Une journée d’inspiration à Robben Island ‒ En hommage à Nelson Mandela

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Il nous a enseigné ce qui est possible. Ses accomplissements sont une fierté pour l’humanité entière et une honte MANDELA_Nelson_01pour les négriers de l’Afrique. Il est et restera le témoignage évident de la rédemption toujours possible.

Voici ce qu'il m'inspira, après une visite de Robben Island en 2009.

Jeune garçon à l’école primaire, j’eus un prix dans un concours de poésie sur l’Afrique du Sud et le système de l’apartheid. Le maitre d’école nous avait demandé d’imaginer une Afrique du Sud libérée de la ségrégation et de faire un poème de célébration. Je n’ai pas une copie du poème tel que je l’écrivis. Je me rappelle, avec la mémoire orale trompeuse et avec la mystérieuse sélection qui perpétue les souvenirs d’enfance, quelques strophes que j’ai récitées souvent. L’écrit naïf, dénaturé et bien entendu moins riche que ce dont je rends compte ici se lisait comme suit :

Je ne suis jamais allé en Afrique du Sud
Mais c’est mon pays.
Je suis de Robben Island
Je suis de Sharpeville
Mon esprit s’y promène
Chaque fois que j’ai honte
Chaque fois que j’ai peur
Chaque fois que je veux être heureux
Je ne puis le faire
Parce que des jeunes se font tuer
Parce que Mandela est en prison
Je veux aller dans mon pays
Un jour j’irai en Afrique du Sud,
Car c’est aussi mon pays.

Il était dès lors facile d’imaginer l’émotion qui suivit ma première visite dans ce pays que j’avais fait mien, il y a plus de quarante ans. Le surlendemain de mon arrivée à Cape Town, le 11 janvier 2009, je visitai le musée-prison de Robben Island. Durant la traversée, le guide s’épancha en détails navrants, dont l’un des moindres n’était pas le fait que la chaloupe qui nous transportait vers l’île était la même qui avait servi pendant des années à convoyer des prisonniers vers le bagne de triste renom.

La première partie de la visite guidée sur l’île en faisait l’historique de léproserie, de bagne et maintenant de musée. Elle fut suivie d'une visite de la prison elle-même. Entre temps les guides furent remplacés par des anciens pensionnaires, militants contre l’apartheid. Celui qui fut assigné à notre groupe fut emprisonné à l’âge de 17 ans pour une durée de 8 ans. Il nous décrivit les conditions de vie et l’humiliation destinées à déshumaniser. Son récit était neutre et sans amertume. J’eus froid au dos quand il indiqua que les vitres que l’on voyait actuellement dans le dortoir n’y étaient pas durant son séjour. Les fenêtres étaient faites de persiennes qui concentraient les vents marins d’hiver pour glacer les corps et les esprits, comme il l’indiqua lui-même.

Il nous fit lire un panneau où était inscrit le menu ségrégué des prisonniers. Selon l’idéologie de l’apartheid, les « bantous Â» et les « blancs Â» n’ont pas besoin des mêmes calories. Curieusement, je n’étais pas choqué. La raison était que mon esprit s’était soudainement détaché de son discours. Il avait fait un bond d’environ 7000 km vers le nord et s’était fixé sur d’autres cachots, plus inhumains ‒ si une gradation est permise dans la démence de la destruction. Au Camp Boiro, on faisait plutôt mourir de faim ; on y enterrait les prisonniers vivants…

L’appel du guide au groupe pour déplacer la visite vers l’extérieur de la prison me ramena à la réalité ambiante. Je suivis le groupe nonchalamment ; j’avais cependant perdu la connexion avec son récit.

L’une des raisons était que j’avais lu l'autobiographie de Mandela où il expliquait sa vie de prisonnier : comment on avait confisqué son manuscrit qu’il cachait derrière un buisson, comment il déjoua un piège du régime qui voulut organiser une fausse Ã©vasion pour se débarrasser de lui. L’autre raison de mon détachement du groupe était que, malgré son barbarisme passé, la prison avait pris l’allure d’un sanctuaire, un lieu de recueillement et de réflexions d’une nation sur son passé ignoble ; un tremplin indispensable pour le voyage de toute communauté vers le futur. Je me dis, amèrement encore, qu’une telle chance aura été refusée à mon pays. Le spectre du camp Boiro revint encore en moi, poignant. Dans la même société où l’on m’avait fait écrire un poème dénonçant les méfaits de l’apartheid, le régime du PDG pratiquait une barbarie dont je ne suis pas encore guéri. L’Afrique du Sud cessa d’être mon pays. Elle devint une douloureuse inspiration qui culmina avec la visite de la cellule de Mandela.

La cellule avait une familiarité due à ce que j’avais imaginée en lisant « Long Walk to Freedom Â». Le choc était inévitable toutefois. À la vue des morceaux de moquette où l’homme avait passé la nuit pendant 18 ans et le sceau hygiénique rouge, un bouleversement total se saisit de moi. Les expressions « esprit supérieur Â», « noblesse d’âme Â», « extraordinaire courage Â» se bousculaient dans ma tête pour répondre à la question de savoir comment Mandela survécut tout cela et comment il sortit de prison, forçant le respect d’un régime honni, pour mettre le passé sous contrôle. Les réponses effleuraient à peine la question plus grave qui sous tendait ces interrogations. Sur le chemin du retour, la vue apaisante des vignobles magnifiques au pied des montagnes de Stenlenbosch, ne fit que rajouter plus de questions dont la formulation finalement émergea de mes esprits :

  • comment se fait-il que certains peuples ont des Mandela et d’autres des monstres de dirigeants qui se font succéder par des hommes abjects qu’héritent des crasseux qui se muent en monstres Ã  leur tour ?
  • comment naissent les Mandela nécessaires aux pansements des contusions des nations ; de quoi sont-ils pétris ?
  • quelle détermination, quelle philosophie sous-tendent leurs vies ?
  • pourquoi l’Afrique du Sud et pas nous ?

Il s’agit encore de questions qui vont au cÅ“ur et au-delà des Sékou Touré, des Ismaël, des Siaka, des Conté, des Panivel, des Diarra, des Pivi Coplan, des Dadis, etc. Puisqu’il s’agit d’eux et de nous en tant que communauté, il s’agit de savoir comment se fait-il que nous les enfantions, nous les tolérions, nous les encensions ? Ces questions demandent que l’on y réponde. Il ne sert pas la nation de les ignorer. Comme toutes questions fondamentales, il est impossible de les aborder de front ; on n’est jamais quitte avec une seule réponse ; on est obligé d’en faire une exégèse et de les cerner sous plusieurs angles. Mais les ignorer est encore plus calamiteux. Comme on le sait si bien désormais, c’est sur l’humus des silences et des tabous que fleurissent les porteurs de gris-gris et les trafiquants de drogue ainsi que les budgétivores de l’Etat qui gangrènent la nation. Aujourd’hui et hier, en mettant le passé dans une parenthèse lapidaire, les prédateurs et les tueurs veulent perpétuer l’œuvre d’attentat et le complot permanent contre la patrie. 

Je consacrais beaucoup de mon temps libre à spéculer sur ces questions. Pour les élaguer, je transmutai le pourquoi en comment. Je tournai l’attention sur l’élément essentiel que sont les hommes quand il s'agit de trouver les clés des destins des nations. Il n’y a pas de grande nation sans grands hommes. Pareillement, une nation s’amoindrit quand elle se fait otages de ses mauvaises progénitures. Avec cet angle d’attaque, le focus porta sur la longue lutte de l’ANC puis sur Mandela ; des éléments de réponses s’amoncelèrent peu à peu.

La cellule dérisoire dont la vue m’avait tant bouleversé, n’avait pas été une prison pour Mandela. Elle avait contenu son corps sous la surveillance des gardes-chiourmes. Les architectes de l’apartheid finirent par être plus prisonniers de leur système et de la stature de l’homme.

Comment cela fut-il possible ? La relecture du discours d’investiture de Mandela donnait une indication sur la façon dont il s’était immunisé contre la damnation du bagne. Citant le poème Â« A return to Love Â» de Marianne Williamson, Mandela avait déclaré :

Notre peur la plus profonde n’est pas que l’on est inadéquat
Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute mesure
C’est notre lumière et non notre obscurité qui nous effraie…

Il affirmait que nous pêchons par modestie. Nous ne faisons pas usage des dons par dieu octroyés. Nous nous posons la question de savoir pourquoi nous devons être beaux, courageux, libres, heureux alors que la vraie question est de savoir pourquoi nous dépensons le cadeau divin de la vie dans la médiocrité et dans de sinistres aspirations. C’était la révélation d’un secret simple : la levée de tête vers Dieu et l’admission salutaire de la divinité qui habite chaque vie. Ce cadeau précieux ne doit en aucun cas être gaspillé. Il est destiné à être vécu pleinement et, quand cela n’est pas possible, à être sacrifiée pour que règne la liberté sur la terre des hommes. Les forgerons de l’apartheid apprirent à leurs dépens qu’il était futile de vouloir contenir dans une prison cette forme élevée de gratitude. Il était impossible de contenir cette impérieuse sanctification de la vie. L’indestructible force intérieure pétrie dans le parcours vers l’idéal divin ne pouvait qu’avoir raison du bêtisier de la ségrégation raciale.

Avec ce nouveau regard, l’Afrique du Sud redevint mon pays encore. Elle n’offrait pas une compréhension définitive mais un canevas sur les chemins toujours approximatifs et ardus vers la lumière de la vérité. Elle devint un exemple dans la mise en place des sévères exigences pour le salut de la nation. Contre le despotisme ambiant et ancré, il n’y a pas de remède autre que la rigueur dans la méthode : pour ôter de la tête des voleurs, des médiocres, des tueurs et des opportunistes l’idée que le pouvoir leur échoit, pour le courage de sonder les fanges et exhiber les vérités perpétuelles qui en sortiront. A savoir que les larmes des innocents doivent être séchées, que les orphelins attendent les condoléances collectives, que punir les coupables ne remplacera jamais le gâchis mais représente un premier pas indispensable pour mettre en exergue ce qu'il ne faut pas faire. Il est illusoire de croire que l’électricité, l’eau courante, le téléphone qui marche dans une administration sans gabegie ni vols sont les remèdes. Ils ne sont que des résultats d’une démarche plus profonde. Leur absence n’est qu’un symptôme d’une communauté disloquée dans son âme et qui doit ardemment se mettre sur le chemin vers sa propre réconciliation. La réconciliation en question n’est pas une main tendue aux tortionnaires, ni un allégement des mauvaises consciences de la soldatesque assassine, ni des turpitudes télévisuelles pour amuser la galerie, ni des patchworks de dosage ethniques d’une fausse catharsis sociale. La réconciliation dont il est question est intangible. Elle doit être une démarche bien pensée pour enrayer le cycle de décadence qui se nourrit de l'oubli et de la fuite en avant. Elle consiste avant tout à nous regarder en face pour mieux nous pardonner de nos propres inadvertances qui auront permis l’érection de la médiocrité comme critère de promotion et le crime comme forme de gouvernement. La réconciliation se doit d’être le résumé des prières ferventes de ne jamais oublier les torts ; un vÅ“u quotidien de ne pas sommeiller dans la veillée sur les libertés ; des souhaits inlassable et une foi inaltérable pour ressusciter les courages ; des raisons critiques aiguisées pour secouer la frigidité des renoncements. Elle doit puiser sur les tréfonds des courages qui s’ignorent encore et dans la pâte molle des bonnes volontés en formation. Elle procédera de ces évidences primordiales, de ces naïves et immortelles espérances qui inspirent des poèmes d’enfants. Ces feux intérieurs, ardents, intimes et à l’abri des vicissitudes et des atermoiements devront guider la course vers la rédemption de la patrie. Seulement après ce préalable et sur ces prémisses éternelles pourrons-nous dégager la cohérence et la patience nécessaires à la quête de la vérité. Dans ce cadre, par touches incertaines et dans une accumulation lente, sous-tendue par des doutes salutaires, nous pétrirons nos Mandela. Nous aussi.

 

Cape Town le 12 Janvier 2009

Ourouro Bah


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Commentaires  

 
+2 #26 mamadou saliou bah 11-12-2013 17:54

" Il y a certains dirigeants qui aiment s' identifier a Mandela mais qui repriment l' opposition de leur propre peuple."
OBAMA , Free LOPEZ ! Cela fait 32 ans . Sois le ' De KLERK. AMERICAIN ! Sinon. , c' est HYPOCRISIE !
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+14 #25 boubacar doumba diallo 11-12-2013 08:09

Quatre Prix Nobel de la Paix pour l'Afrique du Sud.D'abord un pionnier de la lutte anti-apartheid:
"ALBERT J. MVLTMBI LUTHULI. Fils de protestants et petit-fils d'un chef de la tribu zoulou, est né en 1898 près de Bulawayo (Zimbabwe) où son père était allé r é p a n d r e I'Évangile. Professeur d'histoire et littéra­ture, en 1952 Luthuli est élu Président de l'African National Congress. Très engagé dans la lutte contre l'apartheid, il sera banni à plusieurs reprises de la vie publique et même déposé, par le gouvernement de Pretoria, de son titre de chef zoulou. Dans son combat pour l'émancipation de ses concitoyens de race, Luthuli opte toujours pour la non-violence. Prix Nobel en 1960, qu'on lui décerne "comme un hommage à I'Afrique et à tous les peuples sans distinction de race, couleur ou credo". Dans le monde entier Luthuli est connu Comme le "Gandhi de l'Afrique".
Le 10 décembre 1968 l'ONU lui décerne le Prix pour sa "contribution exceptionnelle à la promotion et à la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales". Il meurt le 21 juillet 1967."
Ensuite c'est:
"DESMOND TUTU est né le 7 octobre 1931 à Klersdorp, dans la province de Transvaal.
Maître à 23 ans, en 1960 il devient pasteur de l'Église anglicane. En 1977 il est nommé évêque du Lesotho, un pays enclavé dans le territoire de la République Sud-africaine.
En 1978 il est élu secrétaire général de la Conférence des Églises de I'Afrique Australe.
C'est à partir de là qu'il multipliera ses efforts pour dénoncer la discrimination raciale.
Partisan de la non-violente dans la lutte pour la dignité de l'homme noir, Desmond Tutu est sûr que la raison triomphera.
II se trouve à New York pour un séminaire de théologie quand on lui attribue le prix Nobel de la paix 1984. Son premier commentaire à la nouvelle dif­fusée immédiatement par la presse: "Ce prix de la paix c'est un acte de reconnaissance de tous ceux qui ont lutté pour une nouvelle société en Afrique du Sud, une société où les être humains soient reconnus comme tels"
Enfin:
"NELSON MANDELA est né à Qunu, Transkei, le 18 juillet 1918. Après avoir achevé ses études dans une école méthodiste, il s'est transféré dans la région minière de Johannesburg, où il a travaillé Comme garde de mines pour pouvoir continuer ses études.
En 1952 il est arrêté pour avoir participé à une manifestation pacifique. En 1962 il est condamné à cinq ans de prison; deux ans plus tard, à la prison perpétuelle. Il ne sera libéré que le 11 février 1990 par De Klerk. Élu président de l'Afrique du Sud en avril 1994.
FREDERIK DE KLERK est né le 18 mars 1936, à Johannesburg, au sein d'une famille de politiciens. Ila été député et de 1978 jusqu'à 1984 il a occupé différents ministères.
En 1989 il est élu président de l'Afrique du Sud. L'année suivante il libère Mandela et propose l'abolition des dernières lois de l'apartheid. C'est grâce à ces deux hommes que le destin de l'Afrique du Sud a pu changer."
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+17 #24 boubacar doumba diallo 11-12-2013 03:33

L'Afrique du Sud a obtenu au moins trois prix Nobel de la Paix en un espace de temps relativement court.Cela donne à réfléchir sur les grandes qualités humaines et morales que recèle ce pays.Si on ajoute à cela le fait que le Mahatma Gandhi a commencé son combat en Afrique du Sud vous voyez peut être où je veux en venir....
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+16 #23 mdb 10-12-2013 23:44

j'ai aimé la maniere dont obama à gifler ces dictateurs africain surtout alpha condé! je cite obama " il ya certains dirigeants qui aiment s'identifier à mandela mais qui repriment l'opposition de leur propre peuple"
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+10 #22 A.O.T. Diallo 10-12-2013 18:09

Lors d'une interview du président bill Clinton ces jours-ci il a dit une chose magnifique et a méditer:
A deux il a demandé a Madiba:
- Mais Mr le président, quand vous discutiez avec vos geôliers n'aviez-vous pas au fond de vous-même de la haine pour eux ?
- le vieux sage répondit : mais si, plusieures fois, mais mon but a toujours été plus fort que mes simples sentiments...
I love this man !
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+11 #21 Thierno,H Barry USA 09-12-2013 16:01

Mandela etait un imminent ethic sacrifiant sa vie pour la liberté d'autrui.En Guinee les leaders Po et la societe civile utilise peuple pour leur intérêt. Ce pendant Alpha Conde est un negre qui partage des sacs de riz pour cliver sa propre population en creant de bantoustan dns son prpre pays étant un Presi en exercice,sans honte il se dit Mandela. franchement j'ai un doute a la faculté de ce president Guineen,Triste Guinee!
Merci Mr bah.
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+13 #20 A.O.T. Diallo 09-12-2013 03:30

Magistral Bashir ! Et merci a Guineeacu de nous permettre de lire et d'archiver de tels textes dont seront extraits demain les bases de notre processus VJR (Vérité, Justice, Réconciliation) indispensable a notre rédemption de tout le Mal qui a détruit la nation et mené la ou nous sommes aujourd'hui.
L'histoire d'une Nation ne se construit pas en sautant les étapes et gommant les erreurs mais juste le contraire comme bien démontré par ce texte qui tombe au juste moment.
" comment naissent les Mandela nécessaires aux pansements des contusions des nations ; de quoi sont-ils pétris ?".
La question fondamentale est la : ce n'est pas grave pour un leader de lutter même militairement pour faire tomber une dictature si on sait ensuite se transcender pour réparer ses possibles erreurs du passé. Personne ne retiendra les quelques afrikanders morts par ses attentats contre le système raciste et pourtant il y en a eu. Il leur a demandé pardon avant de mourir par son action pour tout son peuple.
Oui il faut combattre la dictature chez nous par tous les moyens possibles mais le plus dur sera ensuite de savoir se mettre au dessus de cela et de réunir la majorité par la Vérité, la Justice et la Réconciliation des guineens avec leur Etat.
Dans l’état actuel de notre pays, seul un Mandela guinéen pourra nous conduire a la rédemption et au sauvetage de la nation...
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+11 #19 amadousdialamba 08-12-2013 23:32

« Seulement après ce préalable et sur ces prémisses éternelles pourrons-nous dégager la cohérence et la patience nécessaires à la quête de la vérité ». a dit l’auteur. Excellent boulot ! Une superbe contribution d’un national pétri de talent. Mais dommage pour lui et pour nous tous, il se serait mieux fait entendre dans la médiocrité. Ce texte, à lui seul, aurait suffi pour initier immédiatement un processus devant amener la Guinée à une paix définitive. C’est un memo complet (que je qualifie d’un appel de détresse adressé au peuple) qui invite à s’inspirer du ‘’mandelalisme’’ sud-africain pour sortir le pays de sa monotonie politico-sociale. Mais chez nous, un facteur me fait dire que toute approche tendant à réconcilier les guinéens sera mise en échec par les vautours qui se succèdent au sommet de l’Etat. Pour cause, tous les régimes qui se sont succédés en Guinée ne doivent leur longévité qu’au système de ni de paix ni de guerre. Phénomène qu’eux-mêmes, soit ont créé ou entretenu. La quiétude sociale n’est pas profitable à un système de gouvernance mafieux. Ils préfèrent donc maintenir le pays dans l’éternel climat de confusion, de terreur, de division, de la corruption et de mensonge en expulsant ou en éliminant tous les cerveaux capables d’apporter le progrès.
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+7 #18 I.MB. Sow 08-12-2013 21:42

Les MANDELA nécessaires aux pansements des contusions des nations naissent et grandissent avant tout dans un environnement où le respect du semblable immédiat, qui qu'il soit, est véritablement érigé en règle de cohésion communautaire. Ils ne sont (même) pas pétris d'autres valeurs que celles visant le bien-être des leurs semblables immédiats et sans exclusive, avant d'élargir plus patriotiquement à tous leurs autres concitoyens. En Guinée, c'est toute une culture de division teintée d'esprits de concurrence négatifs séculaires que les élites (notamment peules) devront extirper des considérations, si l'on veut susciter l'émergence des MANDELA rassembleurs. Enfin, cela a marché pour les Noirs sud-africains et pas pas en Guinée, parce que les Peuhls notamment n'y ont jamais structurellement donné l'impression de vouloir peser collectivement du poids démographique qui est le leur depuis 1958. Or, à bien des égards, il aurait fallu se "préparer à la guerre pour avoir une véritable paix dans ce pays autant divers et cosmopolite". Les péchés d'un certain intellectualisme clivant, associés aux vertus envoûtantes d'un "politiquement correct" hypocrite sont ainsi pour beaucoup dans la crise endémique que subit l'ensemble de la société guinéenne en définitive.
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+4 #17 Tybah 08-12-2013 20:40

lire SVP qu'elle
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+13 #16 Tybah 08-12-2013 20:14

"Quand une lecture Vous eleve l'esprit et quel vous inspire des sentiments nobles et courageux , ne cherchez pas une autre regle pour juger de l'oeuvre : il est bon et fait de main d'ouvrier".
Jean De la Bruyere.
Merci Mr Bah pour cet article !
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+5 #15 boubacar doumba diallo 08-12-2013 17:37

En tant que musulman ma démarche part, bien sûr, de ma foi islamique. Il importe toutefois de rester vigilant afin que cette tentative d’échapper aux affres de l’intégrisme positiviste ne nous fasse tomber dans celles de l’intégrisme islamique : car tous les intégrismes sont suicidaires.
Notons d’ailleurs qu’une démarche semblable à la nôtre est possible à partir d’autres confessions et d’autres traditions culturelles ou positions philosophiques .A ce niveau, un dialogue peut et doit s’établir : l’essentiel étant que, par-delà les contingences et les pesanteurs propres à chaque approche, chacun puisse trouver son équilibre intérieur, afin de vivre en harmonie avec la nature et la communauté de tous les hommes de bonne volonté. Pour cela, on doit faire preuve surtout de tolérance, de charité et d’esprit d’ouverture tourné vers la quête incessante de la vérité et de la justice.
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+10 #14 Amenofils 08-12-2013 16:37

Citation en provenance du commentaire précédent de Tutankhamon:
Pour ceux qui veulent connaitre la différence entre notre AC et l’universel Mandela voici un raccourci très facile :
Le souci d’AC, c’est son statut: professeur, el hadj, président, opposant historique, docteur, sociologue, guineenlogue : l’art de l’arrogance et du mépris pour son prochain.
Le souci de Mandela était l’éthique : intégrité et responsabilité, justice pour tous, respect pour la dignité humaine , et l’unité
Circulez, il n’ya pas photo!

Mon cher parent,
C'est bien vu ! Aucun préfixe ou suffixe à l'appellation de Mandela.
Mais à t-on jamais entendu quelqu'un dire simplement à l'ORTG: alfa condé!
Il faut à chaque fois l'appeler par tous les faux titres usurpés de Professeur etc ... Autrement vous êtes viré de la RTG
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+16 #13 Saïdou Nour Bokoum 08-12-2013 15:26

Même Jean-Paul Sartre (l’athée devant l’Eternel), a parlé de la « Transcendance de l’égo ». Madiba ferait partie de ces rares mortels, géants qui touchés par le « rayon vert » axial, conjoignent « Les Cieux et la Terre ». Mandela, immortel « ici et maintenant ». Accablé par la déferlante de notes nécrologiques préparées depuis des mois voire des années par les grands médias internationaux qui n’avaient plus qu’à « informer » ça et là des points de suspension (date, heure, etc.), je me sentais obligé (pourquoi, qui suis-je ?) mais incapable de dire mon émotion. Voilà, touché par la grâce du même rayon vert, ce "petit" masterpiece d'anthologie de Bashir me délivre. Cheers Bah, Wa Salam.
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+12 #12 Tutankhamon 08-12-2013 14:33

Pour ceux qui veulent connaitre la différence entre notre AC et l’universel Mandela voici un raccourci très facile :
Le souci d’AC, c’est son statut: professeur, el hadj, président, opposant historique, docteur, sociologue, guineenlogue : l’art de l’arrogance et du mépris pour son prochain.
Le souci de Mandela était l’éthique : intégrité et responsabilité, justice pour tous, respect pour la dignité humaine , et l’unité
Circulez, il n’ya pas photo!
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+13 #11 Tutankhamon 08-12-2013 11:26

A GRAND SLAM HOME RUN!!! Très impressionnant
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+10 #10 Abdoulaye Diallo, Rotterdam 08-12-2013 10:24

RIP Madigba! Amen
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+16 #9 boubacar doumba diallo 08-12-2013 09:46

Je ne puis m'empêcher d'en rajouter une couche.Tout cela est extrait d'un de mes articles publiés en 1992 et repris par Guineeactu en 2010 et intitulé "La renaissance spirituelle" Ce n'est pas de la pub.Je veux juste saluer la belle réflexion de Ourouro Bah inspirée par sa visite à la prison de Mandela.
La liberté est le fondement de la direction. Le but de la direction est la bienfaisance, c’est-à-dire l’épanouissement même de l’homme. Il importe pour nous de comprendre que cette direction est déterminée par les caractéristiques de la société. Chaque peuple a le gouvernement qu’il mérite, a-t-on coutume de dire. C’est ainsi qu’une communauté de vertueux aura tendance à s’écarter des rapports de force, et de l’oppression. Elle aura tendance de se rapprocher de l’unité, c’est-à-dire du Tawhid ; et elle se dotera d’une direction de gens vertueux. En revanche une société d’incroyants ou d’hypocrites est régie par les rapports de force, les contradictions antagonistes, la violence ; et sera souvent dominée par des despotes ou des exploiteurs. C’est ainsi que, dans le Coran, Dieu nous met en garde contre la corruption et la tentation de la richesse :
« Et quand nous voulons détruire une cité, nous commandons à des gens aisés [d’obéir à nos prescriptions] ; ils pratiquent la perversité. Ainsi la parole s’avère contre elle, et nous la détruisons de destruction. » (Coran XVII, 16)
Ce verset illustre parfaitement la société guinéenne d’aujourd’hui qui est malade dans toutes ses dimensions. Une mutation véritable n’interviendra nullement par l’instauration du multipartisme, des libertés formelles et du suffrage universel. Cette restauration sera certes le premier pas à franchir. Mais la lutte pour la démocratie et le développement sera longue, pénible et très complexe. Il ne s’agira pas non plus de se contenter des agitations confuses et terrorisantes en vue de substituer à une dictature militaire le despotisme des partis ou d’un groupe d’hommes.
Malheureusement, la plupart de ces partis, pour la plupart ethnos ou réduits à de simples clubs de soutien à un individu, visent avant tout la place d’interlocuteur privilégié des grandes puissances et des multinationales pour assurer à la caste de leurs dirigeants, des rentes en devises, notamment à partir du pillage des ressources minérales (bauxite, diamants, or, etc.) ; et jouir ainsi de toutes les commodités offertes par la société de consommation. C’est cela la réalité. Tout le reste de leurs intentions n’est, en réalité, que vanité et illusions, démagogie et mensonges.
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+13 #8 boubacar doumba diallo 08-12-2013 09:03

(Suite)Insister sur la responsabilité de l’homme c’est insister sur sa liberté, et sur le fait qu’il ne doit pas oublier le dépôt que Dieu lui a confié ; car il rendra compte de l’usage qu’il en aura fait. Renoncer à exercer sa responsabilité, c’est donc renoncer à sa liberté. C’est un parjure qui signifie inconscience et non-respect de l’engagement.
Chacun est responsable de sa conduite et de ses actes ; et nul ne peut prétendre se substituer à un autre dans l’exercice de sa responsabilité.
Je préfère m'arrêter là pour ne pas indisposer.Repose en paix Mandela!
Was salam
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+16 #7 boubacar doumba diallo 08-12-2013 08:57

(Suite)Après la transcendance, la responsabilité est un élément fondamental de la foi islamique. Certes, si l’homme a été créé dans l’unique but d’adorer Dieu, comment justifier son existence sur la terre ? Le Coran dernière révélation divine, nous apporte une réponse lumineuse à cette question.
« Et lorsque ton seigneur dit aux anges : "Je vais désigner un lieutenant sur la terre", ils dirent : "Vas-tu désigner un qui y mettra désordre et répandra le sang, alors que nous, par ta louange, chantons pureté et proclamons ta sainteté ? " ». (Coran II, 30)
Oui, l’homme est lieutenant de Dieu sur terre. Il est responsable de la gestion de notre planète. Il a la responsabilité de représenter Dieu, en raison justement de la liberté inhérente à ses activités physiques et intellectuelles. Toute la création a refusé cette responsabilité comme l’atteste le verset coranique suivant :
« Oui, le dépôt que nous avions proposé aux cieux, à la terre et aux montagnes, ils ont refusé de la porter, et en ont eu peur : alors que l’homme le porte. Celui-ci reste, oui, très prévaricateur, très ignorant. » (Coran XXXIII, 72)
En réalité, le dépôt que l’homme a reçu de Dieu n’est autre chose que la responsabilité de la prise de décision, ou de l’exercice de la direction. Cette vocation de l’homme à la direction libre et consciente, en un mot responsable, est un don immuable que Dieu a inscrit au cœur de chaque homme. Elle exclut la passiveté, le fatalisme, l’erreur, mais aussi le racisme, la xénophobie ; sans oublier l’élitisme qui voue le plus grand nombre au suivisme et à la résignation. Enfin, elle exclut l’impérialisme, l’ethnocentrisme, le régionalisme.
Cette aptitude de l’homme à la direction découle de sa responsabilité, qui est inséparable de sa liberté. Et c’est précisément pour cela que la liberté ne s’octroie pas ; elle est propre à l’homme et fait partie de son intériorité la plus profonde…
Grâce à son action libre et au libre exercice de sa responsabilité, l’homme peut se développer et faire avancer la société. Cette capacité de discerner le bien du mal, de choisir entre le vice et la vertu, est naturelle à l’homme. De toute la création, il est le seul à posséder ce privilège redoutable qui peut le conduire soit à la déchéance, soit à la rédemption. Et l’aptitude au discernement, à la critique, à la connaissance n’est ni l’apanage d’une race,ni d'une élite....
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+19 #6 boubacar doumba diallo 08-12-2013 08:46

Grand merci Ourouro Bah pour cette belle introspection qui à mon sens peut se résumer par ta réflexion suivante:"Nous ne faisons pas usage des dons par Dieu octroyés. Nous nous posons la question de savoir pourquoi nous devons être beaux, courageux, libres, heureux alors que la vraie question est de savoir pourquoi nous dépensons le cadeau divin de la vie dans la médiocrité et dans de sinistres aspirations. C’était la révélation d’un secret simple : la levée de tête vers Dieu et l’admission salutaire de la divinité qui habite chaque vie. Ce cadeau précieux ne doit en aucun cas être gaspillé. Il est destiné à être vécu pleinement et, quand cela n’est pas possible, à être sacrifiée pour que règne la liberté sur la terre des hommes".
Oui, au cœur de chaque homme l'empreinte divine est inscrite d'une encre indélébile et cela depuis la préexistence! .Je veux parler du pacte primordial.Comment la faire briller pour se rapprocher de son Seigneur ? Le combat de Mandela interpelle et peut inspirer chacun de nous à la lumière de la foi de chacun.J'ajouterai que ce précieux don divin, nous en rendrons compte de l'usage que nous en aurons fait.Liberté et responsabilité sont inséparables.
Je reviendrai incha Allah sur ce vaste sujet par d'autres commentaires.Puisse Dieu m'inspirer!Amine.
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+16 #5 Mme Barry Madina 08-12-2013 06:16

Pour être un Madela ce n'est pas seulement dans la bouche. Pour être un Mandela il faut une grandeur d'esprit et de la hauteur. La Guinée aura peut-être son Mandela un jour ? Mais pour le moment j'ai bien peur.
M Bah je trouves que votre article est le meilleur article de l'année 2013.
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+12 #4 mamadou saliou bah 08-12-2013 00:56

" POURQUOI L'AFRIQUE DU SUD ET PAS NOUS " ?
Avant de mourir , trahi par les siens , CHAKA dit : l'homme blanc arrive . 100 ans pour expier .
100 ans après , vint MANDELA ! Le reste ...!
" Mo yahali POREDAKA wo , yahay DAAKAPORE " ! C'est ce qu'a dit BOCAR BIRO . Nous n'avons pas encore fini avec DAKAAPORE .
Apres , viendra " notre " MANDELA ! D'ici la ...! 100ans , peut etre !
KO NITIGUI , MOODI MAMADOU !
DJAM DJAM !
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+5 #3 boubacar doumba diallo 07-12-2013 23:03

Citation en provenance du commentaire précédent de Fatoumata:
Certainement l'un des meilleurs articles que j'aie lu sur site.
Si l'occident celebre Mandela pour lui avoir enseigne ce qu'est le pardon, ce que les africains devraient retenir de lui es ceci: un africain qui aura choisi de renoncer aux privileges materiels (carriere, fortune) et qui aura consacre sa vie a se battre pour son peuple.
Tout est dit dans cette phrase alors qu'il faisait face a son destin:
Personnellement, je poserai la question suivante: qu'est-ce-qui fait que certains peuples meritent des Mandela et d'autres non?

Selon Seydina Ali Ibn Abou Talib:
"Chaque peuple a les dirigeants qu'il mérite ".
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+13 #2 Fatoumata 07-12-2013 22:57

Certainement l'un des meilleurs articles que j'aie lu sur site.
Si l'occident celebre Mandela pour lui avoir enseigne ce qu'est le pardon, ce que les africains devraient retenir de lui es ceci: un africain qui aura choisi de renoncer aux privileges materiels (carriere, fortune) et qui aura consacre sa vie a se battre pour son peuple.
Tout est dit dans cette phrase alors qu'il faisait face a son destin:
Personnellement, je poserai la question suivante: qu'est-ce-qui fait que certains peuples meritent des Mandela et d'autres non?
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+12 #1 Paul Thea 07-12-2013 22:16

Excellent article, rien à dire.
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