Après le blocage, l’échec ?

Facebook Imprimer    

 

Après une année de tergiversation, le pouvoir d’Alpha Condé a décidé de suspendre pour deux semaines, les opérations de la Commission électorale nationale indépendante pour aller au dialogue avec l’opposition. A l’issue de nombreuses tractations souterraines, de rencontres informelles et publiques entre le Président Alpha Condé et ses opposants, les négociations officielles ont débuté le mardi 27 décembre 2011.

Après une ouverture expéditive des assises par Monseigneur Albert Gomez et Alassane Condé, le dialogue a d’abord été bloqué par la volonté du pouvoir de « noyer le poisson » en transformant ses anciens alliés, Kassory, Jean-Marie Doré, Mamadi Diawara et certains de ses nouveaux alliés (Boubacar Barry et compagnie) en une force politique du milieu. Pour orchestrer la manœuvre d’encerclement et de noyautage de l’opposition, le pouvoir s’est « aménagé » les services de Monseigneur Albert Gomez.

Feignant d’oublier le cadre du dialogue politique que sont la restructuration de la CENI et l’audit du fichier électoral, Mgr Gomez, après avoir réuni 17 acteurs, fait voter une soixantaine de « militants et miliciens » du pouvoir, invités de dernière minute. Au second jour du dialogue national (le 27 décembre), il annonce la suspension des négociations pour régler des « problèmes de procédure ». Au troisième jour, le prélat lit un arrêté ministériel qui fait du Secrétaire général du ministère de l’Admiration du territoire et son directeur des affaires politiques et juridiques des nouveaux membres du comité de médiation. Et puis, il demande d’ouvrir la discussion sur la représentation des trois groupes politiques (l’opposition, le pouvoir et le centre). Après la certitude de cette forfaiture, l’opposition décide de quitter la salle avec à la clé, l’échec du dialogue politique guinéen.

Pour donner une explication plausible à l’échec (l’auteur n’est ni un opposant, ni un membre de la mouvance présidentielle, ni un « faux » neutre), je vais émettre une hypothèse. L’échec du dialogue politique guinéen s’expliquerait par le poids électoral du RPG. En effet, ce parti, qui est celui du Président de la République, pèse au maximum 25% de l’électorat guinéen et perd, de façon continue, des plumes en Haute Guinée, son bastion traditionnel, avec l’offensive de Lansana Kouyaté, le président du PEDN.

Il me semble que l’arrêt des activités de la CENI et l’ouverture des négociations ne garantissaient pas la bonne foi du pouvoir et n’exprimaient pas sa volonté de faire des concessions. A mon sens, l’ouverture des négociations était destinée à la communauté internationale afin d’accréditer l’idée d’ouverture du pouvoir guinéen pour mieux refuser les concessions sur la CENI.

Après une année à la tête de l’Etat guinéen, le président du RPG et de la République sait qu’il n’a aucun bilan à présenter aux électeurs pour gagner les législatives sans fraude. Pourtant, il souhaite ardemment les gagner pour au moins deux raisons :

1) Il considère que son échec aux élections législatives (avoir autour de 25% des voix) serait de nature à discréditer sa victoire à la présidentielle de 2010. Un score égal ou inférieur à celui du 1er tour de juin 2010 pour le RPG lors des élections législatives serait une confirmation du hold-up électoral lors du second tour.

2) La Constitution guinéenne est écrite de sorte que l’absence d’une majorité du Président en exercice l’obligerait à une certaine cohabitation avec son opposition, ce qui est contraire à la culture « démocratique » d’Alpha Condé. La vision totalitaire du pouvoir exclut toute idée de cohabitation.

En fait, l’équation des élections législatives pour Alpha Condé et le RPG est simple : « être minoritaire dans l’électorat guinéen et gagner les élections législatives ». Pour dominer cette équation, depuis une année Alpha Condé et ses stratèges réfléchissent. En voici les différents scénarios utilisés.

Dans un premier temps, juste après l’arrivée au pouvoir, son équipe était confiante. Ils se disaient de ne pas se précipiter pour aller aux élections. Il s’agit d’avoir quelques résultats dans les services sociaux de base (eau et électricité) pour transformer les législatives en plébiscite. Ils comptaient alors sur la communauté internationale qui allait, pour donner une prime à la démocratie, déverser des milliards en aide au développement, en allègement de la dette extérieure et en investissements directs dans les mégaprojets miniers.

Malheureusement, l’unique professeur de la Sorbonne en Guinée, grisé par sa victoire, entre en Seine au bord de l’Atlantique, juste pour retrouver ses discours « trotskistes » des années 60. Pour honorer son pacte avec ses extrémistes, il a fait de la discrimination ethnique le moteur de sa gestion. L’Occident, se souvenant du génocide rwandais, a pris peur et a retenu son argent. Une année plus tard, son bilan est inférieur à la première unité du chiffre arabe.

Retrouvant son réflexe de vieux politicien, il échafaude une seconde stratégie : mettre en place un Parti-Etat qui gagnera les élections par le contrôle de l’Etat.

Pour mettre en œuvre cette nouvelle stratégie, il demande et obtient des « partis-individus » de son alliance « ethnique » l’absorption dans un nouveau RPG, dénommé « RPG-Arc-en-ciel ». Pour avoir une coloration nationale du nouveau « parti-ethnique », on fait appel aux cadres de l’administration publique débarqués de leur poste par les décrets du « remplacement national de tous par une ethnie ». En effet, pour récupérer certains cadres, on les débarque de leur poste et on leur demande de militer dans le nouveau parti pour bénéficier d’une nouvelle nomination. C’est la politique « du garant-gagnant. » Après plusieurs réunions, conciliations et tractations, le projet d’un grand parti national a accouché d’une souris. Les leaders qui pèsent ont refusé, les cadres débarqués vaquent à leurs occupations et le « RPG-Arc-en-ciel » ressemble à lui-même : des militants sans cadres et des cadres sans compétences.

La dernière stratégie trouvée est la plus simple : avoir une CENI aux ordres et obtenir de l’opposition le boycott des législatives. Pour atteindre ce double objectif, le pouvoir d’Alpha Condé mise sur trois manœuvres. La première consiste à lancer officiellement le dialogue national et à s’assurer qu’il traîne en longueur. D’où la nomination d’un intendant et l’obstruction à la restructuration de la CENI, la demande principale de l’opposition.

Mais pour rendre probable la non-participation de l’opposition, le pouvoir a besoin de leaders en provenance d’autres ethnies, peulhs en particuliers, qui iront aux élections législatives. C’est dans ce cadre qu’il a été demandé à un certain Ousmane Kaba de sonder la disponibilité de Mamadou Ditinn Diallo, Baadiko Bah, Boubacar Barry, à aller aux législatives sans l’UFDG. Pour optimiser le bassin de candidats peulhs, des « dissidents » sont créés à coup de francs guinéens et d’autres sont encouragés à créer des partis de substitution pour pallier les insuffisances des partis cadavériques comme l’UPR. C’est la seconde stratégie.

Pour compléter cette seconde stratégie, le pouvoir utilise le parti « Guinée Pour Tous » de Kassory Fofana pour effrayer et déstabiliser l’UFR de Sidya Touré. A chacun, on offre la primature et même la possibilité de conduire la liste RPG-Arc-en-ciel. On attise en passant l’animosité entre les deux rivaux du gouvernement Conté de 1996. Et puis, on fait valoir à Sidya Touré la possibilité de récupérer des voix « peulhs » en cas d’absence de l’UFDG dans la course vers l’hémicycle. Les stratèges du RPG, fidèles à la logique de la « contradiction principale et la contradiction secondaire », chère à Karl Marx, entendent utiliser le GPT de Kassory pour détruire l’UFR de Sidya dès le retrait de l’UFDG.

Enfin, le RPG, doutant de sa popularité, aurait demandé à certains partisans du second tour de prendre de la distance avec lui pour essayer de « capter » les voix de leur communauté. C’est le cas de Jean-Marie Doré de l’UPG, de Jean-Marc Telliano, après la fusion-absorption de Papa Koly Kourouma. GPT et consorts, à vos calculettes ! La mesure vous concerne aussi.

Pourtant, d’autres objectifs sont poursuivis à travers ces négociations politiques actuelles. Le premier est de satisfaire une demande pressante de la communauté internationale, même si le Président clame sur tous les toits qu’il ne veut pas entendre parler de celle-ci. C’est pourtant dans ce cadre qu’il faut situer, en partie, l’arrivée d’Abdou Diouf qui doit, au nom de l’Internationale Socialiste dont il est membre avec Alpha Condé, permettre d’accréditer les concessions du pouvoir guinéen. Abdou Diouf devrait profiter de son séjour guinéen pour proposer les services techniques de l’OIF pour aider à l’organisation des élections législatives. Si l’opposition accepte, le pouvoir ne courra aucun risque pour sacrifier la CENI actuelle. Il aura la certitude de s’attacher les services des professionnels de la fraude au sein de la CENI. La présidentielle de 2010 est encore fraîche dans les mémoires.

Avec l’arrivée de Diouf, il atteint un second objectif : empêcher l’arrivée des Nations-Unies, de la CEDEAO et des autres acteurs internationaux avec notamment le retour du groupe de contact international sur la Guinée. Le président Alpha Condé apprécie à sa juste valeur l’aide de Bernard Kouchner pour son accession au pouvoir et sait que le retour des Occidentaux dans les affaires politiques signifierait une réduction drastique de sa marge de manœuvre politique.

Le troisième objectif poursuivi par ces négociations politiques est d’occuper la classe politique guinéenne en attendant que le pouvoir soit prêt à aller aux élections avec des chances raisonnables de gagner. Qui est fou ?


L'oeil de GuineeActu.com 


AArticle_logo1_0
Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
0 #26 Khaïdara 20-01-2012 18:07

Ce regard d’épervier de l’œil de guineeactu est roboratif. Mais je crains fort que l’armée des bâtisseurs battus ait ..l’œil rivé sur une carte d’état-major déployée sur un meuble de salon, alors que l’armée du « Mandé über alles » est sur le champ de bataille, et ses généraux tout proches sous des tentes (du "changement"). La seule question qui vaille la peine d’être posée aujourd’hui c’est le choix des armes. Panzers ou Orgues de Staline ? Actualisé on dira : « Patriots » ou « Scuds » ? Les vieillards du site se souviennent de la guerre du Koweit ! Les généraux des battus (à ne pas confondre avec les battus d’Aminata Sow Fall) disent qu’il n’y aura pas d’élections, or Alpha doit aller à des élections et doit les gagner. En effet la constitution guinéenne est plus farouche que la constitution gaulliste qui ne permet pas de laisser débarquer le Président élu comme le député, au suffrage universel. Le parlement peut l’obliger à une cohabitation. Pratiquement rien de plus. Sauf orgueil : De Gaulle désavoué mais pas disqualifié en 1969 (et c’était un référendum à propos de la régionalisation) a rendu le tablier en 1969. Mais pour désavouer (et non pas débarquer) le Président français, il faut deux fois un vote unanime dans les mêmes termes, de l’AN et du Sénat. Mais cela n’aboutira qu’à la dissolution de l’AN, le débarquement du fusible, le PM, et probablement la nécessité d’une cohabitation. Or la Guinée, toujours à la pointe du progrès, pondeuse de lois que l’Amérique même devrait nous envier, la Guinée est une mule qui passe son temps à s’ébrouer pour mettre dans la boue cette insupportable charge, ces lois pour mieux les piétiner. Une constitution qui dit que si la majorité présidentielle est désavouée (plus d’une fois : la majorité rétive et les électeurs consultés après dissolution de cette dernière, ce n’et pas précisé par l’art. 76) par les électeurs, LE PRESIDENT DOIT ETRE DEBARQUE ! Avons-nous le pantalon pour aller jusque-là ? Oui nous avons même plus d’un pantalon. Et les hommes pour les porter ? Peut-être. Mais voilà, ils ont, me semble-t-il, pris tellement goût aux pantalonnades, que j’ai envie de dire à la perspicacité de l’œil, « mon œil ! ».
Citer
 
 
+1 #25 Le voyant 20-01-2012 11:05

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Mic Mac, afin d'éviter toute confusion, il aurait été bienvenu que tu précises qu'il s'agit de Georges Gandhi Tounkara, ex Ministre de l'enseignement supérieur, qui est membre du Lion's.
Le Voyant, j'appartenais au Fudec, mais Fall n'était pas mon leader. Je ne fonctionne pas en terme de hiérarchie au sein d'un parti, en tant que militant.

Merci Haroun moi je faisait refference a Barry pas a Tounkara mais comme Mickmack aime semer le doute dans l'esprtit des internautes etant un adepte de la confusion (mickmack), il l'a fait deliberement, sans doute, pour creer des problemes ou il y en a pas. C'est un habitue des faits (Lol).
Mick il faut bien savoir lire le sarcasme entre les lignes....j'ai dit ton leader parce que tu as l'hab... de me bassiner avec les histoires de "ton pied mon pied" c'est tout. Pour ce qui est de mon appartenance a un quelconque parti politique je m'inscris en faux. Et puis je ne t'ai jamais dit ici que j'etait de L'UFR, il faut te detromper. Plutot Je t'avait dit dans un thread que j'etait pour Sydia au depart (lors des elections) et quand il s'est range derriere Cellou j'ai fait autant.
Pour ta gouverne je n'ai jamais eu de carte de membre d'un quelconque parti excepte celle qu'on nous distribuait par la force (tu n'es pas oblige de suivre mon regards...). Et s'il faut repeter encore je ne changerai pas mon choix d'un iota donc je n'ai fait ni de feinte de passe a gauche ni a droite, je suis constant sur ma position.
Citer
 
 
+1 #24 Mickmack Camara 19-01-2012 19:03

T'as raison Gandhi Haroun.
Le voyant, tu es un vire voltant ailier droit. Tu fais la feinte de passe à gauche et tu passes à droite. Je te croyais à l'UFR.
C'est bien que tu ne fonctionnes pas en terme de hierrarchie, comme tu le dis.
Que penses tu donc des éternels Présidents de Parti ? AC, Sydia, Bah Ousmane, JMD, .....
C'était quand le dernier congrès dans ces partis?
L'alternance,mon cher ami .
L'Ufdg est le moins exposé à ce phénomène, meme si ça commence à craindre
Le PEDN est parti pour faire la meme chose.
Le FUDEC, est mort quand le président Fall? L'a décidé.
Le pup A MOINS DE CHANCE de redevenir le parti d'une seul personne.
Tous les autres partis, sont dans ce système de présidence à vie.
Citer
 
 
+1 #23 Gandhi 19-01-2012 15:45

Mic Mac, afin d'éviter toute confusion, il aurait été bienvenu que tu précises qu'il s'agit de Georges Gandhi Tounkara, ex Ministre de l'enseignement supérieur, qui est membre du Lion's.
Le Voyant, j'appartenais au Fudec, mais Fall n'était pas mon leader. Je ne fonctionne pas en terme de hiérarchie au sein d'un parti, en tant que militant.
Citer
 
 
+1 #22 Mick mack Camara 19-01-2012 14:18

Le FUDEC est mort, il a rendu les locaux qui lui servait de siège. Fall, est deçu de ses resultats aux présidentiels et a abandonné le navire FUDEC. Gandhi, s'occupe de ses activités au sein du Lion's club. FUDEC avait pour logo, une Orange....... Disons qu'ellea été sucée. Le voyant....
Citer
 
 
+1 #21 Le voyant 19-01-2012 13:52

"Et Louceyni Fall n'a pas trouvé mieux que de s'encoquiner avec la femme du president ! La messe etait dite pour lui" (Amenofils)
Mort de rire.....On dirait que tu attaques l'ancien leader de Gandhi directement hein! en tout cas pour ce qui est du leader de Mickmack, il n'avait pas le choix surtout apre son "ton pied mon pied".(Lol)
Apres que notre indelicat diplomate fut attrape la main dans le sac entrain de fouiner dans le placard de son ancien patron la seule option pour lui etait de prendre la poudre d'escampete sinon il allait se fair deplumer par Conte en detail. Et dire que c'est ce meme petit delinquant qui se prends au serieux en ce moment a cote du prince du moment..... Les histoires de fesse dans la plus haute sphere de l'adminstration. Quel pays!
Citer
 
 
+2 #20 Amenofils 19-01-2012 11:05

En AFrique c'est le chef qui decide, le President de la Republique en l'occurence. En Guinée, on a cette particularité de toujours magnifier le chef meme si'il agit mal. Quand Sidya a bien agit Conté l'a debarqué ! Quand Cellou a voulu avoir les coudées franches pour travailler, Conté l'a debarqué avec l'aide de mamadou Sylla. Que pouvait-ils faire ces premiers minsitres ? Et Louceyni Fall n'a pas trouvé mieux que de s'encoquiner avec la femme du president ! La messe etait dite pour lui. Mais plus serieusement, nous savons que c'est le chef qui donne l'impulsion. Il n'ya qu'a regarder le Ghana, Jerry Rawlings a changé le pays par sa volonté. Si ALpha Condé veut changer la Guinée, une journée suffira pour deja voir les premisses. Mais non il a d'autres objectifs a lui fixer par la coordination mandingue. Que personne ne dise quand Alpha va changer la constitution dans 10 ans alors qu'il aura 86 ans pour se reprensenter - personne disais-je, ne va dire qu'il n'etait pas avertit. Autrement pourquoi tient - il tant a avoir la majorité a l'assemblée alors que la relaité politique du terrain ne le lui permet pas. Pourquoi tant de denigrement et de haine entre guinéens par ce que Alpha entretient cela. Les ministres et autres "Griots" de l'administration savent ce qui plait au chef et ils sont tous aux ordres. Autrement avez vous entendu quelqu'un ajouté a une personnalité française ou d'ailleurs ses diplomes ? On aurait appelé DSK, Docteur DSK, Professeur Pierre Moscovici, voir Professeur Bayrou ou professeur Barack Obama. Mais en Guinée c'est une obligation. En Guinée tout vient du chef et tout part du chef !
Citer
 
 
+3 #19 Gandhi 18-01-2012 14:02

Youssouf, vous avez parfaitement raison, il faut effectivement des jeunes générations, si possibles celles qui ont déjà montré leurs preuves et ont déjà travaillé. Même si je suis capable de pardon pour différentes raisons, je n'ai pas apprécié le comportement de Mouctar Diallo (représentatif des jeunes) par exemple, et je le lui avais dit directement lors de sa tournée. Cela ne le disqualifie pas pour faire de la politique, il a bien d'autres qualités, mais le disqualifie pour gérer la chose publique. Dans ces matières une fois suffit pour être discrédité à vie. Ce qui prouve qu'il faut savoir choisir (c'est le rôle du leader). Il faut des gens non formatés par un système, mais élevés au biberon de l'efficacité et de la rationnalité. De même de nombreuses femmes sont nécessaires (au moins 30% est un minimum, en attendant 50% lorsqu'on leur permettra de se former), car elles sont généralement plus terre à terre, et ne refont pas le monde, mais s'attachent à trouver des solutions à un problème. Cela suppose de se débarrasser de la plupart des fonctionnaires actuels. Une formation accélérée de haut niveau de 9 mois à défaut d'être suffisante est nécessaire pour ces futurs administrateurs. Même sans expérience administrative, ils ne pourront pas faire pire que ceux dont on observe les résultats depuis 50 ans. Des gens qui se présentent comme de hauts cadres et qui ne sont capables que de répéter et lire les recommandations du FMI et de la BM. Or ces organismes ne font pas d'économie (aucune perspective économique) mais de la gestion financière. Or on ne mobilise pas une population en disant qu'il faut simplement serrer la ceinture.
Citer
 
 
+2 #18 Youssouf Bangoura 18-01-2012 12:53

Gandhi, pour avoir aujourd'hui, une equipe complete des hommes integres en Guinée, il faut très honnêtement faire appel soit aux Guinéens de l'exterieur ou aux guinéens de moins de 40 ans qui n'ont jamais travaillé dans l'administration . Comme dit mickmack, ceux qui sont traités aujourd'hui avec Alpha d'incompetents, ne sont rien moins que ceux qui veulent gouverner à leurs places . Ce sont les mêmes depuis une dizaine d'années, c'est la même generation, ils se connaissent tous, et ils ont les mêmes methodes de comportement . Si vous avez connu ou connaissez un seul ministre sincère depuis 20 ans, faites nous savoir son nom . Ils trainent tous des casserroles, certes à des degré s differents .
Citer
 
 
+1 #17 Mickmack Camara 18-01-2012 12:02

Gandhi, j'ai souvent entendu des gens dire " Et pourtant, LC était bon, mais c'est son entourage qui ne l'était pas"
J'ai aussi entendu dire " Dadis, n'est pas mauvais en soi, mais ce sont les tieboro, coplan, et ce fameux conseiller ivoiro guinéen, qui l'induisent en erreur"
Je suis d'accord avec toi, qu'il faut savoir faire la part des choses. Qui a fait quoi et quand et dans quelle proportion?
En repondant à cette question, beaucoup passeront à la trappe.
Citer
 
 
+3 #16 Gandhi 18-01-2012 10:31

Mic Mac, je ne dirais pas cela comme ça. Ce sont les PRG qui décident, même si certains conseillers de l'ombre ou ministres ont pu influencer, plus ou moins fortement. Il y a eu des ministres de pacotille qui se sont enrichis (c'était leur seul but), mais il y a eu aussi probablement, des ministres sincères, qui ayant vu leur inutilité (pas de possibilité de peser sur les décisions) se sont dit qu'il fallait au moins profiter de leur présence au gouvernement pour ne pas tout perdre. Comme l'a paraphrasé AC lui-même (et il semble l'avoir oublié), le poisson pourrit toujours par la tête.
Un leader digne de ce nom, aurait des difficultés à gouverner, car on ne dirige jamais seul et le système est pourri, mais en s'appuyant sur une garde rapprochée d'hommes intègres (et efficaces), il pourrait bousculer les choses, mais cela se fait généralement dans les 3 à 6 mois de son mandat, après c'est trop tard, sauf à employer des méthodes violentes pour y parvenir.
Citer
 
 
0 #15 Mickmack Camara 17-01-2012 19:57

Je te le concède Amenofils.
Mais de grace évite de dire que la Guinée est le seul pays qui n'a eu que des cancres pour la diriger.
Ceux qui ont dirigé la Guinée jusque là, sont ceux là meme qui veulent en etre le président aujourd'hui.
La responsabilité de la gestion du pays est partagée entre AST et ses ministres, LC et ses ministres, DAdis et ses ministres, AC et ses ministres. Finalement, le nombre de cancres est plus élévé que tu ne le crois. Non?
Citer
 
 
+5 #14 Amenofils 17-01-2012 15:18

Mickmack Camara, c'est Alpha Condé qui ne veut pas de dialogue. C'est lui qui prone l'ethnoscentrisme en choisissant une seule region au lieu de prendre en compte les fils des 4 regions du pays. le probleme c'est le chef. Si Alpha conde change en montrant la voie du dialogue , tous les Guineens verront. En Guinée si le chef est bon, le peuple suit. Mais on a tout vu de Sekou Touré a Alpha Condé. Le seul pays qui n'a eu que des cancres pour la diriger est la Guinée ! Si ALpha veut apaiser la Guinée cela lui prendre une heure seulement pour le faire. Wassalam
Citation en provenance du commentaire précédent de Mickmack Camara:
Celui qui sait lâcher-prise vis à vis de ses idées bien arrêtées et accepte le dialogue découvre avec stupeur combien les autres sont non pas des rivaux mais des compléments essentiels pour combler ses insuffisances.
Pour cela il faut être sincère, développer l’humilité et être attentif à reconnaître la présence du Bouddha dans ses interlocuteurs
yukei sensei
Citer
 
 
+4 #13 AOT Diallo 17-01-2012 15:10

Une excellente analyse, la même que la mienne depuis Conakry ou je suis - d'ailleurs cet oeil m'a volé une partie de ma UNV de janvier...
Dommage que l'oeil ne signe pas de son vrai nom, j'aimerais bien pouvoir discuter de vive voix avec lui - je vois déjà les yeux rouges de M-m.
Le PPAC est le plus grand requin politique que je connaisse. Il va maintenant accélérer le dialogue en mettant 1-2 petites concessions a l'opposition même absente (du genre "neutralité" des préfets et suppression de l'article 162) et il va ensuite passer en force pour organiser les élections d'ici juin. La CI le suivra car ils en ont tous marre de ce casse-tête de nègres.
A mon avis le seul choix jouable de l'opposition est de ne pas boycotter mais d’empêcher la tenue du recensement et des élections tout en résistant comme fer a la pression qui va grandir de la CI (uniquement Abdou Diouf car les autres ne seront pas invités par le PPAC) - facile a dire mais difficile de ne pas porter ensuite une responsabilité directe des nouvelles victimes qui sont sures de venir suite a la bagarre qui s'engagera.
La Guinée a enfin son Ble Gude, il s'appelle Makarena Alhousseiny (désolé a son frère juriste de Paris dont j’apprécie beaucoup les analyses). Il dit régulièrement sur les ondes qu'il n'est pas question d'organiser ces élections pour avoir moins de 80% des sièges de l'AN.
Mme Fatou Bensouda, braquez vos yeux sur nous, pardon...
Citer
 
 
-2 #12 Mickmack Camara 17-01-2012 14:34

Celui qui sait lâcher-prise vis à vis de ses idées bien arrêtées et accepte le dialogue découvre avec stupeur combien les autres sont non pas des rivaux mais des compléments essentiels pour combler ses insuffisances.
Pour cela il faut être sincère, développer l’humilité et être attentif à reconnaître la présence du Bouddha dans ses interlocuteurs
yukei sensei
Citer
 
 
-4 #11 DORE 17-01-2012 14:30

Vraiment yako à ma guinée,je pense vraiment que l'opposition et le pouvoir trouverons un terrain d'attente pour que ce pays puise passé au chose sérieuse.Je crois que se commentaire ressemble plus à un discours démagogue qu'une analyse sérieuse et pertinente de la situation en guinée. Certe je ne trouve pas ce pouvoir capable de donner le changement dont la guinée et les guinéens ont besoin,mais je crois que ce régime peut amorcer le chemin d'un développement réel pour la guinée.Et cela doit se faire avec l'aide de tous les guinéens y compris l'opposition.Je pense que l'opposition doit prendre conscience que plus ils complique les choses,plus ils donnent l'occasion à ce régime d’être totalitaire,n'oublions pas d'ou viens cette guinée avec son cortège de médiocre et de médiocrité intellectuel.L'opposition se doit de participer au développement et non de tout faire pour discrédité ce régime ça y va de l'avenir de notre guinée a tous.
Citer
 
 
+5 #10 Ibrahima M. SOW 17-01-2012 12:28

Ceci est une analyse dont les stratèges des différents partis politiques en tout premier lieu devraient s'approprier.
- Ceux de la Mouvance présidentielle et de ses satellites, pour savoir que leurs macabres ruses politiques ne tromperont jamais tout le monde (l'Oeil de GuinéeActu.com entre autres, reste grandement ouvert !!)
- Ceux de "l'Opposition crédible" taxée à dessein de "radicale", pour lesquels il constituera, espérons-le, un brillant éclairage du cadre des enjeux liés aux probables prochaines élections législatives guinéennes. Was-Salam !!
Citer
 
 
+4 #9 Amenofils 17-01-2012 11:16

L'opposition Guinéenne qui afait l'erreur d'accepter qu'on organise la presidentielle avant les Legislatives doit eviter de commettre la betise de perdre celles-ci. Pour cela il suffit de se mettre ensemble, de travailler ensemble. Mais c'est a se demander si cette opposition sait travailler pour securiser les votes de leurs electeurs. Si l'opposition ne securise pas les votes afin de remporterles legislatives, alors elle perdra sa base. Oppostion dite Radicale mettez vous a la tache, faites tourner vos meninges pour affiner une strategie de securisation des voix, des PV de votes... sans compter sur la CENI. Trouvez du personnel pour cela. Un personnel convaincu que le pouvoir ne pourra pas corrompre le jour du vote, afin de faire remonter les vrais resultats a votre quartier general le soir du vote. Organisez votre QG par quartier, par ville et par region avec des responsables fiables a chaque niveau. Vous avez vraiment du travail et c'est pas pour les amateurs. Wassalam
Citer
 
 
+9 #8 Thierno,H Barry USA 17-01-2012 03:53

Merci Doyen A.Dore, vous avez condense cette brillante analyse en une paragraphe concise et voila l'épilogue qui manquait a cette brilliante analyse.c est le gouvenernent qui est radical et qui vectarise leur radicalisme a tout le niveau de la vie socio-po de la Guinea.L opposition doit stopper Le frimage de ce gouvernement de bande de macaques et les puscher a entamer les choses serieuse.et stopper le yoyo du CNT en récusant ce kingpin de blocage,Mgr Gomez qui est protestant de foi normalement qui est mieux place pour proteste contre l"injustice et mensonge étatique.Helas,La Guinee la pyramide de valeurs renversée!
Good looking Doyen! One Love!
Citer
 
 
+8 #7 Féla Barry 16-01-2012 23:17

Sidya dépouillé de ses suffrages par le tandem calamiteux de la transition, Cellou floué par une conspiration françafricaine inédite,Condé président incompétent élu à la pyrrhus, l'entrisme politique élevé au rang de centrisme: tout ça finira par mal finir, pauvre Guinée, !!!!!
Citer
 
 
+17 #6 Ansoumane Doré 16-01-2012 23:03

L'oeil de guineeactu.com a été particulièrement perçant dans ce papier. Excellente analyse. La vraie opposition qu'on a grossièrement affublée du qualificatif de radicale,comme pour la discréditer, devrait prendre bonne de cette analyse. Une opposition est radicale quand elle n'accepte aucun contact avec le Pouvoir. Cela fut le cas d'Alpha Condé avec le Pouvoir de Lansana Conté et aucun vrai démocrate ne l'en a blâmé. Le Collectif et l'ADP qui constituent l'Opposition crédible, ne posent que des conditions,comme toute opposition qui se respecte, au dialogue avec le pouvoir.Ce n'est pas dans ce cas une position radicale.La manipulation a des limites qui devraient sauter aux yeux de tous.
Citer
 
 
+20 #5 Mohamed Sadibou Camara 16-01-2012 21:43

Mr. Bah, la réponse sans démagogie est que, le peuple a tendu la main à un groupe d’incapable et celui la veut avoir tout le bras. Cela ne peut pas, et ne doit pas fonctionner. On veut lui faire savoir qu’il a tort, il joue au sourd-muet. Est-ce qu’on peut conjuguer les mêmes efforts avec un tel groupe ? À mon entendement, conjuguer les efforts ensemble signifierait que les couples, ensemble, devraient danser au rythme de la musique. Mais le Slow est mis, et Alpha Wess est entrain de danser le reggae. Est-ce que ce n’est pas de la perturbation ? Si vous étiez jury, à qui alliez vous reprocher l’échec du concours ?
L’opposition guinéenne n’est pas ce que nous voulons, mais ici, elle a vraiment raison. Soutenons-la si nous voulons nous en sortir.
Mohamed Sadibou Camara
Hagen, Allemagne.
Citer
 
 
+3 #4 Bah 16-01-2012 20:47

Chers amis répondez-moi sans faire de démagogie: pourquoi la population guinéenne,homme,femme opposants ,gouvernement ne voient pas les difficultés des citoyens pour conjuguer les efforts ensemble afin de développer le pays?
En tous cas le temps perdu ne se rattrape jamais
Citer
 
 
+11 #3 kalil diallo 16-01-2012 20:19

ce pays a toujours ete celui du destin manqué,malheur a celui qui compte sur ce pays pour passer le reste de sa vie, il en tirera les consequences.chaque année on dit vaut mieux precedente ,voila la coree du nord de l´afrique.
Citer
 
 
+9 #2 Oury Diallo 16-01-2012 19:41

Personne n’est fou. Toutes ces manœuvres rentrent dans la logique de son discours juste après son atterrissage a la mangeoire, a savoir qu’il est aux commandes et qu’il serait idiot en tant que nouveau dictateur de ne pas remporter le reste a l’image de ses collègues Africains déjà maitres en la matière. Il appartient a l’opposition de camper sur ses revendications et faire foiré ce projet en refusant catégoriquement de se mélanger aux opportunistes qui se disent du centre dans un semblant de dialogue. Le grimpeur sait qu’il ne vaut pas plus que les 18% qu’il a récolté au premier tour, et tout le monde sait que ce qui s’est passé au deuxième tour avec les conséquences qu’on sait, ne peut même pas être qualifier de mascarade électorale mais plutôt d’un coup d’Etat militaire a majorité Anbgansanes en faveur de leur frère. La fraude était pourtant mal ficelée malgré sa victoire et il ne tient plus à ce qu’il y ait la moindre erreur aux législatives. Pour amuser la galerie et tromper la communauté international, il crée une mamaya qu’il baptise dialogue qui est dirigée par ce que la Guinée compte de plus pourri ( nos religieux) et invente un autre allié qu’il nomme les centristes où on retrouve dans le même panier, anciens bouffons cireurs de pompes des dictateurs successifs qu’a connu la Guinée et ses alliées de l’Arc-en-ciel dirigés par le champion en retournement de veste ( JMD) . Mais pourquoi des individus comme Mamadi Diawara allié de première heure au grimpeur se retrouve dans ce centre si ce n’est pour faire perdre du temps au dialogue. Ils n’ont rien a opposer au projet de fraude du grimpeur, pourquoi ne pas faciliter la tache en remorquant leurs cabines téléphoniques a l’arc-en-ciel ? Sacrée Guinéens. C’est à se demander si on n’est pas maudit !!!!
Citer
 
 
+8 #1 mohamed sampil 16-01-2012 19:33

La vérité triomphe toujours. Qui vivra , verra...comme dit l'adage.
Citer