Hadjà Hassanatou Barry Mardi, 16 Juin 2015 00:14
Dans la journée du jeudi 11 juin 2015 aux environs de 15 heures GMT, dans le quartier de Sogbèla, la case Vénérée du Fouta a été victime d'un incendie crapuleux dans la concession de feu El Hadj Diogo Diallo, mon beau-père.
La construction de cette case remonte aux années 1950 dans la période de la tenue de la foire organisée par les autorités coloniales françaises pour l'inauguration du pont sur le fleuve Milo à Kankan. Dans le cadre de l'émulation entre les régions guinéennes, celles-ci devaient réaliser chacune dans un espace qui lui était affecté à cet effet un type d'habitat traditionnel qui la caractérisait.
Sa Saintété le grand Chérif de Sagalé exprima son souhait à l'administration française de répondre favorablement à l'invitation qui lui avait été faite de participer à la foire de Kankan à condition d'être hébergé chez El Hadj Diogo Diallo père de mon époux le Docteur Aliou 5 Diallo. L'autorité coloniale accéda à la demande du Saint homme.
C'est alors que des équipes d'artisans spécialisés, réputés compétents, de toutes les agglomérations peules de guinée se rencontrent à Kankan pour construire une grande case type du Fouta Djallon ancestral. La prouesse architecturale de cette réalisation suscita pendant longtemps la curiosité et l'admiration de nombreux visiteurs de tous les horizons. Une photo de l'époque nous présente une case majestueuse, au toit couvert de chaume. Tombant presque jusqu'au sol. Son intérieur était fait d'une charpente de bois recouvert de léfas aux couleurs chatoyantes en guise de plafond.
Oh ! Combien elle était belle et magnifique !
Après le départ du Saint homme de Kankan, la case reçut et parfois hébergea beaucoup de célébrités religieuses, politiques et des fonctionnaires de passage à Kankan, comme : Yacine Diallo, Barry Dianwadou, Barry Ibrahima dit Barry 3, Saifoulaye Diallo, Abdoulaye Ghana, Chaikou Baldé, El Hadj Habib Bah grand Imam de Labé et ses frères, Ba Mamadou et Siradjou Diallo.
En 1987, au cours de ma visite familiale sous la véranda de notre Tii-BÖmba (la grande case), mon beau-père me relata l'histoire de la case sacrée.
C’est la grande émotion que j'ai ressentie à l'annonce de ce crime inqualifiable qui m'a incitée à relater à mon tour l'histoire de cette case que m'avait confiée mon beau-père. Ce dernier, qui avait souhaité être enterré à Kankan, a dû se retourner dans sa tombe à la nouvelle de la tragédie.
Deux questions hantent tous les esprits:
Hadjà Hassanatou Barry
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