In memoriam d’Abdourahmane Baldé

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Arrêté le 3 décembre 1970, Abdourahmane Baldé fut exécuté 53 jours plus tard, le 25 janvier 1971. Né en 1927, Abdourahmane Baldé était le fils de Tierno Ibrahima Companya, guide religieux de son époque et érudit du Fouta Djallon. Abdourahmane Baldé était directeur du tourisme. J’eus une dernière rencontre furtive avec lui à Labé au pont Sassé, le vendredi 20 novembre 1970. Je me rendais au lycée et lui venait de l’hôtel du tourisme. Il avait accompagné des touristes russes et s’apprêtait à retourner à Conakry, le lendemain samedi 21 novembre. Je me rappelle avec netteté les détails de la rencontre. Avec sa voix rauque il me salua avec déférence car, malgré l’écart d’âge entre nous, je suis l’oncle : « BAPPA, ON DJAARAMA » (Salut à vous, mon oncle).

Après son arrestation, les aveux extorqués sous la torture furent passés à la radio. Dès l’annonce, ma marâtre ordonna péremptoirement de fermer le poste radio ; un silence mortuaire s’abattit dans la concession avec la décision tacite de ne plus écouter les aveux mensongers et les vociférations de la radio nationale.

Marié à Hadja Kadiatou Salma, Abdourahmane Baldé laissa un enfant et sa femme enceinte. La nouvelle née décédera quelque mois après. Le fils, Tierno Ibrahima, avait à peine 2 ans à l’époque. Il vit aujourd’hui en France.

Au disparu et à sa famille vont nos prières. Paix aux âmes des nombreuses victimes de la folie meurtrière guinéenne. À la grande famille des victimes de l’incessante répression politique vont nos sentiments de compassion et nos souhaits de courage. Nous prions Dieu de raffermir la détermination citoyenne dans la lutte pour l’avènement d’une Guinée libérée des cicatrices et des plaies saignantes de cette longue tragédie.


Ourouro Bah


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Commentaires  

 
+12 #1 Ansoumane Doré 05-12-2014 17:14

Mon cher Ourouro Bah, ce genre de rappel de mémoire est non seulement bien venu pour les nombreuses familles de victimes innocentes mais aussi pour ceux qui veulent qu'on occulte les ignominies commises dans notre pays pour continuer à vivre comme des pourceaux d'Epicure. Ceux-ci, ne se fatiguent jamais pour dire qu'on ressasse toujours le passé.Ils ignorent que le passé peut préfigurer le futur. Il faut donc qu'il y ait des éveilleurs de conscience infatigables comme toi pour un meilleur avenir Guinéen.Je me joins à toi pour chacun des mots que tu viens de formuler ci--dessus. Cordialement.
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