Boubacar Doumba Diallo Mercredi, 13 Janvier 2016 01:34
Ce matin en discutant avec un ami congolais avec lequel je partage le même bureau à l’UFR de Maths-Info, à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody, il me fit une révélation pour le moins surprenante : le président du Congo Sassou Nguesso aurait des ascendants Abbey d’Agboville, des résistants que les colons déportèrent au Congo au début du 20e siècle.
De retour à la maison, un simple clic sur Google me permit de découvrir ce qui va suivre. Lisez, appréciez et suivez mon regard…
LA RÉVOLTE DES ABBEY EN 1910
Durant la période coloniale, une révolte laminaire du peuple abbey en janvier 1910 (début 1905, fin 1918), conduit à la déportation de plusieurs ressortissants de ce groupe ethnique vers la Centrafrique et le Congo-Brazzaville. En effet, las des excès commis par les colons dans le cadre du portage, du travail forcé et des injustices dont ils sont constamment victimes (confiscation d’armes juste après le versement des lourdes taxes requises pour leur transport, actes arbitraires, piétinement de la dignité humaine, etc.), les Abbey se révoltent. Ils sont laminés sans pitié par environ 1 400 tirailleurs venus du Sénégal non sans avoir eu à décapiter un commandant français du nom de Rubino.
La suite de la déportation des têtes de file de la révolte des Abbey continue d’entretenir la polémique au sein des historiens et des anthropologues. Pour certains ces Abbey qui, pour l’essentiel, ont été déportés en Centrafrique et au Congo-Brazzaville ont eu des descendants qui aujourd’hui jouent les premiers rôles dans ces deux pays.
L’on avance que les chefs d’Etat Jean Bedel Bokassa, Denis Sassou N’Guesso et Ange Félix Patassé sont des descendants de ces déportés abbey. Les tenants de cette thèse s’appuient sur les patronymes de ces hommes d’Etat dont les pays ont effectivement accueilli en 1910 des insurgés ivoiriens à l’époque coloniale à la suite de la révolte des Abbey. C’était une stratégie pour l’administration coloniale d’éloigner les meneurs de la résistance pour affaiblir ainsi les velléités de résistance.
Il se raconte aussi que ces trois personnalités portent toutes des patronymes abbey et ont des ascendants qui seraient originaires du village de Grand-Morié qui est situé à une dizaine de kilomètres et qui se trouve être également le village d’Ernest Boka. Les découpages sémantiques des patronymes laissent transparaître des consonances abbey, ce qui a conforté dans leur position les défenseurs de l’origine ivoirienne des présidents congolais et centrafricains.
Pour eux, la vraie identité de l’empereur Bokassa se décline comme suit : Boka Assa. Celle de Ange Félix Patassé est en vérité Pata Assé et le président Denis Sassou N’Guesso aurait pour vrai nom Souassou N’Gbesso. Comme on peut le voir, ces trois présidents selon le rapprochement qui ressort de ces études portent effectivement des patronymes qui sont proches de ceux que portent les peuples abbey de Côte d’Ivoire. Mais cela suffit-il pour confirmer la thèse de l’origine ivoirienne ou de leur appartenance à l’ethnie abbey ? »
Boubacar Doumba Diallo
Source : Réseau Ivoire
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