Présidentielle 2015 : un trouble-fête nommé Dadis…

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La décision de Moussa Dadis Camara, l’ancien patron du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), d’aller à l’assaut de Sékoutouréya – n’y voyez pas un jeu de mot svp – était tout à fait prévisible. Par petites touches, l’ancien putschiste a sorti sa tête du bois tout en s’assurant que ce que le sous-lieutenant Aboubacar Toumba Diakité voulait transformer en charpie reste bien fixé à son cou. Heureusement d’ailleurs !

Je note que Dadis a donné de la voix en pleine crise politique, à moins de six mois de la date fixée pour la présidentielle de cette année. Pour un pourfendeur de Nicholas Machiavel, le timing est tout simplement diabolique…

Comme s’il était conseillé par une mystérieuse voix intérieure, Dadis, dont le goût pour le pouvoir est un secret de polichinelle, a d’abord « démissionné » de la Grande muette. Ensuite, ce fut la marche des femmes de son fief de N’Zérékoré, malgré l’interdiction officielle ; un événement inédit qui aura plus marqué par la demande insistante du retour du fils du terroir que par – habile manÅ“uvre – les « prières » prononcées en faveur de l’actuel locataire de Sékoutouréya. Ce cap passé, intervint la déclaration de candidature, marquée par une phrase dont le sens peut être sujet à toutes les interprétations : « Je pense qu’il (Alpha Condé) est démocrate et il l’est parce qu’il a eu le pouvoir au cours des élections présidentielles passées de 2010. Je ne pense pas qu’il puisse y avoir une interdiction pour ma rentrée dans mon pays natal » (sic !), a déclaré le rusé animateur des « Dadis show ».

Ces faits plantés, qu’on ne s’y trompe pas : le capitaine Moussa Dadis Camara jouit d’une popularité incontestable en Guinée Forestière, et même au-delà, si on se fie aux événements récents et aux commentaires de monsieur tout-le-monde. Certes aussi, et c’est le revers de la médaille pour le « benjamin » de la scène politique guinéenne, ils sont nombreux ceux qui, à la fois méprisants et condescendants, ne le prennent pas trop au sérieux.

A mon sens, ce serait une grave erreur d’éviter le débat au sujet de cet ex-officier de l’armée guinéenne, célèbre il est vrai pour ses coups de sang, son côté volubile et son caractère imprévisible. Car Dadis a prouvé qu’il est un homme d’action dont le parcours révèle une qualité indéniable quand on est à la recherche du pouvoir : l’opportunisme politique. L’ancien numéro 1 du CNDD était l’un des rares à se préparer à saisir les rênes du pays après la disparition du général Lansana Conté ; il est aujourd’hui, par une simple déclaration de candidature à la présidentielle, en train de brouiller les cartes de l’échiquier politique en Guinée.

Le phénomène risque d’aller au-delà de tous les petits calculs politiciens. Dadis sait, mieux que quiconque, qu’en politique, la force de l’adversaire n’est importante que quand on ne dispose pas de capacité de nuisance.

L’ex-capitaine va tenter de gagner et, à défaut, monnayera chèrement son soutien. D’autant plus que sa qualité d’ancien chef d’Etat et de chef militaire pourrait l’aider dans l’image qu’il veut projeter aux Guinéens ! Bref, Dadis, malgré le boulet que représente pour lui les conséquences du massacre et des viols perpétrés le 28 septembre 2009 (encore qu’il n’ait pas encore été inculpé !), ne sera pas facile à manœuvrer quand il posera un pied en Guinée. A cet instant-là, pouvoir comme opposition devront craindre ce trouble-fête bien atypique qui voudra bien se positionner comme faiseur de roi, en espérant que le nouveau venu ne fera pas sien ce cynique conseil de Machiavel : « un ennemi (ou un adversaire, c’est selon), on l’embrasse pour mieux l’étrangler ».


Saliou Samb

Source : kababachir.com


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Commentaires  

 
+2 #10 M. Sacko 22-05-2015 16:35

Thank you Mr.Diallo and Mr. Soumah, I am very humbled by your comments. I think it's time that people start to take a look about how this country is being run since it became independent and have their say about the governance and the management of public resources that the country has experienced all these years, and how to change this course or trajectory because it's not working for the benefit of the majority of people. It's working only for the few people that are holding the power. And using all the means to hold that power even to the price of the destruction of social fabric of the country.
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+2 #9 amadudialamba 22-05-2015 00:35

Citation en provenance du commentaire précédent de M. Sacko:
Le mal de la guinee est que les nouveaux maitres de la cite, de par leurs comportements machiaveliques font regretter les anciens maitres. La guinee n'a pas besoin de ces megalomanes au pouvoir. Et quoiqu'on cherche a deculpabiliser l'enfant de koule sur les massacres et les viols du 28 Septembre, le regime guineen reste presidentiel, donc tout crime ou abus commis sous le regne de quelqu'un rend automatiquement cet individu coupable. Qu'on cesse de dire le slogan "le president est bon mais ce son entourage qui est mauvais", au contraire quand l'entourage est mauvais, il n'y a aucun doute, le president est pire que l'entourage. Et ceux qui cherchent a accuser les anciens premiers ministres de la descente en enfer de ce pays manquent de points, ce pays a juste manque du leadership (bon president) depuis son independance. Je crois qu'il est temps que les guineens prennent leur responsabilite pour choisir des personnes selon leur competence et leur performance sur le terrain afin de faire sortir ce pays dans ce gouffre dans leguel ces dirigeants mediocres, corrompus et demagogues l'ont plonge depuis l'independance et qui continuent a le ravager tant economiquement qu'humainement. The lack of electrity, roads, basic services in the country are not fatalities, it's just an absence of accountability toward the people that are holding the command office in the government, and therfore it's time to hold them accountable in the management of public ressources.

Le meilleur parmi les meilleurs de ce mois et peut-être même de l'année entière. Si tous les guinéens ou la majorité avaient une telle capacité de compréhension, nous serions déjà hors de tout danger. Malheureusement !!!, Bravo Monsieur.
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+4 #8 I. MB. SOW 19-05-2015 18:09

Une tout autre manière de percevoir un tel retour de Dadis Camara au devant de la scène politique guinéenne, serait d'y voir des chances d'en finir enfin avec toutes ces hypocrisies ou mauvais calculs politiques qui l'ont couvert et protégé de toute poursuite judiciaire depuis le début de son exil doré à Ouadougou. L'indéfectible droit à la justice face aux monstruosités commises par les forces de l'ordre guinéennes en septembre 2009, ne pourrait plus être éludé y compris par les authentiques victimes physiques que furent notamment CDD et SIDYA. Ni la CPI, ni les autorités judiciaires guinéennes ne pourraient plus se retrancher derrière des stratégies dilatoires et irresponsables. Ainsi, Dadis serait de facto inculpé et jugé par la justice guinéenne ou traduit devant le TPI. Et si le choix de cette annonce de sa probable candidature à la prochaine présidentielle ne relevait ne que d'un cynique calcul électoraliste de type rpgiste ou autres, celui-ci se retournerait inexorablement comme un boomerang politico-judiciaire contre le candidat AC entre autres. Ni une tacite connivence de Mme Ben Souda avec l’actuel pouvoir guinéen, ni l'étrange mutisme qu'observe l'ensemble des acteurs politiques et de la société civile guinéens ne sauraient plus entraver l'indispensable expression de la vérité sur cette effroyable affaire de viols collectifs et de crimes abominables. Mais avec de "si" qu'est-ce qu'il n'est pas permis d'imaginer? Surtout pour des populations qui ont été aussi longtemps trompées et enfermées dans l'obscurantisme des divisions ethniques et régionalistes.
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+4 #7 kototely 19-05-2015 14:57

gorgui,
je crois que y a rien de diabolique sur la déclaration de dadis a la candidature ,
il a juste manifester son souhait d être candidat
vous devez arrêter de dramatiser les choses en guinee quand ca vous arrange
relisez vos articules sur dadis en septembre oct nov 2010
n oublier pas que vous avez signé des articles pour votre agence qui sont encore accessible
gorgui avez vous oubliez le 28 septembre que c est vous qui avez annoncer pour la premier fois 157 morts sans aucune preuve ?
vous était assis tranquillement chez vous pendant que nous étions sur le terrain ?
alors qu il y avais des centaines de morts qui ont été charger dans des camions pour être enfouie dans fausse commune ou jeter en pleine mer ?
au décès de yaya kane vous avez ces éloges alors qu il a ete l un des manipulateur des résultats des élections de 2010 avec toutes ces conséquences pour notre pays ??
gorgui arrêter de faire de la manipulation en guinée y a eu trop de morts
avez vous oubliez les articles que vous avez signé entres les deux tour contre le candidat cellou pour le discrédité ?
arrêter cette manipulation s il vous plait
autre chose gorgui n oublie pas waa lycée MALICK SY te regarde
salutation
kototely
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-7 #6 shams deen 19-05-2015 14:53

C'est un acteur de plus ni plus ni moins; la mentalité de nos concitoyens est la même depuis un bon bout de temps. Chacun est libre d'interpréter l'histoire selon son intelligence.
Pour ma part au vue des résultats de 2010, les choses resteront en l'état. Les gens voteront comme d'habitude donc si ce n’est pas un non-sens je ne vois pas de quoi déranger les grands partis du pays.
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+3 #5 mohamed soumah 19-05-2015 09:15

Mr Sacko: well said, no comment, it is like you were in my mind, these croucs are doing everything they can to distroy the saoul of this Contry. may Allhah free the people of Guinea from these gangsters.....
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+5 #4 Koto Saliou 18-05-2015 23:31

Le boulet du 28 septembre 2009;Dadis et Sékouba étaient à la commande de l'État en cette période.Alors,il faut qu'il ait justice pour les innocenter ou bien les inculper.La Guinée n'avancera jamais tant et aussi longtemps qu'on traine (La Guinée), ce genre de BOULETS.Enfin,Dadis coupable ou pas,il faut un Procès,pour tirer les choses au clair,le plus vite, mieux sait.
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+14 #3 M. Sacko 18-05-2015 21:13

Le mal de la guinee est que les nouveaux maitres de la cite, de par leurs comportements machiaveliques font regretter les anciens maitres. La guinee n'a pas besoin de ces megalomanes au pouvoir. Et quoiqu'on cherche a deculpabiliser l'enfant de koule sur les massacres et les viols du 28 Septembre, le regime guineen reste presidentiel, donc tout crime ou abus commis sous le regne de quelqu'un rend automatiquement cet individu coupable. Qu'on cesse de dire le slogan "le president est bon mais ce son entourage qui est mauvais", au contraire quand l'entourage est mauvais, il n'y a aucun doute, le president est pire que l'entourage. Et ceux qui cherchent a accuser les anciens premiers ministres de la descente en enfer de ce pays manquent de points, ce pays a juste manque du leadership (bon president) depuis son independance. Je crois qu'il est temps que les guineens prennent leur responsabilite pour choisir des personnes selon leur competence et leur performance sur le terrain afin de faire sortir ce pays dans ce gouffre dans leguel ces dirigeants mediocres, corrompus et demagogues l'ont plonge depuis l'independance et qui continuent a le ravager tant economiquement qu'humainement. The lack of electrity, roads, basic services in the country are not fatalities, it's just an absence of accountability toward the people that are holding the command office in the government, and therfore it's time to hold them accountable in the management of public ressources.
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+7 #2 Barros Diallo 18-05-2015 19:30

A force de parler d'un non evenement ...il finira gros !
Dadis ne trouble que ceux qui calculent son éventuel soutien életoral (c-a-d tous les gros bonnets politiques).
Pour le reste c'est comme Mamadou Sylla : R.A.S !
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+8 #1 Abraham Bantignel 18-05-2015 17:56

Une question que personne n'aborde tant nous sommes habitués que nous sommes à ignorer les lois et notre constitution. Dadis et Sékouba restent malgré tout, des putschistes ! Y-a-t-il eu une loi d'amnistie votée pour eux en Guinée? Autrement, Dadis et Sékouba sont des criminels pour raison de coup d'Etat. Toute prise du pouvoir par la force est un crime sauf accord politique et loi d’amnistie votée (je ne suis pas juriste donc je peux me tromper). Sans parler des massacres du 28 septembre 2009 pour lesquels Dadis doit des explications.
Donc tout citoyen ou ONG peut saisir la Cour Constitutionnelle pour s'opposer à sa candidature.
Wait and see ! Sachant que les lois et constitution en Guinée sont sans raison parce que tout le monde les ignorent. Le plus fort impose ses volontés qui deviennent lois.
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