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Monographie de l’Union des forces démocratiques de Guinée

Lamarana Petty Diallo  Samedi, 25 Juillet 2015 23:32

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DIALLO_Lamarana__Petty_8_01Au moment où se tient le congrès national de l’Union des forces démocratiques de Guinée, (UFDG), il s’impose de retracer l’historique de ce parti, d’expliquer (à nouveau) son objet, son influence intérieure et extérieure, de présenter son organisation, son combat et son idéal politique. Mais aussi présenter ses principaux dirigeants.


I- Genèse et évolution de l’Union des forces démocratiques de Guinée

Le parti dénommé « Union des forces démocratiques de Guinée » qui a pour sigle « UFDG » est constitué historiquement de l’alliance de plusieurs partis politiques qui ont vu le jour à l’avènement du multipartisme en République de Guinée. En voici le cheminement.


1. Création
 

En septembre 1991 est créée « l’Union des forces démocratiques », (UFD) à l’issue de la fusion de plusieurs partis et mouvements politiques qui en sont les fondateurs.

Ce sont : l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) d’Amadou Oury Bah, le parti de l’unité et de la renaissance (PUR) d’Alpha Ibrahima Sow, l’Union des forces patriotiques (UFP) de Mamadou Baadiko Bah et alliés, le Forum démocratique de Guinée (FODEG) du mouvement estudiantin et des Guinéens résidant en Côte d’Ivoire.


2. De l’Union des forces démocratiques à l’
Union des forces démocratiques de Guinée

L’Union des forces démocratiques (UFD) devient « l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) à l’issue du congrès extraordinaire des 30 et 31 août 1997. Le parti est homologué par l’arrêté N° A/98/0742/MID du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République de Guinée.

En juillet 2007, le parti « Hafia » de Saliou Bella Diallo noue une alliance avec l’UFDG.


3. Emblème 

La couleur orange du soleil levant et la couleur verte du fromager. Le tout sur un fond blanc.


4. Objet

L’objet du parti se décline en 5 points. Il convient juste de citer le premier (voir les statuts pour les autres).

L’UFDG « ambitionne promouvoir la démocratie dans la cohésion sociale afin de bannir l'exclusion par le rejet de toute forme de discrimination basée sur l’ethnie, la religion, le sexe et l’origine sociale dans la recherche des solutions aux problèmes politiques et économiques du pays et de mettre en œuvre un programme politique capable de promouvoir le développement durable et induire le bien-être et l’épanouissement de chaque Guinéen ».


5. Cadre statutaire 

L’UFDG est encore classée sur l’échiquier politique guinéen parmi les partis d’opposition.


6. Principaux responsables de l’UFDG de 1991 à nos jours

- Secrétaire général : Amadou Oury Bah, plus connu sous le nom de Bah Oury, fondateur du parti. Il a occupé ce poste de la création de l’UFD en 1991 à 2007. Depuis novembre 2007, il occupe le poste de vice-président.

- Présidents :


II- Organisation et fonctionnement

1. Structures, instances

- A la base

L’UFDG est organisée sur l’ensemble du territoire guinéen en comités de base, sections et fédérations. A l’étranger, les structures du parti sont régies par les mêmes principes. Chacune de ces structures fonctionne sous forme de réunions, conférences, congrès, congrès extraordinaires.

- Au niveau national

Le Bureau exécutif (BE) : Direction nationale du parti, il est composé de membres élus par le congrès et de membres de droit. Il a pour mission « la conception du programme du parti, la mise en œuvre et le suivi des décisions du congrès ». Le nombre des membres du BE devrait être consolidé par le congrès.

Le Conseil politique : Instance du BE, il est composé de 19 membres dont le président du parti, le/ la président(e) d’honneur, les 5 vice-présidents. Y siègent également la présidente du Comité national des femmes, le secrétaire général du Comité national des jeunes, le président du Comité national des sages, le secrétaire général et le trésorier général, et 7 membres choisis par le BE. Le nombre des membres du Conseil politique devrait être revu lors du congrès.


2. Mode d’élection, mandat et fonctions

- Le président du parti

Le président de l’UFDG est élu par le congrès national pour un mandat de 5 ans. Il « préside les réunions du Bureau Exécutif, du Conseil politique et des instances nationales du parti. Il impulse, coordonne et contrôle les activités du parti. Il représente le parti dans tous les actes de la vie civile, … ». «In statut de l’UFDG ».

- Les vice-présidents

Les vice-présidents assistent le président dans l’exécution de sa mission. Une pré-séance devrait être instaurée par le congrès (en cours) pour mettre en place un ordre protocolaire. Ils sont au nombre de cinq:


III- Implantation du parti

En tant que parti national, l’UFDG est implantée sur l’ensemble du territoire national. Elle a des structures partout où il y a des Guinéens et où nécessité se fait sentir.


1. A l’intérieur

L’UFDG a ses structures dans toutes les sous-préfectures, préfectures et dans les 5 communes spéciales de la ville de Conakry. À ce jour, le parti compte 3000 comités de base, 386 sections, 54 fédérations,


2. A l’extérieur

On dénombre 39 fédérations en Afrique, Europe, Amérique du Nord (Etats-Unis, canada), Asie. On peut citer : France, Allemagne, Angola, Belgique, Bénin, Canada, Chine, Côte d'Ivoire, Espagne, États-Unis (dans les Etats et districts de Chicago, New York, Ohio, Philadelphie, Washington DC, Washington Metro), France, Gambie, Hollande, Maroc, Portugal, Royaume-Uni, Sénégal, Sierra Leone, Suisse, Tchad et Togo, etc. Plusieurs dizaines de sections du parti sont installées en France et aux Etats-Unis, notamment.


IV- Alliances et combat politiques de l’UFDG

1. Alliances

En plus des partis et mouvements cités ci-haut, l’actuel premier parti politique de l’opposition guinéenne a noué des alliances avec des partis historiques et des nouveaux partis.

A l’occasion de l’élection présidentielle de 2010, il a fait alliance avec l’UFR* de Sidya Touré, la NGR d’Abbé Sylla, la GECI de Mohamed Soumah, les NFD de Mouctar Diallo. Cette alliance prit la dénomination d’« Alliance des Bâtisseurs ».

Le parti a renforcé ces premières alliances lors des législatives de 2014 avec le RDIG de Jean-Marc Telliano, le PRGP d’Alpha Ibrahima Sila Bah, l’UFC d’Aboubacar Sylla, l’UFD de Mamadou Bah Baadiko, l’UGDD de George Gandhi Faraguet, etc.

Dans l’optique de l’élection présidentielle prévue en octobre 2015, l’UFDG envisage une alliance avec « les Forces patriotiques pour la démocratie et le développement » (FPDD) de Moussa Dadis Camara, ancien président du CNDD (2008-2010).


2. Combats

Depuis sa formation, l’UFDG a été un fer de lance du combat démocratique en Guinée. Ce parti politique s’est battu à un moment ou un autre aux côtés des autres partis dont : l’UNR*, le RPG (au pouvoir), le PRP, DYAMA, l’UNP, l’UPG, le PDG-RDA, le PDG-AST contre le pouvoir en place : le PUP ou le CNDD.

Ce rôle de leadership n’a pas été sans conséquences pour les dirigeants de l’UFDG et leurs alliés sous les régimes militaires et civils entre 1991 et maintenant. Ils ont subi : intimidations, arrestations arbitraires, emprisonnement, tentatives d’assassinat, exil.

Quelques exemples :

Bah Oury

Bâ Mamadou 

Son âge et la notoriété que lui donnait son titre de « Doyen » ajouté à son charisme et à son audace le rendaient difficilement appréhendable et emprisonnable. Cependant, la destruction des constructions de Kaporo-Rail dite « l’affaire Kaporo-Rail » en février 1998 lui valut d’être arrêté et emprisonné par le pouvoir militaire en place.

Cellou Dalein Diallo (CDD)

Rarement un responsable politique aura été autant persécuté en aussi peu de temps.

Déchu de son mandat de premier ministre en avril 2006, il s’exile aux Etats-Unis au risque d’arrestation.

Devenu président de l’UFDG, il s’expose à toutes sortes de menaces et de dangers:

On comprend aisément que Cellou Dalein Diallo, le président de ce parti glorieux soit le chef de file de l’opposition guinéenne.


V- Complément

1. Les services techniques de l’UFDG

- Le Cabinet du président : avec un secrétaire général, un secrétaire administratif, un trésorier général et un secrétaire chargé de la sécurité et du maintien d’ordre.

- Le directeur de cabinet du président : devrait être désigné par le présent congrès. Sa mission : assister le président « dans le suivi et le contrôle de la mise en œuvre des décisions du parti ».

- La Cellule de communication : compte en son sein un coordonnateur, un coordonnateur adjoint, un chargé des relations médias, un porte-parole, un responsable relations extérieures et publiques, un responsable rédaction, un responsable évènementiel, un responsable régie/production.


Orléans, le 25 juillet 2015

Lamarana-Petty Diallo


Brève biographie de Cellou Dalein Diallo

Naissance : en 1952 à Labé

Formation : études de comptabilité et gestion Ecole supérieure d’administration (Conakry).

Formations spécialisées : stages diplômant en micro et macro économie à Paris, au Centre d’études financières, économiques et bancaires (CEFEB), Paris I - Panthéon-Sorbonne, à l’Agence française de développement (AFD) et à l’Institut du FMI à Washington. 

Fonctions administratives : inspecteur des finances, (1976/79), directeur commercial, puis directeur de la comptabilité centrale de la Société sectorielle d’Etat SERCOM (1979-82) ; chef du bureau d’études à la Banque guinéenne du commerce extérieur (1982-85) ; directeur du département de la comptabilité, du département des changes et directeur général des affaires économiques et monétaires de la Banque centrale (1985-1995), administrateur général adjoint des grands projets (ACGP) à la présidence de la République (1995-96).

Fonctions ministérielles : ministre des Transports, des Télécommunications et du Tourisme (1996-97), ministre de l’Equipement, Transports, Travaux publics, Télécommunications et Environnement (1997-99) ; ministre des Travaux publics et des Transports (1999-2004) ; ministre de la Pêche et de l’Aquaculture (2004) ; coordinateur de huit départements ministériels du secteur économique (Finances, Coopération, Plan, Mines, Agriculture, Commerce, Tourisme et Pêche (2004) ; Premier ministre (2004-2006).

Titre honorifique : officier national de l’Ordre du mérite de la République française en 1998.

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*Abréviations et sigles

UNR, Union pour la nouvelle République ; RPG, Rassemblement du peuple de Guinée ; PRP, Parti pour le renouveau et le progrès ; UNP, Union nationale pour le progrès ; PUP, Parti de l’unité et du progrès, CNDD, Conseil national pour la démocratie et le développement ; UFR, Union des forces républicaines ; NGR, Nouvelle génération pour la République ; GéCi, Génération citoyenne ; NFD, Nouvelles forces démocratiques ; RDIG, Rassemblement pour le développement intégré de la Guinée ; PGRP, Parti guinéen pour la renaissance et le progrès ; UFC, Union des forces du changement ; UGDD, Union guinéenne pour la démocratie et le développement ; FPDD, Forces patriotiques pour la démocratie et le développement.


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