Journée de l’Afrique : un continent aux multiples défis et opportunités

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NGEMBO_Isidore_Kwandja_01« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots Â», Martin Luther King

Le 25 mai, le monde célèbre la journée de l’Afrique. Cette journée est commémorée chaque année en Afrique et dans la diaspora africaine pour encourager le rapprochement entre les peuples africains et d’origine africaine afin d’agir ensemble pour renforcer l’unité africaine, favoriser la paix et la stabilité pour le développement et le progrès socioéconomique du continent.

Pour un petit rappel, le 25 mai est une date mémorable de la signature de l’acte constitutif de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1963, devenue par la suite l’Union africaine (UA) en 2002, à Addis-Abeba en Éthiopie par les Pères de l’indépendance Africaine.

En effet, divisée en 54 États dans une superficie de plus de 30 millions de kilomètres carrés, avec plus d’un milliard d'habitants, soit près de 16% de la population mondiale, l’Afrique est une partie de la planète terre qui regorge suffisamment des ressources naturelles et humaines susceptibles d’être transformées en richesse réelle au bénéfice de ses habitants.

À tous ceux qui ont à cœur l’Afrique et son avenir, cette journée qui lui est dédiée est une occasion donnée de réfléchir froidement et débattre de la situation politique, économique et sociale actuelle du continent, mais aussi du comportement des acteurs qui animent ces différents secteurs de la société africaine.


Comment se porte l’Afrique ?

L’Afrique est un continent qui connait encore des graves problèmes qui la handicapent de décoller collectivement et tendre vers son émergence. Il y a un réel problème de gouvernance démocratique. C’est une infime minorité de la classe dirigeante qui détient la quasi-totalité de richesses du continent. On n’y trouve pas des structures sociales fiables de redistribution équitable de maigres ressources financières dont elle dispose à une franche importante de la population qui croupit dans une misère indescriptible.

L’Afrique a beau être considérée comme berceau de l'humanité, elle sert juste à endormir ses enfants mais n’arrive pas à leur procurer de la nourriture suffisante à leur faim, des soins de santé et de l’éducation de qualité. Et pourtant, elle regorge d’immenses ressources minérales, forestières et énergétiques qui pouvaient servir de levier pour créer de la richesse et procurer du travail à sa population.

Pour mieux comprendre la situation actuelle, il faut remonter aux années 60, lorsque les différentes entités territoriales administrées par les colons accédaient aux indépendances. René Dumont avait déjà soulevé un certain nombre des préoccupations qu’il considérait comme étant un handicap majeur au développement du continent africain. Son ouvrage publié en 1962 et intitulé L’Afrique noire est mal parti, avait dressé un portrait peu reluisant de conséquences de la décolonisation et révélé des réalités que les Africains d’alors se refusaient de voir en face.

Certains intellectuels et surtout l’élite politique africaine trouvaient scandaleux une telle prédiction qui ramait à contre-courant des espoirs qui régnaient à l’époque et de la vague d’euphorie suscitée par le mouvement des indépendances africaines qui balaya tout le continent.

Hélas 53 ans après, L'Afrique Noire est mal partie de R. Dumont reste encore d’actualité. L’Afrique piétine encore et a l’air de n’avoir pas encore trouvé ses repères. Le continent africain est miné de l’intérieur par des conflits armés, les guerres civiles et ethniques souvent instrumentalisés de l’extérieur, avec tout ce que cela comporte comme violations des droits de la personne, prédations des ressources naturelles, etc.

À cela s’ajoute la question de l'exercice du pouvoir politique dans un État de droit et du respect des textes fondamentaux qui régissent la gestion de la Res publica. La situation actuelle au Burundi en est une illustration.

L’idéal des Pères de l’indépendance africaine, celui d'unir le continent et promouvoir l'intégration économique, s’est révélé au fil des années comme un cauchemar, sinon un rêve lointain et difficilement réalisable. L’Afrique est plus que jamais diviser et ne peut parler d’une seule voix sur un certain nombre de sujets cruciaux d’intérêt continental.


Y a-t-il un avenir pour l’Afrique?

Il y a lieu dire simplement que là où les afro-pessimistes voient le verre à moitié vide, les afro-optimistes voient plutôt le verre à moitié plein. En effet, il y a une Afrique qui bouge et dont les images ne sont pas souvent montrées dans les médias notamment occidentaux.

Certes, l’Afrique fait encore face à des défis énormes sur les plans de l’éducation, la santé, la gouvernance et la gestion de l’environnement. Il y a un manque de la nourriture suffisante, de l’eau potable en abondance, de l’énergie électrique et de structures de soins de santé de qualité.

En ce qui concerne les questions liées au processus démocratique, notamment l’organisation des élections libres et transparentes, le Nigéria, la plus grande puissance économique du continent, a donné une leçon de démocratie et de l'alternance pacifique. Espérons que les autres suivront ce bel exemple.

Toutefois, il est important que chacun comprenne que l’instauration de régimes réellement démocratiques, de la bonne gouvernance et de l’indépendance de la justice sont les principes importants pour régler durablement les maux du continent.

Avec les taux de croissance enregistrés ces dernières années, une population jeune et de mieux en mieux formée, et d’immenses ressources naturelles, je suis de ceux qui pensent que l’Afrique est un continent d’avenir, que son développement est possible, à condition que les Africains comprennent sérieusement qu’il est impérieux de repenser l’école, les structures de gouvernance et de gestion de ressources naturelles, etc.

Les Africains doivent éviter de tomber dans le fatalisme, le pessimisme et la résignation, au contraire ils doivent avoir la conviction qu’il est possible de procurer de l’avenir aux milliers de jeunes Africains aujourd’hui abandonnés à leur triste sort. Ces jeunes qu’on a vu manifester au « Printemps arabe Â» (en Tunisie, Égypte, Libye et dans une moindre mesure en Algérie et au Maroc), les mouvements « Y’en a marre Â» au Sénégal, « Balai citoyen Â» au Burkina Faso ou encore « Filimbi Â» en République démocratique du Congo.

Ces manifestations illustrent bien le degré de frustrations des jeunes Africains qui osent défier les régimes en place, quand d’autres affrontent la mort chaque jour en tentant d’embarquer à bord des bateaux de fortune à la recherche d’une « vie meilleure Â» en Occident.

« Faisons de l’Afrique l’arbre de vie. Pour maintenir les liens qui déterminent notre destin, consacrons-nous tous au combat pour une paix durable et la justice sur terre. Unissons-nous tous et travaillons dur afin de donner le meilleur de nous-même à l’Afrique, berceau de l’humanité et source de culture... Â» Extraits de l’hymne de l’Union africaine.


Isidore Kwandja Ngembo
Politologue


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Commentaires  

 
+2 #2 amadudialamba 26-05-2015 00:50

MA MANIERE DE FETER LE 25 MAI DE CETTE ANNEE
EST DIFFERENTE DE CELLE DES ANNEES PRECEDENTES.
Le chômage des jeunes en Afrique, les conflits intercommunautaires, l’augmentation du nombre de refugiés, les guerres, les viols et trafics d’enfants, les répressions policières, la timidité des institutions africaines dans la réponse aux urgences, les bavures des régimes, les meurtres jamais élucidés, l’augmentation du nombre de pauvres, l’apparition d’épidémies dévastatrices, la baisse constante du niveau d’éducation et de vie dans certains pays, l’augmentation du nombre de familles de plus en plus pauvres et qui ne sont plus en mesure de faire face a leur dur quotidien, la démission des autorités qui pousse plusieurs jeunes a se faire enrôler par des chasseurs de bombes humaines, etc., etc., ne constituent pas, pour moi, des signes encourageants pour être pleinement de la fête de cette année. A part ma santé qui est vraiment bonne et celle de ma petite famille qui est pareille, je n’ai pas trop à fêter. Car je dois être solidaire à tous ceux qui souffrent dans le monde en général et ceux en Afrique en particulier. C’est surtout ce qui explique en partie ma réticence d’être de la partie cette année.
Il est beau de commémorer des anniversaires. Mais parallèlement et pour que la célébration soit plus belle, l’Afrique devrait dresser cette année son bilan qui est a mes yeux déplorable, en vue de se remettre en cause pour prospecter un changement radical et positif devant produire des résultats concrets (IMPOSER DES QUOTAS D’EMPLOIS OBLIGATOIRES A TOUS LES PAYS MEMBRES DE L’UA).
En tout cas moi je me sentirais mieux en fête ce 25 mai, s’elle se célébrait avec pleine de joie dans les cœurs de tous les africains. Mais au vu de : la récente chasse aux africains en Afrique du Sud, de l'homophobie en Angola, des milliers d'anonymes qui continuent de couler avec des pirogues non adaptées aux fonds de l'Atlantique, des deux situations de forcing constitutionnel au Burkina et au Burundi, de l’incertitude qui règne toujours en RDC, de la récente démocratie familiale au Togo, de la pire situation en Centrafrique (avec de viol de mineurs), du retour au pouvoir en force des militaires en Égypte, de la guerre faisant rage au Soudan du Sud, de la farce électorale au Soudan du Nord, des millions de réfugiés éparpillés un partout, d’une Somalie en situation de déconfiture, des régimes de plus de 30 de règne ; la liste est loin d'être exhaustive ; je suis donc obligé de me désolidariser pour déplorer la manière dont la situation évolue dans ma vieille Afrique. Bientôt cent ans d’efforts sans relâche pour la réunification du vieux continent ou tout au moins, pour la création des grands ensembles d’intégration. Jusqu'à présent, beaucoup reste à faire, pour ne pas dire tout simplement que rien est encore concrètement fait. Combien de grandes rencontres de hautes personnalités, accompagnées de techniciens (intellectuels) de tout domaine confondu sans parvenir au moins à arracher la libre circulation des biens et des personnes. Ces interminables grandes rencontres a impactes économiques incalculables servent a quoi alors ? Si jusqu'à présent nous ne parvenons pas a faire sécher les larmes des pauvres populations et le versement de leur sang pour des simples fauteuils présidentiels. Sans être tout le temps septique et loin de mettre en cause les acquis que je considère maigres, je suis désolé de renvoyer la moitié, sinon la plupart des dirigeants de notre vieux continent au plus vieux des calendres grecs. Mais de tous les maux africains, je trouve la nouvelle forme de domination plus douloureuse. Car par endroit, elle contribue en grande partie à la paupérisation de plusieurs de nos pays. Elle n’épargne pas aussi les systèmes démocratiques. A mes yeux, tant que les intérêts étrangers sont bien protégés par les régimes fantoches en Afrique, même ceux de plus de 40 ans au pouvoir, ils seront autorisés à utiliser tous moyens à leur convenance pour réprimer même dans le sang leurs adversaires politiques. Sinon pourquoi fermer les yeux après la récente élimination physique de l’opposant burundais sans conséquences, aucune ?
Que Dieu nous sauve tous en débarrassant le continent de tous les régimes boulimiques et criminels.
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-2 #1 M. Sacko 25-05-2015 19:40

Apres plus d'un demi siecle d'independance, l'afrique reste le continent le moins developpe et le plus pauvre de la planete et ce malgre ses ressources immenses par rapport aux autres continents. Les independances apporterent partout dans le continent noir la joie, une joie qui etait percue comme l'emancipation de tout un peuple sous le joug colonial, sous l'oppression coloniale. Et cette emancipation ou illusion ne tarda pas a se transformer en desanchantement, en desolation, en desillusion et en ruine au lendemain des independances. Ces elites africaines (les peres des independances) etaient en realite des opportunistes qui voulaient confisquer et s'etrniser au pouvoir sans aucun resultat economique allant dans le sens de l'amelioration des conditions de vie du peuple africain. Cette realite creea ainsi une deception enorme au niveau de la masse populaire africaine favorisant ainsi l'arrivee des bottes (militaires) au pouvoir dans beaucoup de pays africains a travers les coups d'Etat comme alternative contre ces regimes corrompus. Le peu d'elites africaines qui echapperent a cette invasion des bottes demanderent l'aide des ex-puissances coloniales pour la protection en echange de l'exploitation gratuite des richesses du continent au detriment du bien etre de la population africaine, et les pays qui n'avaient pas souscrit a cette aide des puissances coloniales procederent au dementelement de l'armee republicaine, creeant ainsi une milice parallele repressive pour confisquer le pouvoir. L'avenement des Etats de paranoia dans le continent (partout le pouvoir voit le danger) et l'enrichement des clans au pouvoir constituerent des veritables handicaps pour le developpement economique et social des pays africains et definiront la trajectoire politique du continent pour des annees a venir.
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