Basse-Côte/législatives : Destins croisés des 2 candidats ‘’uniques’’ !

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SOW_Thierno_Fod_3_01Ibrahima Kassory Fofana GPT, allié d’Arc-en-ciel et Sidya Touré UFR, allié de "Cellou Dalein président" sont les deux candidats qu’une coordination double a choisis pour représenter la région naturelle de la Basse Côte. Des choix qui ont de part et d’autre provoqué une levée de boucliers au sein même de cette partie de la Guinée. Destins croisés des 2 candidats ‘’uniques’’ au centre d’une vive polémique qui perdure.

Ils ont un parcours différents, même s’ils sont tous les deux anciens hauts commis de l’Etat sous le long règne de Lansana Conté. Sidya Touré lui, a passé une bonne partie de sa vie administrative à Abidjan. Ce technocrate de 66 ans est marié et père de 4 enfants. Licencié en droit des affaires et diplômé de l’école nationale du Trésor de Paris, il débute sa carrière professionnelle en Côte d’Ivoire, en qualité de d’Inspecteur du Trésor en 1972, avant d’être nommé Sous-directeur du Trésor. Premier ministre de la République de Guinée de 1996 à 1999, son passage fut très remarqué, soutiennent ses proches militants expliquant que, durant son mandat, il redonna l’eau et l’électricité au pays, assainit le fichier de la Fonction publique et renoua avec l’Union européenne.

En un an, poursuivent-ils, Sidya Touré eut accès à 258 millions de dollars de financement. De plus, il obtint en 1996 un programme formel avec le FMI pour que la Guinée accède au statut de PPTE (Pays Pauvre Très Endetté) et puisse ainsi bénéficier d’une aide financière. Il sera vite limogé après les présidentielles de 1998. Le 20 mai 2000, il est élu président de l’UFR. Sidya Touré est candidat aux élections présidentielles de la République de Guinée alors prévues le 27 juin 2010. Il est perçu pour beaucoup d’adversaires comme un homme prétentieux. Cela, même si, à un moment donné, il renvoyait en lui les espoirs et les rêves les plus fous. La 3e place avec 15,6% des suffrages lui était revenue au premier tour de la dernière présidentielle. Très vite, il s’emballe et fait descendre des femmes dans les rues, accusant le président de la transition Sékouba Konaté d’avoir un parti-pris. Dans une interview accordée la même semaine à des medias étrangers, Sidya Touré affirmait sans ambages : « C’est sur instruction du président de la transition Sékouba Konaté que la CENI (ndlr : organe chargé d’organiser les élections) a réintégré les voix du RPG d’Alpha Condé qui n’auraient pas dû être prises en compte ». Sans aucune preuve tangible, Sidya Touré n’avait point semblé mesurer la gravité de ces déclarations à l’emporte pièces et les conséquences qu’elles pouvaient engendrer sur le processus en cours. Pourtant, auparavant, le même Sidya Touré martelait ceci : « Je suis pacifique. Mon parti n’est pas violent et en 10 ans nous n’avons pas connu de problème. » Où était donc passé ce pacifisme ?

Au second tour de la présidentielle, Sidya Touré s’allie à Dalein Diallo. Ce geste qui a vite soulagé les pro-Dalein a en revanche provoqué une dislocation de l’UFR. Laquelle dislocation n’aura pas du tout favorisé, nous dit-on, le report des voix en faveur du leader de l’UFDG, presqu’assuré de faire carton plein. Depuis, apparemment, c’est la débâcle. Du moins c’est ce que laisse croire le parti au pouvoir autour duquel gravitent entre autres Rougui Barry, Ousmane Kaba, Capi Camara, Briqui Momo, Makalé Traoré, etc., lors de la dernière manifestation de rue, initiée par le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition dont est membre l’UFR, on a aussi accusé Sidya de n’avoir pas bien mouillé le maillot. D’intrigue en intrigue, quoi !

De l’autre côté, à Forécariah et ailleurs, Ibrahima Kassory Fofana améliore son capital sympathie. Cet ancien ministre des Finances de Conté a fait partie de la galaxie présidentielle avec une grande influence sur les décisions du pouvoir central. Il était donc de notoriété publique. Il a été limogé en 2000, bien que jouissant de l’admiration et d’un profond respect de la part du président paysan. Ibrahima Kassory Fofana faisait partie du cercle restreint de la présidence, partageant à souhait les intimités du vieux général. Des sources dignes de foi révèlent que Kassory étaient l’un des rares hommes qu’accompagnait Conté à l’aéroport, à chaque fois qu’il est question de voyage à l’étranger. Cette amitié a résisté au temps. Car, raconte-t-on, c’est grâce à Kassory ‒ fortement pressenti comme remplaçant de Kouyaté après les inimitiés de celui-ci avec Conté – que Lansana Conté aurait mis fin à la dernière menace d’expulsion dont était victime Chantal Colle dont les rapports étaient au plus mal avec l’ancien PM Kouyaté. Et comme chacun a son tour chez le coiffeur, nous dit-on, Lansana Kouyaté, après son limogeage, a été interdit de sortir du territoire national. En bon médiateur sous ses beaux jours, Ibrahima Kassory Fofana aurait défendu devant le camp présidentiel qu’il « serait contreproductif de restreindre la liberté de circulation d’un ancien PM. Â» Cette plaidoirie était tombée dans de bonnes oreilles. Et à chaque fois que l’homme était annoncé à la Présidence, poursuivent nos sources, Lansana Conté l’accueillait toujours auprès de lui dans le même canapé. Ce sont manifestement des signes de complicité et de rapprochement qui ne trompent point.

C’est pourquoi, les ministres en exercice qui l’apercevaient dans les couloirs de la Présidence étaient souvent saisis par une grosse frayeur et une kyrielle d’interrogations. Kassory ne saurait pourtant être clean aux yeux de ses détracteurs qui lui ont « toujours prêté une prospérité bâtie sur son passage à la tête de l’Etat. Mais l’homme a toujours mis au défi quiconque de prouver ces allégations, et d’avoir détourné un centime des caisses de l’Etat guinéen. Â» Ce qui est certain, Kassory a régné au moment où la Guinée n’était pas aussi malade de sa situation économique. Une raison de plus pour ses détracteurs de parler de subtilisation de fonds. Mais certainement dans la plus grande intelligence financière. De toutes les façons, il n’y a pas ce ministre de Lansana Conté qui s’est interdit de dilapider les fonds de la nation. Puisque tout était mis en place pour faciliter le vol et le détournement.

A l’approche de la dernière présidentielle, IKF crée son parti Guinée pour tous. Il battra campagne comme nombreux autres candidats. Mais il ne récoltera que moins de 1%. Il sera alors vite un des nombreux alliés de l’Arc-en-ciel d’Alpha Condé. IKF s’attendait certainement à être récompensé comme Ousmane Kaba, Bah Ousmane, Jean-Marc Telliano, Rougui Barry, Louncény Fall, etc. Mais, apparemment, c’est la désillusion. D’ailleurs Alpha Condé, au lendemain de son élection, a vite tranché au siège du RPG à Hamdallaye. C’est ainsi qu’à IKF et aux autres alliés, M. Condé avait lancé : « Je suis reconnaissant à l’endroit de vous tous qui avez participé à cette Å“uvre commune. Mais, je dois dire à chacun que nous ne nous sommes pas battus pour dire que c’est notre tour d’être à la table du festin. Il ne s’agit pas de dire que nous allons prendre la place des autres et que nous allons partager le gâteau entre nous. (…) Donc, tous ceux qui pensent qu’on s’est battu pour qu’ils aient des places, n’ont pas compris le sens de mon combat. Â»

Aux dernières nouvelles, on raconte qu’IKF n’est plus en odeur de sainteté avec le pouvoir de Conakry. Info ou intox ? Difficile de démêler l’écheveau. Ce qui est évident, il est perçu par l’autre coordination de la Basse Côte comme celui-là soutenu par un « petit groupe d’agitateurs et d’opportunistes qui n’attendent que des décrets Â». Et la même coordination de rappeler que « La Basse Guinée a clairement choisi M. Sidya Touré, qui a obtenu plus de 15% malgré des fraudes avérées, (…). C’est celui-là, que le critère fallacieux d’appartenir au RPG veut exclure au profit d'un candidat qui n’a recueilli que 0.72% (NDLR, Kassory Fofana du parti Guinée pour tous). Â» Qui de Sidya Touré ou de Kassory Fofana aura-t-il le dernier mot, étant entendu que les Guinéens y compris les Basse-Côtiers ont plutôt besoin aujourd’hui d’une nouvelle génération de leaders? Plus personne ne le sait. Plus malin saura qui fera carton plein dans cette partie de la Guinée. En attendant, de choisir un seul et unique candidat, s’il le faut absolument, la Basse Côte se déchire sous le poids, pourrait-on dire, d’une certaine instrumentalisation à outrance. Et, apparemment, pour rien.


Thierno F. Sow


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Commentaires  

 
+1 #15 mickmack camara 31-10-2011 13:41

Gandhi, ces fossoyeurs se battront avec toutes les armes possibles pour ne pas etre évincer. Disons qu'ils ont le corps rompu (corrompu!) à la tache de fossoyeurs. Croyons tout simplement à l'immensité du possible. Yes we can!
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0 #14 mickmack camara 31-10-2011 10:50

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Le changement devait être de mettre ces fossoyeurs, comme le dit Mic Mac de toutes ethnies, à la retraite........

Yes we can !
Halte au recyclage!
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+2 #13 Gandhi 30-10-2011 11:53

Le changement devait être de mettre ces fossoyeurs, comme le dit Mic Mac de toutes ethnies, à la retraite. Au lieu de cela, AC les recycle, mais va même chercher d'anciens réels retraités. Cette première contradiction constitue une faute originelle, qui ne se rattrapera plus.
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+3 #12 mickmack camara 29-10-2011 15:22

Citation en provenance du commentaire précédent de mohamed sampil:
Mic Mac Camara.En vous lisant seuls les Basse-Côtiers ont détourné des fonds publics en Guinée. Méfiez - vous du " VOUS ". Personnellement je n'ai jamais travaillé au pays , le vous est donc très mal placé, çà rappelle le camp Boiro où la resposabilité familiale ou ethnique était la règle de droit.

En dehors de toute considération régionale ou communautaire, on peut dire que c'est la confrérie des foussoyeurs de notre économie qui est "l'ethnie" la plus redoutable. Une confrérie où nous avons des Touré (sydia) des fofana (kassory, alseni...) des soumah (ariana), des bah (bcrg) des diallo (cellou d) des thiam, des keira, des kaba (ousmane) bah (alpha pusmane) des yansané (kerfalla) des camara (cheik) des doré (ousmane) des kouyaté (lansana) camara (dadis) des konaté (sékouba) des doré (jean marie) des camara (kpc) des diallo (diouldé) des sandé, des thiam (mamoudou) des barry (boubacar) des kourouma (papa koly) des diallo (korka) des sultan (jc) des Kamara (tibou)L'équilibre ethnique est assuré, meme si les soussous les malinkés et les peulhs sont les mieux représentés.
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+1 #11 mickmack camara 29-10-2011 15:07

Non Grand SAMPIL, c'est par ce que le sujet traité par TFS concerne que la basse cote. Soyez tranquille, lorsqu'il s'agira de l'union madingue ou de la coordination du fouta, il y aura des choses à dire. Ils sont partout les prédateurs de l'économie guinéenne. Mais il est évident qu'à un moment donné, la BCRG, les Finances, la primature, le budget, les mines, la présidence étaient entre les mains des soussous. Le resultat on le connait. En ce qui vous concerne je sais que vous avez participé au projet tokten et c'est tout à votre honneur.
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+2 #10 mohamed sampil 29-10-2011 11:31

Mic Mac Camara.En vous lisant seuls les Basse-Côtiers ont détourné des fonds publics en Guinée. Méfiez - vous du " VOUS ". Personnellement je n'ai jamais travaillé au pays , le vous est donc très mal placé, çà rappelle le camp Boiro où la resposabilité familiale ou ethnique était la règle de droit.
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+3 #9 mickmack camara 28-10-2011 12:30

Citation en provenance du commentaire précédent de mohamed sampil:
La Basse-Côte...Nous travaillerons dorénavant avec les personnes qui partagent nos valeurs de paix , de solidarité et de fraternité. Wassalam

Non, non, non! les valeurs de paix, de solidarité et de fraternité ne sont pas suffisantes, partageons aussi la fortune que vous avez (kassory,sydia, facinet fof, facinet touré, cheick camara, kerfalla Y, tanoudy,daffé bcrg soumah ariana fodé, sylla futurelec....) amassé pendant toutes ces années. Il est très facile de partager des valeurs de paix....
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0 #8 mickmack camara 28-10-2011 12:24

C'est mieux que Dieu, pire que le Diable, les pauvres en ont, les riches en manquent. Et si on en mange, on meurt.
Réponse?
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-2 #7 mickmack camara 28-10-2011 11:48

Bien sùr que les cadres de la basse ont plus que qui qu'on que des comptes à rendre. Pendant tout son règne Lansana Conté a utilisé le vivier des cadres basse cotiers jusqu'à épuisement. AC, au moment de choisir un PM n'a pas eu le choix et il s'est contenté de Said fofana. Une autre explication du désastre que nous vivons réside aussi à ce niveau. Les finances, les mines, la BCRG, l'énergie, la primature ont à un moment donné été géré par les cadres de la basse cote. Ont-ils quelque chose à prouver aujourd'hui? Après nous avoir démontré pendant plus de 20 ans leur incapacité à gérer le pays.
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+2 #6 Tutankhamon 28-10-2011 09:06

Entre Sidya et Kassory, c'est comme Las Vegas et Conakry, le choix est vite fait! A moins que tu ne veuilles partager ton lit avec des moustiques.
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+6 #5 MediaCom 28-10-2011 05:25

1.Sydia Toure a aussi été Chef de Cabinet du Président A. Ouattara, alors Premier Ministre de Cote d’Ivoire.
2.Tout le combat de Kassory Fofanah, Facinet Fofanah, General Facinet Toure (et quelques autres) a pour clair objectif la sauvegarde de leur énormes intérêts financiers qui découleront de l’exploitation par Bellzone du minerai de Fer de Kalia et Forécariah. Ce n’est ni de l’amour pour Morya encore moins pour la Guinee.
OUI BELLZONE EST LE FRUIT DE LA CUPIDITE ET DE LA FOURBERIE DE CES 3 HOMMES, qui ont clairement trompé feu Président Conté.
Nous ferons des révélations avec preuves à l’appui à toute la communauté nationale et internationale. (A suivre)
Media Communications International
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+2 #4 BAH 28-10-2011 00:12

Ah ce pauvre pays je pense que la guinée a beaucoup besoin de services de psychiatrie pour soigner les pathologies mentales qui frappent les habitants.Je dis aux personnes qui n'ont plus leurs têtes aux épaules et notamment ceux de la basse cote qu'entre SIDYA et Kassory il n' ya match mais comme en guinée on continue de vivre à l'aveugle, nous allons toujours subir les conséquences
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+3 #3 Modybhoye 27-10-2011 22:49

Wow, wow donc toute la basse Guinée ne cherche qu,un seul représentant à la future assemblée malgré tous ces partis politiques et combien de préfectures d,ailleurs ,il faut revoir la constitution de la Guinée, amoins que la basse Guinée ne soit une seule circonscription électorale .Donc arrêtons !
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+10 #2 Amara Lamine Bangoura 27-10-2011 22:12

Ceux qui tentent desesperement et pour des raisons inavouables de mettre Kassory,l'un des pires predateurs de tous les temps sur orbite a fin de discrediter Sidia ne font que du vaccarme intempestif,car entrain de precher dans le desert.Le sentiment d'obssession manifeste de reconquerir les renes du pouvoir affiche par Kassory et consort, coupables de la situation de misere actuelle denote de la passivite,de l'anativisme et surtout de la resignation de la societe Guineenne dans son ensemble, qui en perpetuant le statut-quo de la mediocrite se prete aux repugnant recyclage des meme dechets politiques au grand dam de competences tout azimut.Exigeons des hommes politiques aux mains propres pour diriger les destinees du pays.Bien a tous!A-L-B-Birmingham,AL-USA>
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+10 #1 mohamed sampil 27-10-2011 19:25

La Basse-Côte comme d'autres régions de notre pays a en son sein des gens qui veulent se servir et non servir les intérêts de la région. Ils sont identifiés depuis un certain temps et devront un jour rendre des comptes. L'important est que cette région ne serve plus de paillassons ou de portes serviettes à d'autres pour des poignées de riz.Nous travaillerons dorénavant avec les personnes qui partagent nos valeurs de paix , de solidarité et de fraternité. Wassalam
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