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La promotion de la gouvernance citoyenne comme vecteur du développement endogène
Thierno A. Bah Vendredi, 23 Septembre 2011 16:47
J’ai rédigé ce texte (entre les deux tours de l’élection présidentielle) sans aucune passion partisane, pour rassembler les Guinéens autour d’un programme d’équité sociale utilitaire. Comme nombre de nos compatriotes, j’étais loin de savoir qui allait l’emporter. Ma préoccupation majeure était et demeure comment créer un Etat de droit et une démocratie véritablement fonctionnelle dans notre pays. Ce texte s’assigne pour principal objectif d’essayer d’éveiller les consciences sur l’importance de la citoyenneté, de formuler de nouveaux principes de gouvernance, de gestion et d’interactions sociales pour le bonheur de la patrie et, non des moindres, de suggérer des projets d’actions publiques participatives porteurs de croissance. Ma démarche consiste dans une première partie, à soutenir humblement un point de vue personnel sur nos problèmes de société et leurs contradictions, car une politique efficace de lutte contre la pauvreté se doit d'estimer à sa juste valeur ce qui touche la société. Une deuxième partie tentera de proposer quelques remèdes endogènes qui pourraient y être apportés, pour conclure que la participation citoyenne au développement et le maintien d'un large consensus politique pour soutenir les réformes sont des processus sans lesquels toute politique de développement serait vouée à l'échec. Nous ferons aussi découvrir différentes portes d’accès à la dignité humaine : le civisme, la justice, la solidarité, la tolérance, le pardon, la modestie, la compassion et la responsabilité constituent un point de départ qui en représente les valeurs fondamentales. A noter que ces changements des mentalités, ainsi que la vision formulée dans cet essai, ne peuvent pas se faire à la minute ; il faut une méthodologie, un rythme, et une adhésion totale de tous les Guinéens, et particulièrement des futures autorités politiques, que seuls la volonté, le courage, la discipline et la persévérance pourront accomplir.
Comme tout écrit, cette modeste contribution pourrait faire l’objet de critiques amères de la part de certains lecteurs. Ceci dit, les critiques ou les opinions sont absolument nécessaires au développement de l’être humain. Mais le problème ce ne sont pas les critiques ; c'est la façon dont le lecteur ou la personne critiquée réagit. Du point de vue de la démarche de l’auteur, bien qu'une critique puisse être constructive, elle peut aussi être blessante si elle manque de tact. De plus, l’analyse critique est parfois considérée par certains, consciemment ou non, comme la manifestation de la volonté de l’auteur d'affirmer sur eux sa supériorité, de faire valoir son intelligence ou pire encore de vouloir les humilier. Loin de là l’objectif de mon essai. En effet, une telle réaction de ma part pourrait provoquer chez le lecteur de l'amertume ou de la rancune que le temps ne suffira pas toujours à effacer définitivement. « L’être humain est vif à critiquer, juger et condamner, mais lent à la compréhension, à la tolérance et au pardon ». Que ce soit des éloges ou de la damnation, il faut apprendre à faire avec les deux extrêmes de la critique et garder à l‘esprit le respect de la dignité humaine.
En outre, les louanges peuvent aussi nous empêcher de progresser, et parfois elles peuvent même développer le mépris d’entreprendre. « La citoyenneté demande donc une certaine ouverture d’esprit. Autrement dit, les deux dimensions de la critique n’apparaissent pas comme des obstacles mais plutôt comme des conditions indispensables de la perfection » (Pigeon, 2009). C’est cette démarche que j’essaie d’adopter dans cette analyse même si aux yeux de certains lecteurs elle peut sembler maladroitement véhiculée. Bref, je ne suis pas écrivain. Afin de rester dans un style qui m’est propre (pour une lecture accessible à tous), cet écrit n’a pas été révisé et je m’excuse par avance pour mon français parfois approximatif. Il s’adresse particulièrement à des lecteurs relativement dépourvus de préjugés et d'étroitesse d'esprit. Mon objectif n’est pas de heurter les sensibilités des lecteurs peu avertis qui ne comprendraient pas ma démarche. Il faut admettre qu’il n’est pas facile de gouverner nos pays et gérer en même temps les sensibilités de chacun compte tenu des différentes conditions sociales de nos populations. Par conséquent, il ne s’agit pas ici de rejeter le blâme de nos problèmes sur un individu, un groupe d’individus ou un gouvernement particulier. Les maux qui affligent notre société relèvent d’un manque de vision de la part de toute une nation, et ce, depuis l’avènement de l’indépendance. Nous n’avons pas su nous prendre en charge. D’autre part, je n’ai nullement la prétention d’être expert sur les questions de développement ou d’avoir la clé du développement de la Guinée entre les mains. Selon Georges-Armand Masson, « Le savoir-vivre est l’art de ne pas montrer trop vite son savoir-faire ». J’estime, cependant, que le développement est un effort de collaboration stratégique efficace et d’un engagement responsable de toutes les personnes œuvrant ou voulant œuvrer pour le rétablissement de la dignité humaine.
Thierno A. Bah
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Commentaires
J'avoue que vous me laissez toujours dans le brouillard.... Si votre idée est d'explorer un nouvel pacte social alors j'attends que vous en traciez les contours ou peut-être que vous proposiez quelques pistes concrètes ou des exemples. Je vous le demande sans aucune malice, je voudrais comprendre....
Par ailleurs, si votre solution est une réaffirmation de la citoyenneté, je ne vois pas comment celle-ci pourrait se départir de principes qui lui sont inhérents : égalité, droits, démocratie ect. Partant de là on ne peut que se rapporter à la réalité, au terrain et faire le constat que c'est moins notre conception/pratique de la citoyenneté qui est en cause que son application effective.
Bien à vous.
M. Comolam,
Vous avez choisi de rendre universelle la responsabilité, de dire que nous sommes solidairement TOUS responsables de cette situation, soit. Expliquez-moi alors quelle part de responsabilité vous assumez (ce vous avez fait ou pas) qui vous rende co-responsabe de la situation.
Lucide, Thierno Bah insiste sur des valeurs essentielles « Nous ferons aussi découvrir différentes portes d’accès à la dignité humaine : le civisme, la justice, la solidarité, la tolérance, le pardon, la modestie, la compassion et la responsabilité constituent un point de départ qui en représente les valeurs fondamentales.
(…) il faut une méthodologie, un rythme, et une adhésion totale de tous les Guinéens, et particulièrement des futures autorités politiques, que seuls la volonté, le courage, la discipline et la persévérance pourront accomplir ». (Tout ça parce que l’indépendance a été un échec et que « Nous n’avons pas su nous prendre en charge »). Ce pari est loin d’être encore gagné certes mais, Thierno a le mérite de le formaliser si brillamment.
Une deuxième partie tentera de proposer quelques remèdes endogènes qui pourraient y être apportés, pour conclure que la participation citoyenne au développement et le maintien d'un large consensus politique pour soutenir les réformes sont des processus sans lesquels toute politique de développement serait vouée à l'échec. »
Vous l’aurez compris une démarche tripartite pour : 1-poser d’abord le diagnostic du mal ( exposer au prime a bord « nos problèmes de société et leurs contradictions. ») 2- Puis logiquement, prescrire le remède « remèdes endogènes qui pourraient y être apportés » 3- Pour finir par insister sur l’essentiel « la participation citoyenne au développement et le maintien d'un large consensus politique » Toujours cet accent mis sur l’humain au centre de tout. Thierno Bah ne passe pas du tout à coté de son élément. J
Avec en « Principal objectif d’essayer d’éveiller les consciences sur l’importance de la citoyenneté, de formuler de nouveaux principes de gouvernance, de gestion et d’interactions sociales pour le bonheur de la patrie et, non des moindres, de suggérer des projets d’actions publiques participatives porteurs de croissance ».Au vu du parcours les consciences se réveillent progressivement .Ce fait est implacable et suit son cours même s’il faut reconnaitre qu’il est lent et les nobles idéaux soulignés par l’auteur nécessiteront du temps , de la patience et de longs efforts herculéens pour voir le jour.
Mr Bah, quel que soit le contenu d'un texte (à relativiser tout de même), tout le monde peut s'exprimer, et vous n'avez donc pas à vous excuser. La critique essentielle est indiquée dans votre texte. Vous rappelez que le contexte de celui-ci était l'entre deux tours, or les choses ont bien changé depuis, et ce discours que tout le monde peut partager n'est actuellement pas adapté à la situation. Il faut d'abord faire oeuvre de pragmatisme et obtenir des résultats avant de rêver à des mondes meilleurs.
Vous dites 2 choses discutables:
1.' il faut éveiller la conscience citoyenne, seul gage de développement (social, économique, libéral, etc.)' :
Il me semble que c'est précisément ce que montrent nos populations depuis des années et à leur tête des hommes et des femmes qui risquent leurs vies pour nous permettre de jouir pleinement de nos droits. C'est aussi, me semble t-il ce qu’essaye de faire tous les contributeurs sur ce site (ou ailleurs, plus ou moins correctement), modestement mais concrètement avec la bonne foi de chacun. Et dans cette perspective, il me semble que vous enfoncez des portes ouvertes, d'autant que (ce sera l'objet de mon deuxième point), ce discours est décalé au vue de la réalité, de l'actualité. Ceci dit, si par civisme vous entendez les bonnes manières alors je vous l'accorde les débats par exemple gagneraient à être plus courtois et plus sereins.
2. ' il ne faut blâmer personne, notre retard tient au seul fait que la nation entière manque de vision'
N'est ce pas un jugement sévère et injuste que vous portez là sur une population mille fois martyr ? Peut-être parlez-vous du rôle des 'élites' mais là encore il est facile de mélanger torchons et serviettes. Mais si personne n'est responsable de rien (rhétorique du 'tout le monde est victime' d' Alpha et certains bondieusards bien connus), qu'aucun régime ni personne n'est comptable de notre misère alors votre idée de conscience citoyenne ne tient pas la route.
Il me semble à moi, qu’il y a bel et bien une conscience citoyenne en Guinée. Certes, manipulée de temps en temps, étouffée régulièrement, mais elle existe. La question qu'on devrait se poser c'est celle de savoir qui l'étouffe/manipule et à quelles fins?
Peut-être apporterez-vous plus d'éclaircissements... Merci








