minières déjà existantes. Rio Tinto, qui détenait les droits des concessions de minerai de fer de Simandou, a perdu deux de celles-ci lorsqu’un gouvernement précédent a allégué qu'il n'avait pas respecté les conditions des licences.
Rio Tinto a négocié une joint-venture avec Aluminium Company of China (Chinalco) pour développer les deux autres. Chinalco devrait payer 1,35 milliards de dollars US à Rio et Rio à son tour doit payer 700 millions de dollars US au gouvernement Condé.
Les concessions de Simandou de Rio retirées à Rio ont été transférées au « Ressources Beny Steinmetz Group », qui a ensuite conclu une joint-venture avec la société minière brésilienne Vale, qui est prête à payer 2,5 milliards de dollars en tranches.
La joint-venture, VBG, fait maintenant l'objet d'une enquête menée par le ministère guinéen des Mines, qui affirme que le groupe Beny Steinmetz a été accusé de corruption dans la sécurisation de ses licences. La société a vivement démenti.
Le nouveau code minier de la Guinée a été préparé par Initiative pour la transparence des industries extractives, une institution fondée avec l'aide du multi-milliardaire George Soros.
Il est largement répandu, et écrit, que Soros et Steinmetz ne sont pas en bons termes. Soros nie connaître Steinmetz; Steinmetz dit avoir invité Soros à un dîner à Davos avec l'ancien président de l'Ukraine Viktor Louchtchenko.
Les licences de Vale-Beny Steinmetz Group semblent devoir faire l’objet d’une lutte sans merci et jusqu’au bout. Le rôle futur des sociétés sud-africaines intéressées dans les mines en Guinée demeure incertain.
David Gleason
uk.news.yahoo.com
Source: guinea-forum.org
Texte original en anglais
Economic predators rule in Guinea
NOT even the most avid tourist has much cause to visit Guinea. But the country does host extraordinary mineral reserves. It is the world’s largest repository of bauxite and its Simandou range contains one of the richest known undeveloped iron-ore reserves anywhere. Gold and bauxite mining are important contributors to its impoverished gross domestic product (GDP). The Siguiri gold mine is part of AngloGold Ashanti’s portfolio (249,000oz of production last year).
The base metals supercycle, inspired by unprecedented growth in China and India, meant Guinea came to be looked at with renewed interest. With a new president in place (Alpha Condé), the government has been reviewing exploration and mining licences that have been issued under previous regimes and altered or confirmed under the military government, led first by Dadis Camara and then by Sékouba Konaté.
Guinea has been considered no-go territory ever since it achieved independence from France in 1958. Ruled by two dictators until December 2008, it was then subjected to military control that was ended by hotly disputed elections won by Condé in December 2010.
Was South Africa involved in Condé’s election? Waymark Infotech, a South African company with a record of providing voter registration services to various African countries, was retained by Condé’s political party, then drafted into government service. Guinea 58, a Guinean news website, reported in May the country’s finance department noted that an amendment between the government and Waymark was "negotiated eyes closed". It went on to reveal that Waymark charged $14m instead of $3m for its first due payment.
As I reported in an earlier column, Waymark was removed from the United Nations list of approved service providers in September 2008 (Participant information, UN). Independent Online (September 20) reported that Waymark’s involvement in a remake of Guinea’s electoral list led opposition leader Lansana Kouyate to tell marching protesters: "We are calling for the departure of Waymark, a company that was recruited by Alpha Condé."
The extent to which corruption and violence in Guinea have become endemic is reflected in the assassination on November 11 of Treasury chief Aissatou Boiro, who was gunned down while driving home in Conakry. The Financial Times reports that Boiro was totally intolerant of corruption and was investigating $1.8m that went missing from the state’s coffers. "She became inconvenient for certain economic predators who are in government," said economist Idrissa Camara.
South African interest in Guinea has certainly increased in recent years. I reported in this column (June 8) that the UK’s Sunday Times (June 3) revealed a secret deal between the Guinean government and companies owned by South African businessman Walter Hennig. His British Virgin Island companies, Palladino, Florus Bell and, later, Palladino 2, made available a loan of $25m to assist in the development of a state mining company.
It appeared that, under certain circumstances, Palladino 2 could end up holding about 30% of the equity in the state mining company. This created such a furore that Hennig categorically denied this element of the deal and later revealed the loan had been repaid, although no reasons for this were given.
Hennig was also involved in the 2008 establishment, with Mvelaphanda Holdings and UK-based investment company Och-Ziff, of Africa Management. It spawned African Global Capital, which Mvela founder Tokyo Sexwale said would build on an already strong foothold across the continent. Although there has been no public announcement, I understand from reliable sources in London that this arrangement has been unwound.
As though to replace it, the Financial Times reports that a group of investors led by Jan Kulczyk, Poland’s richest man, and Qatar’s sovereign wealth fund are bankrolling a $700m company investing in mineral exploration in Africa and South America. Apparently the project will be managed by Lloyd Pengilly and Roger Kennedy, both senior former JP Morgan executives. I understand that Mvela is a major silent investor and that Och-Ziff is also involved.
Pengilly, originally a mining engineer at Western Deep Levels gold mine and then a stockbroking analyst, was more recently chairman of JP Morgan’s African business. He left the firm very quietly in September this year without any official announcement from the company, although a financial news service said he was dismissed. Pengilly has long been close to Hennig, Mvela Holdings CE Mark Willcox and Sexwale.
Two other prominent London businessmen involved in handling high-level JP Morgan deals out of South Africa are Ian Hamman and Lord Robert Renwick. They formed a triumvirate with Pengilly, it is said. Hamman left JP Morgan in April after being fined $720,000 in the UK for insider trading. Renwick was UK high commissioner to South Africa (1987-91) and ambassador to the US (1991-95).
Meanwhile, a key issue in Guinea is how the Condé administration will handle existing mining licenses. Rio Tinto, which previously held the key Simandou iron ore concessions, lost two of these when a previous government alleged it failed to comply with the terms of the licenses. It negotiated a joint venture with Aluminium Company of China (Chinalco) to develop the remaining two. Chinalco is to pay Rio $1.35bn and Rio then paid $700m to the Condé government.
The Simandou concessions taken from Rio were transferred to Beny Steinmetz Group Resources, which then entered into a joint venture with Brazilian mining house Vale, which is to pay $2.5bn in stages. The joint venture, VBG, is now the subject of an investigation by the Guinean mines ministry, which says the Beny Steinmetz group has been accused of bribery and corruption in securing its licences. The company has hotly denied this.
Guinea’s new mining code was prepared by Extractive Industries Transparency Initiative, an institution founded with the help of multi-billionaire George Soros. It is widely rumored, and written about, that Soros and Steinmetz are not on good terms. Soros denies knowing Steinmetz; Steinmetz relates hosting Soros to a dinner in Davos with former Ukraine president Viktor Yuschenko.
The Vale-Beny Steinmetz Group licences look to be heading for a fight to the finish. The future role of interested South African companies remains unclear.