L’actualité de Blaise Diagne, 80 ans après sa disparition ‒ 2e partie : l’humaniste et le panafricaniste

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DIALLO_Lamarana__Petty_8_01De « frondeur » dont il avait été accusé par certains administrateurs coloniaux, Blaise Diagne sera surnommé par ses pairs de l’Assemblée nationale française, « La voix de l'Afrique ».


Blaise Diagne, « porte-voix de l'Afrique »

Sans conteste, c’est la profession de foi de Blaise Diagne pour la mairie de Dakar et pour la députation qui montre le mieux son engagement en faveur des colonies et sa volonté de lutter pour « l’éveil politique et social des Africains afin que prennent fin les préjugés de races ».

Cette profession de foi, véritable projet de société qu’il décline en 20 points constitue l’un des textes fondateurs de la valorisation de « l’homme noir ». Parmi ces points :

  • le respect absolu de la liberté de conscience ;
  • la suppression de l’impôt de capitation injustement imposé aux colonies ;
  • la suppression des divisions du personnel administratif en cadres divers faisant des uns des subalternes et des autres des supérieurs naturels ;
  • la réforme de l’enseignement primaire pour la rendre obligatoire ;
  • la création d’une école de médecine en AOF ;
  • le droit de vote pour tous les indigènes dans leur lieu de résidence ;
  • la création de communes de plein exercice à Louga, Mekhè, Thiès, Diourbel, etc. ;
  • la création d’une justice de paix valable pour tous en supprimant la justice dite indigène ;
  • la construction d’un chemin de fer Saint-Louis-Matam passant par le Djolof pour assurer un essor économique au Sénégal ;
  • la reconstitution du domaine foncier collectif des Lebou à Dakar et Rufisque qui avait été injustement exproprié pour être incorporé dans le domaine administratif ;
  • le protectionnisme douanier et la révision des tarifs, etc.

On voit bien que Diagne, selon ses propres termes voulait « que le soleil luise pour tous ». Comme tel, il fut un humaniste.


Le défenseur des droits de l’homme

Plus qu’un porte-voix de l’Afrique, Blaise Diagne fut un humaniste et un défenseur des droits de l’homme. Il était intransigeant face aux actes racistes et discriminatoires. En 1919, il n’hésite pas à demander à Raymond Poincaré alors président de la République, de se prononcer officiellement contre les discriminations liées à la couleur.

Un fait divers qui se produisit en 1919, lui permit d’imposer sa philosophie de l’homme. A cette date, des touristes américains rabrouent deux soldats africains d'un bus parisien et s’indignent que la « ségrégation raciale ne soit pas appliquée en France ». Face à cette attitude, Blaise Diagne n’hésite pas à interpeller l’Assemblée nationale et à demander à Raymond Poincaré de se prononcer officiellement contre les discriminations liées à la couleur.

Le député noir ne pouvait que monter au créneau. Lui qui disait « j’ai appris à mes dépens à redouter certains milieux coloniaux fort puissants dans les colonies nouvelles surtout qui mettent en pratique ce principe barbare de l’inégalité des races basée sur la couleur de l’épiderme », ne pouvait que prendre position contre des actes et comportements qui foulent au sol les droits humains.

Injustement accusé de collaborateur de l’administration coloniale et d’aliénation par certains critiques contemporains souvent mal inspirés, Blaise Diagne est un Africain intègre. C’est un patriote qui a toujours nourri un idéal d’universalité pour tous les humains. Des erreurs, il en a commis certes. Mais qu’en est-il des acquis qu’il a laissés derrière lui ? A mon avis, c’est une telle question qu’il faudrait se poser avant tout.

Le mandat de député de Diagne, son engagement dans certaines associations publiques ou à caractère philosophique sont enracinés dans le sens profond qu’il se fait, au-delà de l’Africain, de l’homme en tant que maillon de l’humanité. Ainsi, disait-il « je n’admets de comparaison entre les êtres humains qu’au seul critère de l’intelligence. Tout membre de la société humaine a sa place marquée s’il en est digne. »


Blaise Diagne, le député controversé, combattif et intègre

L’attachement très prononcé de Blaise Diagne à la métropole l’expose, comme je viens de le dire, aux critiques de certains intellectuels métropolitains et de ceux des colonies. Les uns le traitent d’anti-blancs du moment que les autres l’accusent d’aliénation.

Pourtant, l’homme est un fervent partisan de l’égalité, un défenseur des valeurs universelles de paix et de fraternité.

Il suffit, pour s’en convaincre, de jeter un regard lucide sur l’époque et sur les moyens dont un indigène, fût-il député, pouvait disposer pour contester le système en place. Je peux affirmer, au vu du parcours et de l’action politique de Blaise Diagne, qu’il est l’un des précurseurs de l’union des communautés et qu’on appelle aujourd’hui « intégration ».

Par conséquent, on ne peut comprendre l’action politique de Blaise Diagne que si l’on s’inscrit dans une perspective historique qui prenne en compte le contexte colonial, la formation scolaire dispensée et la difficulté d’être seul face au destin de tout un continent.

Ignorant ces aspects, certains se sont érigés en détracteurs de Diagne. Il se contentait juste de les répondre avec un certain humour, je n’oserai pas dire un humour noir, fondé sur des évidences. Ainsi disait-il : « Je suis noir, ma femme est blanche, mes enfants sont métis. Quelle meilleure garantie de mon intérêt à représenter toute la population ? », métropolitaine et indigène, sous-entendu.


Connaitre Blaise Diagne, un devoir de mémoire pour les générations actuelles et futures

Des hommes et des femmes comme Blaise Diagne doivent être non pas ressuscités, ils sont immortels, mais redécouverts sur tout le continent africain et au-delà. Nos gouvernants, ceux de Sénégal en particulier, devraient inscrire Diagne dans leurs programmes scolaires et universitaires.

J’en appelle à la création d’une « chaire Blaise Diagne » à l’université Cheick Anta Diop. Je suis prêt, dorénavant, à offrir ma contribution dans un tel projet qui pourrait être le premier pas vers l’enseignement de l’histoire essentiellement centré sur nos grands hommes.

Ceux qui accusent Blaise Diagne de n’avoir pas beaucoup œuvré pour son continent, qu’il était plus proche de la France que de l’Afrique, sont en quelque sorte des fossoyeurs de la mémoire. Heureusement, ils ne sont pas nombreux et la plupart pêchent par manque d’information et de connaissance approfondies sur l’homme. D’où la nécessité de continuer d’organiser des rencontres comme celle initiée par l’association Equité et de les élargir vers d’autres figures de notre histoire commune.

Je n’hésite pas à affirmer que Blaise Diagne est l’un des premiers panafricains. J’invite les générations actuelles et futures à s’inspirer de combat et de l’exemple d’hommes et de femmes comme Blaise Diagne pour enfin construire une Afrique solidaire et fraternelle. Une entité politique et économique basée sur l’équité et l’égalité ; une nation où le sens de l’intérêt général prime sur le sentiment communautariste ou ethnique.

Les jeunes générations doivent apprendre l’histoire pour pouvoir construire aujourd’hui même une Afrique du futur qui, au-delà des Etats et des frontières, réinventera un panafricanisme nouveau. Un panafricanisme rénové où les nouvelles générations, brisant les barrières du passé mettront fin à la spirale des malheurs, des souffrances et des cloisonnements politiques et territoriaux. En un mot, une Afrique supranationale dont la construction ne sera pas calquée mais pensée de l’intérieur par ceux qui sont restés sur place et par ceux de l’extérieur. C’est-à-dire ceux qu’on appelle la « diaspora africaine » qui doit être reconnue et valorisée par les Etats africains. Hélas, un souhait dont on est encore loin dans bon nombre de nos pays.

Nous devons réinventer d’autres Diagne pour que prenne fin ce que j’appelle « le cycle des pouvoirs démocratiquement renouvelés à vie », pour que prennent fin les dynasties républicaines qui n’ont rien à envier aux dictatures syndicales ou militaires des années postindépendances.

J’invite les Africains toutes générations confondues à s’imprégner de l’histoire de notre continent pour comprendre que l’Afrique n’est pas un vaste ensemble sans pères-fondateurs, sans héros, sans passé et sans ambition, où ne règneraient que malheurs, souffrances et dictatures. C’est de cette manière seulement que nous pourrons honorer la mémoire de ceux et celles qui ont lutté hier pour que « le soleil rayonne pour tous les Africains » comme le souhaitait Blaise Diagne.

Il n’y a jusqu’à l’épidémie Ebola, qui sévit dans la partie ouest de notre continent, berceau de l’humanité, les récentes manifestations des populations du Burkina-Faso en quête de démocratie et pour le respect de leurs droits civiques qui ne montrent l’impérieuse nécessité de remettre sur la scène les personnages emblématiques de notre passé glorieux. Des hommes et des femmes qui, comme je le disais dans mon introduction, sont le plus souvent relégués au second plan. Parfois, ils sont tout simplement effacés de notre mémoire collective.

Enfin, je n’ai pas insisté sur les erreurs qui auraient pu être commises par Blaise Diagne. Je conçois clairement qu’il y a sûrement des failles dans certaines prises de position, certaines approches ou démarches par rapport à telle ou telle analyse personnelle. Mais ces erreurs sont nettement infimes quand on les compare aux acquis et au combat qu’il a livrés en faveur des droits de l’homme en général et des Africains des colonies en particulier.


Orléans le 30 novembre 2014

Lamarana Petty Diallo,
Professeur de lettres-histoire, Académie Orléans-Tours, France


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Commentaires  

 
0 #9 Youssouf Bangoura 02-12-2014 18:52

Shams deen, merci, merci et merci .
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0 #8 shams deen 02-12-2014 13:03

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Les commentaires sont aussi intéressants et instructifs que le texte lui-même : merci a vous trois pour me faire découvrir les plus et les moins d'un autre grand africain que je ne connaissais que de nom.
Cela prouve surtout que les grandes réflexions et les grands penseurs panafricanismes ne sont pas nés en Guinée le 28 sept 1958 comme la légende satanique a voulu le faire croire a certains pauvres guineens...

Dans Présence africaine CESAIR ecrit ceci sur la pensée.
Aimé Césaire : La pensée politique de Sekou Toure
Supporter enthousiaste, l'écrivain poète antillais ne tarit pas d'éloges à l'égard du leader guinéen. Voici ce qu'il écrit: Oui, Sekou Toure, de tout son temps, s'est donné un but net, qu'il n'a jamais caché à ses partenaires européens, ni à ses partisans africains: l'indépendance de son pays [...] Si bien, que lorsque se présenta pour lui "l'offre du destin", il était prêt, et la Guinée elle aussi, elle surtout, était prête. C'est sans doute là ce qui, en definitive, le met hors de pair en Afrique: cette liaison quasi charnelle avec la masse dont il parle non seulement la langue, mais ce qui est plus important, le langage [...] Et Césaire d'ajouter: Lui [Sekou Toure] qu'en Europe on campe si complaisamment en dictateur, je suis frappé de son haut sentiment des droits du peuple, des droits de son peuple, et on sait que s'il est un reproche qu'il fait au regime colonial, c'est d'être les tenants d'une politique qui refuse de donner la parole au peuple. Un panégyrique difficile a relire sans sursauter vingt-cinq après...
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+1 #7 shams deen 02-12-2014 12:55

Citation en provenance du commentaire précédent de A.O.T. Diallo:
Les commentaires sont aussi intéressants et instructifs que le texte lui-même : merci a vous trois pour me faire découvrir les plus et les moins d'un autre grand africain que je ne connaissais que de nom.
Cela prouve surtout que les grandes réflexions et les grands penseurs panafricanismes ne sont pas nés en Guinée le 28 sept 1958 comme la légende satanique a voulu le faire croire a certains pauvres guineens...

Voici une ODE a ce pays qui n'est pas a l'origine de la pensee africaine
Ôde à la Guinée
Et par le soleil installant sous ma peau une usine de force et d’aigles
et par le vent sur ma force de dent de sel compliquant ses passes les mieux sues
et par le noir le long de mes muscles en douces insolences de sèves montant
et par la femme couchée comme une montagne descellée et sucée par les lianes
et par la femme au cadastre mal connu où le jour et la nuit jouent à la mourre des eaux de sources et des métaux rares
et par le feu de la femme où je cherche le chemin des fougères et du Fouta-Djallon
et par la femme fermée sur la nostalgie s’ouvrant
JE TE SALUE
Guinée dont les pluies fracassent du haut grumeleux
des volcans un sacrifice de vaches pour mille faims
et soifs d’enfants dénaturés
Guinée de ton cri de ta main de ta patience
il nous reste toujours des terres arbitraires
et quand tué vers Ophir ils m’auront jamais muet
de mes dents de ma peau que l’on fasse
un fétiche féroce gardien du mauvais oeil
comme m’ébranle me frappe et me dévore ton solstice
en chacun de tes pas Guinée
muette en moi-même d’une profondeur astrale de méduses.
Aimé Césair
Veuillez lire dans ce lien http://www.legrigriinternational.com/article-30611017.html
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+2 #6 DIALLO 02-12-2014 01:18

M. Konaté, voyez-vous que je n'interdis rien. Tout au contraire!Je tente d'ouvrir et de faire connaître un pan de l'histoire africaine à travers certaines des personnages-symboles dont Blaise Diagne n'est que le premier de la lignée. Vous verrez la suite.
Du reste, tout ce que vous évoquer sur Diagne, franc-maçon ou pas, dépasse mes connaissances et ma vision du monde. Je ne m’intéresse qu'à l'apport historique et politique de Blaise Diagne sans soulever des choses qui me dépassent et dont je n'ai pas la preuve.
Merci de vos commentaires, du reste très intéressants! L'auteur de l'article.
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+2 #5 Moussa Konate @Toronto, Canada 02-12-2014 00:03

Me Wade sur Blaise Diagne
« Ce sont des intellectuels, anciennement marxistes, qui ont jeté aux orties, dans le même panier, le pouvoir colonial et les hommes politiques d'avant l'indépendance, sans comprendre que ceux-ci luttaient dans des conditions spécifiques. Il faut n'avoir pas connu la nature du pouvoir colonial pour considérer Blaise Diagne comme un « collabo », alors qu'il fut un très grand Africain, ardent combattant pour l'égalité et la justice. Il a fait participer les Sénégalais à la guerre de 1914 pour qu'en contrepartie, ils obtiennent la nationalité française. Pour lui, l'objectif devrait être l'assimilation totale des Sénégalais aux Français ; mais dans son esprit, assimilation signifiait égalité, pas identité. Blaise Diagne était très fier de ce que Senghor appellera plus tard la négritude »
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+2 #4 Moussa Konate @Toronto, Canada 01-12-2014 21:10

Merci a sata et aux yêttê Diallo. je ne connaissais pas les liens de BD et bamba mais pour l'aeroport de Diass, veuillez consulter ces liens de la RTS et de seneweb. Ils vous edifieront meme si je constate qu'une decision administrative non decretee ne doit etre prise pour fait accompli.
http://www.rts.sn/articles-de-presse/transport/decision-de-macky-sall-laeroport-de-diass-portera-le-nom-de-me-abdoulaye-wade.html
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+3 #3 A.O.T. Diallo 01-12-2014 20:37

Les commentaires sont aussi intéressants et instructifs que le texte lui-même : merci a vous trois pour me faire découvrir les plus et les moins d'un autre grand africain que je ne connaissais que de nom.
Cela prouve surtout que les grandes réflexions et les grands penseurs panafricanismes ne sont pas nés en Guinée le 28 sept 1958 comme la légende satanique a voulu le faire croire a certains pauvres guineens...
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+4 #2 sata 01-12-2014 15:50

CHEIKH Ahmadou Bamba avavit beaucoup priè pour BD dans son exil au Gabon ....La mère de BD l'avait conseillè de respecter et d'aider Bamba partout où il le rencontre....Au Gabon BD lui meme passait souvent parler à Bamba en wolof que le mara appreciait beaucoup et lui demander ce qu il desirait...lui meme de ses propres mains allait chercher de l'eau pour marabout comme sa mere lui avait demandè dans son ile de Gorèe où Bamba avait pris le bateau.pour l afrique centrale...BD etait une personne correcte.....Macky sall n'a jamais pris la decision de changer le nom de REBAPTISER l'aeroport il n ose pas et wade ne l'acceptera pas.....puisqu il etait franc macon q il a ete enterrè en dehors des cimetieres mais il avait fait ce qu il devait faire " etre enterrè au senegal....Mais senghor et Lamine gueye etaient plus politiciens plus proches des senegalais ....BD ETAIT PLUTOT UN ADMNISTRATEUR qui avait une vue plus large qui s attendait jusqu au find fond du continent.....C'est mon opinion-
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+4 #1 Moussa Konate @Toronto, Canada 01-12-2014 07:49

Entierement d’accord avec vous Mr Diallo qu’il soit donné a la jeunesse africaine le devoir de memoire de connaitre Blaise Diagne . Cependant, interdisez vous d’interdire les avis contraires sur la grandeur de BD et la supposée non reconnaissance du “ peuple et/ou des dirigeants Senegalais”
Pour le peu que je sais, BD a une place de choix dans l’histoire politique du Senegal meme si cette histoire n’égale pas celle de Senghor ou encore de Lamine Gueye, autres comptenporains. Une des plus grandes avenues de DKR porte le nom de BD, le 2eme plus grand Lycee du Senegal (apres le Lycee Lamine Gueye au centre ville de ex Lycee Van Vo) porte le nom de BD situe non loin du siege du parti socialiste. Le nom de l’aeroport International de Diamniado/Diass a ete donne a BD par le president Maitre Wade qui a initié les travaux jusqu’a sa finition et qui sera inauguré par le president Maky sall qui a decide de le re baptise Aeroport International Adoulaye Wade. Tout ceci pour vous dire que BD est “considere” par les autorites de son pays meme s’il faut le preciser, sa collectivite d’origine l’avait renie pour apostat et ce compromis historique l’eut empecher d’etre enterre au cimetiere musulman de Yoff ( il fut enterre a entree exterieur du cimetiere). Tout ceci a une explication:
Pour certains, BD fut le noir le plus notoire de son temps, pour d’autres le plus influent des hommes politiques africains de notre siècle. Il lui fit reproche d’etre le “ soutient du travail force” ce qui lui valu le poste de commissaire de la Republique charge de faire appel a la ‘force noire’
Nul n’ignore que le Senegal est un pays de confreries religieuses et la conscience sociale senegalaise admet ou accepte difficilement “ une certaine laicite”
Notre BD transversal etait un habitué des loges comme en temoigne ce qui suit:
C'est à la loge « l'Amitié » de Saint-Denis de La Réunion qu'il sera initié à 27 ans, le 21 septembre 1899. [6]
Il est compagnon, le 25 juin 1900. Il accède à la Maîtrise le 17 février 1901 . La Réunion présente l’avantage d’avoir un statut juridique où tous les habitants sont électeurs ce qui favorise l’égalité et les relations interraciales [7] . Selon ses affectations, Blaise Diagne travaillera dans différents Ateliers comme l'Indépendance Malgache de Tamatave (1906) dont il est le Vénérable fondateur, à la « France Australe » de Tananarive (1907) et participe pendant quelques années à l’activité politique et maçonnique de Madagascar. Il a été par ailleurs consacré au 18ème degrés (grade symbolique Chevalier Rose-Croix) au Chapitre « L’Amitié » de Saint Denis de la Réunion . On le retrouve parfois dans les banquets solsticiaux comme en 1907 à la loge « France Australe » où il prononce un discours militant en faveur de la laïcité dans les colonies . Pendant son séjour en Guyane, il s’affilie à la Guyane républicaine Orient de Cayenne (1911) et à l'Union Guyanaise Orient de st Laurent du Maroni . Il s’affilie à la loge les Inséparables du Progrès à l’Orient de Paris en juillet 1906, il démissionne en décembre 1919. Il sera membre fondateur de la loge franscisco ferrer de la Grande Loge de France à l’orient de Paris le 15 février 1910, il démissionne en février 1920 . Ensuite, il s’affilie à la Loge Pythagore Orient de Paris le 27 février 1922, où il fréquente les ateliers dit supérieurs [8] . Il fut le Vénérable Maître de 1922 à 1924 puis vénérable d’honneur ad vitam de cet atelier
Ceci pourrait explique cela Mr Diallo
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