Afrique : trop d’élections pour trop peu d’alternances au pouvoir

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DIALLO_Ousmane_2_01Au lendemain de la guerre froide qui s’est soldée par le triomphe de la démocratie libérale sur le communisme, les régimes autoritaires africains se sont inscrits, à l’aube des années 90, dans ce que Samuel Huntington a décrit comme étant la « troisième vague de démocratisation Â». C’est dans cette perspective qu’un consensus international stipulera que la démocratie libérale représente la meilleure forme de gouvernement pour l’humanité. Mais est-ce vraiment « la fin de l’histoire » ? En 1992, pour Francis Fukuyama, conseiller de Bush à l’époque, la réponse était oui.

Cela dit, parmi les critères fondamentaux d’une démocratie en bonne santé, l’alternance des dirigeants au pouvoir, par le canal des urnes et non des armes, occupe une place décisive à tel point que nous pourrions défendre l’équation suivante : sans alternance au pouvoir, point de démocratie. C’est donc en toute logique qu’une élection présidentielle devrait conduire soit au renouvellement légal du mandat du président de la République, soit l’arrivée légale d’un nouveau dirigeant au pouvoir. Naturellement, tout ceci passe par la tenue d’élections considérées libres et transparentes par l’ensemble des prétendants au pouvoir.

Pourtant, en matière d’alternance au pouvoir, les performances globales de l’Afrique sont plutôt faibles. En Guinée par exemple, aucune des trois élections présidentielles multipartites que le pays a organisées (en 93, 98 et 2003) n’a débouché sur une alternance. Celle de 2010 est particulière parce qu’il n’y avait pas de président sortant parmi les candidats. En fait, nombreux sont les dirigeants africains qui sont très habiles lorsqu’il s’agit de se maintenir au pouvoir par tous les moyens possibles et imaginables, y compris par la force. Pour s’en convaincre, il suffit tout simplement de regarder ce que Nkurunziza vient de faire au Burundi ou comment le général Al-Sissi est arrivé au pouvoir en Égypte.

Certes, mais l’Afrique regorge aussi de quelques chefs d’État modèles qui sont bien élus et qui choisissent de quitter le pouvoir après un ou deux mandats, tel que recommandé par la majorité de ses constitutions. D’où l’intérêt de cogiter sur cette question fondamentale : comment se fait-il que certains pays africains, comme le Ghana, le Sénégal ou le Bénin, parviennent régulièrement à remplacer leurs dirigeants par les urnes, tandis que d’autres, à l’instar du Gabon, du Burundi ou de la République démocratique du Congo n’y parviennent pas ?

Avant de partager avec vous nos éléments de réponse, entendons-nous bien sur ceci : la question posée est d’une complexité telle que nous pourrions fournir autant de réponses que de pays africains, car il existe des facteurs endogènes et exogènes qui singularisent chaque pays. La Guinée n’est ni le Rwanda, ni le Burkina Faso, encore moins la Tunisie, pourrait-on dire pour donner une idée de cette complexité.

Néanmoins, en nous basant sur les illustrations africaines d’alternance au pouvoir, nous pouvons explorer l’hypothèse suivante : en Afrique, la probabilité de réussite d’une alternance au pouvoir devient plus grande sous l’une des deux conditions qui suivent : une volonté politique réelle du président sortant d’organiser des élections considérées crédibles par tous, y compris par l’opposition. Au Nigéria, c’est de cette façon que Goodluck Jonathan a cédé le pouvoir au président actuel. C’est la première condition. Voici la seconde : une candidature unique de tous les opposants politiques qui cherchent sérieusement l’alternance au pouvoir. N’est-ce pas ainsi que le président sénégalais Macky Sall est arrivé au pouvoir en 2012 ? L’union fait la force, rappelle le dicton.

Au fond, ces deux conditions nous mènent tout droit vers la question du leadership et de la maturité politique des élites africaines (au pouvoir et dans l’opposition). Et c’est ici le lieu et le moment de le noter : tous les pays africains qui remplacent régulièrement leur président ont eu de grands guides politiques, comme Senghor, Mandela, Rawlins ou Kérékou, qui ont su fixer le cap de la réussite en matière d’alternance au pouvoir. Ces leaders politiques ont eu la sagesse, le courage et le patriotisme nécessaires pour apprendre à leurs concitoyens que l’alternance au pouvoir est le carburant de la démocratie.

Les exemples de l’Afrique du Sud, du Bénin et du Ghana sont non seulement là pour montrer à certains pays, comme la Côte d’Ivoire, qu’une alternance peut se produire sans effusion de sang, mais aussi pour prouver à d’autres pays, comme la Guinée, que nous ne sommes pas condamnés à toujours attendre la mort du président en place ou bien l’intervention de l’armée pour effectuer une alternance au pouvoir.

En Afrique du Sud, Dominique Bangoura précise que « le processus s’est déroulé dans des conditions satisfaisantes tenant à plusieurs raisons (charisme de Nelson Mandela, lucidité politique de F. de Klerk, usure de l’apartheid, etc.) ». Après un unique mandat au pouvoir, Mandela choisira de quitter la présidence en cédant son fauteuil à Mbeki en 1999.

Un bon exemple que les dirigeants béninois ont eu raison de suivre. Comme l’expliquent les politologues Magnusson et Clarke, si le Bénin a pu réussir sa transition démocratique, c’est surtout parce que Mathieu Kérékou, président sortant qui était démocratiquement élu en 2001, a accepté et reconnu la victoire de son adversaire Yayi Boni en 2006.

Au Ghana, après avoir été élu en 1992 et 1996 Jerry Rawlins choisira, lui aussi, de s’incliner face à la constitution ghanéenne de 1993 qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. C’est ainsi que son concitoyen Kufuor lui succèdera suite à la présidentielle de 2000. Sans rancune, mais plutôt avec classe et pour l’intérêt général du Ghana.

Et la Guinée dans tout cela ? En octobre prochain, si jamais le président Condé cède le pouvoir, ce serait une première en Guinée. Et s’il est réélu, ses concitoyens les plus vigilants pourraient bien se poser des questions similaires à celle-ci : qu’est-ce qui nous garantit réellement que Condé ne fera pas comme Conté en modifiant la constitution qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux ?

Seul l’avenir nous édifiera certes, mais il reste que ce type de questions est tout à fait raisonnable dans le contexte du jeu politique africain. Ce que Nkurunziza a fait du Burundi et ce que Kagamé manigance actuellement au Rwanda en sont des preuves on ne peut plus éloquentes.

Somme toute, en juillet dernier devant l’Union africaine, Barack Obama a bien fait de rappeler que « personne ne devrait être président à vie ».


Ousmane Diallo
Ottawa, Canada


« Nous ne connaissons pas le vrai si nous ignorons les causes », Aristote.


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Commentaires  

 
+2 #17 Gandhi 02-09-2015 22:10

Citation en provenance du commentaire précédent de M. Sacko:
Pourtant vous avez ecrit dans un de vos articles que si Alpha Conde passe pour le second mandat, il se pourrait qu'il modifie la loi qui limite les mandats presidentiels a deux pour des mandats illimites et je ne vois pas ici une coherence dans vos arguments en ce qui concerne les cas guineens et rwandais.

C'est lui-même qui l'a évoqué à demi-mot dans un entretien à JA, alors qu'au Rwanda ce sont ses opposants qui l'accusent.
Ça ressemble à AC avec une grosse différence, Kagamé développe son pays et ne compte que sur les Rwandais. Ce n'est pas un bras cassé qui ne compte que sur l'étranger.
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0 #16 M. Sacko 02-09-2015 18:50

lire: premices
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-1 #15 M. Sacko 02-09-2015 18:28

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Il faut comparer ce qui est comparable. Quand le Rwanda aura fait ses élections, vous pourrez dire que Kagamé est le même dictateur que son homologie du Burundi, mais pas avant.

Pourtant vous avez ecrit dans un de vos articles que si Alpha Conde passe pour le second mandat, il se pourrait qu'il modifie la loi qui limite les mandats presidentiels a deux pour des mandats illimites et je ne vois pas ici une coherence dans vos arguments en ce qui concerne les cas guineens et rwandais.
Au Rwanda, d'apres les anciens collaborateurs de Paul Kagame, aujourd'hui devenus opposants et exiles disent a travers les journaux que j'ai lus que Kagame est un homme violent. il giffle et donne des coups de pied aux gens dans son bureau lorsqu'il ya un desaccord entre eux. Et l'assassinat des opposants a Kagme hors du Rwanda, par exemple en Afrique du Sud ou suffoque a mort dans les hotels ses opposants ne sont pas des faits fortuits.
Dans un regime ou quelqu'un est au dessus des lois, il viole les lois, ses partisans organisent des conferences pour apporter leur soutien au president. Malgre il a puise ses deux mandats definis par la constitution, ce regime est la pour rester. Actuellement au Congo Brazzaville, les partisans de Denis Sassou N'guessou sont entrain de tester l'eau voir s'il n' ya pas de crocodiles ou serpents dans l'eau c'est a dire s'il n'y aurait pas la reaction du peuple pour modifier la constitution afin de permettre a N'guessou de rester a vie.
Les premisses d'une dictature ne sont pas erronees, les partisans du pouvoir commencent a vehiculer l'information en magnifiant l'autocrate qu'il est le seul garant de la paix et de l'unite nationale, donc ils ont besoin de lui pour rester.
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-1 #14 Gandhi 02-09-2015 08:18

Citation en provenance du commentaire précédent de M. Sacko:
J'ai deja mentionne le Burundi dans mon premier commentaire, il y avait eu coup de force au Burundi et il avait pris un pseudo-opposant pour valider son hold up electoral apres avoir viole la constitution. J'ai juste parle comment les elections s'etaient deroulees au Rwanda dans le passe. Donc je ne vois pas la necessite de reparler encore longuement sur le Burundi.

Il faut comparer ce qui est comparable. Quand le Rwanda aura fait ses élections, vous pourrez dire que Kagamé est le même dictateur que son homologie du Burundi, mais pas avant.
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+1 #13 M. Sacko 01-09-2015 23:37

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Non vous avez commencé à parler du Rwanda. Or les élections ne s'y sont pas encore déroulées (vous les critiquez pourtant), alors qu'elles ont eu lieu dans le pays voisin que vous taisez.

J'ai deja mentionne le Burundi dans mon premier commentaire, il y avait eu coup de force au Burundi et il avait pris un pseudo-opposant pour valider son hold up electoral apres avoir viole la constitution. J'ai juste parle comment les elections s'etaient deroulees au Rwanda dans le passe. Donc je ne vois pas la necessite de reparler encore longuement sur le Burundi.
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-1 #12 Gandhi 01-09-2015 23:09

Citation en provenance du commentaire précédent de M. Sacko:
Je n'ai bien compris vos idees parceque mes prieres etaient surtout liees au changement intervenu en Afrique du Sud. Pouruoi Burundi?.

Non vous avez commencé à parler du Rwanda. Or les élections ne s'y sont pas encore déroulées (vous les critiquez pourtant), alors qu'elles ont eu lieu dans le pays voisin que vous taisez.
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+1 #11 M. Sacko 01-09-2015 22:40

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Alors commencez par évoquer le Burundi (3ème mandat réel) au lieu de parler du Rwanda (3ème mandat virtuel), si vous voulez être cohérent avec vos prières.

Je n'ai bien compris vos idees parceque mes prieres etaient surtout liees au changement intervenu en Afrique du Sud. Pouruoi Burundi?.
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-1 #10 Gandhi 01-09-2015 22:14

Citation en provenance du commentaire précédent de M. Sacko:
Que Dieu protege la Guinee, que ses filles et ses fils se voient au dela des considerations ethniques mais plutot comme guineen, une fierte qu'on doit inculquer en nous memes et passer ces valeurs a la future generation pour construire un Etat moderne qui peut ne peut etre parfait mais accepte par tous les guineens. Et les gens comme moi se battront toujours dans ce sens.

Alors commencez par évoquer le Burundi (3ème mandat réel) au lieu de parler du Rwanda (3ème mandat virtuel), si vous voulez être cohérent avec vos prières.
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0 #9 M. Sacko 01-09-2015 19:48

En principe au Rwanda, il n'y a jamais eu une election transparente autrement dit une competition electorale libre. Le ruse autocrate (Paul Kagame) a toujours intimide ou elimine physiquement ses opposants meme en dehors du pays. Et il a toujours utilise le genocide de 1994 contre les tutsis et les Hutus moderes contre les occidentaux pour couvrir ses bavures qui a leur tour ferment les yeux sur ses derives parcequ'ils sentent quelque part une part de responsabilite dans ce genocide a cause de leur inaction coupable pendant le massacre des Tutsis.
Les elections presidentielles qui se sont deroulees au Rwanda sont comme un peu l'election presidentielle de 2003 en Guinee. On prend un zele du regime issu d'une autre ethnie et on le fait porter un boubou d'opposant pour donner une facade democratique a la reelection de l'autocrate pour valider sa reelection. C'est un peu dans le jargon footballistique un match fixe a l'avance ou on connait deja le score avant la fin du match et c'est ce que nos opposants diront que "les joueurs qui avaient joue pour l'equipe battue n'avaient mouille pas le maillot".
Et "l'opposant" perdant viendra faire un discours de concession demagogique en chantant les acquis democratiques du pays et magnifier le president qui est reelu a sa propre succession et plus tard ce troubadour aura une promotion pour son entree au gouvernement que le pouvoir autocratique appelera un gouvernemnet d'union nationale avec l'opposition mais en realite c'est juste un zele qui a grimpe au poste superieur donc les deux equipes qui avaient joue le match etaient toutes des equipes gagnantes (gagnant-gagnant) pourtant chose rare dans un monde logique mais en dictature tout est permis.
En Afrique du Sud, les principes moraux avaient pris le devant sur les atrocites du regime raciste (Apartheid) et le regime raciste voulait trouver une porte de sortie mais il voulait des garantis concernant sur la liberte des blancs et de leurs biens. C'est un peu la morale d'Abraham lincoln qui disait que "A house divided against itself cannot stand" (traduite, une maison divisee contre elle meme ne peut pas s'arreter) utisee pendant la guerre civile americaine ou la guerre de secession contre le sud esclavagiste americain qui voulait toujours operer son economie sur la main d'oeuvre libre des esclavages noirs pour amasser la richesse.
D'apres mes lectures il y a plus de 5 ans sur la transition Sud Africain, il y avait eu le leadership cooperatif transformationnel, les deux hommes (Nelson Mandela et Frederick Willie de Klerk) utiliserent les chemins pacifiques pour changer le systeme et commenca la transformation des institutions sociales, la distribution des richesses et services publics et comment les Sud Africains se voient au dela des considerations raciales par exemple dans les lieux de travail et de jeux.
Frederick De Klerk, le president blanc de l'Afrique du Sud commenca le dementelement de l'apartheid and poussa les reformes politiques, et Nelson mandela, le celebre prisonnier noir pendant 27 ans et membre de l'ANC (African National Congress), un group arme contre l'Apartheid transforma ce mouvement en une entite politique. Ils travaillerent ensemble pour la construction d'une constitution transitionnelle afin de creer un environnement pour une election juste et libre pour tous les Sud Africains sans consideration de couleur ou de religion et c'etait la premiere fois dans l'histoire du pays. En 1994, Nelson Mandela etait elu le premier president noir Sud Africain et Frederick De Klerk son vice president et de Klerk etait en meme temps le leader du principal parti d'opposition.
J'ai apporte cette modeste contribution au sujet de l'Afrique du Sud pour juste rappeler que quelles que soient les difficultes d'un pays, s'il ya la volonte de changer ce pays on peut y arriver.
Que Dieu protege la Guinee, que ses filles et ses fils se voient au dela des considerations ethniques mais plutot comme guineen, une fierte qu'on doit inculquer en nous memes et passer ces valeurs a la future generation pour construire un Etat moderne qui peut ne peut etre parfait mais accepte par tous les guineens. Et les gens comme moi se battront toujours dans ce sens.
Amen!
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+1 #8 amadudialamba 31-08-2015 18:01

Citation en provenance du commentaire précédent de Boubacar Diallo Washington:
@ L’auteur écrit: «--Certes, mais l’Afrique regorge aussi de quelques chefs d’État modèles qui sont bien élus et qui choisissent de quitter le pouvoir après un ou deux mandats, tel que recommandé par la majorité de ses constitutions.» Remarque sur le sens LOGIQUE du langage : REGORGE signifie l’abondance et QUELQUES implique un petit nombre, donnant à votre texte un sens d’incohérence. Ces deux quantitatifs sont incompatibles. C’est soit l’un soit l’autre et pas les deux, ensemble. Par ailleurs, une constitution ne recommande pas, elle stipule. Une recommandation est à prendre ou à laisser, tandis que l’expression d’une constitution est un impératif constitutionnel. D’où, l’une est considérée comme une opinion et l’autre est une loi qui demande le respect. Enfin, ne trouvez ici qu’une simple opinion à base de logique et surtout pas une objection à vos idées ou arguments dont les contributions demeurent. L’objectif fixé étant simplement d’encourager les échanges constructifs clairs et mutuellement bénéfiques. Toutefois, si des telles remarques ne sont pas les bienvenues, c’est autant pour moi et il faudra le signaler pour en éviter une répétition éventuelle. Merci de l’effort de travail et, surtout, de partager vos idées et analyses!

Voilà un bon exemple de remarques à suivre pour tous les contributeurs de Guineeactu désireux de débattre dans un esprit de bonne compréhension. La remarque est constructive, instructive, totalement inoffensive. J’espère que même le jeune, s’il est au stade d’études universitaires ou au début de sa carrière, va beaucoup apprécier. Car il est dignement traité par l’observateur que je salue de passage. Monsieur Boubacar Washington, sans vouloir vous jeter que de simples fleurs, vous êtes un excellent pédagogue. Vous êtes à encourager pour continuer à éduquer la jeune génération qui en a vraiment besoin au vu de certaines observations incendiaires.
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0 #7 Africain 31-08-2015 08:55

Citation en provenance du commentaire précédent de Boubacar Diallo Washington:
@ L’auteur écrit: «--Certes, mais l’Afrique regorge aussi de quelques chefs d’État modèles qui sont bien élus et qui choisissent de quitter le pouvoir après un ou deux mandats, tel que recommandé par la majorité de ses constitutions.» Remarque sur le sens LOGIQUE du langage : REGORGE signifie l’abondance et QUELQUES implique un petit nombre, donnant à votre texte un sens d’incohérence. Ces deux quantitatifs sont incompatibles. C’est soit l’un soit l’autre et pas les deux, ensemble. Par ailleurs, une constitution ne recommande pas, elle stipule. Une recommandation est à prendre ou à laisser, tandis que l’expression d’une constitution est un impératif constitutionnel. D’où, l’une est considérée comme une opinion et l’autre est une loi qui demande le respect. Enfin, ne trouvez ici qu’une simple opinion à base de logique et surtout pas une objection à vos idées ou arguments dont les contributions demeurent. L’objectif fixé étant simplement d’encourager les échanges constructifs clairs et mutuellement bénéfiques. Toutefois, si des telles remarques ne sont pas les bienvenues, c’est autant pour moi et il faudra le signaler pour en éviter une répétition éventuelle. Merci de l’effort de travail et, surtout, de partager vos idées et analyses!

Ah la "légende" rigueur intellectuelle de M. DIALLO Boubacar Washington ! Big respect. Et merci à vous aussi pour vos analyses. Pas d'accord avec toutes vos prises de position, mais sachez que j'ai un énorme respect virtuel pour vous et qui ne date pas de ce commentaire.
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+2 #6 amadudialamba 31-08-2015 05:59

Dans un pays où la loi n’a jamais été respectée comme elle se doit, où les populations sont toujours bâillonnées, effrayées, certains citoyens éliminés physiquement pour leurs simples opinions, il ne faut pas s’attendre à l’avènement d’une alternance apaisée. Les politiciens guinéens sont composés par des habitués à dormir pauvres et se réveiller milliardaires. Alors de telles personnes n'auront jamais de pitié pour le bas peuple et ne reculeront devant rien au monde pour accéder ou pour garder le pouvoir. Cela dit, Le changement ou alternance véritable attendu en Guinée prendra le temps qu’il nécessitera, mais sans un bouleversement inattendu, rien ne pourra changer l’actuelle donne chez nous. Les Leadeurs qui devraient être nos éclaireurs sont plus tordus que tous les citoyens. Si vous avez bien remarqué, actuellement c'est la course au repositionnement. Ils ont tous oublié momentanément la lutte pour la cause juste. Et sans un véritable changement, qui permettra de mettre en place une véritable administration publique et une gestion saine des hommes et des biens, il ne faut pas s’attendre a une véritable quiétude sociale, encore moins a un décollage économique. La Guinée s’est faite verrouiller par elle-même à travers l’incertitude permanente. Et tant que ce verrou ne saute pas, aucun investisseur sérieux ne viendra risquer ses affaires chez nous. Au plan africain, tous les pays qui ont réussi à expérimenter l’alternance par des voies démocratiques et/ou pacifiques sont aujourd’hui comme un train sur ses rails. A partir du moment que la locomotive est mise sur les rails, les wagons sont obligés de suivre. Je vous donne un seul exemple : Le béninois SEM Boni Yayi, je ne sais pas si s’était par sa volonté personnelle ou s’il était poussé par des nostalgiques ou démagogues, il a voulu, a un moment donné, enfreindre au système démocratique de son pays. Mais avec la détermination du peuple qui veut préserver à tout prix son acquis démocratique, le ‘’géant’’ a vite abandonné sa tentative. Alors parfois, c’est le peuple qui doit être gardien de son propre destin, en tout cas, s’il veut vraiment prendre une bonne direction.
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+4 #5 Ousmane Ottawa 31-08-2015 04:40

@Boubacar Diallo Washington: il est difficile, voire impossible, de s'améliorer en étant hostile aux critiques et commentaires. Votre remarque sur le sens logique du langage est la bienvenue. Je vous en remercie. L'auteur.
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+2 #4 Boubacar Diallo Washington 31-08-2015 00:11

@ L’auteur écrit: «--Certes, mais l’Afrique regorge aussi de quelques chefs d’État modèles qui sont bien élus et qui choisissent de quitter le pouvoir après un ou deux mandats, tel que recommandé par la majorité de ses constitutions.» Remarque sur le sens LOGIQUE du langage : REGORGE signifie l’abondance et QUELQUES implique un petit nombre, donnant à votre texte un sens d’incohérence. Ces deux quantitatifs sont incompatibles. C’est soit l’un soit l’autre et pas les deux, ensemble. Par ailleurs, une constitution ne recommande pas, elle stipule. Une recommandation est à prendre ou à laisser, tandis que l’expression d’une constitution est un impératif constitutionnel. D’où, l’une est considérée comme une opinion et l’autre est une loi qui demande le respect. Enfin, ne trouvez ici qu’une simple opinion à base de logique et surtout pas une objection à vos idées ou arguments dont les contributions demeurent. L’objectif fixé étant simplement d’encourager les échanges constructifs clairs et mutuellement bénéfiques. Toutefois, si des telles remarques ne sont pas les bienvenues, c’est autant pour moi et il faudra le signaler pour en éviter une répétition éventuelle. Merci de l’effort de travail et, surtout, de partager vos idées et analyses!
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+6 #3 M. Sacko 30-08-2015 01:38

En guinee l'avenement du parti-Etat et sa perennisation et le manque de cohesion sociale pour barrer le chemin a la dictature ont fait naitre un systeme que j'ai toujours appele L'EQUATION DIFFICILE GUINEENNE. elle se manifeste a deux niveaux: Par le sommet a travers le manque de volonte du leadership pour engager des reformes politiques et economiques et a la base a travers la division ethnique du peuple. L'utilisation des moyens de l'Etat comme instruments coercitifs contre les fonctionnaires de l'Etat pour avoir leur allegeance au parti, l'etouffement dans l'oeuf de toute autre veillete d'opposition qui tire profit a travers les ressources de l'Etat et le manque de conscience collective au niveau du bas peuple ont ete des terrains propices pour la naissance et la perrenisation du parti-Etat.
L'alternance democratique n'a jamais eu lieu en guinee, elle s'est effectuee a travers les coups de force d'un individu ou un groupe d'individus et lorsque l'individu arrive au pouvoir, il est immediatement identifie avec son ethnie non avec le peuple qu'il doit servir. Le pouvoir est vu comme un pouvoir ethnique ou un segment de la population s'identifie avec fierte meme sans retombees economiques pour ce segment. Et toute volonte d'orgniser une election libre et transparente signifierait une perte du pouvoir au profit d'une autre ethnie et tous les moyens sont mis en oeuvre pour confisquer le pouvoir jusqu'au trafert naturel du pouvoir par une tragedie ou mort.
Au Burundi, Nkurunziza a organise un pseudo-coup d'etat pour faire un coup de force afin de confisquer le pouvoir rendu possible a travers la division ethnique entre son ethnie Hutu et l'ethnie tutsi, les deux ethnies majoritaires du pays et au Rwanda, Paul Kagame profite aussi de la division ethnique entre son ethnie Tutsi qui le supporte et l'ethnie Hutu pour detruire la constitution Rwandaise afin de se perreniser au pouvoir.
Par contre en Afrique du Sud, il y avait eu le leadership cooperatif transformationnel entre Nelson Mandela et Frederick de Klerk. Le transfert du pouvoir en Afriquue du Sud a travers la voie pacifique avait ete possible que grace aux interactions de la politique du leadership, les carasteristiques des deux hommes (Nelson Mandela et Federick de Klerk). Et le changement que ces deux hommes ont effectue en Afrique du Sud a travers les chemins democratiques et paisibles avaient deborde la notion de haute mission et emancipation parcequ'il avait fait descendre un systeme autoritaire et discriminatoire hautement reconnu et isole dans le monde a cause de sa nature dure et brutale contre le peuple de couleur.
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+2 #2 Abraham Bantignel 29-08-2015 17:55

Aaah ! Lisez "indemnes" au lie de "idem".
Quoi que l'on fasse difficile d'éviter ces erreurs! Nos cerveaux sont trop sollicités surtout lorsque vous êtes Guinéen.
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+3 #1 Abraham Bantignel 29-08-2015 16:54

Malheureusement les choses resteront ainsi pour la plupart de l'Afrique aussi longtemps que les sociétés civiles ne prendront pas leur responsabilité en se syndiquant pour agir pour la mise ne place au niveau régionale à défaut de l'UA d'une commission électorale Indépendante à l'image des Cours régionales de justice comme celle de la Cedeao. Il faut une action participative des peuples africains que seules les bonnes organisations de la société civile peuvent émuler et canaliser en force coercitive pour que les pouvoirs publics acceptent et mettent en place cette institution. Autrement, cela se mettra en place lentement selon le niveau de conscience citoyenne des pays africains,comme au Burkina Faso où paradoxalement il a fallu le coup d'Etat de Thomas Sankara pour éveiller les Voltaïques en Burkinabés/Burkinabé fiers et sans complexes. Les réalisations socio-économiques de Blaise Campaoré lui ont permis de contenir les Burkinabés jusqu'à un certain temps; et ils ont pris leurs responsabilités. L'armée burkinabé est républicaine parce que les soldats ont la même conscience citoyenne que le reste du peuple dont ils sont issus, bien sûr, avant d’être militaire. Pour moi, telle armée, tel peuple.
En bref, quels que soient les exploits économiques et réalisations sociales,le peuple a besoin d'alternance politique! Autrement la Libye et la Tunisie seraient restés idem des vagues du "printemps arabe" car ces pouvoirs avaient réussi à mettre leurs populations à l'abri du besoin vital pour vivre à l'aise. Bon! les amoureux des complots impérialistes vont avoir une autre lecture comme toujours.
L'alternance politique ou non est entre nos mains, nous les citoyens! Que chacun prenne la peine d'éveiller les consciences autour de nous et dans nos villages et villes en Afrique lors de communications ou de visites. Cela peut aider à accélérer la processus.
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