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Vacances mémorables au pays
Moussa Bella Barry Jeudi, 26 Juillet 2012 14:39
Une de mes enfants vient d’effectuer avec moi des vacances en Guinée pour la première fois. Cela a été une première magnifique au pays de ses ancêtres africains. Le périple foutanien a eu tous ses mérites aux yeux de ma fille. Je lui ai fait découvrir mon Dalaba natal que je connais parfaitement bien. La vue étendue des belles et vertes montagnes s’étend progressivement à perte de vue. Tout est fort beau, et ce paradis fait désirer établir là sa demeure pour l’éternité.
Ce voyage est une découverte pour ma fille et un retour à la maison pour moi. A Conakry les automobilistes roulent dans tous les sens de la rue, parfois aussi sur la mauvaise voie ; les piétons flânent sur la rue sans avoir l’inquiétude de se faire renverser par l’automobiliste.
Les taxis collectifs et les mini-bus-taxis ou les Magbanas, comme on les appelle dans ce pays, font soudainement halte partout pour embarquer encore plus de passagers. Ce désordre dans la rue, la circulation insouciante des automobilistes, les vapeurs d’essence et de diesel, les arômes des grillades aux flammes de charbon de bois tout au long des rues, et la saveur de condiments tropicaux, les coincements habituels des automobilistes dans les bouchons innombrables, …, tout cela m’était d’une certaine manière bien familier, mais c’est indéniable, ma fille est interloquée par ce genre d’événements.
Pour mieux nous baigner dans le quotidien des Conakrykas, en direct, nous avons pris place dans un taxi collectif au mépris de toute mesure de prudence.
En taxi collectif à travers Conakry
Alors, Binette et son père prennent place dans un taxi collectif, ils sont assis détendus dans ce taxi qui emprunte la route de Prince. Par intermittence le soleil des tropiques brille et montre son plus beau côté. Le ciel est bleu azur et la rue remuante à cette heure de la journée. Au-dessus de nos têtes des avions font cap vers l’aéroport international de Gbessia. L’aéroport se situe à quelques encablures de la route de Prince. Lorsque les avions font leurs manœuvres d’atterrissage ou de décollage, le vacarme effraie doublement.
La route de Prince n’est pas seulement une belle rue dans la haute banlieue de Conakry, c’est aussi une route à deux chaussées parfaitement tracée et admirablement asphaltée. Où à quelques exceptions près le respect du code de la route ne fait pas partie des soucis majeurs des automobilistes. La pagaille habite dans ce coin de la ville. Et ceci, à la barbe des policiers. C’est le laisser-faire total au dépend de la sécurité routière.
D’abord chaque action du policier ou de l’automobiliste a un sens, chaque sens à son prix, ensuite chaque action a un sens propre et controversé, et finalement chaque sens controversé a une importance monétaire absolue. Toute action controversée de l’automobiliste lui procure un bénéfice monétaire rapide. Et, c’est automatiquement une importante source de revenu illicite pour le policier. Tout le monde a un avantage significatif dans cet arrangement illégal, au détriment du Trésor public et de la sécurité routière.
C’est la chasse aux passagers ! L’automobiliste raccourcit son trajet ou roule à contresens pour éviter les contours. Ces habitudes désobéissantes aux règles du code de la route permettent de remplir les taxis collectifs au plus vite. Ceci est vu avec plaisir comme une source de revenu illicite par des policiers peu vertueux. A cet endroit de la ville, les joyeux Conakrykas vaquent à leur rituel quotidien tout au long de la route. Il y a d’innombrables maquis (gargotes) et petites bricoles à tous les côtés de la route. Au niveau de Bambéto, des policiers guère angéliques érigent des barrages à tous les carrefours. Nous ne nous sentions pas mêlés dans tout cela. Pour nous, le monde était parfait jusqu’à un détail près. Pour cause, certains policiers malhonnêtes improvisent délibérément des pièges à l’automobiliste pour provoquer des incidents. Notre taxi collectif a été la victime de ce genre de pièges des policiers ; il est tombé dans leurs subterfuges sans s’en rendre compte.
Tiens un barrage au carrefour d’Hamdallaye ! Que voyons-nous là ? Hé chauffard, c’est un policier qui s’adresse ainsi à notre chauffeur de taxi collectif. Le chauffeur se défend avec un air d’incompréhension à cet irrespect du policier. Qu’y a-t-il ? dit le chauffeur. Ne dois-je pas m’arrêter pour éviter un télescopage ? Le policier répond par un si-mais : le policier lui dit que si, le chauffeur a le droit de s’arrêter mais..., il fait remarquer au chauffeur qu’un pneu de sa voiture a dépassé de quelques centimètres la ligne continue de la chaussée. Le chauffeur secoue sa tête avec étonnement, il fait la remarque à l’agent que c’est bien lui monsieur le policier, qui s’est arrêté subitement devant la première voiture et sans donner un signalement. Ceci a obligé le conducteur de cette voiture-là de freiner illico. Et que, lui le chauffeur du taxi collectif qui suivait, n’a réalisé qu’une petite manœuvre pour éviter un tamponnement de la voiture devant lui.
A nos yeux la discussion prend une tournure inattendue, mais logique pour les connaisseurs des astuces policières dans notre pays. Le policier intime au chauffeur du taxi collectif de le suivre dans son poste de commandement, afin de pouvoir établir le procès-verbal de l’infraction. Ceci nous a semblé plutôt être trop de vent pour une infraction insignifiante sur une ligne continue. Nous n’avions pas compris que nous sommes à la fois témoins et acteurs d’une mélodie de théâtre chantée plus de mille fois par jour. A la suite de ce dialogue singulier j’objecte courroucé ! C’est absolument ridicule de vouloir faire d’un crapaud un éléphant. Le policier m’a vertement conseillé de ne m’occuper que de mes choux. Sinon ? .....
Notre brigadier de police au nom de son uniforme triomphe ! Notre agent de police s’adresse au chauffeur du taxi collectif en ces termes : Non ? Toi le chauffeur au volant, et moi, un agent de la sécurité routière en exercice ! Veux-tu me faire porter ta faute de conduite ? C’est une incantation théâtrale des formules de l’article du code de la route qui s’en suit, en montrant le pneu de devant de la voiture au delà de la ligne continue.
Pourtant, le policier au cachet de malhonnêteté offre une porte de sortie honorable au chauffeur, en lui proposant de s’acquitter de sa contravention sur le champ moyennant un petit rabais. Naturellement l’argent affluerait dans la poche du policier. Le chauffeur refuse de jouer le rôle à lui dévolu dans cette pièce de théâtre. Alors, la force publique avec pistolet à la bandoulière s’en donne de plus bel à ce jeu indigne sans se gêner. Elle veut que le chauffeur lui donne son permis de conduire et les papiers de la voiture. Mais comme dans ce pays un malin en vaut un malin et demi, le chauffeur lui tend des photocopies. C’en a été une autre paire de manches !
Le bonheur dans le malheur ! Le policier immobilise le taxi collectif avec la promesse de le mettre en fourrière, mais le chauffeur s’est verbalement opposé à cet acte arbitraire du policier. Binette contemplait tout ce monde de curieux qui s’attroupait autour de nous. Elle ne comprenait rien de tout ce tralala. Pendant ce tumulte un commissaire de police de passage s’arrêta, par hasard. Il tient à s’informer du contenu de la discussion entre les agents de police et le chauffeur du taxi collectif. Ce commissaire était lui aussi de la police routière, je lui expose sommairement mon témoignage.
Ce commissaire divisionnaire demanda alors l’exactitude des faits à une policière qui était là aussi en service, cette dernière argua de n’avoir rien vu et rien entendu. Evidemment la policière a été un témoin oculaire de l’événement. Pour être court, le commissaire ordonna au policier de faire un plaisir à Binette pour laisser le taxi collectif poursuivre son chemin, que Binette venait de loin et qu’il ne fallait pas lui laisser une mauvaise impression du pays. Elle est une hôte de la Guinée. Chose dite chose faite !
Je dis merci au monsieur, mais en lui faisant observer que Binette est bel et bien une fille guinéenne. Ici une certaine police à moralité douteuse mésestime son devoir pour tordre la loi en sa faveur. C’est le kobri (argent) qui est la mère de toutes les combines dans ce pays. Ces policiers indélicats ne s’intéressent pas au fait de contrôle de régularité des papiers demandés, mais ils le disent eux-mêmes, c’est la page manquante aux papiers réclamés « c'est-à -dire le billet de banque de sous-mains » qu’ils sollicitent à voir.
Ha mon pauvre pays ! À quand le changement tant attendu ?
Moussa Bella Barry
Commentaires
C'est quand même bien de venir vivre les réalités du pays des fois
Bhay bhe wiay woo, yii ndu et nanu ndu fuuti ndu woona gootun dogata








