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Coordinations régionales : trancher le nœud gordien !
Thierno Fodé Sow Mercredi, 26 Octobre 2011 13:55
Les sages et notabilités, souvent auto désignés, des régions naturelles forgent un autre autocrate à Conakry. Les coordinations régionales, parlant sans consultation préalable et au nom de tous – de la Basse Côte, du Fouta, du Mandingue et de la Forêt – se muent aujourd’hui, en structures politiques pour soutenir, avec des discours obséquieux, le pouvoir de Condé, forcer un rire jaune pour placer un fils ou le plus souvent, bénéficier d’une quelconque faveur indirecte auprès des nouvelles autorités de Conakry, ployant pour leur part, sous une pléthore de honteuses ‘’survivances’’. Comment trancher le nœud gordien qui menace présentement l’équilibre de la nation guinéenne?
La prépondérance actuelle desdites coordinations, analyse un compatriote, est le reflet regrettable de l'exacerbation des tensions communautaires que nous vivons actuellement. Elle traduit d’autre part, selon le même compatriote, manifestement remonté contre la situation sociopolitique en Guinée, la quasi-démission notamment des organisations de la société civile, du Conseil économique et social et de la médiation de la République. « Le comble est l'obsession arrogante de certains anciens prédateurs coupables des pires crimes sous Conté à jouer vaille que vaille un rôle de premier plan. La Guinée semble être en pénurie de cadres compétents et intègres, d'où la tendance au recyclage perpétuel des mêmes déchets politiques », conclut-il. La Guinée, pour dire tout net est manifestement malade, bien malade de ses ‘’barbes blanches’’ qui trahissent dangereusement les vertus qui fondent les communautés. La Guinée est malade, haletante, expirante à cause de ses pseudo-intellectuels au zèle rampant, hauts cadres en quête de légitimité ou de chute qui se sont rendus coupables ou pas de crimes économiques durant ces dernières décennies.
Dire donc aujourd’hui que ‘’Guinea is back’’ est un slogan creux, dénué de toute logique. Ce n’est donc qu’un bel euphémisme pour occulter entre autres les réels clivages ethniques qui se sont cristallisés dans l’entre-deux-tours de la présidentielle dernière, où des leaders politiques ont sans cesse tenu des discours des plus incendiaires. Conséquence, des citoyens ayant vécu ensemble des décennies durant dans la grande hospitalité africaine ont été poussés à l’affrontement à cause de leur faciès. Le tout déclenché par une prétendue intoxication hydrique et laitière de militants à Conakry. La suite, chacun la connaît.
A cette heure critique de la vie de la nation, aucun sage, aucune notabilité, aucune coordination régionale, encore moins un leader politique outre l’UFDG n’avait pipé mot, espérant secrètement que le mal ne pourrait certainement arriver qu’à l’autre. Près d’un an après, pas de résultats d’enquête. Ni pour les indésirables de Kouroussa, Siguiri, etc., ni pour les supposés empoisonnés de Conakry. On fait comme si de rien n’était. Pour exacerber les clivages, des Guinéens ont été tués par balles réelles à Conakry à cause de leur appartenance politique. Toujours pas d’enquête. Ce sont des loubards qui sont morts, se défendent des faiseurs de rois qui se défaussent sur des leaders politiques somme toute exténués. Là aussi, sages, notabilités, coordinations régionales, personne n’a levé le petit doigt pour exiger justice et réparation.
En revanche, au lendemain de la présumée attaque de la résidence privée d’Alpha Condé dont on regrette la mort d’un garde présidentiel, l’on s’est vite excité et puis l’on a pris la route de Conakry pour des soutiens et des condamnations ‘’sans réserve’’. Le tout avec les classiques Rabbanaa et aatinaa. Ces impénitents inélégants mouvements se sont finalement vu interdire Sékhoutouréya à cause notamment des allées et venues intempestives gênant par ailleurs le rythme de travail du Chef de l’Etat. "Tout déplacement de sages, de coordinations régionales de femmes ou de jeunes de nature à apporter un soutien au président Alpha Condé suite à l'attaque contre sa personne est interdit jusqu'à nouvel ordre", rappelait, il y a peu un communiqué émanant, de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Une mesure prise un peu en retard, mais tout de même salutaire. Car, ces genres de mouvements dont il faut aujourd’hui débarquer du lot les plus obséquieux des laudateurs qui poussent le chef de l’Etat à s’incruster, à rêver à de nouveaux mandats, à la révision de la Constitution, etc. tant ils donnent le goût au pouvoir avec une troublante rapidité. Aujourd’hui, plus qu’hier, les coordinations sont rentrées dans la politique. Le dernier acte remonte dans la région de la Basse Côte où deux fils du terroir de déchirent aujourd’hui pour la candidature unique aux législatives. Derrière cette ubuesque bataille, se trouve une coordination double mais qui a la même visée : candidature unique. Sydia Touré et Kassory Fofana sont en scène. Le premier, opposant de Condé, le second, allié de Condé. La Basse Côte, l’autre vivier électoral du petit neveu de Sékhoutouréya est sur un baril de poudre.
Que dire des sages et notabilités du Fouta venus s’insurger contre "la marginalisation des cadres peuls dans les emplois publics, para publics ainsi que dans les forces de défense et de sécurité, l’indexation des commerçants peuls dans la hausse des prix sur le marché et aussi l’indifférence des autorités locales face à la destruction du patrimoine bovin des Peuls à Beyla et Lola" ? Ceux-là en ont eu pour leur compte. Même avec des applaudissements fort hypocrites. "C’est la Guinée qui compte et non des cadres qui passent leur temps à critiquer afin d’obtenir une promotion. (…) Avec moi, ils n’auront jamais de poste. (…) Je n’ai pas eu peur du président Sékou Touré, personne ne peut donc m’intimider encore moins m’impressionner. Si je pose des actes injustes, ma porte vous est largement ouverte. (…) la réconciliation entre les leaders politiques, laissez tomber ça. Occupez-vous de la réconciliation de tout le peuple de Guinée", a en substance répondu Alpha Condé. Qui ne se rappelle pas aussi l’audience accordée par Jean-Marie Doré à la coordination mandingue venue menacer de se retirer du processus électoral si les circonscriptions électorales de Siguiri, Kankan, etc., étaient éliminées comme le suggérait l’alliance de Dalein Diallo ? Mais, en réalité, qui a bien pu inviter ces structures censées, à priori, être apolitiques dans la biosphère politique guinéenne ? L’heure est aujourd’hui plus que jamais venue, de bannir ces structures ‘’sectaristes’’ du débat politique.
Cette exclusion si c’en est une doit être exploitée pour rééquilibrer la nation. Et pour y arriver, Condé lui-même doit donner des gages de réelle volonté à rassembler les Guinéens et les choisir non pas selon leur poids politique, mais selon leurs compétences et leur moralité, deux vertus qu’on ne retrouve pas forcément dans la pléthore gouvernementale ou au niveau de la Présidence de la République, tout aussi envahie par un monde inutilement nombreux. Il faut donc empêcher à tout prix les escrocs, laudateurs, faiseurs de rois, architectes de despotes de prendre part à ce qui les concerne directement : la construction d’une nation démocratique bâtie entre autres sur l’égalité de chances. Car après tout, comme le dirait Aristote (384-322 A. J.-C.), ‒ extrait d’Aristote sur la Politique - traduction de J. Sinclair, publié en 1962 ‒ "Il est aussi dans l'intérêt d'un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu'il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu'il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu'il n’ait pas le temps pour la rébellion." Quoi qu’il en soit, ils sont bien rares ceux qui ne sont pas inquiets « pour la sécurité de notre belle nation; pas tant à cause d'une quelconque menace de l'extérieur, mais d'avantage à cause des forces insidieuses qui y opèrent de l'intérieur."
C’est pourquoi l’instrumentalisation frénétique des coordinations régionales à travers des campagnes de marchandages de suffrages doivent être renvoyées aux calendes grecques afin d’éviter à la Guinée cette ‘’division pour régner’’ qui imprègne encore hélas les mentalités et du coup, polluer le présent guinéen. Plus personne, encore moins ces jeunes, avenir de demain, ne doit donner sa vie, son honneur et sa dignité en rançon pour un quelconque leader politique. Lequel ne cherche ‒ tous comptes faits ‒ que le suffrage. Le reste, plus rien ne l’intéresse. A quoi bon donc de se bouffer le nez ? Autant trancher… et dans le vif, le nœud gordien.
Thierno F. Sow
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Commentaires
c´est comme si un pere ddit ici je n´ai pas peur de mon enfant ,pourquoi avoir peur alors que c´est la même famille?
C'est fini, la Guinée se dirige inexorablement vers des conflits ethniques et régionalistes. Les prochaines législatives vont faire sauter le bouchon.
Bravo aux angbansané et à tous ceux qui ont mis Alpha Condé à la tête de la Guinée. Vos enfants vivront une Guinée en pièces détachées et en paieront le prix.








