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Moi aussi
Souleymane Thianguel Bah Samedi, 27 Décembre 2014 21:12
Moi aussi, mon frère, ma sœur, je suis d'ici. Malgré ton regard de mépris, sache que je suis d'ici. Malgré ta volonté de me voir banni, dans cette terre mon nombril est enfoui. Malgré le fait que tu veuilles que je te fuie, à ton grand regret je te suis. Cette terre nourricière que je n'ai pas choisie est aussi mon pays. A chaque seconde de ta vie, ton seul bonheur est de me voir bouffer les pissenlits. Tu veux te réveiller par ton matin béni, qu'on t'apprenne que je suis parti. Que je suis fatigué de tes injustices et de tes actes de barbarie. Que j'ai plié mes bagages salis, un salut, simple salut, t'aura suffi. Que j'ai décidé de tourner le dos à tes flatteries qui marquent mon histoire de tes agissements impies. Que j'ai dû abdiquer devant tes actes restés trop longtemps impunis. Que j'ai décidé d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte et les fleurs moins meurtries. Que j'ai renoncé à ce que nous avons en partage legs de nos ancêtres bénis. Mais, je ne te donnerai pas cette satisfaction mon ami. Parce que malgré mon silence de soumis moi aussi je suis d'ici. Cette terre fut aussi arrosée jadis du sang de mes ancêtres chéris et sur nos communs terrains de bataille ils ont gi. Hier encore c'était ici que mes frères versaient le même sacrificatoire qui nous lie. Si tu ne veux pas me reconnaître ma place à notre table bien garnie, alors mon frère tant pis! Parce qu'incontestablement je prendrai ma part fleurie, puisque moi aussi je suis d'ici. Je sais que tu ne m'offriras ma place juste puisque t'es gentil. Il me revient de l'arracher par la hargne de mes ongles et de mes dents de douleurs pétris. Patiemment, péniblement, humblement avec une détermination inouïe, je creuserais de toutes mes forces que tous les jours je densifie. J'en ai assez de tes paroles qui me renient. De ta sournoiserie qui me dénie. De tes saloperies qui me fusillent. De tes conneries qui me terrifient. De tes théories qui me bannissent hors des murs de notre maison commune que moi aussi de mon sang je sanctifie. Je te gueule ici et maintenant que la coupe est pleine, bien pleine mon ami.
Ce que j'ai obtenu ici est à la sueur de mon front qui sous l'ardent soleil luit. Personne ne m'a rien donné juste parce qu'on aime ma tronche polie. Où étais-tu quand j'arpentais nos rues poussiéreuses pour cirer les godasses mille fois salies ? Où étais-tu lorsque je vendais mes sacs plastiques sur les trottoirs échaudés de notre capitale qui cuit ? Où étais-tu cher frère frappé de jalousie quand je me privais de tout parce que dans le futur j'investis ? Je te demande où t'étais quand je tétais la galère qui me fixait de son regard impoli. Je veux savoir à quoi tu jouais, pardi, quand je m'appliquais à l'école mon petit. Et aujourd'hui, je veux grimper une marche de plus dans mes envies, t'y vois un délit pour me cantonner à ce qui me réussit ? Sous prétexte que j'ai ce que ma sueur a produit, sous le soleil de midi comme dans les ténèbres de la nuit, tu voudrais que je renonce à ce qui de plus me grandit ? Tu serais bien heureux que je rentre la queue et que je file tel un petit bâtard maudit. Mais non ! Mon frère, souffre que je relève ce défi. Pas parce que je te veux un mal infini, mais parce que moi aussi je suis d'ici. Moi aussi pour ce droit je prends le pari. Il y a trop longtemps que tu murmures ta fallacieuse théorie qui me nie. Il y a bien trop longtemps que de moi tu fais fi. Bien bien longtemps que tu ne veux pas que je brille. Alors, permets que je pisse à la raie de ta négation de ma citoyenneté qui exprime ta folie, éclaire ta jalousie, démultiplie tes inepties, conforte et fortifie mes envies. Je n'ai pas de soldats à t'opposer frangin honteusement aigri. Je n'ai pas d'armée pour t'imposer cette volonté que je nourris. Mais je ne lâcherai pas pour autant mes droits de fils insoumis de cette terre branlante qui en appelle à mes appuis. Ceci, je veux que tu te le tiennes pour dit !
Hier, j’ai accepté qu'à l'écart tu m'aies mis. T'as profité de ma frilosité pour me jeter dans un puits. Mais demain est un autre jour qui me sourit. Je n'ai pas de revanche à prendre sur toi frère qui veux me mettre en charpie. Juste te faire comprendre que le progrès est plus aisé lorsque nous sommes unis. Que chacun se sente chez soi pour apporter de sa lumière dans notre lugubre et terrifiant ennui. Que nos cœurs résonnent de plus d'harmonie et qu'ils s'éloignent de ces diviseurs bruits qui nous terrifient, nous horrifient, nous mortifient. Je te parle ainsi, parce qu'à mon corps défendant moi aussi je suis d'ici. Je suis d'ici j'espère que tu l'auras bien compris. Autant le comprendre et arrêter tes basses philosophies. Parce que suis pas prêt de décamper et te laisser te débrouiller tout seul face à cette horde de vampires et de zombies. Espérant que t'as compris que je ne me suffirai plus du strapontin que tu m'as choisi, que suis déterminé à refuser cette discrimination que je subis, que je suis résolu à ne pas courber l'échine de façon indéfinie, que désormais je refuse que tu me confines dans ton foutu réduit, que face à tes beuveries je ne resterai pas éternellement démuni, que nous devons partager ce qui est à partager si tu veux pas que nous soyons partagés et désunis, que cette ultime revendication est un projet qui me séduit, pour l'instant, je ferme ma gueule et je dégage!
Souleymane Bah Thianguel
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Commentaires
Comme dit Tut, ce texte ne concerne que les peulhs. C'est faux de dire que ce texte parle aussi des soussous et des forestiers, non, du début à la fin, il ne parle que des peulhs .
Parfois, je me demande si AOT n'est pas plus dangereux qu'AC car, il voit tout à travers .
Venant de vous je dis MERCI - effectivement je vois tout de travers par rapport a vous et tous les autres pdgistes guineeactuens et j'en suis très heureux - mais bon il faut de tout pour faire un bon parlement...
Parfois, je me demande si AOT n'est pas plus dangereux qu'AC car, il voit tout à travers .
Je ne le sais pas. J'ai bien peur que cet article ne constitue une passe de plus a l'adversaire.
@ Mory Sylla, je n’ai rien contre les talents de l’auteur. Si cette inspiration sur l’identité guinéenne, et des préjugés venait d’un landouma (0.5% de la population) ou d’un diankhanké (2.3%), je l’aurai saisi. Mais venant d’un peul c’est ridicule! Pourquoi ? En Guinée tout est peul. La Guinée a 42% de peuls, les peuls ont plus de héros nationaux que toutes les autres ethnies, même notre hymne national est un hommage rendu à un fils peul en occurrence Alpha Yaya Diallo. La Guinée est le seul pays au monde ou les peuls sont majoritaires. On ne devient pas majoritaires dans une localité en une seule nuit ! Alors pourquoi pleurer « moi aussi je suis d’ici » comme Countee Cullen ou James Baldwin aux Etats-Unis et voir même Peter Abrahams en Afrique du sud ? Quand on peut faire comme Wole Soyinka au Nigeria « un tigre ne réclame pas sa tigritude ….. ». D’ailleurs je vais faire une liste subjective de 10 héros guinéens de tous les temps et le publier sur notre forum pour démontrer aux complexés que sur 10 héros guinéens 5 ou 6 seront forcément d’origine peuls ce qui est en parfaite harmonie avec leur pourcentage dans le pays.
Pharaon, voila justement la différence fondamentale entre nous deux sur ce texte : pour moi ce n'est pas parce que l'auteur s'appelle Bah que ce texte ne concerne que les peuls. Il parle ici aussi pour les habitants de la Foret et de la basse Cote qui sont aujourd'hui devenus comme lui des citoyens de seconde zone en Guinée. O a-t-il dit que ce texte ne concerne que les peuls ??
Je n'arrive pas a comprendre la notion de certains que chacun ecrit uniquement pour "sa" communauté, surtout dans la diaspora...
Personne ne conteste et ne contestera que vous etes guineen. J'ose seulement croire qu'un jour, nous arriverons a comprendre qu'etre guineen signifie "Mettre l'interet de la nation au dessus de tout". Pourtant, je ne crois pas que le parti politique dont vous etes un membre joue ce role.
La nationalité d'un citoyen ne se défini pas par la signification qu'un autre citoyen donne à "l’intérêt de la nation". Un peu de culture peu aider. Maintenant que tu as internet fait des recherches avant de commenter. Le juriste donne bien une définition de la nationalité qui est très claire pour tout guinéen. S'il était donné à chacun citoyen de définir la nationalité de l'autre dans le but de l'exclure, la nation en tant que telle n'aurait jamais existé.
vous avez droit a votre opinion.
Les debats ethniques ne sont pas ma thasse de the'. Je vois que vous avez vos raisons que la raison de l'auteur ignore.
Bonne chance dans votre quete.
Kylé
J'en apprend tous les jours...
Un peu de retenue. Ce n'est pas une question d'etre Guineen ou pas(tout le monde est Guineen). C'est une question d'inspiration de l'auteur. C'est en ecrivant que l'on devient ecrivain,alors soyons indulgents.
Faisons le difficile travail des critiques constructives. Et ne tombons pas dans la facilite' des propos discourtois.
J'espère que ce message semi-codé trouvera son destinataire dans un état d'esprit moins ''haineux''.
Mr Thiangel Diallo vous êtes un maître des mots dans cet ecrit qui me va droit au cœur car votre "je suis d'ici" parle de tous les patriotes guineens.
Je vous encourage dans le même ton et de la même façon dans votre combat de communication pour votre parti politique car vous pourriez beaucoup pour redorer son blason...








