L’épidémie Ebola, une manne pour la gouvernance du professeur Alpha Condé

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KABA_Ousmane_Master_01Il serait de mauvaise foi d’ignorer  délibérément  les conséquences négatives  de l’épidémie Ebola sur la Guinée et, prétentieux de vouloir dresser une liste exhaustive de ses effets. Donc, dans ce développement, notre objectif est de focaliser l’attention de nos aimables lecteurs sur les conséquences de cette crise sanitaire d’une part et, d’autres parts, sur l’instrumentalisation  que le pouvoir en a faite.

D’une part, il est indéniable aussi bien pour le citoyen lambda que pour le citoyen du cercle administratif, que si la crise sanitaire Ebola a généré des conséquences très dommageables sur la Guinée, on ne peut faire abstraction de certaines opportunités qui auraient pu être valorisées pour constituer des atouts en matière de gestion des épidémies.

A titre d’effets négatifs, nous pouvons retenir :

  • le gel des  nouveaux projets et la dissuasion des investisseurs potentiels pour des projets futurs ;
  • l’accentuation du  déficit commercial due à la baisse des exportations   compte tenu de l’effet médiatique et de la méfiance du marché mondial à l’égard des produits alimentaires guinéens;
  • la baisse des recettes douanières due à la baisse des importations ;
  • la récession due au ralentissement de l’activité économique ;
  • l’amenuisement de l’esprit de solidarité entre les citoyens compte tenu de la stigmatisation et la méfiance réciproque.

Comme retombées positives, nous retiendrons entre autres :

  • la solidarité internationale à l’endroit de la Guinée en termes de fournitures de matériels médicaux et de transports, de médicaments, d’expertises et surtout en terme d’assistances financières ;
  • le diagnostic du  système de santé guinéen face aux épidémies ;
  • l’expérience acquise en matière de gestion des crises sanitaires.

D’autre part, nous allons  tenter de décortiquer  de quelle manière et à quelle fin le pouvoir a utilisé cette catastrophe sanitaire.


Ebola, une excuse universelle et un fond de commerce
 

L’épidémie Ebola a été accueillie comme un pain béni pour le gouvernement Guinéen à tel point qu’elle est rapidement devenue le dépotoir de tous les dérapages et ratés dans l’action gouvernementale. De là, chaque administrateur du bas de l’échelle jusqu’au sommet, avait trouvé dans Ebola une excuse parfaite pour dissimuler le côté obscur de l’accomplissement de ses missions. L’objectif de toutes ces communications convergentes était de graver dans l’esprit du citoyen que son seul malheur, sa souffrance quotidienne, c’est Ebola. Jamais, dans les interventions publiques, l’accent est mis sur les avantages, pourtant il y en a eu, surtout financiers. Tellement que certains cadres ont profité financièrement et matériellement d’Ebola. Le président, pour exprimer son ras-le-bol à un moment donné, s’était exprimé en ces termes : Â« certains fonctionnaires ont tellement profité d’Ebola qu’ils ne veulent pas son éradication Â». En quelque sorte, ce drame sanitaire était considéré pour ses gestionnaires comme une source d’enrichissement qui ne devait pas tarir.


Ebola, un slogan de mendicité étatique 

Profitant de la survenance de cette épidémie, le président ainsi que plusieurs hauts  cadres ont presque frappé à toutes portes  pour attirer les faveurs des donateurs ; ce qui s’apparentait à de la mendicité étatique. Cette campagne de collecte avait rapporté une manne financière énorme. Problème, à ce jour, aucun Guinéen y compris les victimes de l’épidémie, n’est en mesure de formuler un jugement objectif sur l’utilisation des fonds récoltés, tellement la gestion avait été opaque. Chose étonnante encore, après la déclaration de la fin d’Ebola par l’OMS, au lieu d’organiser des ateliers de réflexions et des campagnes de sensibilisation en vue de mieux préparer le pays à l’avenir face aux épidémies, le gouvernement, profitant de l’innocence des citoyens et pour faire disparaitre le reste du butin de sa mendicité, a organisé une fête hautement dépensière pour distraire les gens. En lieu et place de cet évènement festif, l’administration,  aurait dû utiliser rationnellement ces fonds dans la conception d’un système de riposte d’urgence à travers la formation approfondie du personnel de santé ; l’acquisition des équipements sanitaires de pointe ; la dotation de tous les hôpitaux et centres de santé en kits de dépistages ; etc. Cela aurait permis dans l’avenir, une prise en charge rapide et efficace des malades en cas d’épidémie.


Ebola, un instrument de manipulation politique

Depuis l’apparition des premiers cas d’Ebola, le président Alpha Condé qui était politiquement acculé et à bout de souffle, ne pouvait que remercier le Tout Puissant Allah de lui avoir donné un remède à tous ses ennuis politiques. Il en avait fait sa seule et unique préoccupation, chose normale, sauf que la gestion de l’épidémie n’était pas incompatible avec la gestion de la crise politique d’alors. Pour lui, cette épidémie était un instrument idéal de manœuvre dilatoire et de manipulation politicienne en vue de se faire passer pour le seul patriote sensible à ce drame sanitaire, et faisant passer les partis de l’opposition pour des insouciants face aux malheurs des Guinéens.

En conclusion, nous voudrions envoyer le message suivant au gouvernement et au citoyen lambda : l’épidémie Ebola ne peut justifier toutes les incompétences, l’inefficacité, la gabegie financière, et les actes de corruption  de l’administration.


Kaba Ousmane
Membre de la rédaction leguepard.net
Diplômé en master 2 Banque et marchés financiers à l’Institut d’administration des entreprises de Tours


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Commentaires  

 
+4 #3 amadudialamba 10-03-2016 20:19

Bien dit Kabakee. L’un des plus gros problèmes de la Guinée reste le manque de discernement des citoyens d’en bas. Sinon la mauvaise gestion d’Ébola a elle seule, aurait suffit pour demander au régime le dépôt de son bilan. De par la simple négligence du régime guinéen au début de l’apparition de l’épidémie, la sous-région ouest a enregistré plus de 11.500 décès. Sans parler des énormes conséquences économiques. Dans certains pays civilisés du monde ont aurait cherché a situer les responsabilités pour punir sévèrement les fautifs. Car il y a bien eu négligence et/ou défaillance politique à divers niveaux. Donc des têtes devraient tout simplement tombées. Mais comme nous sommes en Afrique, toute faute est gracieusement pardonnée par des populations ‘’trop croyantes’’. Sans quoi la gestion à la fois catastrophique et chaotique de cette épidémie ne devrait pas rester impunie. Mais les citoyens continuent d’ignorer la cause de la propagation de l’épidémie sur l’ensemble du territoire national et au-delà. Plus regrettable, le type, comme à ses habitudes, continue d’accuser les autres pour justifier la gestion désordonnée de lipidémie. Sans quoi nous savons tous qu’au début de l’apparition d’Ébola, le régime avait dit que c’est un simple mensonge de la presse indépendante pour appuyer un montage des opposants a son régime. Puis petit a petit Ébola est devenue réelle et même une dangereuse épidémie, avant de se transformer subitement en une opportunité économique’’. Aujourd’hui Ébola sert d’alibi pour justifier une incapacité de près de 6 ans de mauvaise gestion. Lorsqu’une population est en majorité déconnectée de la réalité, elle est toujours considérée comme une aubaine par les régimes inopérants comme le nôtre. Le régime de Alpha ne pourra rien faire pour la Guinée. Six ans de règne sans le moindre résultat avec toujours les mêmes causes les mêmes arguments (la faute aux autres).
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+4 #2 lodia 10-03-2016 14:57

Tres bonne analyse, decidemment, Ebola a été une formidable opportunité pour AC et la fin d'EBOLA a été une grandiose festivité pour camoufler face aux citoyens desabusés et ahuris, les centaines de millions de dollars disparus miraculeusement. Alors qu'il y'avait tellement à faire, des hopitaux, des dispensaires, des postes de santé. Où est le sérieux de ce gouvernement de veritables cancres apatrides? Comment peut on dilapider de cette maniere, la charité du monde à la guinée, dans des fêtes et danses de guignols...J'ai mal
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+3 #1 Koto Saliou Diallo 10-03-2016 05:54

On a tous chanté en Guinée ÉBOLA-BUSNESS jusqu'à fatigué hoo...
Mais,pour le Professeur Aladji AC(alabè anna bè de men diala dji),ce n'est jamais fini,car,c'est un bon prétexte ou arguments pour se justifier depuis 2010.Ou bien,c'est CDD de l'opposition et autres qui l'empêchent de travailler pour ne pas dire"DORMIR".
Cela me rappel les années 1979-83 quand nos frères et amis Sénégalais criaient au secours auprès de la FAO(Rome)aux Nations-Unies en disant comme argument:
1-Quand il pleut,on dit=INONDATION.
2-Quand il ne pleut pas,on dit=SÉCHERESSE.
Selon,ces 2 scénarios,ce pays bénéficiait toujours de l'assistance internationale,parce qu'il y a 2 saisons dans l'année et non 4 au Sénégal;jusqu'au moment ou les Nations-Unies ont dit STOP.La sécheresse au SAHEL est plus importante selon l'ONU.Ensuite,le Sénégal s'est inscrit comme étant membre du Sahel...Lol.
Finalement,Abdoulaye Wade s'organise pour balayer Abdoul Diouf;et c'est en ce moment qu'il(le Sénégal)commença à travailler sérieusement pour son autonomie sur tous les plans.
Enfin,la morale de l'histoire est que:ÉBOLA et Opposition sont des sources opportuns pour Alpha Condè durant son 1er et 2ème mandats.Il appartient aux Guinéens de se réveiller avant que cela ne soit trop tard,car la charité bien ordonnée commence par soit-même!.Les Accords Bidons ne vont nous mener nul part(que de l'attrape Nigauds).Les têtes de TURC sont aussi pauvres que le Rwanda.Point.
On a signé(Guinée-Maroc)des Accords depuis 2013,ou est le résultat à date???.
AC=toujours la fuite des problèmes guinéens par en avant.Qui est fou?.
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